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Pour un congrès du PCF audacieux, utile et rassembleur !

13 Oct

Voici un texte dont je partage l’esprit et la lettre. Cependant, il me semble qu’il faut plus insister sur ce que sous-tend cette démarche sur les procédures d’un véritable congrès démocratique : nous avons besoin d’un tel congrès parce que la vie même du parti est en jeu. Il me paraît de plus en plus clair que dans le parti il y a une grande majorité de militants qui tiennent à l’existence du parti communiste, à son nom, à son histoire. Alors que depuis des années nous avons des directions dont le moins que l’on puisse dire est qu’elles ont agi dans le sens contraire à cette volonté ; soit en prétendant nous rallier à des aventures autour d’un leader gonflé par les médias, soit en prétendant nous faire retourner au Congrès de Tours. Le tout sous couvert de modernité, de nécessité supposée de « s’adapter à la société française », voire de déconsidération de notre propre histoire. La caricature de la « mutation » de Robert Hue non seulement n’a jamais été remise en cause depuis le Congrès de Martigues mais elle s’est approfondie y compris au dernier congrès. De fait, le parti a été détruit dans sa relation au monde du travail, aux victimes de la politique et du capital. L’exemple le plus patent est la démolition systématique des cellules.

Pourtant si le PCF a évité une fin à l’italienne c’est parce qu’il y a eu la résistance de cette majorité des militants y compris de la part de ceux qui paraissaient toujours se conformer aux pires initiatives de la direction. C’est parce que je suis convaincue que la majorité des communistes ne veut pas de ces deux manières de disparaître que je souhaite  que nous trouvions dans ce congrès une forme originale de débat fraternel qui ne se laisse pas classer en tendances, mais discute sur le fond: « voulons ou non un parti communiste? Sommes-nous toujours partisans de la construction d’un socialisme « à la française »? Qu’est ce que cela signifie aujourd’hui et surtout de quel parti avons-nous besoin? Le questionnaire est aux antipodes de ce questionnement fondamental, et nous devons rester sur l’essentiel comme le propose le texte ci-dessous, avec ou sans questionnaire: le parti et son utilité.

Insister sur le parti n’est pas le choix d’un isolement au contraire, c’est même le facteur d’un véritable rassemblement et de l’élargissement des alliances politiques qui doivent en traduire la force. Il est insupportable  que, faute d’une telle perspective, les militants soient voués à une hostilité médiocre, rageuse pour tel ou tel leader, tel ou tel mouvement que nos directions dans leur volonté de nier de fait le parti ont contribué à créer. On aura reconnu Mélenchon et la France insoumise, mais pas seulement. Cela nourrit le mépris de la politique de nos concitoyens que ces divisions qui paraissent plus des chicaneries que des positionnements politiques. Nous devons moins nous intéresser aux autres et plus à notre propre utilité de parti communiste. Le Congrès doit témoigner d’un nouvel esprit en accord avec la gravité des assauts qui sont portés contre la classe ouvrière, les salariés, la jeunesse, notre pays (note de Danielle Bleitrach).

 

Dans la période politique actuelle nous sommes confrontés à un double défi:

– créer les conditions d’une contre offensive populaire face au capital qui a besoin de passer un nouveau cap en France comme au plan international pour accroître sa domination.

-et pour cela assurer l’existence et l’utilité du PCF alors que ce parti s’est encore affaibli ces derniers mois dans sa capacité d’organisation et d’action, son influence électorale et idéologique, sa visibilité nationale.

 

Ne perdons pas de temps !

 

Les décisions du 38ème congrès sont déjà obsolètes, les lundis de gauche, les parlottes autour de la primaire de la gauche, les envolées de la candidature Hamon, la consultation « que demande le peuple », la promesse d’une campagne autonome pour les présidentielles… tout cela laisse un parti affaibli qui sauve – de plus en plus difficilement – ses groupes au parlement, pour l’essentiel grâce à ses implantations locales, l’engagement de terrain de ses militants et élus.

Dans ce cadre, la préparation du congrès extraordinaire du PCF s’amorce avec le lancement d’un questionnaire dont l’objectif annoncé est de permettre à chaque communiste d’apporter sa pierre à l’élaboration des thèmes et dates du congrès qui seront fixés par l’assemblée des animateurs de section le 18 novembre.

Ce questionnaire ne crée pas les meilleures conditions de l’unité des communistes.

Si certains camarades y voient d’abord la possibilité de donner leur avis, d’autres lui reprochent de noyer le poisson et d’esquiver les questions posées dans la résolution du Conseil National de juin 2017.

 

Validé par seulement 43 membres du CN il appelle quelques remarques et interrogations pour un congrès à la hauteur des enjeux :

-Tout d’abord, il n’y a rien d’inédit dans cette démarche. Nous l’avions déjà utilisée en 2007 dans la préparation du 37ème congrès. Chacun sait que le questionnaire individuel est très en vogue dans les officines de communication liées aux forces politiques dominantes, comme dans les DRH.

-nous avons besoin d’un bilan stratégique préalable pour une discussion utile et fraternelle. Ce bilan devrait partir du Congrès de Martigues dont découle pour l’essentiel nos choix de puis 20 ans.

– nous avons besoin d’éléments précis quant à l’état de nos forces et de notre influence. Nous nous étonnons que la direction nationale n’en ait pas donné de manière à ce que la réflexion parte d’une analyse de la réalité partagée plutôt que d’un ressenti.  Car nous avons besoin dans la situation d’une démarche scientifique au sens marxiste.

Est-ce un premier recul quant à l’exigence des communistes d’un bilan des choix des derniers congrès ?

– nous avons besoin de connaitre le statut exact de ce questionnaire au regard de l’assemblée des délégués de section. Il ne doit ni se substituer ni s’imposer face aux contributions qui émaneront des sections et fédérations.

nous avons besoin d’un débat clair sur la nécessité de l’existence du PCF. Cette question ne doit pas être escamotée au profit de celle de ses transformations, alors qu’un très grand nombre de communistes sentent bien l’urgence de cette question. Partons de la nécessité de l’existence de notre parti et de regagner en influence, des conditions nécessaires pour cet objectif.

nous avons besoin de connaitre les conditions de dépouillement et d’analyse du questionnaire. Elles n’ont n’ont pas été définies. La transparence n’est pour l’instant pas assurée.

 

La confrontation d’idées, la réflexion collective sont dans l’ADN des communistes. Nos organisations de base, les sections, les cellules quand elles existent encore, les fédérations, sont le cadre privilégié pour ces débats parce qu’elles permettent la rencontre d’expériences politiques et sociales diverses, dans un processus maîtrisé directement par les communistes et les dirigeants qu’ils ont  élus. La possibilité de répondre individuellement ne doit pas renvoyer au rôle de spectateur nos structures d’organisation.

 

D’ici au 18 novembre, nous communistes, saisissons-nous de toutes les possibilités d’intervention et de débat possibles.

Ne nous laissons pas enfermer dans un cadre préétabli.

Soyons attentifs à ce que l’ensemble des contributions soient portées jusqu’à l’assemblée des délégués de section pour des décisions utiles, audacieuses et rassembleuses.

 

 

 

 

 

 

 

 

 
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Publié par le octobre 13, 2017 dans Congrès du parti 2018

 

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