RSS

Jeanne : Commentaire par Walter Benjamin sur l’antisémitisme. A propos du poème de Bertold Brecht : Manuel pour habitant des villes.

07 Août

Résultat de recherche d'images pour "walter benjamin"

L’expulsion des juifs hors d’Allemagne (jusqu’aux pogromes de 1938) fut réalisée à la manière décrite dans ce poème. Les juifs ne furent pas abattus là où on les trouva. On les traita plutôt selon la phrase :
Nous ne voulons pas démolir ton poêle
Nous voulons y poser la casserole
Maison poêle et casserole peuvent rester en place
Toi tu dois disparaître comme dans le ciel la fumée
Que personne ne retient
Le poème de Brecht devient instructif pour le lecteur actuel. Il montre avec une extrême précision pourquoi le national-socialisme a besoin de l’anti-sémitisme ; Il en a besoin comme d’une parodie. L’attitude à l’égard des Juifs , artificiellement provoquée par les dominants, est celle là même qui serait naturelle de la part de la classe opprimée à l’égard des dominants. Selon la volonté de Hitler, le juif doit être traité comme on aurait dû traiter le grand exploiteur. Et, précisément comme l’attitude à l’égard du juif n’est pas vraiment sérieuse, parce qu’il s’agit là de la caricature d’une démarche authentiquement révolutionnaire, on mêle le sadisme à ce jeu. La parodie ne peut s’en passer, elle dont le but est de railler son modèle historique, à savoir l’expropriation des expropriateurs.

Nous ne voulons pas quitter la maison
Nous ne voulons pas démolir ton poêle
Nous voulons y poser la casserole
Maison poêle et casserole peuvent rester en place
Toi tu dois disparaître comme dans le ciel la fumée
Que personne ne retient
Si tu veux t’accrocher à nous, nous partirons
Si ta femme pleure, nous enfoncerons nos chapeaux sous les yeux
Mais s’ils viennent te chercher nous te montrerons du doigt
En disant : ce doit être lui
Nous ne savons pas ce qui peut venir et n’avons rien de mieux devant nous
Mais nous ne voulons plus de toi
Tant que tu n’es pas parti
Laisse nous clore les rideaux afin que l’aube ne paraisse
Permis aux villes de changer
Mais toi, ça ne t’es pas permis
Nous voulons agir sur les pierres
Mais toi nous voulons te tuer
Il ne faut pas que tu vives
Quelques mensonges qu’on nous force à croire
Toi, tu ne dois pas avoir existé
(Voilà, comment nous parlons à nos pères)

 

 

 

 

Publicités
 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :