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Populistes et communistes

17 Juil
Populistes et communistes

Je vais parler de la France Insoumise, (mais pas que). Je voudrais d’abord apporter une précision de méthode. La France Insoumise est un mouvement nouveau, dans lequel s’engagent avec énergie et volonté peut-être des dizaines de milliers de « gens ». C’est leur choix. En tant que nouvelle organisation, certains regardent avec un peu de mépris ce qui existait avant eux, oubliant même ce qu’ils lui doivent.

Ceci est normal. En tant que communistes, nous devons préserver les conditions d’un dialogue serein, du rassemblement pour l’action commune, et de l’échange d’idées et d’expérience. C’est le ton de cet article. Un dialogue sans détour, dans lequel je m’efforce de prendre au sérieux ce que dit et fait la FI, et où j’exprime clairement mes positions. C’est aisé et intéressant, car, reconnaissons-le à Jean-Luc Mélenchon, il explique clairement ses intentions et motivations.

Jean-Luc Mélenchon considère la France Insoumise et son leadership comme s’imposant de fait à tous. Il l’a proclamé à la tribune de l’assemblée : son mouvement se prétend « l’alternative globale au monde existant ». Souvent, il donne pour consigne à ses « volontaires » de ne pas discuter avec nous. Ainsi, dans nombre de circonscriptions fut même refusée une simple réunion pour discuter d’un éventuel accord. Parfois, il utilise la provocation, comme lorsqu’il accusa les communistes d’être « la mort et le néant ». Ceci a la même fonction, empếcher le dialogue. C’est simplement le signe d’une confiance insuffisante dans la solidité de son « mouvement » et dans la capacité de ses soutiens à « faire de la politique ».

Tout en prenant au sérieux ce que dit et produit la France Insoumise, en expliquant pourquoi nous n’en sommes pas, nous devons saisir les possibilités de dialogue et d’actions communes, refuser de céder aux provocations. Car, nous n’avons aucune raison de craindre la confrontation d’idées entre communistes et populistes.

Franck MARSAL

Communistes et populistes

La France Insoumise, les « cartels », et le populisme.

Changer le vocabulaire influe sur la manière de penser. Les communicants du néo-libéralisme nous y ont habitué. Jean-Luc Mélenchon également. Ainsi, la France Insoumise n’est pas un parti, mais un « mouvement ». Il n’a ni dirigeant, ni adhérents, mais une « équipe animatrice » et des « volontaires ».

Le Front de Gauche est ainsi devenu (depuis que JLM a proclamé son échec) un « cartel ». Il était difficile de trouver une expression qui fasse davantage repoussoir. Le mot évoque trafic de drogue et grandes alliances industrielles : bien trouvé. Grâce ce mot on rejette en bloc l’idée du rassemblement, la nécessité de parler avec les autres et au fond, les formes démocratiques. Se parler, c’est déjà faire « cartel ».

Cela pose quand même quelques difficultés à certains, qui ont un peu plus d’expérience politique. Ainsi, dans une déclaration du 13 juillet dernier, un certain nombre de dirigeants et de militants, pardon « d’animateurs » d’Ensemble (Olivier Mollaz, Myriam Martin, Guillaume Floris, Manue Johsua, Capucine Larzillière, Emre Öngun, Ingrid Hayes, Pierre-François Grond) ont publié une déclaration « mi-chèvre mi-chou », intitulée « La France insoumise, pour construire une nouvelle force émancipatrice ». Ils y affirment vouloir rejoindre la France Insoumise.

Après s’être félicités des succès électoraux du printemps pour le mouvement, les camarades, pardon « animateurs » proposent « un processus constituant»:

« (…), aucune force pérenne ne saurait se construire ni s’enraciner sans agglomérer les expériences militantes syndicales, associatives, politiques dont le patrimoine et le capital vivant sont décisifs pour fortifier l’acquis et surmonter les pièges et les difficultés qui ne manqueront dans notre combat contre l’oligarchie capitaliste. Nous avons besoin dans le pot commun du meilleur du socialisme, du communisme, de l’écologie politique, du syndicalisme, du féminisme, de l’altermondialisme, de l’anticapitalisme. Un processus constituant, qui est de la responsabilité de l’équipe animatrice de France insoumise, permettrait à nos yeux de réaliser cet objectif et de regrouper des forces aujourd’hui disponibles, porteuses de cette diversité d’expériences. »

En clair, cela signifie un processus démocratique, dans lequel chacun pourrait donner son avis sur la manière dont la France Insoumise doit être structurée.

