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L’Asie  centrale au cœur de la mondialisation : entre corruption, répression et évasion fiscale

14 Juil

Dictateurs sans frontières Livre John Heathershaw Alexandre Cooley Asie centrale Corruption Finance Dictature

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0Contrairement à une idée répandue, l’Asie centrale est très connectée aux flux financiers mondiaux, au moins pour ses élites. Dans le livre « Dictateurs sans frontières », deux chercheurs montrent comment le système financier mondial et l’état de Droit sont utilisés pour contrôler les populations et poursuivre les opposants à l’étranger. Interview.

Plus de 25 ans après leur indépendance, les cinq Etats d’Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Turkménistan) reposent pour la plupart sur un système politique organisé autour d’un régime présidentiel fort, renforcé par des mécanismes de patronages. Le maintien de ces systèmes autoritaires a entravé le développement démocratique pour la majorité des pays, Kirghizstan excepté. Cela a également empêché la poursuite des réformes sociales, politiques et économiques nécessaires à la modernisation et à la consolidation de ces pays.

Dans leur nouvel ouvrage « Dictateurs Sans Frontières » (« Dictators without borders », non traduit en français) publié le 7 février dernier, John Heathershaw, professeur associé en relations internationales à l’Université de Exeter, au Royaume Uni, et Alexander Cooley, directeur de Harriman Institute à l’Université de Columbia et professeur de sciences politiques au Barnard College, déconstruisent l’argumentaire fort répandu : l’Asie centrale est isolée et très mal intégrée dans le monde globalisé.

Utiliser les moyens offerts par l’Occident

Les auteurs démontrent comment les dynamiques économiques, politiques et sécuritaires sont exploitées par les régimes centrasiatiques en dehors de leur pays pour se positionner au centre des réseaux financiers mondiaux. Par l’intermédiaire de réseaux d’affaires, de courtiers tiers et de juridictions étrangères, les chefs d’Etats d’Asie centrale deviennent des acteurs globaux, bien intégrés dans les centres politiques et financiers du pouvoir transnational mondial.

A l’occasion de la publication de « Dictateurs Sans Frontières », Novastan a pu s’entretenir avec John Heathershaw.

Novastan : Votre livre s’intitule « Dictateurs sans frontières ». Quelles sont les frontières ou les limites d’une dictature ? Lesquelles sont infranchissables pour les dirigeants centrasiatiques ?

John Heathershaw : C’est une question plutôt philosophique ! Le livre s’intéresse à la place du territoire et de la sphère politique en Asie centrale. Il est plutôt courant de penser que les dictatures sont confinées dans un territoire donné : les bandits sont « stationnaires » pour le sociologue Mancur Olson, par exemple. Pourtant, avec ce livre nous montrons comment ils utilisent des espaces offshores et extra-territoriaux où des processus mondiaux opèrent, des allers-retours des capitaux pour éviter les impôts ou blanchir de l’argent jusqu’à l’arbitrage international de conflits commerciaux.

Ces dictateurs ne peuvent pas contrôler le résultat de ces processus, qui sont en dehors des limites de leurs frontières, mais en tant que pouvoirs souverains ils ont un avantage comparatif sur leurs concurrents. L’illusion de contrôle par les dictatures est aussi de ce registre. Aussi, il est tout aussi impossible de supprimer toute poche de dissidence, locale ou globale, que d’atteindre un soutien universel par la dictature. Nous voyons cela autant avec les communautés de Turkmènes en exil que ceux restés dans le pays.

Comment concevez-vous « l’autoritarisme mondial », dans ce cas ?

L’autoritarisme mondial, ce sont les pratiques financières, économiques, sociales, politiques, juridiques et sécuritaires des dictatures en-dehors de leurs frontières. Elles incluent l’utilisation de comptes offshores pour échapper au regard du public, accroître sa richesse personnelle et passer des accords avec des multinationales qui ne sont pas tenues aux règles anti-blanchiment.

Ces pratiques sont « autoritaires » dans le sens où les autocraties sont des managers et des bandits comme le décrit Mancur Olson. Les pratiques sociales incluent par exemple la constitution de réseaux mondiaux par la propriété, l’éducation et l’acquisition de la citoyenneté et de la résidence, parmi d’autres choses. Les Kazakhs de Londres ou les Ouzbeks en Lettonie sont deux bons exemples de ces diasporas d’élites qui s’établissent, même si tous leurs membres ne sont pas tous des soutiens de leur gouvernement, comme le montre le cas Moukhtar Abliazov (un homme d’affaire kazakh condamné par contumace au Kazakhstan et retenu en France, ndlr).

Politiquement, l’autoritarisme mondial est principalement représenté par le lobby international, tout en cachant l’origine politique par des comptes offshores. Le gouvernement du Tadjikistan a ainsi utilisé cette méthode aux Etats-Unis. Pour ce qui est du côté juridique, on retrouve l’utilisation de poursuites contre des opposants à l’étranger et l’acquisition d’une protection légale des ressources capturées grâce aux processus d’arbitrage à Londres ou Stockholm, parmi d’autres lieux. Enfin, l’aspect sécuritaire implique l’utilisation d’Interpol et une large coopération sur la sécurité intérieure dans les pays de la Communauté des Etats indépendants, et de plus en plus l’Organisation de coopération de Shanghai. Certaines de ces pratiques sont distinctement dictatoriales, d’autres relèvent simplement de l’utilisation de systèmes libéraux pour des buts autoritaires.

Vous expliquez comment le 11 septembre marque un tournant majeur dans les relations entre l’Asie centrale et l’Occident, avec l’intégration totale des gouvernements centrasiatiques dans les réseaux transnationaux. Les pays occidentaux ont-ils permis aux Etats centrasiatiques d’être englués dans ces réseaux opaques ?

L’autoritarisme mondial en Asie centrale existait avant le 11 septembre. Nous pensons cependant que cet évènement a accéléré la fin de la période des années 1990 où le libéralisme était promu de manière très agressive. La sécurité en est venue à prendre le pas sur la libéralisation dans certains cas. Ainsi, le gouvernement américain était prêt à ne rien voir de la corruption transnationale dans les contrats de fournisseurs de pétrole pour sa base au Kirghizstan. L’aide pour assurer la sécurité de l’Ouzbékistan et du Tadjikistan, et ainsi le financement et la coopération avec des agences qui utilisent de manière routinière la torture, sont passés avant la promotion des droits des citoyens.

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Le principal problème de régulation de ces 10-20 dernières années, c’est l’échec de l’application de politiques anti-corruption et anti-blanchiment en Asie centrale. Cet échec est dû à la faiblesse des agences de régulation et la promotion de l’auto-régulation par l’Occident, alors que fournisseurs de service n’ont que peu d’incitation à signaler des faits douteux. La raison ici pourrait plus relever du commerce que de la politique ou de la sécurité.

Vous mentionnez également que de nombreux centres cosmopolites occidentaux comme New York, Londres ou Genève sont devenus de véritables paradis fiscaux pour les dirigeants occidentaux. Est-ce que l’Occident a perdu son autorité morale ?

Ces lieux ont des entreprises et des agents qui facilitent l’évasion fiscale et garantissent une résidence et du secret, mais en réalité ce fonctionnement est véritablement mondial. Un individu peut obtenir un visa pour Londres mais financera sa propriété grâce à des comptes offshores situés à Belize, comme l’a fait Maxime Bakiev en 2010 (le fils du président kirghiz Kourmanbek Bakiev, démis de ses fonctions en 2010 après une révolution, ndlr).

Les gouvernements occidentaux offrent des régimes de visa qui permettent aux ploutocrates et kleptocrates de résider et d’éventuellement obtenir la citoyenneté tout en bloquant l’arrivée d’enfants réfugiés, comme au Royaume-Uni. Dans le même temps, ils ne fournissent pas suffisamment de moyens à leurs autorités de régulation pour identifier et enquêter sur le blanchiment d’argent de tels individus. A l’inverse, des avocats très bien payés et des financiers sont plus qu’heureux d’aider ces individus à effacer leurs traces. Ils se défendent en affirmant qu’ils travaillent en toute légalité. Pour moi, ces personnages et les gouvernements occidentaux ont perdu leur autorité morale, oui.

A la lecture, on a l’impression que ces « activités illégales » et le « secret financier » ne sont finalement pas si secrets ou opaques. Est-ce si facile d’acheter une citoyenneté ?

Souvent, ce sont des militants occidentaux, travaillant avec des centrasiatiques très courageux, qui déterrent ces affaires. Donc d’une certaine façon, « l’Occident » travaille autant pour que contre l’autoritarisme mondial. Il est difficile d’avoir des preuves pour des faits précis publiquement sans risquer la diffamation. Ce que nous savons aujourd’hui n’est probablement que la pointe de l’iceberg, qui peut n’être que peu représentative de l’ensemble.

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Dans le détail, il existe plusieurs variantes pour l’obtention d’une citoyenneté. Certains pays la donnent très facilement, tandis que d’autres sont plus stricts. Au Royaume-Uni par exemple, il y a de plus en plus de pression politique pour rendre son obtention encore plus difficile. En général, vous avez besoin de beaucoup d’argent et des relations avec les bons avocats et agents pour obtenir la citoyenneté en Occident (sans passer par la case emploi, mariage ou asile politique). Ainsi, ceux qui le font sont souvent ceux qui ont prospéré sous leurs autocraties chez eux et qui ont un capital qu’ils peuvent utiliser pour s’installer à l’étranger.

