RSS

Non à la « controverse » sur Cassinga

04 Mai
  1. Est-ce que le lecteur français , toujours pressé saura le sens réel de ce récit pour l’Afrique, pour Cuba et aussi pour moi… Le héros de cette histoire est jorge Risquet, l’homme le plus désinteressé, le plus modeste qu’il m’ait été donné de connaître. Jamais il ne vantait ses exploits de dirigeant des contingents cubains en Afrique, c’était toujours Cuba qui avait écrit une page de l’histoire de l’humanité avec les Africains et Fidel qui avait tout dirigé, lui n’était qu’un exécutant qui avait eu la chance de participer à cette histoire authentique, la libération d’un continent ancestral en liens étroits avec leurs frères africains. Il était très soucieux de rétablir la vérité, de ne jamais mentir, parce que ni lui ni Cuba n’avaient la moindre raison de cacher la réalité. Dans une lettre qu’il m’avait écrite, il me disait :  » Resistir y luchar es l’unico camino digno. Ese es mi camino y tambien es el tuyo, sin dudas, pues tu sensibilidad human y tu forteleza moral te situan on esa unica senda del decoro y de la dignidad. Amor es tambien idendidad en los principios, es latis unison de los corazones, es la ternura comun hacia los necessitados de ella, es la posesion de una misma esperanza. En Marcha juntos por ese derrotero, yo te amo, a las 23 horas habaneras des 10 de enero de 1996 y en las horas infinitas de los anos duros de este siglo y en las del proximo milenio, en que el hombre recuperara su condicion humana. » Cet homme modeste et héroïque était le seul digne de mon époux qui lui avait été torturé par la Gestapo, déporté à Dachau et était un communiste, un vrai. Il l’a tout de suite su: c’est lui que tu retrouves en moi…J’ai tant de choses à raconter, la manière dont il se moquait de kissinger, et toujours il revenait à l’exemplarité morale de Cuba qui était le seul pays à revenir d’Afrique avec comme seul butin, les os de ses soldats morts au combat.  J’ai eu la chance de rencontrer par deux fois le désintéressement absolu, un sens de l’histoire qui dépassait l’individu pour atteindre l’universalité humaine. Si l’on ignore cette dimension de ma vie, on ne peut pas comprendre à quel point je fuis tout ce qui peut rabaisser le sens d’une vie. C’est à cause d’eux que je resterai membre du parti communiste, independamment des avatars temporaires. (note et traduction de danielle Bleitrach)
De: Yeniska Martínez Díaz
 + |

Le massacre de Cassinga, photographie prise le lendemain, 5 mai 1978.

 

Le massacre de Cassinga représente la plus grande attaque aérienne perpétrée par des forces racistes contre les militants du Swapo, une force politique opposée à l’occupation et à la domination du territoire namibien par le gouvernement sud-africain. Près de 600 réfugiés namibiens, pour la plupart des femmes, des enfants et des personnes âgées, ont perdu la vie à traverds l’assaut  des racistes de l’apartheid. L’action des forces militaires cubaines, qui ont continué leur avancée vers Cassinga malgré le risque de bombardements, a forcé au retrait les assaillants et sauvé la vie du reste des quelque 3 000 réfugiés du camp. La contribution de Cuba n’était pas seulement militaire, elle consistait aussi en l’assistance humanitaire aux victimes de ce massacre, dont beaucoup ont été soignées puis sont parties  étudier  dans la Grande Antille.

L’Agression, que les forces sud-africaines ont perpétré a rempli son objectif du point de vue militaire,  mais c’était une défaite politique qui a incité l’adoption de la résolution 435 des Nations Unies, qui a exigé l’indépendance de la Namibie L’Afrique est un continent avec des racines historiques importantes à Cuba, que les Cubains considèrent comme l’ancètre de leur nation. L’intervention  cubaine dans ce continent après la Révolution est aussi un hommage à la contribution des esclaves africains qui ont  nourri de leur sueur et de leur sang l’esprit de résistance et de victoire de notre pays.Cuba a toujours été guidée par des principes de solidarité et de coopération avec l’Afrique, dictés par l’héritage historique et internationaliste du Commandant en chef.

