RSS

La conversation difficile lors de la réunion du PCF à la section de ma commune d’Ile de France, le 15 novembre dernier.

20 Nov

Voici un des texte les plus émouvants et les plus durs qu’il m’ait été donné de lire, il provient d’une camarade polonaise qui a adhéré au PCF et qui découvre avec horreur la haine que ce parti a pour les soviétiques et plus généralement pour les communistes des pays de l’Est, la manière dont on les abandonne face au fascisme, aux menées de l’OTAN. Elle nous interpelle pour nous dire de nous réveiller parce que c’est nous que nous condamnons. Ces camarades s’adressent à nous, à Marianne, à moi , aux camarades de Venissieux et d’ailleurs qui ont encore l’internationalisme chevillé au coeur et au-delà à tous les communistes, tous les progressistes français qui non seulement ont honte de cet abandon mais voient que c’est notre propre sort qui se joue. (note de danielle Bleitrach)

A ma remarque que c’est dommage que le PCF n’ait pas participé aux cérémonies de commémoration de la Révolution Bolchévique à Moscou et à Léningrad, alors que plein de militants y sont allées, les 18 de Vénissieux personnellement, Samir Amin, des Grecs, et puis même ma camarade Beata Karon du petit parti communiste polonais KPP, l’animateur de section, retraité de 68 ans, qui pourtant avait de bonnes analyses sur la situation en France, est devenu tout rouge:

« Nous avons décidé de ce qu’on a appelé la rupture » dit il d’un ton glacial. « L’expérience soviétique a été désastreuse pour nos partis d’Europe occidentale. Nous ne voulons rien avoir avec cela ».

Un militant important, retraité de 80 ans, rétorque quand même: « La rupture n’était quand même pas avec la Révolution d’Octobre »! -ce qui prouve que les communistes de la génération de la Résistance ne pensent
pas toujours la même chose que le parti.

L »animateur, toujours rouge au visage: « Le stalinisme a été une catastrophe et nous avons bien décidé de rompre avec cela ».

J’étais totalement estomaquée, comme s’il m’avait balancé une gifle. Comment peut on dire des conneries pareilles? Le PCF était né de la Révolution Bolchévique! Sans l’expérience « soviétique », sans l' »expérience de l’URSS, il n’y aurait point de … Thorez, de Duclos, de Marchais, point de … Résistance et de FTP… Sans la mort de
millions de Soviétiques, il n’y aurait peut etre même plus de France… Comment peut on nier cela à ce point? Comment est ce possible de ne pas voir cela???

Comment peut on ne pas voir que ce n’est pas l’EXISTENCE de l’URSS qui est responsable de l’affaiblissement du PCF, mais bien sa DISPARITION?

J »étais tellement choquée, que je n’ai réussi à dire que: « Mais… 1989 c’était il y a 30 ans… Le Parti Communiste Russe n’est pas le même. Il compte 300 000 membres, il est la première force d’opposition en
Russie… il faudrait quand même renouer des liens avec lui »…

L’animateur, toujours aussi en colère; « Mais est ce qu’il y a eu une invitation ».

Je suis toujours aussi décontenacée: « Mais… c’était un Forum publique, et une manifestation publique. Il n’y avait pas besoin d »‘invitation ».

L’animateur: « S’il n’y a pas d’invitation, nous n’y allons pas. Et puis le Parti a organisé plein d’événements pour commémorer la révolution en France ».

Je répète: « Je ne sais pas. Il faudrait quand même renouer des relations ».

Nous sommes passé à un autre sujet. Mais j’ai bien senti que l’animateur ne me faisait plus confiance.

Moi je suis passée à un immense abattement. J’ai noté l’emploi dans sa phrase du vocable « occidentale ». Comme s’il voulait dire dans son inconscient que l’Occident était supérieur à l’est. Que si on avait laissé faire les « Occidentaux », ils auraient fait une révolution plus belle que les Russes n’ont pu la faire… Comme si nous, les gens de l’Est, on était responsable non seulement de ce qui nous arrivait, de la destruction de nos pays, de nos vies et de nos sociétés, mais aussi des 3% de Robert Hue…

Comme si nous étions coupables du capitalisme. Et comme nous sommes coupables, on peut crever au fond. Quelle importance que l’OTAN, voire les nazis ukrainiens, viennent nous tuer, au fond, nous devons mourir, et après « les partis occidentaux » feront une belle révolution…