Vous vous êtes concentré principalement sur les liens entre les pays centrasiatiques et les pays occidentaux. Mais qu’en est-il de la Russie et de la Chine ?

Il y a effectivement une autre histoire à raconter sur la Russie et la Chine en particulier. Même si les deux apparaissent dans le livre, la Russie notamment, ces pays apparaissent de manière moins proéminente et nous avons choisi de nous concentrer sur l’Occident et ses agents de la mondialisation. Ici, deux choses sont à prendre en compte. En premier lieu, les affaires sortent dans l’Occident car il y a de la transparence et de la responsabilité, même si elles sont insuffisantes. Il y en a beaucoup moins autant en Russie qu’en Chine. Ensuite, le fait est que des villes comme Londres, New York, Paris ou Genève restent des destinations de choix pour les élites centrasiatiques, comme pour celles de kleptocrates du monde entier.

Moscou et Shanghai semblent secondaires comme lieux de vie et n’offrent pas les protections des cours européennes. C’est ici que le libéralisme compte : l’Etat de droit vous permet de vous protéger une fois arrivé, si vous tombez en état de disgrâce avec le régime en place. Maxime Bakiev a pu se protéger depuis Londres, quand Gulnara Karimova (la fille de l’ancien président ouzbek, Islam Karimov, ndlr) s’est rendue vulnérable en décidant de rentrer à Tachkent.

Y a-t-il des spécificités dans les entreprises utilisées comme coquilles vides par les élites centrasiatiques ?

Pour répondre à cette question, nous aurions besoin de faire une étude comparative des autres régions du monde. Pour autant que nous puissions en parler, ces coquilles vides (shell companies) sont plutôt génériques. Elles représentent une partie très établie du système financier mondial qui a grandi de façon exponentielle depuis les années 1970.

La seule option qui ferait décliner leur nombre serait d’avoir des régulations plus fortes qui réduiraient leur capacité à offrir des contournements d’impôts et du secret. Par exemple, de plus en plus de voix se font entendre depuis longtemps pour inscrire dans des registres publics les véritables propriétaires de ces coquilles vides. Certains pays ont discuté de l’application de cette idée mais sans un processus global mené par le Royaume-Uni et les Etats-Unis incluant leurs territoires à l’étranger et leurs Etats fédérés, cette solution ne serait qu’à moitié efficace.

Des accords mondiaux dans ces domaines peuvent être signés si l’intérêt public mondial est élevé et que les gouvernements sentent qu’ils doivent utiliser leur pouvoir en ce sens. Le fait que des terroristes et des membres du crime organisé utilisent souvent des coquilles vides pour financer leurs activités a amené un argument de plus pour cet effort de régulation. Cependant, je ne suis pas du tout persuadé que nous verrons un registre mondial avant un bon moment.

Y a-t-il des différences entre les pays centrasiatiques quant à leur insertion mondiale dans ce genre de milieu ?

Certains pays se sont construits comme des nœuds du système financier mondial, comme le Kirghizstan avec l’Asian Universal Bank et le Kazakhstan avec BTA Bank. D’autres n’utilisent que peu de coquilles vides offshores comme le Tadjikistan ou l’Ouzbékistan, ou ne maintiennent que des comptes avec des banques étrangères très haut de gamme, comme le Turkménistan qui utilisaient des comptes Deutsche Bank avant d’être découvert par Global Witness en 2006.

Cela pourrait suggérer que ceux qui sont les plus libéraux économiquement sont les plus intégrés au niveau mondial. Mais sans données, difficile d’être catégorique. Y a-t-il de compétition dans ce domaine ? Peu de preuves viennent alimenter cette théorie. Mais on peut cependant dire que certains pays comme le Kazakhstan sont plus efficaces pour viser leurs opposants à l’étranger que d’autres, comme le Kirghizstan.

A la fin de votre livre, vous affirmez que ces territoires en dehors des pays sont les premiers terrains de bataille entre régime en place et opposition. Est-ce le reflet de l’absence de justice indépendante en Asie centrale ?

Pas entièrement. Si vous voulez faire des affaires avec des entreprises étrangères, elles insisteront sur l’arbitrage international qui prévaut du fait de la nature prédatrice des systèmes judiciaires nationaux et les standards internationaux dans lesquels ils opèrent. Les gouvernements centrasiatiques vont utiliser les cours nationales quand ils le peuvent : les Tadjiks ont par exemple visé l’opposant Zayd Saïdov en 2013, ou son Parti de la renaissance islamique, en 2015 (ce dernier a alors été interdit et ses membres chassés, ndlr).