Notre coopération avec l’Afrique a été historique. Aujourd’hui, des milliers de collaborateurs cubains continuent d’aider le développement socio-économique de ce continent. Quand il a s’agi de condamner Cuba, les USA n’ont jamais obtenu de la part d’aucun pays africain la moindre condamnation.

Dans sa lutte désintéressée contre l’odieux colonialisme en Afrique, Cuba, avec tout son héritage de solidarité, a accédé à l’ histoire authentique, qui alimentera les heures qui lui  seront dévolues en un quart de siècle, plus une année, plus un mois, plus un jour. C’est ce qu’affirmait  notre bien-aimé Jorge Risquet Valdés , chaque fois qu’il décrivait  l’évolution de l’internationalisme cubain sur le continent ancestral.

Cet homme de fidélité séculaire qui restera pour l’éternité une figure de  l’internationalisme, était à côté de Dr. Rodolfo Puente Ferro et Angel Dalmau Fernandez un diplomate prestigieux, dès la première intervention de solidarité  militante  de Cuba, qui a eu lieu le 4 mai 1978, sur le sol angolais , à environ 250 km de la frontière avec la Namibie, à Cassinga, là où le  deuil de centaines de familles s’est perpétué.

Le président angolais Agostinho Neto avait prévu cet endroit pour le chef de la guérilla namibien, Sam Nujoma, pour que s’y refugient   ceux qui fuyaient les exactions et l’occupation illégale  de  l’Afrique du Sud dans leur pays. Au quatrième jour, alors que les habitants étaient des milliers tentant de survivre au quotidien, ils furent surpris par un soudain assombrissement du ciel. Il s’agissait de bombes à fragmentation larguées à partir d’avions  à la solde de l’Afrique du Sud. Ensuite, des centaines de parachutistes ont débarqué des navires du type Hercules C-130, pour achever l’oeuivre de mort..

Les Cubains du Groupe Tactique n ° 2 qui se trouvaient à 16 km de Cassinga ont soudainement senti l’ébranlement de la terre sous l’impact des bombes . Ils devaient réprimer  l’instinct qui les poussait à partir immédiatement pour défendre  les réfugiés, ils devaient  attendre les ordres de commandement supérieur, mais les communications infructueuses avec le Régiment du Sud à Lubango, où se trouvait le chef du groupe tactique, le major Arnaldo Gomez Bacallao, aurait retardé leur sortie jusqu’à là où ils en étaient surs,  il y avait un massacre.

Peu après 10 heures de la matinée, ils partirent  sous le commandement du chef des opérations Julio Perez Hernandez, avec des chars, canons 85mm, infanterie motorisée, batteries antiaériennes, suceptibles de faire face  à une attaque sophistiquée de l’aviation. À cet égard, il y a plus de 400 anecdotes dramatiques qui n’ont pas donné lieu à publication  dans un livre, un documentaire et un film. Cependant, les événements tragiques de Cassinga depuis des décennies ont été voués à l’inertie d’ un silence inutile et malheureux.

Le dixième anniversaire du massacre, fut célébrée par les forces armées sud – africaines comme  l’opération de parachutage qui aurait été le plus grand succés  depuis la Seconde Guerre mondiale et a ainsi été amorcées pendant des décennies un débat controversé entre la version raciste qui prétendait qu’il y avait des militaires et un arsenal de guerre à Cassinga, justifiant l’attaque contre une base « militaire » de la SWAPO [i] ; contrairement à la version namibienne, qui se souvient tous les 4 mai, ses victimes et que les survivants ont pleuré depuis.

 

Dans cette « controverse », les racistes  ont fait subir à  l’opinion publique une version lénifiante de leurs « exploits » et leur monopole médiatique a une telle puissance que, 40 ans après subsiste l’impudique idée que les paras n’étaient  pas des meurtriers des enfants et de civils impuissants; leurs discours à courte vue tiennent presque pour acquis qu’ils n’ont pas perpétué un massacre ou un meurtre d’êtres humains et ils insistent pour utiliser à ce propos  le terme de bataille.