Ceci a été bien noté par Laurent Lévy, un autre « animateur » d’Ensemble qui ne souscrit pas à cet appel à rejoindre la FI. Il note que pour parvenir à un tel processus constituant « il ne saurait être question de nous borner à regarder ce que les choses vont devenir, pour décider ensuite de nos choix : il est légitime – et c’est même en un sens la seule chose envisageable dans une logique d’engagement militant – de chercher à contribuer d’emblée aux processus constituants à venir que nous souhaitons. (…). Mais cela suppose d’avoir d’une part une orientation, et d’autre part des interlocuteurs et interlocutrices.  »

S’agissant du besoin « dans le pot commun du meilleur du socialisme, du communisme, de l’écologie politique, du syndicalisme, du féminisme, de l’altermondialisme, de l’anticapitalisme. » et de la nécessité d’agglomérer « les expériences militantes syndicales, associatives, politiques », il constate que « cette idée juste – et qui correspond exactement aux raisons d’être d’Ensemble ! – n’est pas encore, à ce stade, une évidence dans le discours public des animateurs et animatrices de France Insoumise. Sans en avoir débattu publiquement, non seulement avec elles et eux, mais avec les militant-e-s de ce mouvement, cela risque fort de rester en l’état. »

Et de conclure : « Il n’entre sans doute dans les intentions de personne de se plier a priori à tels ou tels diktats qui pourraient être formulés ; il n’en est qu’au plus fort nécessaire de proposer un débat public sur les formes, conditions et modalités d’un tel processus constituant. »

Jean-Luc Mélenchon a tranché par avance ces débats dans une déclaration datée du 10 juillet intitulée « A propos du mouvement La France Insoumise ». D’abord, il commence par un recadrage de ses propres troupes : « j’ai dû constater des tentatives de création sauvage de structures collectives par secteur d’activité telle que « jeunesse », « syndicalistes », « élections sénatoriales », etc. Il s’agissait à l’évidence de tentatives d’appropriation du mouvement et de son label.  Elles n’ont aucune légitimité, aucun accord de ma part ni de celle d’aucun des membres de l’équipe nationale qui a animé le mouvement jusqu’à ce jour. »

Donc, pas d’initiatives de secteur au niveau national, mais également, on garde le contrôle sur l’aspect local : « Mais c’est mon devoir de prendre toutes les dispositions possibles pour éviter là encore une appropriation qui conduirait inévitablement à un rétrécissement du mouvement autour de ceux qui se sentiraient d’ores et déjà investis d’une responsabilité de candidat. J’ai trop vu dégénérer de grands élans en petits marigots et chefferies locales pour ne pas me sentir aujourd’hui en devoir de nous en prémunir. »

Il faut noter là encore le choix des mots : Il s’agit très probablement de militants locaux qui souhaitent structurer l’action sur leur ville, et aborder les enjeux municipaux, même si les élections sont dans trois ans. Et bien, entre « chefferies locales » et « petits marigots » les voici rhabillés pour l’été.

Puis vient la question de la structure du mouvement et de ce qui la sous-tend :

« Avant toute chose je veux rappeler qu’il ne saurait être question de transformer « La France insoumise » en parti politique. Il s’agit d’être et de rester en mouvement. Une sorte de label commun. (…) Toutes les propositions que j’ai entendues ou vu arriver jusqu’à moi ne font que reproduire les anciennes structures et préoccupations du passé, liées à la forme spécifique d’un parti politique. »

Exit donc le processus constituant, le débat public, … puisque tout ce qui a été dit jusqu’ici est nul et non avenu, «  »des préoccupations du passé, liées à la forme d’un parti » … Alors, comment cela va-t-il fonctionner ? Réponse :

« « La France insoumise » n’est pas un cartel de partis et ne le sera jamais car nous avons fait l’expérience cruelle des limites d’un tel système. Elle ne sera pas non plus elle-même un parti comme je viens de le dire. Il faut donc accepter qu’existe un temps de transition dont on ne connaît pas à cet instant la date de la fin. »