L’exigence d’une invitation formelle à la manifestation de Moscou sonnait comme si au fond les Russes DEVAIENT quelque chose au PCF. Comme si c’était à eux de courir après un parti occidental qui les déteste et les méprise. Alors que les archives soviétiques, examinés par même des historiens de droite, ont démontré que le parti communiste soviétique envoyait des financements au PCF depuis son début et jusqu’à la fin de l’URSS. J’ai toujours vu ces « financements » comme quelque chose de normal, mais si pour les historiens de droite ils sont la preuve d’une « ingérence du Kremlin » dans la vie politique française, pour la gauche ils devraient être vu comme un sacrifice des ouvriers soviétiques qui par le biais de leur parti subventionnaient encore leur camarades de
l’Ouest… l’Ouest riche et prospère dans les années 70 et 80. Alors qu’aujourd’hui ils sont niés et abandonnée par ces mêmes camarades.

J’ai senti UNE MENACE sur la vie de la part des militants de gauche occidentaux censés être mes camarades. Brusquement, les éléments sont devenus évidents.

Comme si nous étions coupables d’être nés en Pologne Populaire, de l’avoir aimé ou détesté, critiqué et souffert, mais d’avoir voulu l’améliorer. D’y avoir vécu et de vouloir la reconstruire.

A chaque Forum Social Européen
nous nous efforcions de convaincre nos camarades occidentaux de financer ne serait-ce que quelque billets d’avion ou un minibus pour que ne serait ce que quelques militants de notre gauche péniblement reconstruite puissent participer à l’immense chantier de reconstruction de la gauche en Europe. Le plus souvent la réponse était « non ». Au bout de 8 ans de militantisme, en 2013 au moment du dernier RDV européen, l’Altersommet organisé en à Athènes par Syriza avec les syndicats de toute l’Europe de l’Ouest, nous avons discuté franchement avec la copine
féministe qui se battait au sein du comité de coordination pour arracher 1; 2 billets pour nos organisations:

« Et si la gauche européenne nous en voulait pour avoir vécu le socialisme réel? Si elle nous en veut parce qu’on a eu des gens comme Rosa Luxemburg, comme Lénine, qu’on a osé construire quelque chose qui n’était pas parfait mais qui était à nous? L’URSS, les démocraties populaires? Et si le but est que jamais, jamais plus de nos rangs ne
puissent sortir une Rosa Luxemburg, un Lénine? Que nos militants restent isolés dans leur ignorance et leur solitude et qu’ils soient abandonnés à la répression »?

Au vu de ce que j’ai entendu et que j’entends là, on dirait que oui, il y a comme un plan de nous laisser seuls, de nous abandonner face au système capitaliste.

Ou abandonner face à la répression fasciste. Je me rappelle comment les plus importantes organisations de la gauche européenne, et Syriza la première, m’ont abandonnée face à la répression que j’ai subi en Grèce,
le procès truqué qui a duré 4 ans, le danger immense d’être condamnée en mon absence, et d’être emprisonnée avec un mandat d’arrêt européen. alors que les fascistes grecs tuent les militants et les migrants dans
la rue et en prison.

Et si au fond en cas de guerre en Europe, nos camarades de la gauche occidentales nous lâchaient face à l »ennemi et la répression? Cette espèce de hargne contre le prétendu « stalinisme » des Russes, qui s’étend d’ailleurs à tous les Européens de l’Est, qu’ils soient Polonais, Yougoslaves ou Bulgares, expliquait le ralliement du PCF au Maidan et donc son lâche abandon des civils du Donbass massacrés en 2014 par l’armée ukrainienne et des habitants d’Odessa assassinés le 2 mai par les nazis?

Mais si c’est le cas, l’heure est grave pour nous. Car la rupture Est Ouest est encore plus profonde qu’on ne le pense. Elle n’est pas seulement le fait d’une histoire de périphérie face à un centre capitaliste. Elle est aussi une rupture politique, un abandon, un choix de tourner le dos à l’histoire de la classe ouvrière européenne dans
laquelle l’Est a joué un si grand rôle. Si cette rupture est si profonde et qu’elle représente un choix politique conscient ou inconscient, alors l’oligarchie occidentale et notamment américaine a un boulevard devant
elle. Elle parviendra à refaire la guerre sur notre continent, à nous diviser et à nous détruire.

