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L’Orient le jour: Un scénario de guerre pourrait en cacher un autre…

13 Avr

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DÉCRYPTAGE Dans quoi nous entraônent-ils ?  Si un fort mouvement de la paix ne se lève pas, l’embrasement généralisé est une éventualité que nul ne peut exclure. Désormais il y a en effet à la place d’un France marqué par le gaullisme et le communisme, une France dirigée par un ballciste irresponsable voulant à tous prix sauver l’hégémonie occidentale, même cas de figure du côté des Etats-Unis. (note de Danielle Bleitrach)
12/04/2018

Menaces et contre-menaces, accusations réciproques et blocage au Conseil de sécurité de l’ONU, pour cause de veto américain et russe, la situation mondiale n’a plus été aussi explosive depuis des décennies et pour beaucoup d’analystes, la planète serait à la veille d’une confrontation mondiale, qui commencerait en Syrie, mais nul ne sait où elle pourrait finir. Les informations parlent même d’une frappe américaine imminente en Syrie qui entraînerait une riposte des alliés de Damas, déclenchant ainsi une escalade de violence.

Toutefois, des sources militaires libanaises qui suivent de près les développements régionaux restent plus ou moins sceptiques. Selon elles, le scénario des accusations et contre-accusations n’est pas nouveau et il se répète à chaque développement militaire important en faveur du régime syrien et de ses alliés. Cela ne signifie pas pour autant qu’une nouvelle guerre est aux portes. Le tapage médiatique et les bruits de bottes seraient plutôt destinés à faire oublier la percée sur le terrain de l’armée syrienne et de ses alliés. Le procédé a été utilisé lors de la reprise de Homs par les forces du régime, ainsi que lors de la reprise d’Alep, de Palmyre et de Deir ez-Zor, et il ne s’est pas passé grand-chose. En même temps, selon ces sources, cette fois, la conjoncture est différente, avec la présence de Donald Trump à la tête de l’administration américaine et les pressions du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans le sens d’une action militaire, pour profiter au maximum d’une administration qui n’a jamais été aussi favorable à Israël.

(Lire aussi : Les enjeux d’une frappe occidentale en Syrie sans l’aval de l’ONU)

Toujours selon les mêmes sources militaires, il faut toutefois faire la distinction entre deux faits : le premier consiste dans les frappes israéliennes contre l’aéroport T4 qui ont provoqué la mort de Syriens et d’Iraniens, et l’affaire de l’utilisation d’armes chimiques dans la Ghouta orientale de Damas par le régime syrien, selon les allégations occidentales. Indépendamment du fait que sur le plan purement militaire, il semble étrange qu’une armée en train de remporter une victoire sur le terrain à Douma décide brusquement de recourir à l’arme chimique contre des rebelles qui mettent les dernières touches à un accord d’évacuation parrainé par les Russes, une riposte américaine et occidentale en général entraînerait une confrontation directe avec les Russes.

Ces derniers ont en effet multiplié ces derniers jours les menaces de répondre clairement à toute frappe occidentale à Damas. Ces sources estiment ainsi qu’en dépit des promesses guerrières du président américain, l’armée américaine reste réticente à l’égard de telles frappes, en raison notamment de leurs conséquences sur la région. Jusqu’à présent, et en dépit des accusations violentes lancées contre les Russes, les Américains ont soigneusement évité une confrontation directe avec les soldats de Vladimir Poutine, préférant leur mener la guerre par factions rebelles interposées. Une confrontation directe serait en effet de la plus grande gravité, non seulement pour les deux pays, mais aussi pour l’ensemble de la région. D’autant qu’en plus des soldats russes présents directement sur le terrain syrien, il y a aussi les Iraniens et les groupes alliés, qu’il s’agisse du Hezbollah ou d’unités irakiennes et même pakistanaises. De plus, la Turquie, qui au début de la guerre en Syrie était carrément l’alliée des Occidentaux et des rebelles syriens, semble avoir modifié sa position, à la suite notamment du sommet qui l’a réunie récemment avec la Russie et l’Iran. Selon les sources précitées, la Turquie aurait accepté la défaite des rebelles dans la Ghouta orientale et même consenti à accueillir à Jarablus une partie des combattants évacués, contre la promesse de laisser l’armée turque et ses alliés prendre le contrôle de la zone kurde dans le nord de la Syrie. Selon ces informations, les Occidentaux ne pourraient donc pas compter sur la Turquie s’ils décidaient de mener des opérations de représailles contre Damas et ses alliés. Ce qui devrait rendre leur action plus risquée et difficile.

(Lire aussi : Frappes contre la Syrie : quelles cibles, quels risques, quels moyens ?)

En revanche, selon les mêmes sources, un scénario pourrait en cacher un autre. L’escalade verbale actuelle pourrait ainsi dissimuler un plan plus subtil occidental dirigé contre l’Iran. Ce serait d’ailleurs conforme aux promesses électorales du candidat Donald Trump qui avait carrément déclaré son intention de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien et de faire payer à ce pays le prix de ce qu’il appelle « son appui aux organisations terroristes ». Le plan serait le suivant : une partie non négligeable des combattants de Daech qui ont quitté la Syrie serait en train de s’installer en Afghanistan, dans une région limitrophe de l’Iran. Or, du côté iranien, la zone frontalière avec l’Afghanistan est le Baloutchistan, peuplé en majorité de sunnites. Cette région est d’ailleurs considérée comme le ventre mou de l’Iran et elle a été le théâtre de certains troubles au cours des derniers mois. Ce serait donc par ce secteur, et avec l’aide des combattants de Daech ayant quitté la Syrie, qu’une opération de déstabilisation de la République islamique pourrait commencer, sachant que selon toute probabilité, Donald Trump devrait se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien le mois prochain, alors que la crise sociale devient plus aiguë dans ce pays. Occupé à régler ses problèmes internes et à éviter une confrontation directe entre les sunnites et les chiites sur son propre territoire, l’Iran serait contraint de se détourner de la Syrie et du Liban. Ce qui ne pourrait qu’affaiblir le régime syrien et le Hezbollah, sans rien coûter aux Américains et aux Occidentaux en général. Même s’il y a donc une frappe en Syrie, elle serait probablement limitée et destinée à sauver la face des Occidentaux, mais la véritable guerre est attendue ailleurs et bien entendu, elle servirait les intérêts d’Israël en affaiblissant ses ennemis, tout en évitant une confrontation généralisée et coûteuse. En même temps, la stabilité du Liban serait officiellement préservée, selon les promesses internationales faites aux Libanais à Rome et à Paris.

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2 Commentaires

Publié par le avril 13, 2018 dans GUERRE et PAIX

 

2 réponses à “L’Orient le jour: Un scénario de guerre pourrait en cacher un autre…

  1. Jeanne Labaigt

    avril 13, 2018 at 6:51

    La position de la Turquie me paraît plus ambiguë (et inquiétante) que ce que dit le texte.
    Il n’est pas certain que « l’alliance » avec la Russie actuelle soit autre chose que circonstancielle.
    Erdogan a bien dit pas plus tard qu’hier:
     » Nous n’approuvons pas toutes les positions de nos alliés. Nous ne sommes pas d’accord sur le maintien du régime Assad, nous ne sommes pas d’accord avec le soutien aux terroristes kurdes. Nous ne faisons aucunement désertion ni aux USA, ni à la Russie, ni à l’Iran ».
    Bref comme le titre le site russe où j’ai trouvé (et traduit tant bien que mal) cette phrase: » Erdogan , le sultan tous azimuts » .
    – Si l’Otan décide des frappes, Erdogan va-t’il permettre l’utilisation de ses bases militaires?
    – Le dépeçage de la Syrie sous prétexte de la zone Kurde qui est le projet américain va-t’il être mis en place au détriment de l’Etat syrien (pas seulement du « régime »).
    – Les bruits de bottes et de navires sur fond de pipe-lines à ce que j’ai pu lire ici ou là, se réveillent du côté de Bakou ces jours derniers la Turquie est très influente sur l’ex république Soviétique d’Azerbaïdjan.
    Bref, si l’embrasement peut être général, il est aussi « régional » autour de « l’étranger proche » de la Russie.
    Tout ceci sur le fond d’offensives de tout ce que la Russie compte de « libéraux », d’oligarques, de prédateurs capitalistes.
    La défaite de Groudinine, la perte qu’à subi le KPRF dans les élections a coûté plus qu’une moustache et la perte d’un pari, cela n’aide pas à la paix.
    Un mouvement international de la paix est plus que jamais nécessaire et réclame lucidité, analyses précises et pas seulement slogans et incantations…

     
  2. histoireetsociete

    avril 13, 2018 at 7:03

    je suis d’accord avec toi, nous sommes dans une autre ère où les alliancew sont des montages circonstanciels, mais le texte que tu signes prouve que les Russes ne lâchent rien: ni sur le maintien au moins pour un temps d’Assad, ni des Kurdes qu’ils veulent voir à la table des négociations, ni même si ce n’est pas indiqué de la reconnaissance d’un Etat palestinien en étant en même temps une garantie de la survie d’Israël… C’es d’ailleurs en maintenant cet équilibre qu’ils sont crédibles. Il commencent à avoir l’habitude avec leur CEI. Ce n’est pas Poutine qui est le gênie dans l’affaire mais Lavrov. Poutine a tendance à céder plus aux occidentaux ne serait-ce que parce qu’il appartient à l’oligarchie, il s’est fait avoir dans l’affaire de la libye malgré les mises en garde de Lavrov. Ce dernier est sur une ligne dure et il est l’héritier de Primakov, le meilleur spécialiste du Moyen orient. Le KPRF a d’ailleurs précisé que s’il parvenait au pouvoir il garderait Lavrov, comme il ne cesse de répéter son soutien à Primakov qui a sauvé le pays.
    Nous sommes dans une situation à peu près aussi compliquée que les Balkans (est-ce la faute des Turcs, je ne crois pas qu’ils soient les seuls, même s’ils sont à eux seuls un problème permanent).

     

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