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Vingt-cinq ans d’immersion dans une Amérique obsédée par le fric, par Sophie Rahal

03 Juil

Comme dit Macron, il y a ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien… je me souviens encore du foin fait autour du vol des diamants de Kim Kardashian alors que le même jour dans l’indifférence générale, un couple discret et travailleur de Coréens s’était suicidé parce qu’ils ne pouvaient payer un modeste loyer… (note de Danielle Bleitrach)

A VIP guest “makes it rain” with hundreds of dollar bills on a sold-out Saturday night at Marquee, routinely ranked as one of the top-grossing nightclubs in the United States, Las Vegas, 2012. Hip-hop artist Fat Joe brought the practice into mainstream clubs with his hit song of the same name.
La photographe américaine Lauren Greenfield publie “Generation wealth”, une enquête passionnante et foisonnante qu’elle a menée pendant vingt-cinq ans aux Etats-Unis et à travers le monde, pour comprendre et expliquer l’obsession de la richesse qui s’est imposée dans nos sociétés.

Lorsqu’on lui demande si c’est le projet de sa vie, Lauren Greenfield rit et corrige : « C’est en tout cas mon plus gros challenge ! ». Âgée de 51 ans, la photographe américaine vient tout de même de mettre un point presque final à une épopée de vingt-cinq années, qui s’achève par la parution de Generation wealth, un ouvrage de plus de cinq cent pages dont l’ambition est de comprendre pourquoi et comment l’argent s’est progressivement imposé comme une obsession et un but en soi, pour une large fraction de la société, toute classe sociale confondue. Après une exposition inaugurée en avril à Los Angeles (1), elle planche sur le documentaire inspiré du livre, qui devrait sortir outre-Atlantique à l’automne.

Pour démarrer le récit de cette « génération richesse », Lauren Greenfield a choisi de retourner Los Angeles et dans son lycée de Santa Monica, à l’aube des années 90. Âgée de vingt-cinq ans et fraîchement diplômée en anthropologie visuelle, elle capture déjà les racines de cette obsession pour l’argent et les achats compulsifs qui explosera quelques années plus tard : parmi ses photos de la jeunesse dorée de Californie, qui habite des demeures majestueuses ou des hôtels de luxe, s’amuse dans les clubs les plus selects, collectionne les sacs de créateurs et cultive à temps-plein son apparence, on trouve notamment des portraits de Kate Hudson ou Kim Kardashian. Nous sommes en 1992 et cette dernière, si elle n’a que 12 ans, deviendra bientôt l’icône d’une génération et l’incarnation d’une célébrité gagnée à ne rien faire. L’époque est marquée par une surconsommation grandissante, et de plus en plus, les désirs d’individus jeunes et moins jeunes sont dictés par une norme : celle du milieu social dans lequel ils évoluent.

Time-share King” David Siegel, 74, and his forty-three-year-old wife, Jackie, a former Mrs. Florida, in the master bedroom of Seagull Island, their 26,000-square-foot home on a four-acre peninsula overlooking a lake, Windermere, Florida, 2009.

 

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Une réponse à “Vingt-cinq ans d’immersion dans une Amérique obsédée par le fric, par Sophie Rahal

  1. etoile rouge

    juillet 4, 2017 at 3:02

    the american way of death

     

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