Krystyna Hawrot.

 
13 Commentaires

Publié par le novembre 20, 2017 dans Uncategorized

 

13 réponses à “La conversation difficile lors de la réunion du PCF à la section de ma commune d’Ile de France, le 15 novembre dernier.

  1. Robert Lechêne

    novembre 21, 2017 at 1:01

    Chère Danièle, je viens de lire le « Dix jours qui ébranlèrent le monde » de John Reed, et de voir le « Reds » de Warren Beatty dont je me suis aussitôt commandé le DVD J’ai pris là un bain de jeunesse (j’ai 90 ans). J’ai connu Maurice Thorez, Jeannette Vermeersch, Jacques Duclos, Georges Marrane, Georges Marchais, Etienne Fajon, Madeleine Riffaud et tant de militants qui avaient la foi, la conscience politique, le courage, le lien avec les masses, et pour moi la Révolution d’octobre a toujours signifié quelque chose de fondamental. Curieusement c’est en ce centenaire que je ressens plus fort ce que j’ai d’intime avec elle. Comme j’aimerais que le PCF soit encore celui auquel j’ai adhéré en 1946. Mais pourquoi ne retrouverait-il pas ses claires caractéristiques d’adversaire déterminé de l’oppression du capitalisme et de l’impérialisme ? Etre communiste, c’est surtout ne pas disparaître comme communiste. Merci à ce site, chère Danièle, d’être dans cet esprit.

     
  2. histoireetsociete

    novembre 21, 2017 at 1:05

    merci à toi mon camarade, comment faire partager aux jeunes générations que l’on gorge de mensonges ce qu’est le communisme et combien nous étions si forts et si heureux de sentir que partout sur la planète il y avait des gens courageux, au coeur pur capable d’avancer dans le désintéressement le plus total: le souffle de la Révolution d’octobre. quand je lis ce texte, je me sens humiliée devant l’imbécile ingratitude de nos dirigeants actuels. j’ai déjà vécu l’humiliation de voir l’actuel directeur de l’humanité, Patrick le Hyarec parrainer un « dissident » cubain sur présentation de Robert ménard, alors que je vivais avec les Cubains une formidable résistance… Dans l’huma tous les jours il y avait le feuileton niais d’une Régine deforges parlant de la prostitution à la Havane, alors que moi je voyais les femmes cubaines faire l’impossible pour garder des enfants, un foyer propre sans savon, j’ai vu une amie tenter de soigner un saphiloctote doré à sa fille sans pénincilline, tout qui manquait et les Cubains qui tenaient bon… je n’ai jamais pardonné… J’ai une colère, une humiliation, quelque chose qui viole en moi ce que j’ai toujours admiré dans le communisme et que je ne retrouve plus dans mon parti… En écrivant ces lignes, je sais que je vais une fois de plus être censurée, cela fait des années que mes livres, mon nom même est interdit dans l’humanité, mais jamais je ne céderai pour vaincre cet ostracisme, cette diffamation permanente, parce que jamais je ne me situerai au niveau de leur reniement, pas plus que jamais je ne leur céderai le parti qui ne leur appartient pas et qu’ils trahissent tous les jours.
    D’ailleurs cette manière de nier l’histoire et nos combats ne s’arrête pas là, voici qu’ils s’attaquent à Georges Marchais. Ils ont trouvé un Gérard Streiff pour inventer un Marchais chantre de l’eurocommunisme, antisoviétique, un doublon de Charles Fitrerman qui a fini au PS. Jusqu’où iront-ils ou plutôt jusqu’où les communistes les laisseront aller, là est la question.

