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Béatrice Courraud : « La Rose blanche » (Die Weiße Rose) de Inge Scholl Ou une jeunesse allemande en révolte

27 Juil

 

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C’est un petit livre sobre, non dénué d’émotion mais sans pathos qu’a rédigé Inge Scholl, sœur de Hans et Sophie Scholl, et qui vient de paraître en livre de poche.

« La Rose blanche, six Allemands contre le nazisme » relate en détails ces quelques mois (1942-1943) durant lesquels un petit groupe de jeunes croyants et intellectuels allemands de Munich s’est jeté à corps perdu dans la résistance contre le nazisme avec un courage exemplaire.

Ils s’appelaient Hans Scholl, Sophie Scholl, Alexander Schmorell, Christoph Probst, Willi Graf. Ils étaient étudiants.

Hans Scholl et sa sœur Sophie Scholl prennent très vite  conscience des dangers du national-socialisme, ils en font eux-mêmes l’expérience. Alors qu’adolescents ils adhèrent aux Jeunesses Hitlériennes et, épris de liberté, de justice et de fraternité croient trouver dans ce mouvement la réalisation  de leur idéal, ils voient le piège redoutable que constituent ces jeunesses embrigadées autour de l’adoration du Führer, des ses discours hallucinés, de sa folie guerrière et meurtrière.

 « L’exercice militaire formait la base de l’éducation, et l’uniforme marquait l’asservissement total de l’homme. » souligne l’auteure.

Hans et Sophie Scholl quittent le mouvement et rejoignent la « Jugendschaft »,  cercle où l’on se réunit entre amis et dans lequel se déploie une vie culturelle intense faite de recherches, de découvertes, de voyages, de l’expérience d’une vie autre, harmonieuse, dans une liberté totale de pensée.  Là, ils peuvent lire, chanter, célébrer les écrivains, les poètes, les philosophes qu’ils aiment : Schiller, Goethe, Novalis, Aristote, Saint-Augustin, Pascal, Lao Tseu, Stefan Zweig … C’est pour eux une expérience fondamentale mais hélas de brève durée.

Ces associations, qui s’étendaient dans toute l’Allemagne,  faisaient partie de la « Jeunesse Confédérale », mouvement qui datait du début du XXe siècle . Elles furent décimées par les nazis.

 

Les enfants Scholl reçoivent une éducation « éclairée » qui leur permet de s’interroger, de s’insoumettre dès lors que la liberté est en jeu et en péril.  S’interroger sur l’engouement de la grande majorité des Allemands envers Hitler et ses théories sur la supériorité de la « race aryenne », sur la chape de plomb qui s’abat sur le peuple, chape du nouvel ordre totalitaire avec ses mesures liberticides. La répression de l’opposition est terrible. La Gestapo poursuit les militants politiques, en premier lieu les communistes, les tue ou les déporte par milliers dans les camps de concentration (cf le camp de Dachau). La surveillance est redoutable. La moindre parole critiquant le système entraîne de graves sanctions. Le père de Hans et Sophie sera lui-même victime du système et emprisonné plusieurs mois pour avoir tenu des propos « non conformes ». Plus de liberté de parole. La pensée ligotée, bâillonnée, étouffée.  Hans et Sophie  apprennent que des gens qu’ils connaissaient, d’éminents professeurs, des écrivains ont brusquement disparu, ou  sont contraints à l’exil.

Ils apprennent que l’on s’attaque aux églises, aux couvents. Des appels courageux de l’évêque de Münster leur parviennent, dénonçant dans des lettres, les ravages causés par les nazis aux institutions religieuses, dénonçant l’assassinat des malades mentaux, des handicapés, des plus faibles et des plus vulnérables. Ces appels les bouleversent.

Ils ne sont pas sans savoir les persécutions des juifs, des tsiganes, des homosexuels. Des assassinats de masse. Des camps de la mort.

En janvier 1942 lors la conférence de Wansee est entérinée la solution finale de la question juive, soit l’extermination du peuple juif.