« Pour la convention de Lille, nous avions innové avec pragmatisme. « L’assemblée représentative du mouvement » qui était alors naissant était composée de divers collèges. Il y avait, on s’en souvient, la moitié de participants tirés au sort. Mais dans l’autre moitié il y avait notamment ce que nous avions appelé « l’espace politique ». Celui-ci réunit depuis le premier jour des représentants des groupements politiques qui voulaient appuyer la campagne et le développement de « la France insoumise » (…) Ce cadre nous a apporté ce que le mouvement n’était pas en état de produire et qu’il eût été dangereux pour sa cohésion de solliciter. Je pense ici à la capacité d’expertise politique, de propositions d’actions, et de mise à disposition de militants et de cadres politiques chevronnés. »

Donc, non seulement, il n’y aura pas de processus constituant, mais le cadre général de la structure est déjà défini dans ses grandes lignes et ce pour une durée indéterminée avec quatre niveaux hiérarchiques :

1. Les « volontaires » font le travail sur le terrain. Ils participent aux conventions à condition d’être tirés au sort (50 % des délégués de la 1ère convention de Lille ont été désigné sur cette base) ;

2. Les membres de l’espace politique sont les militants considérés comme « chevronnés ». Ils vont directement à la case « Convention nationale », sans passer par la case « tirage au sort »  ils ont également la possibilité d’écrire des textes collectifs comme :  texte de l’espace politique;

3. L’équipe d’animation nationale, dirige concrètement le « mouvement », le cas échéant par des commissions qu’elle nomme et qui sont chargées par exemple des investitures électorales ;

4. Jean-Luc Mélenchon, probable propriétaire (avec d’autres?) du label « La France insoumise » et détenteur du financement électoral public, animateur du « média » de la FI qui est son blog perso.

Jean-Luc Mélenchon donne ensuite une explication théorique très intéressante de cette organisation :

« Les questions que je viens d’aborder relèvent d’un registre particulier à mes yeux. C’est celui de la théorie. La thèse centrale de L’Ère du peuple est que le peuple est le « nouvel » acteur de l’histoire. Il est défini par sa situation sociale réelle, c’est-à-dire son mode d’existence quotidien autour des réseaux. De même que le parti est la forme d’organisation vouée à une classe sociale, le mouvement est la forme d’organisation liée à l’existence du peuple, aux pulsations de son activité, aux formes spécifiques de son auto-organisation. »

Ce petit paragraphe confirme que ces modalités d’organisation ne sont pas le fait d’une situation particulière, mais relève bien de choix de principes, de même que le vocabulaire, et la posture politique générale vis à vis des organisations politiques de la gauche, l’aspiration à les remplacer toutes par un unique mouvement, sous la conduite d’un unique chef.

C’est là la vieille tradition du populisme, à peine relookée. Le peuple, sujet unique de l’histoire, le mouvement, structure unique d’organisation « liée au peuple, aux pulsations de son activité », le lyrisme et le guide. Bon, dès lors, la question qu’il faut se poser, c’est « est-ce pertinent ? » Cela permet-il de répondre aux enjeux de la période que nous traversons, aux défis qui nous sont posés ? ».

Voici la réponse apportée par Jean-Luc Mélenchon :

«  Je l’ai annoncé sans fard à la tribune de l’Assemblée nationale au nom de notre groupe parlementaire : nous ne voulons pas seulement être l’opposition au gouvernement mais l’alternative au monde qu’il incarne. Cela signifie que nous avons la certitude de voir s’écrouler sous nos yeux non seulement un gouvernement mais davantage encore le « monde » qu’il incarne c’est-à-dire tout ce catéchisme libéral qu’il veut porter à son comble. Le Macronisme se présente comme une tentative générale de passage en force. Mais la base sociale des bénéficiaires de ce passage en force est extrêmement étroite. À supposer qu’elle lui soit vraiment acquise, ce qui n’est pas démontré, la France des start-ups et de l’uberisation, représente en réalité un secteur social marginal du pays. Le harcèlement médiatique et la « communication » ne peuvent suffire à compenser la faiblesse intrinsèque d’un tel groupe social. »

Dans ce paragraphe, Jean-Luc Mélenchon se porte à lui-même la contradiction. En effet, puisque le peuple (un entité « au dessus des classes », qui incarne l’ensemble de la nation) est en train de ce constituer dans la France insoumise, la base sociale du Macronisme ne peut être qu’étroite. Ce n’est pas ce que nous reconnaissons comme adversaire depuis Marx, la classe capitaliste, la bourgeoisie. Macron, c’est seulement la « France des Start-ups et de l’Ubérisation ».

