RSS

On a vu en Pologne un héroïsme inimaginable et la trahison la plus abjecte’

05 Fév

  • La Pologne, principal théâtre du génocide des Juifs perpétré par les Allemands, cherche encore et toujours à rejeter les accusations de complicité. L’article a le grand mérite de présenter une situation plus nuancée que cela est fait habituellement en insistant que le fait que la Résistance polonaise a oeuvre en faveur de l’aide aux juifs. Il fait également allusion à propos de la Pologne populaire à des événements sur lesquels nous sommes en train de travailler Monika et moi, ceux de mars 1968. Sous couvert d’antisionisme (la guerre des six jours n’est pas loin), des éléments nationalistes et antisémites du gouvernement Gomulka ont lancé un véritable pogrom. Ceci en rupture avec toute l’histoire du mouvement socialiste et communiste polonais et avec l’oeuvre de la Pologne Populaire. C’est selon nous un fait très important parce qu’il a créé à l’intérieur du socialisme polonais les conditions d’une adhésion massive de ce qui représentait l’élite intellectuelle polonaise, leur ralliement même au libéralisme, à l’église, et à des gens comme Walesa lui ouvertement antisémite, la rupture du judéobolchevisme dont dans son journal Himmler notait à quel point il représentait l’intelligentzia des slaves comme les Polonais considérés comme des brutes par les nazis. Il est intéressant de mesurer les conséquences non seulement pour la Pologne de ce pogrom (essentiellement anti-étudiant), mais donc pour l’effondrement du communisme et aussi pour la France avec par exemple l’apparition de groupes gauchistes et surtout des « nouveaux philosophes » qui à partir de l’expérience polonaise vont établir un équivalent complètement fou entre communisme et nazisme. Il y a une figure  de cette tragédie représentée par Goldman, qui n’est ni française , ni polonaise, mais « juive polonaise » qui mérite d’être explorée selon Monika, nous nous y employons pour comprendre d’où et pourquoi est parti le séisme, l’autre foyer européen étant le printemps de Prague avorté. .(note de danielle Bleitrach)
L'inscription allemande tristement célèbre qui se lit "Le travail rend libre" à la porte principale du camp d'extermination d'Auschwitz I, le 15 novembre 2014 à Oswiecim, en Pologne. (Christopher Furlong/Getty Images via JTA/File)

L’inscription allemande tristement célèbre qui se lit « Le travail rend libre » à la porte principale du camp d’extermination d’Auschwitz I, le 15 novembre 2014 à Oswiecim, en Pologne. (Christopher Furlong/Getty Images via JTA/File)

La Pologne, principal théâtre du génocide des Juifs perpétré par les Allemands, cherche encore et toujours à rejeter les accusations de complicité, ce qui lui vaut d’être soupçonnée de vouloir nier toute participation de Polonais à la Shoah.

Ainsi, trois quarts de siècle après la Shoah, une loi préparée par le gouvernement conservateur nationaliste de Varsovie, destinée selon ses auteurs à combattre l’expression « camps de la mort polonais » jugée injuste et inexacte, inquiète les Israéliens et leurs alliés américains.

Ils y entrevoient une tentative de faire oublier, voire de nier, par la même occasion, le rôle individuel de nombreux Polonais dans l’extermination des Juifs.

Mercredi, le département d’État américain a averti qu’une loi votée par les deux chambres du parlement de Varsovie – mais pas encore signée par le président Andrzej Duda – risquait d’avoir des « répercussions » sur « les intérêts et relations stratégiques de la Pologne, y compris avec les Etats-Unis et Israël ».

Varsovie a rejeté ces critiques jeudi, tout en souhaitant que le « partenariat stratégique » polono-américain soit préservé.

Andrzej Duda, président de Pologne (Crédit : Wikimedia Commons CC BY 3.0)

Avant le début de la guerre en 1939, la Pologne abritait la plus grande communauté juive du monde, avec plus de trois millions de personnes, soit 10 % de sa population.

Six millions de citoyens polonais ont été tués pendant la guerre et l’occupation, dont trois millions étaient Juifs. Si environ un Polonais non-Juif sur dix a péri, pour la communauté juive, la « solution finale » imaginée par Hitler et réalisée par l’Allemagne nazie a représenté une extermination de 90 %, selon l’institut Yad Vashem de Jérusalem.