 

Hans et Sophie Scholl s’émeuvent, s’indignent devant les massacres,  devant cette guerre de conquête, d’asservissement des peuples d’Europe menée par le Troisième Reich, une guerre qui  coûtera la vie à près de 80 millions de personnes, dont 23 millions de Soviétiques.

Leur père dénonce le caractère pernicieux, destructeur du fascisme personnifié par le Führer.

« En un temps d’extrême misère, leur explique-t-il, tout ce qui est mauvais prend le dessus (…) et quand l’existence d’un homme devient impossible, qu’il ne voit en son avenir qu’un mur gris, infranchissable, il prête attention aux promesses, on le dupe, peu lui importe qui lui tient ces discours insensés (…) Hitler a développé l’industrie de guerre, fait construire des casernes…Savez-vous où cela mène ? Il aurait certainement pu supprimer le chômage en promouvant une industrie de paix. Ces réussites sont assez faciles sous une dictature. Mais nous ne sommes pas du bétail, qui se satisfait d’une fournée de pâture. Nous sommes des hommes avec une opinion libre et des croyances personnelles… Un gouvernement qui s’en prend à ces principes n’a plus aucun respect pour l’individu. C’est pourtant la première exigence que nous devons avoir de lui. »

 

Nous sommes en 1942. A cette date,  Hans Scholl a 24 ans, Sophie Scholl, 21 ans, Alexander Schmorell, 25 ans, Christoph Probst, 23 ans, Willi Graf, 24 ans, Kurt Huber, 49 ans. Ils décident de passer à la résistance.

 

Ils créent le mouvement La Rose blanche et se lancent dans l’action par la rédaction et la distribution de tracts.

Des actions extrêmement bien conçues et menées, des tracts d’un contenu d’une grande puissance d’analyse et qui, à travers l’éloquence, vise très justement la réalité de la situation et s’adresse intelligemment à la conscience et l’humanité de chacun.

Ces actions se déroulent selon les formes suivantes :

Ce sont d’abord Hans Scholl et  Alexander Schmorell qui ont l’idée de rédiger des tracts à l’attention des étudiants, professeurs et autres catégories de personnes susceptibles d’être touchées, de les ronéoter et de les distribuer dans les universités, et de les envoyer à des particuliers qui pourraient à leur tour réagir et transmettre ces tracts à leurs connaissances. Ces tracts sont aussi jetés dans les rues ou placés dans des endroits stratégiques où la population peut les recueillir facilement. Le groupe connait bien le professeur de philosophie Kurt Huber à l’université de Munich. Il  suit ses cours assidument. Il  lui demande conseil. Ce dernier approuve et soutient.

Ce type d’actions est particulièrement dangereux. Chaque distribution peut rencontrer des obstacles et provoquer l’arrestation de l’un ou tous les membres du groupe. Il suffit d’une dénonciation – or les dénonciations sont très nombreuses en Allemagne comme elles le sont  dans les pays occupés – et la Gestapo est omniprésente.

Hans et ses amis sont mobilisés et partent sur le Front de l’Est. A leur retour du Front ils vont redoubler d’ardeur dans l’action.

Ils prennent des risques de plus en plus grands, tirent les tracts par milliers d’’exemplaires, distribuent plus largement non seulement à Munich, mais dans d’autres villes, et chaque jour vivent dans la crainte, mais aussi dans l’espoir. L’espoir que le mouvement s’élargisse, prenne de l’ampleur, que d’autres amis les rejoignent, que les gens ouvrent les yeux et se révoltent.

Mais ils sont cependant seuls. Terriblement seuls.

 

Le 18 février 1943, Hans et Sophie Scholl se trouvent à l’université de médecine de Munich et décident de lancer un paquet de tracts. Ce sera le sixième et dernier tract, qui commente la défaite allemande de Stalingrad, condamne les méthodes nazies et exhorte la jeunesse du pays à se mobiliser.

Le gardien de l’université les surprend, prévient la Gestapo qui arrive rapidement. Ses hommes encerclent Hans et Sophie. Il n’y pas d’issue. C’est la fin.

