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MARSELLE-VENISSIEUX, deux débats dans le parti qui donnent confiance

14 Jan

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Tout fFrançais a une carte du PCF dans la poche: c’est celle de la sécurité sociale. Ici l’enterrement d’Ambroise Croizat.

J’ai vécu la même semaine deux réunions à l’intérieur du parti que j’ai trouvées tout en fait passionnantes et complémentaires. J’en déduis que si notre direction du parti a vraiment à cœur de donner un nouveau souffle à ce parti communiste dont nous avons tous tant besoin, il y aurait là le pain et le couteau pour avancer, sortir de l’ornière dans laquelle nous sommes enlisés. Nous pouvons encore rebondir face à une série d’échecs essuyés. La volonté est forte. Tous les partis sont dans un état déplorable et les mouvements sont en difficulté pour se structurer autour d’autre chose qu’une candidature aux présidentielles et des jeux électoraux alors même que l’abstention monte et le discrédit s’accroît sur ces jeux politiciens de plus en plus éloignés des difficultés quotidiennes. Non, ce à quoi nous ne ne survivrons pas ce serait à de grandes manœuvres qui prétendraient imposer aux communistes ce dont majoritairement ils ne veulent pas. Une direction peut encore et toujours imposer une orientation dont personne ne veut, elle peut même utiliser le calendrier d’un Congrès qui va à terme être télescopé dans le temps par les élections européennes pour une fois de plus mener des débats stériles, nous faire nous disperser dans des tâches multiples qu’il nous est de moins en moins possible de mener avec efficacité, contourner les questions centrales de la stratégie, du bilan et même du parti, ce serait une victoire à la Pyrrhus, mais peut-être certains sont-ils prêts à aller jusqu’à la mort, accomplir ce qui a été jadis accompli en Italie et en Espagne? En tous les cas de cela l’immense majorité des communistes  n’en veut pas. Donc, nous avons besoin de démocratie, au point que certains d’entre nous commencent à redécouvrir les vertus du centralisme démocratique (article dans Cause commune). Oui la démocratie, la nôtre est la seule garantie de notre survie (1), quelle démocratie si les décisions qui ne conviennent pas sont remises en question? Celui qui tient les manettes peut gérer par le découragement un Congrès « extraordinaire » qui ressemblera comme un frère au précédent que les communistes n’ont pas pu s’approprier pas plus qu’ils ne peuvent s’approprier les travaux du Comité national aujourd’hui.

Est-ce qu’il va être possible de faire autrement? je ne sais pas si c’est possible mais je sais qu’il est NECESSAIRE de faire autrement et que la majorité des communistes en a conscience, c’est ma première raison d’optimisme.

Donc j’ai vécu à la fédération des Bouches du Rhône un débat très intéressant, très riche qui prétendait lancer la réflexion du Congrès et une rencontre à Vénissieux de militants venus de toute la France pour se prononcer justement sur ce que nous qui tenons à un parti communiste, un parti révolutionnaire qui se donne pour but le socialisme, un socialisme à la française nous attendons de ce Congrès. Ce furent des débats très forts avec cette capacité des communistes de travailler ensemble, de compter pour un, de refuser les factions pour chercher le meilleur pour les exploités, pour le pays, pas pour eux-mêmes… Ces gens passionnés et totalement désintéressés.

Je ne dirai rien ici sur le fond de ce dernier débat à Vénissieux puisqu’il va y avoir un compte-rendu que je reprendrai ici.

Mais ce qui m’est apparu ce sont les points communs entre ces deux réunions. Le premier était le nombre important de communistes présents. C’était nouveau. Pourquoi le cacher, nous avons été sonnés, après les résultats des dernières élections, l’alternative Le Pen-Macron, l’élection de Macron. Macron, élu avec 20% des voix, était celui qui portait la ligne  du démantèlement du code du travail, contre lequel durant une année un mouvement de grande ampleur s’était élevé et s’était achevé dans ce fiasco électoral. On nous a manipulés avec l’éternel FN. Comme les problèmes sociétaux, faute de faire entendre la voix des salariés, des exploités, même quand ils posent de vrais questions comme le harcèlement des femmes, sont dévoyés dans de ridicules oppositions qui sont fait pour parler d’autre chose que des questions qui fâchent. L’isolement, la dispersion, le sentiment de se heurter à un mur comme par hasard est le même dans le parti et dans les couches dont nous sommes sensés exprimer les exigences, leur donner forme et accroître la conscience de la nécessité du changement.  Il y a face à cela, déjà la manière dont partout les communistes ont refusé la pléthore des « chantiers » pour comme ma cellule choisir prioritairement la santé, la défense de la sécu et l’hôpital public, une revendication à des combats qui se donnent les moyens de montrer l’utilité du parti et pas du saupoudrage..