     
  3. etoilerouge

    novembre 21, 2017 at 2:34

    Un congrès qui n’analyse pas le socialisme chinois ou cubain ou vietnamien actuel et le mouvement des peuples est anticommuniste. Il est clair que la direction du PCF etde l’Humanité est anti communiste et ne propose rien que le dénigrement du communisme passé présent et à venir puisqu’il combat pour des partis, des philosqophies non communistes mais anti communistes. Refuser de voir que la CHINE est dirigée par un parti communiste qui fait le pied de nez aux martégaux français? De voir que la planification y est pratiquée et s’appuie sur les possibilités offertes par la numérisation, que 680 millions de chinois onrt été sortis de la pauvreté par le parti communiste chinois , combien pour le PCF anticommuniste? Discuter avec des traîtres ne sert à rien . Il faut attaquer. La chine est un élément important de notre recomposition car le parti chinoids a toujours refusé le révisionnisme concernant la période de construction du premier socialisme. Sa division d’avec l’URSS n’est pas le fait de STALINE mais de KROUTCHEV « le démocrate » et de Brejnev. Les changements internes et internationaux ( route de la soie) vont placer la CHINE et le continent eurasiatique en zone de fort développement pour ceux qui le comprendront en zone d’effondrement de plus en plus rapide pour ceux qui le combattront. Cela peut amener , en s’appuyant sur ces réalités d’aujourd’hui à favoriser le retour d’un vrai PCF et une meilleure analyse du socialisme passé d’URSS et centre europe ainsi qu’une prospective utile sur laquelle s’appuyer pour un socialisme français.L’avenir est à la CHINE donc au communisme.

     
  4. histoireetsociete

    novembre 21, 2017 at 3:03

    en ce qui concerne la chine, je trouve qu’il y a eu un léger bouger de la part de Pierre Laurent,comme de la direction de l’humanité. Certes pas pour aller jusqu’à reconnaître l’Histoire, la catastrophe qu’avait été la rupture sino-soviétique et ce qu’on devait à Khrouchtchev dans cette affaire. je pense qu’ils veulent oublier l’histoire ou la transformer à leur grè, mais je pense qu’il est difficile d’ignorer ce qu’aujourd’hui représente la Chine. Donc j’ai cru qu’il y avait un effort dans ce domaine comme d’ailleurs une évolution à propos de Cuba et de l’Amérique latine. Je pense que nous devons cette dernière évolution d’abord à la grande masse des militants qui n’a pas accepté que l’on abandonne Cuba et aussi à Mélenchon (le seul point positif d’une expérience catastrophique), qui lui connait bien l’Amérique latine.
    Mais cette prise en compte limitée reste secondaire et n’influe en rien sur l’orientation fondamentale qui est le retour à l’avant du Congrès de Tours, la prolongation de fait de la dérive entamée par Robert Hue. Ils ne renoncent pas à la mise en oeuvre du Co,grès de Martigues et transformer avec ou sans le nom le pCF en parti socialiste.C’est le projet mis en oeuvre en Italie il y a longtemps, sous prétexte que le parti socialiste Italien avait été éliminé, les dirigeants du Parti communiste italien de l’époque ont déclaré 1° la parabole de la Révolution d’octobre est terminée (Berlinguer) 2) il faut retrouver une social-démocratie européenne 3)le parti communiste italien est débaptisé il est d’abord « la chose » puis le parti démocrate. Le tout a été effectué avec la bénédiction de la CIA.
    Marchais s’est battu bec et ongle contre cette dérive mais le parti a vu monter à sa direction les tenants de cette ligne bien que la masse du parti la récuse et refuse l’abandon. C’est ça l’originalité du PCF, des militants, y compris légitimistes qui refusent ce qui s’est passé en Italie.
    La Chine ne gène pas les liquidateurs de la direction, ils peuvent même en tirer tous les opportunismes, ce qui les gêne c’est la mémoire de ce qui a fondé le PCF, tous les combats, les dirigeants, de Thorez à Marchais… d’où la danse du ventre autour du mot commun pour éviter communiste… Mettre en commun pour en finir avec la lutte des classes…

     
  5. lemoine001

    novembre 21, 2017 at 8:29

    Je suis bien content d’avoir été fichu dehors. De toute façon j’en avais assez de ces gens persuadés de détenir la vérité, incapables d’écouter et encore plus de réfléchir par eux-mêmes. Ces gens qui vous reprenaient dès que vous disiez autrement qu’eux, même si le fond était le même. Ils n’entendaient pas les idées, seulement quelques mots repères, quelques expressions agréées. C’était et c’est toujours, à ce que je vois, la plaie du Parti Communiste.