Les Juifs ont péri surtout dans les ghettos et dans six camps de la mort installés en Pologne, occupée de 1939 à 1945 : Chelmno, Belzec, Sobibor, Treblinka, Majdanek et Auschwitz-Birkenau.

Délateurs exécutés

L’Etat polonais en exil et la résistance polonaise ont cherché, de manière organisée, à aider les Juifs à travers une organisation spécialisée, « Zegota ». Des délateurs de Juifs ont été condamnés par des tribunaux clandestins et exécutés. La résistance a cherché aussi à alerter, sans grand succès, les Etats-Unis sur l’extermination en cours. Aucune forme de collaboration institutionnelle n’a existé en Pologne, contrairement à plusieurs autres pays occupés, comme la France.

L’Allemagne a mis sur pied une véritable industrie d’extermination et les camps, avec les chambres à gaz et les fours crématoires, étaient des usines de la mort. On a estimé le nombre de ses victimes à 5,7 millions de morts, dont la moitié environ étaient des Juifs polonais.

Monument en mémoire des victimes juives du massacre de Jedwabne, qui a eu lieu le 10 juillet 1941. (Crédit : Fotonews/CC BY SA 3.0)

Mais des milliers de Juifs – le nombre exact est difficile à déterminer – ont été tués par des Polonais, surtout dans les campagnes. La plupart du temps pour les voler ou pour reprendre leurs terres ou leurs maisons. Comme à Jedwabne, un village du nord, devenu tristement célèbre ces dernières années, où plusieurs centaines de Juifs ont été enfermés dans une grange et brûlés vifs par leurs voisins polonais.

Une quinzaine d’autres crimes similaires, portant sur un nombre moins important de Juifs et perpétrés dans la même région, ont été évoqués depuis par les historiens.

Appât du gain

Parfois, il s’agissait de se débarrasser de Juifs accueillis et cachés, souvent moyennant finances, lorsqu’on apprenait que les Allemands n’hésitaient pas à exécuter toute la famille polonaise concernée. Les meurtriers étaient aussi motivés par l’appât du gain et encouragés par la propagande nazie, qui a trouvé un terrain fertile dans une société en bonne partie antisémite depuis des décennies, comme d’ailleurs dans d’autres pays européens.

En même temps, des milliers d’autres Juifs ont été sauvés par des Polonais qui ont risqué leur vie pour eux. La Pologne était le seul pays de l’Europe occupée où toute personne venant en aide à un Juif était punie de mort.

Au temps de la Shoah, « on a vu en Pologne un héroïsme inimaginable et la trahison la plus abjecte, ainsi que tout le spectre de comportements entre les deux », a affirmé à l’AFP l’intellectuel juif Konstanty Gebert, une des plumes réputées du quotidien Gazeta Wyborcza.

« Pour sauver un Juif, il fallait la complicité de cinq à sept Polonais en moyenne », selon Gebert.

Les Polonais, au nombre de 6 700, sont la nation la plus représentée au monument de Yad Vashem à Jérusalem, dédié aux Justes, ceux qui ont sauvé des Juifs.

Le nombre de Juifs ayant survécu grâce aux Polonais est estimé par Yad Vashem à environ 35 000 personnes, soit 1 % de la population juive polonaise d’avant-guerre.

L’antisémitisme n’est pas mort avec la fin de la guerre. Un pogrom qui a fait une quarantaine de morts en 1946 à Kielce, dans le centre du pays, avait visé principalement des Juifs revenus d’URSS.

Il a ressurgi en Pologne en 1968, du côté des autorités communistes, qui avaient lancé une campagne « anti-sioniste », poussant à l’émigration environ quinze mille Polonais d’origine juive, mais aussi des chercheurs et artistes.

Après la chute du communisme, les nouvelles autorités de la Pologne indépendante ont noué des relations cordiales avec Israël.

Publicités
 
Poster un commentaire

Publié par le février 5, 2018 dans Europe, GUERRE et PAIX, HISTOIRE

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :