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1934 : LA NUIT DES LONGS COUTEAUX

03 Juil

Ces articles pour le moins complaisants sur le « chancelier Hitler » qui en aurait terminé avec les éléments « extrémistes » (entendez rêvant d’égalitarisme socialiste) laissent entendre un soupir de soulagement (plutôt Hitler que le Front populaire, dit la canaille capitaliste hier comme aujourd’hui). Les respectables SS ont succédé aux populistes SA. Ce retour en arrière me permet également de vous signaler qu’aux alentours du 30 novembre 2017, une version restaurée des « Bourreaux meurent aussi » de Brecht et  Lang va être diffusée dans les salles d’art et d’essai. Je vais participer au lancement à Paris à partir de mon livre, si vous souhaitez que je vienne dans votre ville, faites le moi savoir (note de Danielle Bleitrach)

Publié le 02/07/2017
Illustration : Le Petit Journal du 3 juillet 1934 – Source RetroNews BnF

 

DANS LA NUIT DU 29 AU 30 JUIN 1934, HITLER, AIDÉ PAR LES SS DE HIMMLER, SE LIVRE À UNE RÉPRESSION BRUTALE ET SANGLANTE DES EXTRÉMISTES DE SON PROPRE PARTI, RASSEMBLÉS AUTOUR DES SA DE RÖHM.

Dans la nuit du 29 au 30 juin 1934, puis dans les jours qui suivent, Hitler élimine les sections extrémistes de son parti rassemblés autour des SA de Röhm, grâce au concours des SS et de leur chef Himmler. En France, les informations officielles qui parviennent d’Allemagne sont scrutées avec une grande attention.

Le journal La Croix consacre sa une aux « graves événements d’Allemagne » et revient longuement sur la situation outre-Rhin telle qu’officiellement rapportée :

« Autant qu’on en peut juger par les renseignements officiels, les seuls qui soient encore transmis, le chancelier Hitler a eu à faire face à un mouvement de ses sections d’assaut, dirigées par les chefs de cette organisation, forte d’un million d’hommes. Elles voulaient, profitant du mécontement général, renverser le chancelier lui-même et son gouvernement, et instaurer, à la place, un pouvoir socialisant.

Ce sont, en effet, les éléments extrémistes de gauche du parti qui s’agitaient. Ils reprochaient au Führer et à ses lieutenants immédiats, Goering et Goebbels et autres, de ne pas réaliser la partie socialiste du programme du national-socialisme, mais, tout au contraire, de pactiser avec les industriels et les classes bourgeoises. Devant le « putsch » qui se préparait, Hitler n’a pas hésité une seconde. Avec une netteté de décision remarquable et une audace de volonté qu’il faut souligner, il s’est lancé lui-même dans l’aventure, en attaquant personnellement de front le chef de la conspiration, le capitaine Roehm, commandant suprême des sections d’assaut. Puis des arrestations en masse, et des exécutions immédiates de plusieurs responsables ont paralysé, sur-le-champ, toute tentative de soulèvement. »

https://www.retronews.fr/embed-journal/la-croix/03-juillet-1934/106/673827/1

En réalité, cette prétendue tentative de coup d’État de Röhm a été inventée de toutes pièces par Heinrich Himmler, Reinhard Heydrich et Hermann Göring. La purge permet à Hitler de réduire à néant toute velléité d’indépendance de la SA et d’avoir le champ totalement libre dans la perspective de la succession du président du Reich, Paul von Hindenburg.

La presse internationale et française condamne quasi-unanimement cette répression brutale et sanglante. On évalue à 85 le nombre d’assassinats, en majorité des nazis de la première heure et notamment Ernst Röhm, chef des SA. Dans Le PopulaireLéon Blum écrit à propos d’Hitler :

« Jamais il n’a témoigné d’une férocité plus calculée, plus volontaire et par là même plus répugnante. […] Et que dire de cette débauche de sauvagerie dans l’assassinat de von Schleicher et de sa femme, des fusillades en masse pour des motifs inconnus et invérifiables qui laissent apparaître une sorte de manie sadique dans la cruauté ? […] Jamais le racisme hitlérien ne m’est apparu plus nettement comme l’ennemi de toute civilisation, de toute moralité, de toute paix humaine. Jamais je ne me suis senti plus profondément pénétré de la certitude que l’extirpation du racisme, du fascisme, de tout ce qui y ressemble ou y tend, est comme un devoir préalable de rédemption par lequel l’humanité doit se rendre digne d’elle-même. »

https://www.retronews.fr/embed-journal/le-populaire/03-juillet-1934/110/1189613/1

Dans Le Tempson peut lire :

« C’est une affaire de police des mœurs. On y sent la culpabilité, la trahison, l’hypocrisie. Ces cadavres sont exhibés dans la fange et les meurtriers se sont ménagés un alibi. […] Vieille Allemagne ! Des gens qui te savaient impudente et cruelle disent pourtant que tu n’as pas mérité ça. »

Après la mort du président du Reich, Hindenburg, le 2 août 1934, Hitler cumulera les fonctions de chef de l’État, du gouvernement, du parti nazi et de commandant suprême des forces armées.

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