    La seule fois où j’ai croisé Pierre Laurent c’était à la dernière réunion de l’UEC à laquelle j’ai participé. « Il nous faisait l’honneur de sa visite » ! oui ! l’honneur de sa visite ! Ce qui était clair c’est qu’il voulait prendre la tête de la JC et qu’il faisait campagne pour gravir cette première marche de sa carrière. Il avait un atout qu’il faut lui reconnaitre : une grande qualité d’expression aussi bien à l’écrit qu’à l’oral. Mais un vrai communiste vit ce qu’il dit et ce n’était pas son cas. Ce n’était pas un communiste, juste un rejeton bien préparé, lancé dans la carrière. Cela s’est confirmé.

     
  6. histoireetsociete

    novembre 21, 2017 at 9:18

    A force de vous réjouir d’avoir quitté le PCF je me demande si je n’ai pas envie de vous attribuer la situation actuelle…

     
    • Dominique F. Dionisi

      novembre 22, 2017 at 7:01

      C’est en Afrique subsaharienne que j’ai appris le proverbe suivant : « Il ne sert à rien de se placer entre un homme et son bonheur ». Pour comprendre cette parabole encore faut-il savoir donner, ici, le sens africain du mot « bonheur », à savoir celui de « choix » ou « destin ». Ce qui me fait dire que l’orientation choisie par les dirigeants actuels du PcF et de leurs 30 000 adhérents (chiffre optimiste pour ne pas trop les vexer) est celle qu’ils ont choisie. Sur les 25 dernières années, environ 200 000 (si ce n’est pas plus encore) qui furent membres de ce parti, ont fait le choix de le quitter. C’est leur choix de communistes. Et je ne crois pas qu’ils s’en soient réjouis. Pour terminer, histoire de rappeler que l’humour est la délicatesse du désespoir, je verse cette devinette au débat : Quelle est la différence entre un mannequin top-model et un permanent politique ? Réponse : Le premier ne mange pas pour garder la ligne et le second garde la ligne pour continuer de manger.

       
  7. lemoine001

    novembre 21, 2017 at 11:15

    Oui j’ai une part de responsabilité. Je le sais. J’aurais dû me battre, persévérer, lutter pour accéder à un degré de responsabilité qui rend légitime et permet d’être écouté. Mais j’avais déjà trop sacrifié et il semblait que j’étais le seul à voir que nous allions de défaite en défaite, par aveuglement, parce que nous refusions de voir que la société changeait à grande vitesse, que s’ouvrait une nouvelle période historique. Je n’étais pas sociologue moi ! Je ne pouvais pas apporter de preuve, juste une collection de faits en désordre.

     
  8. Yannick

    novembre 21, 2017 at 1:05

    Merci Danièle de nous fournir ce lieu d’informations et d’échanges ainsi qu’aux camarades de nous faire partager ces réflexions hautement éclairantes.

    Trop jeune pour avoir connu un PCF attirant malgré une jeunesse en banlieue rouge, je ne peux que témoigner que la situation au sein de la CGT est terriblement identique … heureusement qu’un devis non bidonné pour une rénovation de bureau est passé par la et nous a permis de reprendre (provisoirement?) notre souffle avec le camarade Martinez.

