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Nous sommes faits de « poussières d’étoiles »… et de matière extragalactique !

28 Juil

ce moment ou science et poésie se rejoignent comme dans les très anciens vers d’Hésiode (1). Ce qui est fondamental est pourquoi cette matière que nous sommes peut se comprendre, se regarder elle-même et en extraire toute forme de création, pourquoi Oppenheimer a-t-il eu besoin d’apprendre le sanscrit pour observer les trous noirs? (note de danielle Bleitrach)

https://www.sciencesetavenir.fr/espace/nous-sommes-faits-de-poussieres-d-etoiles-et-de-matiere-extragalactique_115126

Des chercheurs américains ont simulé sur supercalculateur les échanges de gaz entre galaxies. Selon eux, jusqu’à 50% de la matière de la Voie Lactée viendrait en fait d’autres galaxies !

Voie Lactée Galaxie Poussière d'étoile

Le centre de notre Voie lactée, observé au télescope infrarouge par la NASA.

NASA/JPL-CALTECH

MATIÈRE. « Nous sommes des poussières d’étoiles », selon le bon mot d’Hubert Reeves. Et pour cause : les atomes qui nous constituent (dont les plus anciens remontent au Big Bang !) ont été formés au sein d’étoiles ou d’explosions desupernovae dans notre galaxie, la Voie Lactée. Mais pas seulement ! C’est ce que suggère une étude publiée dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, selon laquelle jusqu’à 50 % de la matière « ordinaire » constituant les galaxies pourrait provenir… d’autres galaxies. Un transfert de particules qui émaneraient des vents galactiques expulsés par les cousines de notre Voie Lactée, selon les simulations numériques réalisées par ces chercheurs.

Notre berceau est aussi en dehors de la voie Lactée

Conséquence logique pour notre planète : « Jusqu’à la moitié des atomes qui nous entourent, dans le Système Solaire, sur la Terre et en chacun de nous, ne vient pas de notre propre galaxie mais d’autres galaxies », a déclaré Claude-André Faucher-Giguère, du Weinberg College of Arts and Sciences et coauteur de l’étude. « La matière aurait été expulsée par un vent galactique puissant », poursuit Daniel Anglés-Alcázar de l’Université Northwestern aux États-Unis et coauteur de l’étude.

Exemple de transfert de matière entre deux galaxies. / Crédits : Daniel Angles-Alcazar et al, Northwestern University

BIB BANG. « Cette étude modifie notre compréhension de la formation des galaxies après le Big Bang », affirme Claude-André Faucher-Giguère, qui considère que « nos origines sont beaucoup moins locales que ce que l’on pensait auparavant ». « On peut même considérer que nous sommes des migrants intergalactiques », appuie Daniel Angles-AlcazarSelon la théorie communément admise, après le Big Bang, il y a 14 milliards d’années, l’Univers était rempli d’un gaz uniforme composé d’éléments légers comme l’hydrogène et l’hélium. C’est ce qu’on appelle la nucléosynthèse primordiale. Des centaines de millions d’années plus tard, c’est ce gaz primordial qui s’est condensé pour former les étoiles et les galaxies.

Modéliser le cycle de vie des galaxies

Aux origines de cette hypothèse, des travaux de simulation numérique sur supercalculateur haute performance réalisés par ces chercheurs. Si les calculs avaient été réalisés sur un simple micro-ordinateur, ils auraient nécessité plusieurs millions d’heures de calcul ! L’objectif : comprendre les mécanisme de formation des galaxies, par accrétion de matière puis transfert de matière entre-elles tout au long de leur vie stellaire. On savait déjà que les supernovae (ces étoiles géantes lorsqu’elles explosent) expulsent des quantités de gaz considérables, contribuant à la formation d’éléments plus lourds dans les galaxies. Mais la modélisation a aussi permis de montrer que les projections propagent  la matière d’une galaxie à l’autre, à travers les vents intergalactiques !

