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Le PTB condamne les frappes en Syrie et la violation du droit international

14 Avr

Photo Steve Rhodes / Flickr

L’attaque menée par les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne contre la Syrie cette nuit constitue non seulement un grave danger d’escalade internationale, mais aussi une violation flagrante et inacceptable du droit international. Alors que l’Otan a déclaré son soutien à l’opération et que le président Trump a annoncé cette nuit « être prêt à continuer les frappes », le PTB condamne cette action et demande au gouvernement belge de se distancier de ses alliés de l’Otan.

L’attitude de Trump et de ses alliés français et britannique est totalement irresponsable. Elle met hors-jeu et le droit international au prix d’un potentiel affrontement avec la Russie, qui met face à face rien de moins que quatre puissances nucléaires. Les frappes n’aideront en rien les Syriens. De l’Afghanistan à la Libye, les interventions militaires occidentales n’ont engendré que plus de chaos encore, plus de souffrance, plus de victimes civiles. Le bilan des précédentes interventions militaires a bien montré que les conflits ne sont toujours pas résolus et que la population en paie le prix.

Ces frappes, qui ont touché notamment la capitale syrienne Damas, ont été décidées par les gouvernements de ces pays alors que l’enquête de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques devait débuter aujourd’hui en Syrie.  Pourquoi vouloir bombarder quelques heures à peine avant l’ouverture de cette enquête ? D’autant que ces frappes ont été décidées sans aucun débat démocratique et en violation du droit international. « Il n’y a pas de solution militaire au conflit. La solution doit être politique », déclarait hier encore le secrétaire général de l’ONU António Guterres.

Personne ne croit que Trump s’inquiète du sort de la population syrienne. Il pense aux intérêts américains. La reconquête récente par l’armée syrienne de Douma, un faubourg de Damas, a été un rude coup pour Washington. Le groupe rebelle Jaych al-Islam (« l’armée de l’Islam ») a dû évacuer les lieux. Le groupe des rebelles reçoit du soutien des alliées des États-Unis que sont la Turquie et l’Arabie saoudite. Un bastion de rebelles, tout près de la capitale, voilà qui était bien pratique. Par contre, l’armée syrienne est soutenue par la Russie. Ce n’est pas le premier contrecoup que les États-Unis ont dû subir en Syrie. Sur le plan militaire, Assad a repris le contrôle d’importantes parties du territoire syrien. En outre, par sa présence en Syrie, la Russie aussi a revendiqué un rôle sur la scène mondiale. De même, l’influence de l’autre allié d’Assad, l’Iran, s’est accrue régionalement. La suprématie américaine absolue est affaiblie et Washington a bel et bien l’intention de remettre les pendules à l’heure.

Ces bombardements nous éloignent plus que jamais d’un processus de paix. La Belgique doit se distancier de ceux-ci et exiger le respect du droit international. Tout doit être mis en œuvre pour rétablir la paix et ce ne sera envisageable que lorsque les grandes puissances arrêteront leur politique d’ingérence et que toutes les parties se réuniront autour d’une table de négociation. Aujourd’hui plus que jamais, des solutions négociées sont urgentes et possibles. Un embargo total sur les armes, des négociations sans conditions préalables et un cessez-le-feu rapide sont des conditions pour pouvoir enfin voir la fin de ce conflit.

 

 

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Publié par le avril 14, 2018 dans GUERRE et PAIX

 

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