     
  9. franck

    novembre 21, 2017 at 1:41

    Bonjour chère Danielle,
    Toujours aussi intéressants,ces textes font naître chez moi quelques bémols au sujet de la dichotomie Est/Ouest évoquée par Krystyna Hawrot.
    Ainsi à la fin des années 40,la guerre civile grecque a été impactée par les accords de Yalta et la non intervention de l’URSS au coté des communistes grecs.
    Idem,pour l’Indonésie en 1964,ou le Guatemala et d’autres exemples encore.
    Concernant la ‘moraline’ distillée par Krystyna Hawrot,il existe maints exemples ou des soviétiques du PCUS,ont fait preuve d’un total mépris,vis à vis des communistes d’autres pays,c’est bien pour ça que le partis communiste marxiste d’inde a été fondé et une myriade d’autres organisations dans les années 50,60,70 comme les tupamaros,et guévaristes en tous genres.Y compris Castro,au début qui ne se disait pas prosoviétique comme le mouvement des non alignés,d’ailleurs,et même Mao et le PCC!
    Il existe aussi des contres exemples de solidarité pro-soviétique,extraordinaire en France,comme les manifestations(celle contre Ridway la peste,par exemple) pour le désarmement nucléaire,ou l’espionnage militant au profit de l’URSS.
    Le commerce par troc,à la Doumengue,ou les festivals de la jeunesse(de Krivine à Chirac) relèvent aussi de la solidarité prosoviétique.L’escadrille Normandie Nieyman,est le seul cas de troupes occidentales engagées sur les fronts de l’est au côté des soviétiques,avec les républicains espagnols réfugiés.
    Chez moi,certaines mariées,ont été chassée de leur famille pour s’être uni à des communistes prosoviétique.Un de mes Oncles a failli se faire assassiner par son beau père,sous le prétexte qu’un prosoviétique n’était pas français.A cause de elur solidarité dans leurs journaux,attitudes publiques,conversations,les communistes étaient considérés comme ennemis de la France(membre de l’OTAN)!Uniquement parcequ’ils avaient des liens étroits avec les pays du pacte de Varsovie,dont l’URSS.
    Le pcf faisait la promotion des revues comme ,’l’URSS’,’les nouvelles de Moscou’,La revue internationale,’études soviétiques’.Toutes le fédérations jusquà la fin des années 80,étaient abonnées à ces revues,et de nombreux militants dont moi.
    N’oublions pas Guy Mollet qui disait ce que 3/4 des gens pensaient,’les communistes ne sont pas de gauche ,ils sont à l’est’.Les communistes étaient appelés ‘les Moscoutaires’.
    Et dans les années trente,la droite a martelé le slogan,plutôt Hitler que le front populaire et son chef Staline!
    Alors,il faut raison garder et faire une part équilibrée à chaque parti.
    Personne n’oublie le sacrifice des soviétiques contre les nazis et le fait que notre liberté leur est due.
    Je fais partie,avec mes enfants,du régiment immortel qui rend hommage,chaque 9/05 aux soviétiques.
    Mais c’est parce que je ne suis pas un menteur que je peux affirmer que sans les soviétiques,Hitler n’aurait pas été battu,comme,j’affirme aussi que l’URSS a eu une politique de raison d’état (compréhensible d’une certaine façon..),où les communistes ne comptaient pas,comme au Congo,en Iran et en Amérique du sud,entre autre…
    Alors restons communistes,solidaires et lucides sans chercher à savoir qui doit être le parti guide!
    Salutations communistes

     
  10. Monika Karbowska

    novembre 21, 2017 at 4:31

    Vous avez raison de parler de cette solidarité Est-Ouest, mais hélas c' »était hier et aujourd’hui ca n’existe plus.