Mais comment ce « secteur marginal du pays » peut-il incarner seul « le monde que nous avons la certitude de voir s’écrouler sous nos yeux » ? Comment peut-on sérieusement soutenir qu’il suffit d’abattre « le secteur social marginal des start-ups » pour voir s’écrouler le monde d’oppression et d’exploitation, le chômage, la paupérisation, le racisme, la dislocation des services publics, … ? Le MEDEF, les grands groupes financiers et monopolistes, les grandes familles capitalistes ne soutiennent-il pas ce gouvernement ? Ne sont-ils pas ouvertement ou discrètement représentés dans ces cabinets ? Macron n’a-t-il pas obtenu l’onction de la très large majorité du courant pro-libéral du PS et d’une large fraction des Républicains, dont est issu son premier ministre ?

Peut-on sérieusement envisager de vaincre ce gouvernement sans devoir combattre en même temps la classe capitaliste dans son ensemble ? Pense-t-on que le MEDEF regardera impuissant le pouvoir échapper à ses amis ? Que les médias, qui appartiennent à des grands groupes alliés à Macron, ne le soutiendront pas face à un mouvement populaire ?

Or, si à l’inverse, ce n’est pas un petit groupe social néo-libéral que nous devons affronter, mais la (numériquement petite mais politiquement et économiquement puissante) classe capitaliste, comment dire que les classes sociales ne sont plus les « acteurs de l’histoire » ? Comment rejeter l’idée de organiser de manière efficace, en parti structuré, la classe qui est à même de mener dans la durée ce combat plus difficile, la classe des salariés ?

L’expérience de l’histoire nous enseigne que les erreurs de principe se traduisent par de graves défaites lorsqu’on passe à la pratique. Comment ne pas penser à l’exemple grec de Syriza. Ce « mouvement » de la gauche dite radicale se faisait fort d’imposer aux grands états capitalistes d’Europe, une renégociation de la dette. Ils ont suscité un immense espoir, connu une ascension électorale fulgurante. Ils n’ont pas cherché à mobiliser la classe ouvrière grecque. Ils se sont satisfait d’un soutien électoral. Sans préparation, ils ont dû capituler face à la puissance du chantage des capitalistes européens et mondiaux.

La situation que nous vivons est bien une situation d’affrontement de deux classes sociales, celle des capitalistes d’un coté (les propriétaires des grands groupes, banques, médias, leurs fondés de pouvoir dans la société), et celle des salariés, ce qui produisent, dans les entreprises tout ce qui fait notre société.

Il est vrai que cette classe des salariés au fil de l’expansion économique et technologique qu’a connu le capitalisme après 1945 a en partie perdu sa conscience de classe. Pendant plusieurs décennies, chaque génération vivait un peu mieux que celle de ses parents. On se sentait moins prolétaire. On préférait se voir dans la « classe moyenne ». Et même si aujourd’hui, à la faveur de la crise, la paupérisation a repris le dessus, si la classe moyenne est en fait en train de redevenir une classe prolétaire, la conscience de cela n’est pas complètement claire pour beaucoup.

Surtout, les grands bastions, où l’on avait à la fois la fierté de contribuer à l’édification du pays et la combativité qui permettait d’arracher des statuts et des acquis avantageux, ont disparu sous l’effet de la modernisation ou ont été délocalisés. Alors, la fierté d’être un prolétaire, d’être le producteur de la société, et d’être en même temps une unité d’une classe vaste et puissante a été affaiblie également.

Face à cette situation, le populisme peut paraître un raccourci bien commode. Plus besoin d’expliquer le capitalisme, pas besoin de reconstruire patiemment une conscience de classe. Il suffit d’en appeler à la citoyenneté, à la république. Ceux qui ont gardé de la social-démocratie toutes sortes de généralités bien-pensantes sont à leur aise. Mais en histoire, les raccourcis se transforment vite en impasse. L’histoire fourmille malheureusement de ces mouvements, superficiels, si vite montés, si vite défaits et entraînant avec eux dans la défaite toute une génération.

Le combat que nous devons mener n’est pas spécifiquement français. L’ensemble des pays du monde, à des degrés et sous des formes différentes sont soumis aux mêmes défis et aux mêmes difficultés. Il n’est pas non plus nouveau. Dans les années 20 et 30, l’Europe a connu un arrêt de l’expansion économique, une dépression durable, une crise sociale qui a bien des points communs avec ce que nous constatons à l’échelle du monde aujourd’hui.

Les capitalistes sont sortis de la 2nde guerre mondiale très affaiblis en Europe, en Afrique et en Asie, sur les principaux théâtres d’opération. S’appuyant sur la force économique des USA et sur l’expansion économique qui a repris, ils ont patiemment reconstitué leurs forces. Ils ont affaibli et là où ils ont pu, détruits les organisations de classe combatives qui s’étaient développées dans la période 1917 – 1945, sous l’impulsion de la révolution russe et de la lutte contre le fascisme. Ils ont blacklisté le marxisme et réimposé leur idéologie. Ils ont pu peu à peu grignoter le niveau de vie et tous les droits sociaux dont les classes populaires bénéficiaient.

C’est un combat long et difficile qui est devant nous. C’est une lutte de classe qui se déroule à l’échelle internationale. Il est dangereux de faire croire qu’on peut gagner ce combat avec une vision populiste, en faisant confiance à quelques chefs éclairés, en négligeant les enseignements de l’histoire.

Il est cependant logique, dans cette période, que le mouvement populaire se trouve dans une confusion relative. De nombreux liens sociaux ont été brisés. Les situations sociales et économiques sont très diverses et l’idéologie dominante pousse à la division. Regrouper sous une bannière commune l’ensemble des salariés et des couches populaires n’est pas une évidence pour tout le monde. Même le mouvement syndical est très divisé, en presque une dizaine de confédérations concurrentes, combatives, conciliatrices, ou variant entre ces postures.

Dans ces conditions, la question du rassemblement, sur la base d’un programme de revendications largement acceptable est un enjeu clé. Il faut réapprendre à travailler ensemble, à confronter honnêtement les idées et les propositions, à tirer ensemble les enseignements des batailles communes.

L’illusion de rassembler par l’autorité d’un seul homme, fut-il très bon orateur, est dangereuse. Ce qu’il nous faut, c’est le respect de la diversité et des cadres de débats honnêtes. La France Insoumise ne souhaite pas et ne peut pas être ce cadre là. Par sa prétention hégémoniste, elle empêche le dialogue. Par sa vision populiste, elle n’apporte pas les éléments de compréhension adéquats de la situation et des enjeux.

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3 Commentaires

Publié par le juillet 17, 2017 dans actualités, POLITIQUE

 

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3 réponses à “Populistes et communistes

  1. Yan EL (@Yan__EL)

    juillet 18, 2017 at 2:33

    Je ne peux qu’être d’accord sur le constat vertical de l’organisation FI. Je crois que rien n’a changé par rapport au PG. Défections à venir ?

    En revanche je crois qu’il y a une différence de définition du terme populisme qui explique ce désaccord. Je continue de penser que la stratégie de Chantal Mouffe n’est pas mauvaise. En factorisant les idées il s’agit simplement de créer un « eux » et un « nous ». Ce que même Pierre Laurent a fait avec son livre « 99% ».

     
  2. qmarsal

    juillet 19, 2017 at 4:00

    Je ne suis pas convaincu par la non-pertinence de l’organisation de la France Insoumise. Certes, le positionnement du mouvement rend difficile tout débat, voire même toute discussion avec qui que ce soit, et peut-être qu’ils se trompent de cible en voyant en M. Macron l’incarnation d’un monde de starts-up, je n’en sais rien, et à vrai dire la question de savoir qui incarne quoi ne m’intéresse pas (peut-être est-ce une erreur…).
    Mais il faut reconnaître à cette structure à quatre niveaux que tu décris une indéniable efficacité : la masse des « gens » qui constituent LFI forment pour M. Mélenchon une formidable caisse de résonance, qui permet ensuite d’accéder aux médias plus classiques. Sur les quatre candidats en tête du premier tour de la présidentielle : M. Macron avait au service de sa campagne une structure similaire et a connu une réussite encore plus grande ; et Mme Le Pen, si elle reste présidente d’un parti plus classique en terme d’organisation, bénéficie notamment sur internet d’une audience bien supérieure à celle que pourraient lui procurer ses seuls adhérents.
    Et cette efficacité est encore à l’oeuvre depuis le début de la législature. M. Mélenchon monopolise le terrain politique à gauche de LREM grâce à sa verve, sa stratégie du coup d’éclat permanent, et aux bataillons d’insoumis pour les relayer. Résultat, si tout le monde à retenu que M. Mélenchon ne porterait pas de cravate lors des scéances de l’Assemblée Nationale, personne n’a écouté les interventions de M. Chassaigne lors des débats sur les ordonnances, qui pourtant devaient défendre des positions similaires à celles de M. Mélenchon avec un nombre équivalent de députés. Sans même parler de celles du P.S. qui a pourtant deux fois plus de députés que L.F.I.