Hans et Sophie Scholl, et Christoph Probst sont décapités le 22 février 1943.

Alexander Schmorell, Willi Graf et le professeur Huber seront guillotinés trois mois plus tard.

Le réseau comptait 16 membres. Tous ont été assassinés.

C’était il y a 74 ans.

La Rose blanche  n’aura duré que neuf mois  – de juin 1942 à février 1943 –

Un acte exceptionnel de résistance dans un pays qui a adhéré dans son immense majorité  au national-socialisme, a fermé les yeux sur ses atrocités et sa barbarie, sur le plus grand génocide de l’Histoire, l’extermination de six millions de juifs.

 

« La vraie grandeur, écrit Inge Scholl, est sans doute dans cet obscur combat où, privés de l’enthousiasme des foules, quelques individus, mettant leur vie en jeu, défendent, absolument seuls, une cause autour d’eux méprisée. »

Béatrice Courraud

 

 

Premier tract  de la Rose Blanche

Il n’est rien de plus indigne d’un peuple civilisé que de se laisser, sans résistance, régir par l’obscur bon plaisir d’une clique de despotes. Est-ce que chaque Allemand honnête n’a pas honte aujourd’hui de son Gouvernement? Qui d’entre nous pressent quelle somme d’ignominie pèsera sur nous et sur nos enfants, quand le bandeau qui maintenant nous aveugle, sera tombé, et qu’on découvrira l’atrocité extrême de ces crimes ? Si le peuple allemand est déjà à ce point corrompu et décadent, qu’il abandonne sans opposition, avec une confiance insensée en un déterminisme contestable de l’historie, ce que l’homme possède de plus haut: le libre arbitre et la liberté, refusant de s’insérer dans le cours de l’historie pour la subordonner finalement à sa volonté ; s’il est devenu une masse dénuée d’esprit, d’individualité, de courage, alors c’est lui-même qui prépare sa ruine.

Le peuple allemand, selon Goethe, relève d’une essence tragique comparable à celle des Grecs ou des Juifs. Aujourd’hui, il ressemble plutôt à un troupeau d’hommes, lâches, sans volonté, obéissant à tous les maîtres, prêts à se laisser mener à l’abîme. Ceci n’est qu’une apparence. Par un long système de violation des consciences, on a obligé chaque individu à se taire ou à mentir. Peu d’hommes eurent le courage de dénoncer le mal; ils ont voulu alerter l’opinion: la mort fut leur seule récompense. Il y aura encore beaucoup à dire sur le destin de ces héros.

Si chacun attend que son voisin commence, nous verrons se rapprocher le jour terrible de la vengeance. On aura jeté la dernière victime dans la gueule du démon, sacrifice absurde, démon insatiable. Aussi faut-il que tout indivitd prenne conscience de sa responsabilité en tant que membre de la civilisation occidentale chrétienne; qu’il se défende, en cette dernière heure, selon tous ses moyens ; qu’il combatte ce fléau de l’humanité , le fascisme, ou tout autre système de dictature semblable. Où que vous soyez, organisez une résistance passive, – une Résistance -, et empêchez que cette grande machine de guerre athée continue de fonctionner. Faites ceci avant qu’il ne soit trop tard, avant que nos dernières villes ne soient devenues un amoncellement de ruines, comme Cologne, et que la jeunesse allemande ne disparaisse, immolée à la démence d’un monstre. N’oubliez pas que chaque peuple mérite le gouvernement qu’il supporte.

 

An lit dans la, « Législation de Lycurgue et de Solon », de Schiller:

Ce qui émerge de l’abîme
peut prendre forme violente,
et conquérir la moitié du monde:
à l’abîme le mal retourne.
Déjà règne la peur,
les despotes sont perdus
Et tous ceux qui dépendent de la force mauvaise
doivent aussi connaître la mort.

L’espérance:

L’heure est venue où je retrouve,
mes amis assemblés dans la nuit,
pour le silence sans sommeil,
et le beau mot de liberté,
on le murmure, on le bredouille,
jusqu’à la nouveauté inouïe:
sur les degrés de notre temple
nous le crions dans un nouvel enthousiasme:

Liberté!

Liberté!

Liberté!

———————————–

Nous vous demandons de recopier ce tracte, et de le répandre!

 

 

Sixième et  dernier tract de la Rose Blanche

 

Étudiantes ! Étudiants !

La défaite de Stalingrad a jeté notre peuple dans la stupeur. La vie de trois cent mille Allemands, voilà ce qu’a coûté la stratégie géniale de ce soldat de deuxième classe promu général des armées. Führer, nous te remercions !
Le peuple allemand s’inquiète : allons-nous continuer de confier le sort de nos troupes à un dilettante ? Allons-nous sacrifier les dernières forces vives du pays aux plus bas instincts d’hégémonie d’une clique d’hommes de parti ? Jamais plus !
Le jour est venu de demander des comptes à la plus exécrable tyrannie que ce peuple ait jamais endurée. Au nom de la jeunesse allemande, nous exigeons de l’État d’Adolf Hitler le retour à la liberté personnelle; nous voulons reprendre possession de ce qui est à nous; notre pays, prétexte pour nous tromper si honteusement, nous appartient.
Nous avons grandi dans un État où toute expression de ses opinions personnelles était impossible. On a essayé, dans ces années si importantes pour notre formation, de nous ôter toute personnalité, de nous troubler, de nous empoisonner. Dans un brouillard de phrases vides, on voulait étouffer en nous la pensée individuelle, et on appelait cette méthode : «formation pour une conception saine du monde». Par le choix du Führer, un choix comme on n’en pouvait faire de plus diabolique et de plus borné à la fois, des hommes sont devenus des criminels sans dieu, sans honte, sans conscience; il en a fait sa suite aveugle, stupide. Ce serait à nous, «travailleurs intellectuels» de régler son compte à cette nouvelle clique de Seigneurs. Des combattants du front sont traités comme des écoliers par des Chefs de groupe, ou des aspirants Gauleiter.
Il n’est pour nous qu’un impératif : lutter contre la dictature ! Quittons les rangs de ce parti nazi, où l’on veut empêcher toute expression de notre pensée politique. Désertons les amphithéâtres où paradent les chefs et les sous-chefs S.S., les flagorneurs et les arrivistes. Nous réclamons une science non truquée, et la liberté authentique de l’esprit. Aucune menace ne peut nous faire peur, et certes pas la fermeture de nos Écoles Supérieures. Le combat de chacun d’entre nous a pour enjeu notre liberté, et notre honneur de citoyen conscient de sa responsabilité sociale.
Liberté et Honneur ! Pendant dix longues années, Hitler et ses partisans nous ont rebattu les oreilles de ces deux mots, comme seuls savent le faire les dilettantes, qui jettent aux cochons les valeurs les plus hautes d’une nation. Ce qu’ils entendent par ces mots, ils l’ont montré suffisamment au cours de ces années où toute liberté, matérielle aussi bien qu’intellectuelle, toute valeur morale furent bafouées. L’effusion de sang qu’ils ont répandue dans l’Europe, au nom de l’honneur allemand, a ouvert les yeux même au plus sot. La honte pèsera pour toujours sur l’Allemagne, si la jeunesse ne s’insurge pas enfin pour écraser ses bourreaux et bâtir une nouvelle Europe spirituelle.
Etudiantes ! Etudiants ! Le peuple allemand a les yeux fixés sur nous ! Il attend de nous, comme en 1813, le renversement de Napoléon, en 1943, celui de la terreur nazie.
Bérésina et Stalingrad flambent à l’Est, les morts de Stalingrad nous implorent !

Nous nous dressons contre l’asservissement de l’Europe par le National-Socialisme, dans une affirmation nouvelle de liberté et d’honneur.

