Une direction collégiale qui ressemble à une armée mexicaine.

Le Conseil national du PS a désigné ce samedi à Paris une nouvelle direction collégiale de 16 membres assistés de trois collectifs, qui fait la part belle à la nouvelle génération et devra mettre sur les rails la refondation d’un parti en déroute.

Cette nouvelle direction a été approuvée à une large majorité des votants (102 pour, 16 contre, 20 abstentions), lors d’une réunion dans un hôtel parisien du XIVe arrondissement. Elle se réunira la première fois le 17 juillet prochain.

Un « noyau dur » de huit hommes et huit femmes va remplacer Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire sortant du parti. S’y ajouteront les présidents des groupes parlementaires. Et de nombreux membres de droits, ce qui porte la liste à 28 noms.

« Noyau dur » de huit femmes et huit hommes

Voici la liste de la nouvelle direction. Les huit femmes comptent des anciennes ministres de François Hollande comme Ericka Bareigts (ex-ministre des Outre-Mer), Laurence Rossignol (ex-ministre des Familles), et Carole Delga (ex-secrétaire d’Etat à l’Artisanat et à la consommation). Cette dernière incarne le PS des territoires, puisqu’elle est la présidente du Conseil régional d’Occitanie.

S’y sont ajoutés après la fronde des hamonistes Serge Juanico, un proche de Benoît Hamon, et la hollandaise Frédérique Espagnac.

Parmi les hommes, l’ancien vallsiste Luc Carvounas, l’ex-ministre de l’Intérieur Mathias Fekl, les anciens frondeurs Jean-Marc Germain et le tenant de l’aide gauche du parti Emmanuel Maurel.

La liste provisoire présentée au vote.

Julien Dray porte-parole

S’y ajoutent quatre porte-paroles (Estelle Grelier, Sébastien Denaja, Julien Dray, Karim Bouamrane), le trésorier du parti Jean-François Debat et quatre élus chargés de la «coordination des territoires» (Hussein Bourgi, Pernelle Richardot, Emmanuel Grégoire et Mathieu Klein).

Un vingt-neuvième membre se joindra bientôt à eux: le ou la prochaine présidente du groupe socialiste au Sénat, après le ralliement de Didier Guillaume à la République en marche.

Sans Najat Vallaud-Belkacem

Dans la liste, une absente de taille : Najat Vallaud-Belkacem. Battue aux léglistatives, elle a refusé d’intégrer la nouvelle direction, tirant les leçons de son échec. Elle souhaite prendre du recul pour prendre le temps de la réflexion, indique-t-elle dans un message sur Facebook.

Colère des hamonistes

L’absence de proches de Benoît Hamon, qui a quitté le parti pour créer son propre mouvement, dans la première liste, a suscité la fronde de ses proches.

Ils ont finalement obtenu la nomination de Régis Juanico dans la direction, alors que Jean-Christophe Cambadélis avait décrété qu’il n’y aurait pas de hamonistes dans la direction, après le départ de l’ex-candidat socialiste à la présidentielle.

Dans une interview au journal Le Monde, Jean-Christophe Cambadélis, qui quitte ses fonctions après les débâcles de la présidentielle et des législatives, fixe une ligne pour la reconstruction idéologique du PS : « ni Macron, ni Mélenchon ».

Cambadélis préconise la tenue d’un congrès

Un espace étroit à inventer entre la gauche radicale des Insoumis et le progressisme d’En Marche!. Les départs de Benoît Hamon (aile gauche du PS) et de Manuel Valls (aile droite) offrent selon Jean-Christophe Cambadélis l’occasion de se construire une ligne centrale.

Ce sera l’objet d’un congrès. Jean-Christophe Cambadélis préconise qu’il se tienne en février 2018.