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Mais si vos exilés se déplacent à l’étranger, vous avez besoin de les viser là-bas. Si vous êtes un insider qui cherche à se protéger, vous établissez un abri en Lettonie ou à Londres. Si vous voulez être un citoyen du monde et avoir de l’argent que vous pouvez utiliser partout, il est bon d’avoir un compte en banque secret en dollars ou en euros. La place de plus en plus importante de ces lieux de contestation extra-territoriaux est le produit de la mondialisation.

 Si l’on vous suit, et étant donné le contexte de plus en plus sécuritaire en Asie centrale, quel est le future d’une opposition politique interne autre qu’être dépendante d’acteurs extérieurs ?

Dans de nombreux pays centrasiatiques, l’opposition de l’intérieur s’exile. Seul le Kirghizstan a une opposition interne. L’opposition de la diaspora est en général très peu efficace mais les avancées technologiques et les flux migratoires permettent la création d’opportunités pour des réseaux transnationaux de rentrer et de sortir du pays d’origine. C’est la raison pour laquelle ces gouvernements exportent la répression, pour utiliser le vocabulaire du centre d’étude des Affaires étrangères britannique qui a récemment étudié le phénomène.

Le but de « Dictateurs Sans Frontières » est d’arrêter de penser en termes d’intérieur et d’extérieur comme des choses distinctes. L’idée est plutôt de réfléchir en termes de flux transnationaux – de l’extérieur vers l’intérieur et de l’intérieur vers l’extérieur – comme des caractéristiques durables du paysage politique centrasiatique pour le futur proche. D’où la création du projet Central Asian Political Exiles pour suivre ces flux et pratiques.

Selon vous, quel est le futur possible pour ces réseaux transnationaux et l’Asie centrale ?

Il n’y a pas de futur précis que nous pouvons dessiner. C’est un défi de régulation mondial, qui ne s’arrête pas à combattre l’extension de l’autoritarisme mondial mais bien de distinguer entre les demandeurs d’asile légitimes, qui demandent de la protection, et ces exilés qui sont impliqués dans des abus de pouvoir chez eux et du blanchiment d’argent à l’étranger.

Souvent, ces deux personnes sont les mêmes. A d’autres moments, non. Cette situation est remplie de défis auxquels les systèmes judiciaires nationaux ne peuvent pas répondre seuls, comme le cas de Maxime Bakiev à Londres le montre. L’important, c’est que nous avons un besoin d’aller plus loin dans l’activisme, la transparence et la responsabilité à une échelle mondiale. Cela sous-entend des activistes qui découvrent de nouvelles affaires et qui mettent en lumière l’hypocrisie des grands donateurs et des pouvoirs libéraux qui les ont laissé prospérer. Cela sous-entend de la transparence par des fuites de données, l’accès à des données sur les bénéficiaires de coquilles vides et la publication d’études de fond sur l’investissement étranger en Asie centrale. Et cela sous-entend enfin de la responsabilité par l’extension du droit criminel international et l’application plus systématique d’instruments comme la « US Foreign Corrupt Practices Act » et la « UK Anti-Bribery Law ».

Si tout cela arrive, alors nous en saurons beaucoup plus à l’avenir sur les pratiques de l’autoritarisme mondial, qui restent bien souvent dans l’ombre.

Propos recueillis par Pablo Garcia
Traduction depuis l’anglais par Etienne Combier

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Une réponse à “L’Asie  centrale au cœur de la mondialisation : entre corruption, répression et évasion fiscale

  1. etoile rouge

    juillet 15, 2017 at 3:06

    e « bouquin » est une machine à créer des « dictators » pur une future intervention états unienne dans la continuation logique de la refondation du moyen orient et dont le but est l’extension de l’influence de l’empire capitaliste américain, lequel poursuit ses opposants à l’étranger, favorise tortures et emprisonnements alors que la lecture même de votre document semble faire penser qu’il y aurait un lieu plus  » démocratique » de langue anglaise évidemment. C’est une machine à fomenter guerre au bénéfice des néos colonisateurs américains. Je précise que le Central Asian Political Exiles est une organisation financée par les USA et le PAKISTAN.
    Ils utilisent la même vulgate que nous avons vu fleurir depuis l’intervention illégale contre l’IRAK, le système, le dictateur, le régime etc… Je rappelle que les partis interdits sont tous communistes dans cette zone qui participa il y a 100ans à la Révolution d’Octobre.

     

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