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Les grossiers mensonges contre la CGT et contre Ambroize Croizat, la réplique de l’historienne Annie LACROIX-RIZ

02 Avr

C’est dans « Valeurs actuelles » du 30 mars dernier qu’Eric Brunet déverse sa bile … et ses grossiers mensonges.

Ce journal classé à l’extrême droite fait partie du groupe Valmonde, propriété de Privinvest Médias, une filiale de la holding Privinvest qui appartient à l’homme d’affaires Iskandar Safa (voir sa bio édifiante à l’adresse : https://fr.wikipedia.org/wiki/Iskandar_Safa, et dont Étienne Mougeotte et Charles Villeneuve sont actionnaires.

Louis Renault en compagnie d’Hitler 

au Salon de l’auto de Berlin en 1938

C’est pour cacher la collaboration réelle celle-là de ses maîtres, du grand patronat français comme allemand comme le rapporte le dernier Goncourt, qui préféraient alors « Hitler au Front populaire » que les thuriféraires comme E. Brunet accusent la CGT et ceux qui résistent aujourd’hui de tous les maux !

ci-après la réplique de l’historienne Annie LACROIX-RIZ suivie du texte calomnieux initial du sieur Brunet.

En ne perdant pas de vue que le révisionnisme des circonstances d’hier vise à désarmer les luttes d’aujourd’hui!

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Annie LACROIX-RIZ

L’histoire de la CGT vue par Éric Brunet

Le journaliste Éric Brunet est un habitué des provocations. Son Sauve qui peut ! (Albin Michel, 2013), prétendant parler au nom de « millions de Français », « riches » ou « pauvres », qui « ne se sentent plus aimés par leur pays », les a incités à le quitter au plus vite. Car « la France ne leur offre que de la bureaucratie, là où ils réclament du pouvoir d’achat, elle les assomme d’impôts (nous payons 220 milliards de taxes de plus que les Allemands) » puis les méprise quand ils ont « réussi » : « “J’aime pas les riches !” s’était exclamé François Hollande en 2007 ». Lequel, on le sait, a ensuite, comme son second Macron, démontré sa « haine de la finance » et son amour du peuple travailleur.


Celui qui vient, dans l’hebdomadaire d’extrême droite Valeurs actuelles, d’accuser la CGT d’avoir « jadis […] fait passer ses intérêts avant ceux de la France », avait presque tout dit. Exaltation des « émigrés de Coblentz », nobles ayant dès 1789 fui pour l’Allemagne ou le reste de l’Europe aristocratique (dont les Wendel, sidérurgistes de Lorraine) pour obtenir de leurs alliés « européens » le rétablissement de leurs privilèges par l’écrasement militaire de la France. Lamentations fiscales masquant l’adhésion à l’impôt indirect accablant les pauvres et le refus de l’impôt pour les riches. Célébration du modèle allemand (entre absence de grèves et « jobs » à moins de cinq € de l’heure baptisés « plein emploi »), comme « jadis » le grand capital s’enthousiasmait pour la formule hitlérienne de 1933 au point d’organiser la Défaite militaire de la France, seul moyen pour liquider la République et les syndicats. La France serait aussi « vivable » que l’Allemagne, où le patronat faisait librement travailler seize heures par jour les ouvriers interdits de grève.
Non, « pendant la drôle de guerre, entre septembre 1939 et le printemps 1940, les communistes français » ne furent pas « les alliés des nazis. » Les alliés d’Hitler furent les hommes d’État qui supposés avoir aidé « l’armée française [à] aller barrer la route de Hitler » : le radical Daladier (gauche), président du Conseil de 1938 à mars 1940, et le chef de l’Alliance démocratique (droite) Paul Reynaud, ministre de la justice et des Finances puis successeur de Daladier, qui avaient fin 1938 cassé de concert les 40 heures et les salaires. C’est Reynaud qui prit les traîtres Pétain et Weygand pour ministres en mai 1940, une semaine après l’attaque allemande, puis céda son poste à Pétain, le 16 juin.


Les communistes combattus comme « traîtres » à cause du pacte de non-agression germano-soviétique du 23 août 1939, vraiment? Le 1er juillet, près de deux mois auparavant, deux mois avant l’offensive allemande notoirement imminente, le radical Georges Bonnet, ministre des Affaires étrangères surnommé « ministre étranger aux Affaires françaises » après avoir livré à Hitler la Tchécoslovaquie alliée, avait annoncé au nom de Daladier à l’ambassadeur d’Allemagne, l’aristocrate von Welczeck, que « les communistes » qui déplaisaient tant au Reich seraient bientôt « mis à la raison » : ils le furent, syndicalistes combatifs inclus, dès que la signature du fameux pacte, prévue depuis 1933 en cas de refus de renouvellement de l’alliance France-Grande-Bretagne-Russie de 1914, en offrit le prétexte.


Ces hommes d’État s’apprêtaient à céder au Reich l’Europe entière comme ils l’avaient fait pour l’Autriche (mars 1938) et de la Tchécoslovaquie (octobre 1938). Ils ordonnèrent à leur police et à leur justice de frapper ces syndicalistes toujours antifascistes, et permirent à des chefs cégétistes anti-grévistes, leurs complices, de s’en débarrasser. Les prétendus « traîtres » furent emprisonnés depuis septembre 1939, grâce au décret du 26 interdisant le PCF. Depuis juillet 1940, Vichy poursuivit la traque des militants clandestins. Ce sont ces prisonniers que ses ministres de l’intérieur, dont Pierre Pucheu, remirent depuis l’automne 1941 à l’occupant comme « otages » à fusiller, tels les 27 Martyrs de Châteaubriant. Les vrais traîtres au syndicalisme et à la Nation furent récompensés, tel René Belin, second de la CGT et successeur présumé de son chef Jouhaux : nommé « ministre de la production industrielle et du Travail » en juillet 1940, Belin signa en novembre suivant le décret interdisant la CGT puis, en octobre 1941, celui créant la Charte du travail, machine de guerre contre les salariés et leurs moyens de défense, dont la grève.

Les archives de « la Drôle de guerre » font définitivement justice de la thèse du sabotage communiste de la production militaire. Elles en attribuent la responsabilité exclusive au grand patronat, qui avait saboté la préparation économique de la guerre, et depuis une décennie. Comme Louis Renault qui parcourait fin novembre 1939 ses ateliers de Boulogne-Billancourt en claironnant : “La Défense Nationale, je m’en fous; ce que je veux, ce sont “des Primaquatre, des Juvaquatre, des voitures [de tourisme] qui paient”, etc. ». Du peu qui avait été produit, l’état-major de l’armée, sous la houlette de Pétain et Weygand, ne fit pas usage. Voilà pourquoi l’occupant trouva en masse les chars et les avions intacts que ces traîtres avérés n’avaient pas lancé dans la prétendue « Bataille de France ».


Quant aux « tribunaux militaires de la IIIe République » qui avaient début 1940 « condamn[é] à mort de nombreux [prétendus] saboteurs communistes », ils continuèrent, en compagnie des tribunaux civils ou spéciaux, à se déshonorer en livrant à l’occupant allemand les résistants communistes, tous syndicalistes CGT, fer de lance de la Résistance nationale.
M. Brunet a besoin d’une formation historique accélérée : le Front Syndical de Classe est à sa disposition…

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Eric Brunet dans « Valeurs actuelles »
 
 

CGT : grève ou sabotage ?

Liberté chérie. La véritable stratégie de la centrale syndicale est de perturber au maximum la circulation des trains tout en limitant l’effet financier pour les grévistes.

Le mouvement engagé à la SNCF est-il une grève, dont l’objet est de manifester le mécontentement des cheminots face à un projet de réforme… ou est-il plus que cela ? Quelle stupéfaction lorsque les journalistes du Parisien ont publié, la semaine dernière, le contenu d’un e-mail envoyé par le syndicat CGT des cheminots de Paris-Gare de Lyon à ses adhérents. La révélation de ce message, qui a irrité le président de la SNCF, Guillaume Pepy, est une prise de guerre. Il lève le voile sur la véritable stratégie de la CGT : perturber au maximum la circulation des trains tout en limitant l’effet financier pour les grévistes.

Morceaux choisis : « Nous pouvons tenir trois mois tout en ayant quasiment le même impact qu’une grève reconductible classique. » Et l’auteur de l’e-mail de s’enthousiasmer : « Cette proposition de grève prend tout le monde de court ! Je vous invite d’ailleurs à voir la tête de Guillaume Pepy sur TF1 le soir de l’annonce et de la ministre Élisabeth Borne [ministre chargée des Transports, NDLR] sur BFM TV, c’était tout simplement jouissif. La direction avait anticipé et s’est organisée pour une grève dure et reconductible classique. Ils n’ont à aucun moment senti venir le coup. » Beaucoup plus intéressant : la CGT dévoile son intention de perturber le trafic ferroviaire pendant les journées sans grève grâce à une stratégie… mystérieuse : « La désorganisation du travail devra se faire également sur les jours ouvrés mais je ne vous en dis pas plus sur ce mail, je pense que vous avez compris où l’on veut en venir », écrit le délégué de la CGT-Cheminots. Et pour ceux qui douteraient encore de la détermination du syndicat majoritaire à faire fléchir le gouvernement, le syndicaliste précise : « Si jamais nous voyons que ces deux jours [de grève, NDLR] ne suffisent pas à désorganiser la production alors nous pourrons toujours durcir le ton. »

À ce stade, l’intention de la CGT est-elle de manifester son mécontentement dans le cadre du droit de grève ou de “saboter” l’entreprise SNCF ? Jadis, il est vrai, la CGT n’avait pas hésité à faire passer ses intérêts avant ceux de la France. Pendant la drôle de guerre, entre septembre 1939 et le printemps 1940, les communistes français étaient les alliés des nazis. Pétain n’était pas encore au pouvoir et la France de la IIIe République était dirigée par Édouard Daladier puis Paul Reynaud. Les pauvres hommes pensaient encore que l’armée française aller barrer la route de Hitler…

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En contradiction totale avec ce type d’assertion l’histoire du fondateur de la sécurité Sociale, ministre à la Libération, Ambroise CROIZAT


Ambroise Croizat est arrêté le 7 octobre 1939, avec d’autres députés communistes(3). Il est incarcéré à la prison de la Santé. Fers aux pieds, il traverse quatorze prisons françaises avant de connaître les procès truqués, la déchéance de ses droits civiques et les horreurs du bagne à Alger où il apprendra à Prosper Môquet, arrêté comme lui, la mort de son fils sous les balles allemandes.

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À cette époque, sur ordre de la CGT, des syndicalistes communistes perpétrèrent de nombreux actes de sabotage dans les arsenaux français afin que nos équipements et nos armes soient inutilisables par les soldats français dans la guerre contre le Reich. En avril 1940, des accidents survinrent sur des avions Farman produits à Boulogne-Billancourt. Une enquête révéla qu’il y avait eu sabotage. Le procédé était à chaque fois le même : un fil de laiton ayant été sectionné, au bout d’un certain nombre d’heures de vol, un écrou desserré laissait échapper l’essence et provoquait une explosion en plein vol. On sait que plusieurs pilotes de chasse sont morts en mission de reconnaissance, leurs appareils ayant été détériorés par des ouvriers aux ordres de Moscou.

Outre les établissements Farman, d’autres arsenaux subiront des actes de sabotage pronazis : la poudrerie de Sorgues, les établissements Renault, les établissements Weitz à Lyon, la Somua à Vénissieux, qui produisait des chars pour l’armée française, la Compagnie générale de construction à Saint-Denis… Au mois de février 1940, alors que les combats n’avaient pas encore débuté, le taux de malfaçons observé dans les usines d’armement était devenu effrayant. On décida de faire surveiller les ateliers de la Société nationale des constructions aéronautique, l’usine Bloch (du nom de Marcel Bloch, futur Dassault) de Villacoublay. Et dans les premiers mois de l’année 1940, les tribunaux militaires de la IIIe République n’hésitèrent pas à condamner à mort de nombreux saboteurs communistes qui avaient agi sur ordre de la CGT et du PCF.

 
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