VIDE. Le transfert de matière d’une galaxie à l’autre est un phénomène nouveau pour les cosmologistes. Car les galaxies sont séparées par de vastes zones de vide incroyablement grandes : de l’ordre de plusieurs millions d’années-lumières. De ce fait, même si les vents galactiques sont expulsés à une vitesses de plusieurs centaines de kilomètres par seconde, le transfert n’est ainsi effectif qu’au bout de plusieurs milliards d’années. En suivant le ballet complexe des échanges spatiaux de matière grâce à leurs simulations, les chercheurs ont identifié des flux de gaz émanant de galaxies plus petites pour venir en alimenter de plus grandes telles la nôtre, là où ce gaz vient alimenter la formation de jeunes étoiles. Un processus qui continuerait de se produire aujourd’hui encore, et qui fabrique peut-être actuellement de nouveaux systèmes solaires semblables au nôtre…

https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01667468/zone/1/showtitle/1/src/r8rzsxAnimation présentant l’une des simulations numériques réalisée par les chercheurs / Crédits : PHILIP HOPKINS, CALTECH

Avec AFP et communiqués

(1) Pour ceux qui ignorent Hésiode, je place ici le début de l’article de l’encyclopedia universalis le concernant.

HÉSIODE (- VIIIe–VIIe s.)

Petit paysan béotien de la fin du VIIIe siècle avant J.-C., contemporain de la première vague de colonisation qui pousse les Grecs à chercher de nouvelles terres, Hésiode d’Ascra, poète, théologien, prophète, se situe à la jointure de deux mondes et de deux systèmes de pensée. Par la Théogonie qui prolonge une condition poétique et religieuse plus archaïque que l’épopée d’Homère, Hésiode est le témoin privilégié d’une forme de pensée mythique qui obéit à un type de logique différent du nôtre. Par Les Travaux et les jours, au contraire, il fait figure de précurseur de Solon : le théologien qui raconte l’avènement de la souveraineté de Zeus et développe le mythe des races cède la place à un laboureur qui parle de dettes, de faim amère, qui invective les puissants de la Béotie et tonne contre les rois voraces. C’est déjà la perspective de la cité, avec ses conflits, ses angoisses et ses promesses à peine entrevues.

1. La Théogonie : un mythe de souveraineté
Dès les premiers vers de la Théogonie (Θεογονία, généalogie des dieux), Hésiode s’affirme comme un poète inspiré, que les Muses ont choisi pour dire « ce qui sera et ce qui fut », et pour célébrer « la race de bienheureux toujours vivants ». Si l’on voulait ne voir dans cette affirmation qu’une référence banale à la vocation poétique, on commettrait le plus grave des contresens. En invoquant les Muses, filles de Mémoire (Mnèmosunè), l’auteur de la Théogonie manifeste qu’en vertu de son don de voyance il a qualité pour prononcer une parole chantée (en grec, mousa), et pour instaurer la Vérité (alèthéia). Mémoire et vérité sont les deux pôles dont la tension définit la parole poétique. La mémoire permet au poète, comme au devin, d’accéder directement dans une vision personnelle aux événements qu’il raconte, d’entrer en contact avec l’autre monde et de déchiffrer d’un coup « ce qui est, ce qui sera, ce qui fut ». Alèthéia, qui s’oppose au plan défini par lèthè – oubli, silence et nuit –, représente le type de parole magico-religieuse, chargée d’efficace et qui rend exécutoi […]

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1 commentaire

Publié par le juillet 28, 2017 dans civilisation, sciences

 

Une réponse à “Nous sommes faits de « poussières d’étoiles »… et de matière extragalactique !

  1. leca

    juillet 31, 2017 at 3:42

    Qui connaissait Hésiode ? Mais le fait qu ‘il soit béotien me le rend sympathique. Sinon dans le genre poete-scientifique on a Cyrano de Bergerac plus proche de nous et bien sur Boby Lapointe qui imagina une prononciation pour la codification en base 16, qu’il nomma « bibi-binaire » (pour binaire puissance deux puissance deux).
    Ce matin je sors de ma maison à l entrée du village et parmi les feuilles et les détritus que le vent fait voler sur le trottoir une feuille de journal, mais si brunie et d un lettrage si démodé que je la récupère. Pas de date, sans doute autour de mai 1954. Un message venu directement du passé, à la Philip K. Dick. On apprend qu ‘Eisenhower va nous donner plus d OTAN que prévu, on s’ interroge sur les intentions de Giap (va t il donner l’ assaut à Dien-Bien-Phu) on informe que des fellaghas (dans le texte) on tué en Tunisie et l on s’ indigne des propos d’un ministre allemand social-démocrate ( aussi brun semble-t-il que la page du journal) déclarant que l ‘Europe ne pourra pas se construire tant que l Allemagne ne sera pas reconstituée avec son Est, mais aussi l Autriche la Sarre et l ‘Alsace. D’ailleurs son cœur se serre a la pensée de la Cathédrale de Strasbourg. Le mien aussi.

     

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