     
  11. histoireetsociete

    novembre 22, 2017 at 4:23

    je crois mon cher Franck que nous ne voulons pas voir ce qu’est devenu le PCF, cette rencontre qui n’a rien d’anecdotique entre une nouvelle adhérente polonaise et le Parti d’aujourd’hui nous confronte à une réalité très délétère. Cela dit tout mon travail intellectuel, les livres que j’écris tentent d’élucider cette relation entre le passé et l’actualité et je crois que la relation est complexe. Si l’on prend non pas la célébration de la Révolution d’octobre, les origines historiques du PCF et ce qu’il devient, mais un autre cas emprunté à l’actualité qui est le séparatisme catalan, la répression et la réalité de l’Etat espagnol, on est aussi confronté à une articulation complexe qui est intéressante y compris sur la question qui nous occupe. En 1978, il y a eu après la mort de Franco un compromis qui a de fait accepté la transition telle que l’avait envisage Franco lui même et surtout les Etats-Unis, le capital international et le capital espagnol issu du franquisme. On a installé la monarchie, le poulain de Franco, Juan Carlos, avec une amnistie pour tout le monde sauf pour les résistants basques et surtout pas de reconnaissance des victimes du franquisme. Le symbole en a été le catafalque de franco dans la vallée des morts tandis que les républicains, les communistes restaient enterrés dans les fossés. Celui qui signe cet acte indigne c’est non seulement le parti socialiste mais le parti communiste avec son chef Santiago Carillo. Il le fait dans le cadre d’une idéologie appelée l’Eurocommunisme et qui est basé sur un autre compromis, celui de la rupture avec l’URSS et la construction d’une social démocratie qui signe un pacte avec les Etats-Unis. C’est ce qu’a imposé Mitterrand en France en calmant les Etats Unis en leur expliquant à quel point la seule manière d’en finir avec la puissance des communistes c’est de les annexer à une gouvernement qui va mener le néolibéralisme, l’internationalisation des monopoles financiers, la nouvelle phase triomphante du capitalisme en liaison avec une UE qui porte cette politique.
    L’Eurocommunisme, c’est un triple phénomène:
    1) L’Italie avec Berlinguer qui poursuit sur la lignée initié par palmiro Togliatti, c’est-à-dire quelque chose de né avec la fin du Komintern qui est la voie nationale au communisme (on retrouve la même idée chez Thorez avec le discours de Londres). Parce qu’il y a eu l’expérience soviétique, parce que l’URSS est forte, les pays peuvent trouver leur voie à partir de la situation ainsi crée et aussi leur traditions nationales. Le parti communiste italien a connu un essor extraordinaire, une véritable hégémonie en adoptant cette ligne mais il se heurte à un blocage pour accéder au pouvoir. Le vatican et la démocratie chrétienne, la mafia, le capital et les Etats-Unis, le tout uni par divers liens historiques tentent d’empêcher l’accès au pouvoir. L’Eurocommunisme italien avec berlinguer va innover. Comme Kanapa en France ils sont convaincus que « la parabole née de la Révolution d’octobre est terminée » (un des signes est l’absence de démocratie, mais surtout la querelle sino-soviétique et la stagnation économique). Personne ne nie tous ces phénomènes, même Fidel Castro à Cuba met en place en 1983 la politique de rectification. Mais ce qui est recherche d’une issue et qui va déboucher ultérieurement en Chine sur une sorte de NEP, va être pris dans une contrerévolution néolibérale dans laquelle l’Eurocommunisme va être utilisée pour en finir avec le parti communiste italien, le passage à une social démocratie dont on voit ce qu’elle est devenue dans le cadre européen privilégié.
    2) L’Espagne, nous venons de le voir c’est là où la braderie du communisme sera poussé le plus loin, il ne s’agit pas comme en italie d’un compromis avec la démocratie chrérienne, mais bien d’une acceptation du fascisme et de la monarchie comme base d’une unité nationale qui spolie les Républicains, les communistes et laisse en place le franquisme. la grande victoire c’est une monarchie présentée comme une démocratie et le « enrichissez-vous » devenu le mot d’ordre de la spéculation immobilière entre autres.
    3) Le France, c’est le plus mal dépatouillé avec les « Révélations du rapport Khrouchtchev, les guerres coloniales » et sa propre social démocratie. Elle s’est jetée dans une union à n’importe quel prix depuis Guy Mollet envoyant le contingent en Algérie jusqu’à l’opération Mitterand. Et là-dessus le 22 e Congrès, c’est-à-dire vingt après le choix de la politique de Togliatti. Georges Marchais flanqué de Kanapa oscille entre son refus de rompre avec le camp socialiste et sa dénonciation aux atteintes aux libertés. Le choix du programme commun puis l’arrivée au gouvernement vont accélérer la situation en transformant peu à peu le PCF en force d’appoint. mais c’est l’application en 1983 du plan Davignon de la desindustrialisation française sous diktat européen et le tournant de la rigueur qui va accélérer le refus de l’Eurocommunisme, voir l’antagonisme. La direction du parti est au coeur d’une bataille au sein de sa direction, parce que la majorité autour de georges marchais veut sortir du gouvernement, mais les ministres communistes avec à leur tête Fitterman mais aussi Rigoud, vont sur ordre de Mitterrand destabiliser le parti. Encore aujourd’hui je vois sortir du bois des gens qui à l’époque se taisaient mais qu étaient dans le coup. C’est le discours de Rome de Rigoud qui déclenche les hostilités en juin 1984 en collaboration avec le PCI qui est allié à Mitterrand, comme le PCE de Santiago Carillo qui lui va encore plus loin.
    Quand je vois un Gérard streiff dont Marchais n’aurait voulu à aucun prix faire une biographie qui transforme Georges marchais en chantre de l’eurocommunisme je vois à quel point le passé continue à travailler le présent et à quel point il est là et continue à déterminer les enjeux.

