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ShortParis, un sacré bon groupe

21 Oct
Je continue sur un mode de pensée qui est le mien, d’un côté je tente d’accumuler des connaissances sur la réalité dans le temps et dans l’espace du communisme, de l’autre je me laisse porter dans mon imaginaire par une forme, une ellipse à double foyer (peut-être à cause de Kepler dont Marx disait qu’il était avec Spartacus son inspirateur puisqu’il avait découvert le mouvement des étoiles), entre rationalité et messianisme (comme dans Fondation d’Asimov). D’un côté la Chine et de l’autre la Russie en train de rêver à la Révolution française mais sur un mode liturgique. C’est une sorte de lieu dans lequel je puise et qui me permet des rencontres improbables qui relèvent de l’histoire mais aussi de la poésie, le tout contrôlé par la planification rigoureuse. Une sorte d’atlas à la Aby Waburg, c’est depuis toujours mon approche de la seule chose qui me passionne, le destin de l’humanité dans un univers inconnu. Ceux qui comprennent tant mieux, ils en savent plus que moi, les autres ce n’est pas grave, il y a autre chose à lire sur ce blog   (note de Danielle Bleitrach)

Le groupe ShortParis aurait mérité ces quelques lignes dès la sortie de leur premier album, The Daughters (Dotcheri), en 2013. L’avant-pop expérimentale de ces Sibériens rompait alors avec la monotonie d’une scène rock russe encore trop branchée sur la copie occidentale, livrant un son dark sur lequel venait errer un chant martyr, tantôt en anglais, tantôt en français.

LCDR Radio recommande pour la lecture de l’article

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Mais il était trop tôt. Trop tôt pour s’avancer. Trop tôt pour tenter de mettre des mots sur des chansons, de définir, de classifier, puis de ranger ShortParis dans une case. Et l’abandonner là, entre untel et untel. Non, ShortParis méritait qu’on leur laisse le temps de s’affirmer. De tourner. De se retourner. De nous dire ce qu’ils avaient vraiment sur le cœur.

Et ils ne nous ont pas fait faux bond avec leur second opus, Paskha (« Pâques »), sorti en mars 2017. Mieux, ils ont confirmé leur foi en la musique, balayé les langues étrangères de leurs textes et rééquilibré leur force en intégrant un guitariste, tout aussi libre, à leur quatuor. Ils y parlent d’amour dans une première chanson d’une énergie dévastatrice, avant de s’attarder sur une ode à leur Novokouznetsk natale et briser tout rythme demeurant, au nom du Fils et de Pâques.

Cette symbolique religieuse s’avère en réalité omniprésente mais – Dieu les en préserve – n’est pas à prendre au pied de la lettre. « Nous aimons le religieux d’un point de vue esthétique. C’est une partie de notre culture », insiste Nikolaï, le chanteur, attablé dans le coin d’un café d’un petit monastère de Moscou.

ShortParis ne veut en fait pas être ce que l’on pense qu’il est. Ce ne sont ni tout à fait des Sibériens qui chantent en français, ni tout à fait des héros de l’underground pétersbourgeois, capables de jouer dans une épicerie comme devant 3000 personnes. « Nous ne manipulons pas tous ces éléments, ils sont libres. Ils nous construisent : ce rêve de provincial de conquérir la capitale, l’excitation provoquée par la langue française, le retour à la réalité russe, la protestation contre l’art pour l’argent, puis la négation de la protestation car trop banale… le désir d’être imprévisible et la peur de l’être », énumère le chanteur, dans un tsunami d’idées.

La veille, ShortParis avait justement surpris dans un des clubs de la capitale. Surpris par une énergie sincère et virale. Surpris par un silence religieux, aussi. D’un côté le groupe, de l’autre le public. Entre eux : un mur. Un mur de son, certainement, qui ne laisse filtrer aucun mot, excepté les paroles presque incompréhensibles de Nikolaï. Et une énergie, bien sûr. Celle de la performance au nom de l’art. « Nos concerts ont quelque chose de religieux dans le sens où rien ne peut avoir d’influence sur eux. Ils s’auto-suffisent. Je ne suis par sur scène pour dire Salut ! mais pour offrir une performance, et le spectateur ne peut avoir aucune influence sur elle. On ne peut la manipuler ni la prolonger. Elle est plus importante que tout », estime le chanteur. Amen.

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Publié par le octobre 21, 2017 dans Uncategorized

 

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