Donc, nous sommes d’accord tous pour ne pas entrer en conclave, pas pour jouer les militants d’Attac en faisant des dissertions sur le sujet, mais en allant au contact au terrain qui a besoin de notre intervention (par parenthèse pour cela il faut la cellule, la section offre rarement ce passage à l’action) mais nous ne voulons pas nous disperser, nous sentir inefficaces avec des territoires que nous n’arrivons plus à maîtriser, les entreprises désertées. Cela est la base aussi de notre effacement comme le sont des choix électoraux qui prétendant contourner nos faiblesses ne font que les aggraver.

Dans la même logique de notre effacement et avec nous ce monde de l’entreprise, des salariés dont la voix est inaudible, il y a le patronat et les états d’âme des bobos omniprésents dans les médias. Il y a eu l’attitude de Mélenchon, notre « créature », celui que nous avons porté jusqu’à ce poste de leader de la gauche et qui a trahi tous ceux qui s’étaient dépensés sans compter, qui nous insultait, exigeait que nous passions sous ses diktats, faute de quoi il présentait des candidats contre nous. L’attitude de Mélenchon, son mépris des communistes qui laisse mal augurer de ce qu’il défendra réellement, la débâcle du PS condamné pour être devenu totalement identifiable aux intérêts du capital. Cette situation globale nous entraînant dans leur désaveu, celui de la gauche,  puisque nous avions accepté notre effacement. Tous cela a produit un moment de découragement, le même que celui qui a paru peser sur le pays. Ce fut la stupéfaction, la colère, mais aussi du découragement.

Mais là quelques mois après l’affluence à ces deux réunions prouvait que les communistes étaient là, qu’une mobilisation était possible. Quoi que l’on nous dise partout les mouvements de lutte se multiplient, mais ils sont isolés, étouffés, il y manque une perspective politique, c’est la confusion. La conscience de la nécessité du parti communiste, de se battre pour qu’il existe, pour qu’il y ait une stratégie se renforce, peut être renforcée par notre action à condition qu’elle soit bien centrée. Là encore que dire de cette obstination d’une direction du parti à poser l’éternelle question « est-ce qu’il faut changer de nom ». Franchement jusqu’à quand faudra-t-il que l’ensemble des communistes aient à répondre à ces tentatives absurdes alors qu’il y a tant à faire ?

Donc la présence était le signe que les communistes se sont ressaisis est qu’ils veulent un parti communiste et en parler sur le fond.

Le vrai problème est celui des possibles, quel parti pour quelle stratégie et pour cela la nécessité pour les communistes de bien percevoir ce monde qui change et ce qui est en train de naître. Il y avait à la réunion de Marseille, un jeune membre de l’exécutif, Igor, qui nous a fait un exposé qui ne manquait pas d’intérêt, ne serait-ce parce qu’il a noté que cette débâcle du PS et ce positionnement de Mélenchon offrait un espace au parti communiste. Tout à fait d’accord avec lui, mais justement là est la question: occuper l’espace est-ce être ce qui a été repoussé, ce qui partout avec Podemos et Syriza montre ses limites, ou est-ce choisir d’être pleinement un parti révolutionnaire?

Est-ce un hasard si dans les deux cas, la question du bilan a été posée comme centrale, le bilan pas pour seulement jouer les pleureuses, mais pour tirer partie des erreurs, pour faire autrement. Est-ce que l’on peut vouloir du nom parti communiste pour tenter de recréer une social démocratie dont personne ne veut et sur le terrain de laquelle se déploient déjà les restes du PS et le groupe de Mélenchon? Alors même qu’une partie de ceux qui l’ont rejoint l’ont fait parce qu’ils en avaient assez de notre soumission à la social démocratie.

Le contexte international: est-ce que l’élection de Trump montre la force de l’impérialisme, des Etats-Unis, du système hégémonique dans lequel l’Europe s’est construite, l’OTAN, ou est-ce qu’un type pareil à la tête de son bras armée est  le signe de la crise profonde du capitalisme. Qu’est ce que l’on fait du rôle de la Chine, de sa montée au premier rang alors que non seulement ce pays se revendique comme dirigé par un parti communiste et ayant pour but le socialisme à la chinoise. Un pays qui a lui aussi à nous présenter, la sortie du sous développement, une politique de paix et de coopération. Comme l’a esquissé le jeune représentant de l’exécutif Igor, si les inégalités ont régressé au niveau mondial a-t-il dit on le doit « aux pays émergents ». Je suis intervenue pour lui dire « pas les pays émergents:  la Chine massivement mon camarade, qu’est-ce qu’on fait de tout cela, de cette nouvelle donne? Et pourquoi n’avons-nous pas de compte-rendus de la participation du parti à des initiatives internationales qui pourraient aider à nous faire mesurer ce nouveau rapport des forces. Jéremy notre tout nouveau secrétaire fédéral a renchéri sur ses propres rencontres avec d’autres partis y compris en Russie. Il a d’ailleurs insisté et il le montre dans sa pratique, sur sa pratique de mise en mouvement du parti. Il y a dans cette ardeur retrouvée un élément positif, on le retrouvait à Vénissieux.

C’était en ce qui concerne Marseille, une amorce, l’ouverture d’un débat avec des positions différentes mais toujours respectueuses, désireuses d’avancer ensemble. L’atmosphère était la même à Venissieux. D’ailleurs quand on parle à propos de Marseille de positions différentes, ce n’est même pas exact, le vrai problème est pour les communistes de savoir ce dont ils sont capables, de vaincre la chappe que l’échec pose sur leurs épaules. Pour Vénissieux, c’est la conscience qu’il faudra bien trancher entre ceux qui ne croient plus en la nécessité d’un parti communiste et les autres. Pourtant dans les deux cas le débat montrait les positions différentes sur la manière de conduire ce congrès, mais je vous ai dit qu’en ce qui concerne Vénissieux, je laisse le soin au compte-rendu qui va être fait de vous présenter les travaux. Je suis assez contente que l’on ait tiré la conclusion qui était la mienne de la similitude entre ce qui se passait dans le parti et nos propres réflexions.

Danielle Bleitrach

(1) comme l’est de revenir sur le Congrès de Martigues qui nous a coupés de la lutte des classes, nous a stérilisés dans des débats sans contenu de classe et à transformé les luttes de clans dignes du PS en fin du fin, d’une démocratie dans laquelle une direction fut-elle divisée, inefficace peut toujours au moment du Congrès récupérer la majorité. Je suis entrée en opposition dans ce Congrès, ce qui ne m’était pas arrivé depuis mon adhésion en 1956 et je n’ai pas changé, c’est ce que j’ai dit dans les deux assemblées.

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2 Commentaires

Publié par le janvier 14, 2018 dans Uncategorized

 

2 réponses à “MARSELLE-VENISSIEUX, deux débats dans le parti qui donnent confiance

  1. frank

    janvier 14, 2018 at 11:17

    bonjour chère danielle,
    le centralisme démocratique doit être rétabli,car sans lui, la direction cupide et arriviste navigue comme elle veut,comme elle l’entend..
    Minoritaire,elle ne met pas en acte,les décisions des communiste.
    Elle se moque des militants,jusqu’à les culpabiliser avec un questionnaire d’une officine pro-Trump!
    Exempl inadmissible:le soutien inconditionnel ,ahurrissant,depuis des années et actuellement,à Tsipras et l’UE actuelle.
    Pourquoi,à cause des places au Pge,des sousous,et divers avantages comme,chauffés,nourris logés,flattés?
    Brrrr,répugnant,cet arrivisme et cette morgue anti-militants PCF!
    Bravo pour tes articles,et merci.
    Bien à toi
    bises
    Frank membre du pcf.

     
  2. histoireetsociete

    janvier 14, 2018 at 11:42

    Cher Frank, remarque que les résultats du questionnaire ont dit et redit ce que je dis dans mon intervention et que visiblement notre direction a du mal à entendre, mais là encore y a-t-il une direction. Le jeune membre de l’exécutif a commencé son exposé en disant que plus personne ne suivait les conseils nationaux et que chacun sur le terrain faisait un peu comme il l’entendait…Quant à l’éxécutif il semble que ce soit le dernier salon où l’on cause… Oui le centralisme démocratique nous donnait le sentiment de compter pour un et personnellement comme je le dis je considère comme je le dis ici que le Congrès de Martigues a été une catastrophe, même si probablement il faut revoir l’ensemble de notre politique en remontant plus haut. Ce n’est pas pour rien qu’avec marianne nous nous sommes attaqué au traumatisme du « rapport Khrouchtchev », encore aggravé par la chute de l’URSS. mais il faut s’attaquer à l’urgence, et construire ensemble y compris sur la question de l’UE et le fait que plus aucun militant ne comprend notre politique ce qui laisse mal augurer de la prochaine bataille et de ce que nous pouvons espérer denotre propre conviction de l’électorat. Marine Le pen montre son vrai visage, ça aussi ça nous libère du terrain… Le travail est énorme et il faut construire…

     

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