Et s’il y avait bataille avec le Groupe tactique cubain n ° 2 de Tchamutete, qui, comme l’a dit Fidel dans l’une des cent heures partagées avec Ignacio Ramonet: ils ont marché pratiquement torse nu sous l’attaque aérienne ennemie. Ce fut l’une des actions de cette guerre dans laquelle nous avons eu plus de victimes, en raison du nombre de blessés et de morts.

Si nous analysons le nombre de victimes au combat durant l’Opération Carlota (787, d’après la note du MINFAR de décembre 1989), les seize autres étant tombés en défense de Cassinga en moins de douze heures, nous serons d’accord avec le Dr Mora dans son analyse à cet égard, que c’est le témoignage  effrayant qui s’est passé à  Tchamutete à Cassiga.

Cuba et la Namibie, leurs dirigeants et des hommes dignes, ont fraternisé pour dénoncer  la controverse divulguée  depuis près de quarante ans. Aujourd’hui, la maison éditoriale Verde Olivo,  assume la publication d’un livre namibien-cubain dans lequel la voix des témoins des deux nations fait surgir  l’histoire réelle, loin de toute apologie, quoique méritante.

 

Nota: Tenga usted sensible lector por vez primera, los nombres de los internacionalistas cubanos caídos en Cassinga. Para ellos, ¡Gloria!

Cassinga fut le commencement de la manière dont  les Cubains et les Namibiens ont versé leur sang ensemble contre le racisme et le colonialisme. Tout Cuba se joint à l’hommage de la Namibie et de l’Angola qui, ensemble depuis 2016, ont érigé un monument à Cassinga. Ce sont il est question dans ce  40ème anniversaire c’est de l’hommage aux valeurs qui sont d’une importance vitale pour tout le contexte d’époque.

Il s’agit de suivre   Fidel, qui en 1986 a déclaré: « […] Et vous n’oublierez jamais et j’espère que l’ histoire va pas oublier jamais le massacre de Cassinga […] Nous ne pouvons pas oublier, ce fut un test de la façon dont ils travaillent ces éléments racistes fascistes, un acte de terreur inconcevable  » [ii] .

Parlons tous les 4 mai, dans le présent, des 16 internationalistes tués et 86 blessés, des 600 Namibiens tués et des plus de 300 sauvés par le courageux personnel médical cubain. Faisons de la science des faits, la formule du temps, l’avertissement du présent et l’avertissement des choses à venir; l’hommage éternel aux héros qui, sur le chemin de Cassinga, ont trompé la mort. Que leur tempêrament  soit celui de nos enfants, celle que possédaient les hommes auxquels Mandela se référait: «aux hommes qui vivent dans l’histoire, en  brillant pour toujours».

Note: Lisez pour la première fois, lecteur sensible, les noms des internationalistes cubains qui sont morts à Cassinga. Pour eux, Gloria!

  1. Antolin Garcia Morgado.
  2. Eusebio González Hernández.
  3. Pedro Valdivia Paz.
  4. Ricardo Rey González Figueredo.
  5. Francisco Seguí Rodríguez.
  6. José Róger Méndes Román.
  7. Jorge Alberto Rodríguez Legón.
  8. Roberto Ambrosio Zamora Machado.
  9. Alfredo Varea Franco.
  10. Basilio Caraballo Domínguez
  11. Raul Zalgado Espinosa.
  12. Felix A. Cordero Barbeira
  13. Redento García Iglesias.
  14. Raúl Fernández Acosta.
  15. Jorge L. Mendosa Tamayo.
  16. Modesto Fernández Pena.

Notes:

[i] SWAPO (Organisation du peuple du Sud-Ouest africain, Organisation populaire du Sud-Ouest africain). Il est apparu le 19 avril 1960 et très tôt il a dû opérer depuis l’exil, à cause de la persécution qu’il a subie sur son propre sol occupé par les racistes sud-africains.

[ii] Paroles du Commandant en Chef Fidel Castro Ruz, en rencontrant des milliers d’internationalistes cubains à Luanda, en 1986.

Le massacre de Cassinga, photographie prise le lendemain, 5 mai 1978.

Le massacre de Cassinga, photographie prise le lendemain, 5 mai 1978.

Le massacre de Cassinga, photographie prise le lendemain, 5 mai 1978.

Le massacre de Cassinga, photographie prise le lendemain, 5 mai 1978.

Le massacre de Cassinga, photographie prise le lendemain, 5 mai 1978.

Le massacre de Cassinga, photographie prise le lendemain, 5 mai 1978.

Le massacre de Cassinga, photographie prise le lendemain, 5 mai 1978.

Le massacre de Cassinga, photographie prise le lendemain, 5 mai 1978.

Le massacre de Cassinga, photographie prise le lendemain, 5 mai 1978.

Publicités
 

5 réponses à “Non à la « controverse » sur Cassinga

  1. Jeanne Labaigt

    mai 4, 2018 at 1:42

    Danielle,
    Merci de nous avoir transmis cela, à la fois l’horreur exposée de ce massacre mais aussi l’intime magnifique lettre de Jorge Risquet.
    Ta vie est si intimement (encore une foi ce mot vient quand on lit cela) à l’histoire humaine,celle des opprimés d’ici, d’Afrique et d’Amérique que je me sens honorée à chaque billet que tu nous donnes généreusement, et pourtant ces images d’horreur …
    5 mai 1978 je n’ai pas su: j’étais à l’époque nuit et jour aux enfants malades au chevet de mon bébé, mais cela n’excuse en rien mon ignorance et mon indifférence ..
    Merci.

     
  2. etoilerouge

    mai 4, 2018 at 4:08

    La vérité doit cheminer et le soutien aux racistes capitalistes d’Afrique du Sud, le gouvernement français fournissant des armes et un silence politique , le soutien du gouvernement des USA en train d’assassiner alors au Vietnam tout ceux là doivent être dénoncés et nous devons saisir que tant que le capitalisme sera maitre de la planète ces ignominies, ces mensonges, ces réécritures de l’histoire seront permanentes.

     
  3. Jeanne Labaigt

    mai 4, 2018 at 4:53

    La guerre du Viet-nam s’est terminée par la défaite des USA à Saïgon en 1975 trois ans avant les événements relatés par Danielle.Saïgon qui deviendra alors Hô-Chi-Minh. Mais la lutte anticolonialiste n’était pas terminée en 1978, pas plus qu’elle ne l’est aujourd’hui.
    Le capitalisme est assassin.

     
  4. histoireetsociete

    mai 4, 2018 at 4:59

    risquet a négocié avec kissinger à propos de l’Angola, il me racontait qu’à la suite des accords de Paris sur le Viet nam Le Duc Tho pour la République démocratique du Viêt Nam, Mme Nguyên Thi Binh pour le FNL et Henry Kissinger pour les États-Unis menaient les négociations. Risquet était l’ami de Le Duc tho et de Giap. Le Duc Tho lui avait expliqué comment « tenir » kissinger… et il me disait (ce qui est vrai) que les mémoires de kissinger s’arrêtaient avant l’Angola parce qu’il avait pris une tannée mémorable… Il se moquait de kissinger en me disant que son intelligence était surfaite comme celle de beaucoup de leaders des USA qui ne bénéficient que d’un rapport de forces favorable, trop favorable pour devoir exercer leurs capacités diplomatiques… et même guerrières.
    Aurevoir les amis, j’ai rendez-vous avec Maya, je l’emmène pour une rapide collation au restaurant puis nous allons voir les Rustres de Goldoni. bonne soirée…

     
  5. histoireetsociete

    mai 4, 2018 at 5:13

    sans rapport avec ce qui précède, avant de partir une bonne nouvelle rapportée par jack Dion: Les médias de la Cour avaient expliqué en boucle que les salariés d’Air France allaient massivement soutenir la proposition du PDG d’Air France Jean-Marc Janaillac, soutenue par la CFDT, qui avait organisé un référendum pour isoler les syndicats revendiquant une hausse immédiate des salaires. Résultat : 55,4% des voix contre le projet du PDG avec 80% de participation. A force de jouer avec les allumettes, on finit par se brûler.

     

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :