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la comédie musicale en URSS en 1962

14 Fév

 

En dehors de quelques centenaires qui ont participé à l’épopée stalinienne, voici ce  dont les Russes se souviennent à propos de l’Union soviétique….

Et puis il y a la récréation comme un trauma… essentiellement la littérature…

Parce que si le cinéma est important pour approcher l’histoire de l’URSS et celle de la Russie, la littérature l’est plus encore, le roman mais la poèsie. Les poètes en Russie étaient l’équivalent de rock stars, et le phénomène est en train de connaître un renouveau. Ce que nous dit la littérature n’est pas la vérité historique mais une sorte d’air du temps dans lequel l’auteur tente de reconstruire sa propre subjectivité dans un collectif forcément inventé.

Un bilan récent sur l’état de la littérature russe, aujourd’hui en montre la vitalité, un lexctorat fidèle, la fréquentation des bibiothèques.

Mais s’il fallait dégager une tendance lourde, ce serait peut-être aujourd’hui la prééminence d’un « flash-back permanent ». L’écrivain Sergueï Kouznetsov, l’auteur de Kaleidoscope paru chez Elena Choubina, s’en désole : « On peut dire de la révolution de 1917 qu’elle est, depuis un siècle, le trauma indépassable de la littérature russe. A quelques exceptions près, qui ne font que confirmer la règle, la littérature russe tente de comprendre ce trauma, de l’éliminer ou d’en faire au contraire une bénédiction. L’écrivain russe est obligé d’écrire d’une façon ou d’une autre sur le thème « Comment cela a-t-il pu se produire dans la Russie du XXe siècle, qu’est-ce qui… « .
(…)
Le critique Ilya Kukulin revient sur la prégnance de ce passé qui ne passe pas : « Au cours du XXe siècle, la société soviétique a vécu une nexpérience énorme, psychologiquement catastrophique, qui, comme cela a souvent été souligné, ne pouvait s’exprimer par des méthodes littéraires traditionnelles. Ce type d’expérience trouve une meilleure traduction dans la poésie ou dans la prose de Svetlana Alexievitch… » .

La réception de l’œuvre de Svetlana Alexievitch en Russie est, à cet égard, symptomatique. Si on laisse de côté les réactions politiques à l’attribution du Nobel – on avait déjà connu cela avec Pasternak -, les réticences sont venues de sa méthode, de ses procédés littéraires, pour donner à entendre ce qu’elle appelle les « Voix de l’utopie » et ce, tout spécialement dans La fin de l’homme rouge, son livre le plus polyphonique. Dans une revue russe en ligne très sérieuse, on a été jusqu’à dire : « c’est un magnétophone qui écrit ». L’œuvre de Svetlana Alexievitch reste singulière et unique dans la littérature russe contemporaine parce qu’elle a trouvé le procédé littéraire capable d’exprimer cette interrogation eschatologique sur le destin du peuple russe et soviétique. Du coup, elle a créé les conditions d’un authentique « roman national » écrit par le peuple, le « fameux peuple qui manque » cher à Deleuze.

L’auteur de l’article-dossier craint qu’il y ait une sorte de provincialisme dans ce besoin d’interroger ce qui demeure le grand trauma, non seulement le pourquoi de 1917, la période stalinienne mais aussi l’incompréhensible chute du socialisme… Qu’elle se rassure, ce traumatisme n’a rien de provincial ,c’est le monde entier qui devrait s’interroger et s’il ne le fait pas c’est qu’il a peur d’affronter sa propre histoire et qu’il en demeure frappé d’inertie.

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Une réponse à “la comédie musicale en URSS en 1962

  1. etoilerouge

    février 14, 2018 at 5:31

    Pourquoi 1917, un historien bien de chez nous, pierre MIQUEL, spécialiste de la guerre de 1914 1918, indique au détour d’une phrase que les moujiks( 85% de la population russe d’alors) enrôlés sous le tsarisme portaient des traces de fouet pour 80% d’entre eux lors des visites médicales d’enrôlement alors qu’aujourd’hui encore on prétend que le paysan n’était plus serf depuis les années 1860. Un serf peut-il être libre contre les siècles et sans terres? Il faut des intellectuels à la mie de pain d’aujourd’hui pour répondre oui. Les cents noirs et les pogroms contre les juifs de l’empire, cela ne dit rien, l’immense misère, la misère ne serait pas une catégorie politique mais seulement une grace de dieu? On n’est pas sérieux quand on est anticommuniste! 1917 est né dans le ventre du tsarisme engrossé par le capital international déjà, américain, français allemand, etc et par le colonialisme moteur du capitalisme et coffre fort du féodalisme. Cette bête existe toujours. Le capital mène à la guerre, cette guerre l’URSS l’a subie tout en cherchant à l’éviter. Mais comment louvoyer parmi les loups?

     

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