A lire : La Rose Blanche, Six Allemands contre le nazisme de Inge Scholl, Traduit de l’allemand par Jacques Delpeyrou, récit, Minuit poche 2015, 6.90 €

 

Dachau fut le premier camp de concentration important construit en Allemagne, l’un des rares construits avant la mort du président Paul von Hindenburg en 1934. Il fut tout d’abord le lieu d’internement des opposants politiques, mais il accueillit également par la suite des juifs de Bavière, des prisonniers de guerre soviétiques et des femmes ainsi que des homosexuels et tsiganes. Chacun y connut la souffrance, la faim et y côtoya la mort.

En juin 1944, un premier convoi de plusieurs centaines de Français arriva à Dachau. Le 2 juillet 1944, un convoi partit de Compiègne avec plus de 2 000 détenus : plusieurs centaines étaient morts à son arrivée.

Selon les enregistrements répertoriés, plus de 30 000 personnes périrent dans le camp même.

(source Wikipedia)

 

Pour mémoire :

Pascal Fieschi, mari de Danielle Bleitrach,fut  responsable du PCF et syndicaliste de la CGT. Arrêté et torturé pour faits de Résistance, il échappa de justesse à la peine de mort. Il fut livré au Allemands en 1944 et  envoyé à Dachau d’où il sera libéré en 1945.

 

Photo : de gauche à droite, Hans et Sophie Scholl, et Christophe Probst.

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3 Commentaires

Publié par le juillet 27, 2017 dans extrême-droite, HISTOIRE

 

3 réponses à “Béatrice Courraud : « La Rose blanche » (Die Weiße Rose) de Inge Scholl Ou une jeunesse allemande en révolte

  1. Donatien le Furtif

    juillet 27, 2017 at 5:14

    Bonjour
    merci de ranimer la mémoire .
    Merci pour votre blog.
    J’invite mes abonnés à venir vous lire au jardin du 27/07de Disons ( Maisdisons-hebdo)
    http://www.disons.fr/?page_id=57428&cpage=1#comment-103464
    .
    Donatien Le Furtif

     
  2. leca

    juillet 29, 2017 at 7:47

    Le mari de Marguerite Duras, Robert Antelme a été déporté également à Dachau. On cite parfois de lui cette phrase:
    ‘ Il n’y a pas de différence de nature entre le régime « normal » d’exploitation de l’homme et celui des camps. Le camp est simplement l’image nette de l’enfer plus ou moins voilé dans lequel vivent encore tant de peuples.’
    Marguerite Duras parfois avait les mots de Danielle:’.. l espoir c est celui que l’ on met dans le rôle du prolétariat. Et nous aucune loi, rien , ni personne ni rien , ne nous guérira de cet espoir;Je voudrais me réinscrire au PC; mais en même temps je sais qu’ il ne faudrait pas. Et je voudrais aussi m adresser à la droite et l insulter de toute ma colère; L’insulte c est aussi fort que l écriture. c est une écriture mais adressée. J ai insulté des gens dans mes articles et c ‘est aussi assouvissant qu’ un beau poème.
    (ECRIRE Gallimard)

     
  3. Jeanne Labaigt

    juillet 30, 2017 at 4:45

    Merci Béatrice de cette lecture du texte de Inge Scholl la soeur des deux résistants assassinés, et merci aussi pour les mots des tracts qui permettent de comprendre le cheminement de ces jeunes de la « rose blanche ». Leur résistance est franche, dénuée d’ambiguïté et pourtant elle n’est pas « politique » au sens strict, elle est me semble-t-il plus morale : une insurrection contre le mal en ce sens elle est religieuse au sens du lien qu’il y a dans le mot « religieux » lui même.
    Quand on songe aux contorsions de Heidegger, à cette espèce de componction dans laquelle il retenait la plus nazie des pensées une phrase comme : » Nous réclamons une science non truquée, et la liberté authentique de l’esprit » et tout à fait extraordinaire.
    Comme communiste bien entendu nous pouvons reprendre cela, mais la vision qui était celle de nos camarades allemands (voir Brecht, et le magnifique roman d’Anna Seghers « les morts restent jeunes » ) dans ce tragique incroyable de l’Allemagne de ce temps était un peu différente.
    Merci de nous avoir remis en tête ce texte je pense que la collaboration avec Danielle va tous nous enrichir.

     

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