    D’où ma question : n’y a-t-il pas du bon à récupérer dans la structure de L.F.I. et consorts, par exemple en ajoutant un niveau d’investissement politique, intermédiaire entre le militant et l’électeur ? Cela permettrait de fidéliser (je n’aime pas ce mot dans ce contexte mais il convient pourtant assez bien) des sympathisants qui bien que partageant les idées d’un parti classique, ne sont pas prêts à donner du temps pour le faire vivre, et peuvent pour autant contribuer à son financement via des dons, et à la diffusion de ses idées de manière beaucoup plus large que par des moyens classiques.

    J’ajouterai pour finir, que bien qu’ils n’aient pas voix au chapître, qu’ils n’aient pas participé directement à la conception du programme, ou qu’ils aient choisi la formation pour le candidat et non le candidat pour la formation, je ne pense pas que les adhérents de L.F.I. ou de L.R.E.M. soient mécontents de cette organisation. Elle leur donne le sentiment de participer à la victoire ou à la révolution, sans qu’il y ait besoin de se déplacer à des réunions, des conférences… Tout peut se faire via internet, sans « contraintes » aucunes, et est d’une rentabilité maximale pour l’organisation elle-même, puisque le vote de quelqu’un qui a participé, même en ne donnant que 20 € à une campagne, est quasiment acquis.
    Après, c’est sûr qu’on ne fait pas la révolution avec des gens qui font de la politique en posant des « like » sur Facebook…

     
    • fmarsalperso

      juillet 19, 2017 at 7:06

      Je suis bien d’accord avec toi. En termes d’efficacité de médiatisation, l’organisation mise en place par Mélenchon est très bonne. Et je suis d’accord avec toi également sur le rapprochement que tu fais avec Macron, qui utilise des technologies similaires. Et il y a de la parenté aussi effectivement avec le Front National, même avant Marine Le Pen, déjà par son père. La communication directe avec les gens, l’usage d’internet comme média de masse et canal idéologique principal, la simplification à outrance, l’usage immodéré de la provocation (c’est intéressant de voir Macron allier assez subtilement un protocole présidentiel ultra-formel et quasi-impérial et en même temps, continuer à utiliser la provocation – cf. sa sortie sur la fécondité africaine, ou la manière dont il s’est payé le Chef d’Etat Major des Armées …), et la communication « de rupture » lors du passage dans les médias (d’autant plus pertinente qu’il est possible d’utiliser un canal direct pour l’argumentation) … Et cela n’est pas spécifique à la France, Corbyn, Sanders, Syriza et Podémos sont d’autres exemples. Je citerai également nos amis belges du PTB qui ont quelque chose en plus, au niveau de la qualité des contenus qu’ils produisent.
      Nous sommes face à une rupture technologique dans la médiation des idées politiques (et plus fondamentalement, la manière dont les gens entretiennent des relations politiques et les font évoluer) et cette rupture technologique peut être mise à profit pour véhiculer toutes sortes de contenus.
      Je suis d’accord avec toi également sur la satisfaction apportée à l’utilisateur. En réalité, les gens commence par poser des likes, effectivement. Cela a l’avantage d’être un point de départ facile. Il n’y a pas de barrière à l’entrée. Donc, on recrute large. On fait rentrer ici le monde des organisations politiques dans l’univers de la compétitivité et du marketing des services.

      Donc, je tire la même conclusion que toi : il faudra s’y mettre, et rapidement.
      Je crois qu’il faut commencer par poser correctement l’axe politique, qui a ensuite se développer. Parce que si on ne plante pas le bon arbre, il ne donnera jamais les fruits attendus.

      C’est sur ce plan, que se positionne mon analyse. Car, l’efficacité de leur organisation va les conduire à se développer prioritairement dans l’axe qu’ils ont initialement choisi : le populisme, même si aujourd’hui, ils attirent un peu toutes sortes de gens, plein d’espoir et de naïveté. Il vont davantage attirer des gens sensibles à cette logique paradoxale et – à mon avis – dangereuse de populisme de gauche. Plus ils vont se développer rapidement, et plus cette orientation va se renforcer… et devenir problématique.

       

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