    Mais pour comprendre cela retournons à notre exemple de ce qui se passe en Catalogne. Est-ce que depuis cette époque les choses sont retournées en état. Non! Certainement pas… la Catalogne qui avec le pays basque a été un des hauts lieux de la résistance au franquisme paradoxalement a été la province espagnole qui a le plus profité du dynamisme du capitalisme franquiste, en particulier dans le domaine de la spéculation immobilière et de l’Europe.
    Et surtout est intervenu un phénomène essentiel la crise dite des subprimes dont on ne mesure pas à quel point elle a été une phase de transformation et d’internationalisation du capital. le vieux capitalisme hérité de Franco a été obligé de s’ouvrir et dans une certaine mesure cela a permis une emprise moindre sur la société. Dans le même temps, la crise s’abattait sur le pays et l’Europe n’était plus l’horizon de la prospérité. C’est dans ce contexte qu’intervient à la veille d’une nouvelle crise financière, une nouvelle bulle, la volonté d’indépendance qui reflète ce qui est hérité du passé dans ses diverses strates et la volonté d’en finir avec ce qui s’est mis en place en 1978.

    Ce long détour pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui au sein du PCF. Toujours en retard d’une étape sur les Italiens, les différents dirigeants du PCF depuis le départ et la mort de marchais ont systématiquement voulu reproduire la stratégie eurocommuniste. Mais là ils atteignent un sommet ou ils voudraient l’atteindre. Ce moment où sous Ochetto, les dirigeants du PCI vont jusqu’au bout de leur logique. Voyant que le PS italien est complètement déconsidéré, ils débaptisent le PCI et tentent de se mettre à la place du Parti socialiste complètement mort. Oui mais voilà nos dirigeants français ont multiplié les tentatives désordonnées, ils ont détruit le parti dans la mutation, l’ont coupé de sa base ouvrière au congrès de Martigues, puis ils ont poursuivi avec le Front de gauche, ils se sont donnés à mélenchon et maintenant ils se voient prenant la place des socialistes. Tout cela passe par la fin du parti socialiste en tous les cas par la reconfiguration de son passé: on célèbre la révolution d’octobre à travers deux héros, Lénine et Trotski, d’ailleurs on laisse de plus en plus la propagande historique à ce courant trotskiste. On trouve Streiff pour inventer un Georges Marchais eurocommuniste… On ne craint pas trop en revanche le PC chinois qui est loin et ne se mêle pas de l’idéologie des autres et que l’on peut toujours utiliser pour valider n’importe quoi

    Oui mais le problème auquel ces dirigeants dont certains étaient déjà là pour mener l’offensive contre Marchais en 1983 et d’autres sont les héritiers directs ou indirects, est l’existence d’un parti communiste qui freine des quatre fers en particulier en ce qui concerne le changement de nom. Il vieillit, bien des jeunes ne veulent pas renoncer à l’idée d’un parti révolutionnaire même s’il y a quelques jeunes loups aux dents longues pour qui il faut accélérer le processus entamé au Congrès de martigues. Ils se heurtent y compris à des gens comme toi mon cher franck qui arquent une limite à leur offensive, jusqu’à quand ?

    J’ai souri au récit de ce qui s’était passé le 18 novembre avec les secrétaires. Tout le monde a dit à quel point dans « les Ruches »(sic) les discussions étaient ^passionnantes. Le compte-rendu du questionnaire allait a contrario des projets de la direction, pas question d’en finir avec le PCF au contraire. Mieux pour la première fois depuis longtemps la préoccupation de tous n’était pas la construction des « alliances » mais bien le parti communiste, sa stratégie, son devenir. Un très grand progrès. Bien sûr telle qu’elle est cette feuille de route peut être détournée mais il y a ces faits. Il est clair que l’on a joué la démocratie de base pour éviter la question de la critique de la stratégie menée jusqu’ici, le Congrès de Martigues, mais quand les communistes s’expriment quel que soit le peu de temps qu’on leur laisse il disent des choses importantes.

    Donc ce que raconte notre amie polonaise éclaire le trafic qui est mené sur nos mémoires mais aussi la résistance des communistes français.

    danielle Bleitrach

     
  12. frank

    novembre 22, 2017 at 4:52

    bonjour chère Danielle,merci encore pour tes textes que je ‘kiffe’.
    L’expérience est là,diverse et passionnante..bises Frank

     

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :