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La représentation d’une minorité par une élite, par Christian de Brie  

27 Juin

Quand les citoyens ne sont pas égaux devant les urnes

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La représentation d’une minorité par une élite

 

«Très rarement, il y a eu en Europe des gouvernements légitimes, dans quelque pays que ce soit, depuis la première guerre mondiale », affirmait M. Henry Kissinger quelques mois avant la chute du président Richard Nixon. Parole d’évangile au paradis des bons apôtres. Mais, cette fois, c’est l’aveugle qui est le roi des borgnes. Car si le principe majoritaire veut dire quelque chose, la Maison Blanche n’a jamais été occupée que par une longue lignée d’usurpateurs. D’une élection présidentielle à l’autre, avec des variations en définitive bien faibles. Il suffit en moyenne de recueillir les suffrages d’un Américain sur cinq, d’un électeur sur trois ou quatre, pour exercer « démocratiquement » un pouvoir presque sans partage. C’est au nom de la volonté exprimée tous les quatre ans par 32 à 45 millions de citoyens que le président conduit la mission historique et planétaire des Etats-Unis, imposant légitimement le droit du plus fort non seulement, à un peuple de plus de 200 millions d’habitants, mais aussi aux deux tiers de l’humanité.

Quant au Congrès, le principe majoritaire y est encore plus mal respecté. Les démocrates, qui dominent largement la Chambre des représentants depuis vingt ans, ont conquis la majorité des deux tiers avec les voix de 15 Américains sur 100, moins d’un électeur sur quatre.

Par comparaison, dans les autres grandes démocraties occidentales – Grande-Bretagne, Italie, France, Allemagne, – la légitimité est un peu moins mal fondée. A peine. A quelques très rares exceptions près, dans aucun pays, la « majorité » au pouvoir n’a jamais rassemblé beaucoup plus d’un tiers des citoyens électeurs. On croit rêver, sachant que tous pratiquent le suffrage universel depuis plusieurs décennies.

Mais que, d’une élection à l’autre 35 % des électeurs se prononcent pour un candidat, pour un parti, pour une coalition, et il ne sera question que de « raz de marée », de « victoire incontestable », de « vote massif », de « majorité confortable ». Avec 30 % des suffrages, on commentera le « succès difficile », voire le « demi-échec » du vainqueur qui l’emporte « de justesse, », « maintient ses positions » et n’obtient qu’une « victoire toute relative ». En affirmant par exemple qu’à la suite d’un « raz de marée » (le seul raz de marée en l’occurrence ayant été celui des abstentions, 62 %, record toutes catégories), les démocrates obtiennent la majorité des deux tiers à la Chambre des représentants (élections américaines de novembre 1974) ou que « les Français ont voté massivement pour les candidats U.D.R » (élections législatives de 1968), que veut on dire alors que ni les uns ni les autres n’ont rassemblé plus d’un tiers du corps électoral ?

Certes, les voix, les sièges obtenus par l’homme, le parti, la coalition qui accède au pouvoir ou s’y maintient dépassent toujours les 50 %. Mais c’est à la suite d’un subtil déshabillage. En passant de la population globale aux citoyens, des citoyens aux électeurs potentiels, des électeurs potentiels aux inscrits, des inscrits aux votants, des votants aux suffrages exprimés – seuls pris en compte pour le partage des fonctions et le calcul des pourcentages, – le suffrage perd en cours de route son caractère universel.

Plusieurs catégories d’exclus

Car tous les membres d’une communauté nationale ne sont pas des citoyens à part entière. II faut en retirer les étrangers, c’est-à-dire pour l’essentiel les millions de travailleurs immigrés, qui participent à la production économique mais non à la vie politique. Ensuite, tous les citoyens n’ont pas le droit de vote : certains condamnés, les aliénés, les interdits en sont exclus ; les femmes, jusqu’en 1920 aux Etats-Unis, 1923 en Grande-Bretagne, 1944 en France ; jusqu’aux années 70, les jeunes de 18 à 21 ans, et pourquoi 18 et pas 19 ou 16 (1) ?

En outre, tous ceux qui sont titulaires du droit de vote, électeurs potentiels, ne peuvent pas l’exercer. Soit qu’ils en soient pratiquement empêchés, soit le plus souvent qu’ils ne remplissent pas les conditions formelles plus ou moins strictes : enregistrement, inscription, résidence. Dans tous les pays, quelques millions de personnes appartenant pour la plupart aux catégories sociales les plus démunies, les plus instables, les moins instruites, les moins aptes à comprendre et suivre les réglementations administratives, se trouvent éliminées du débat électoral.

Enfin, tous ceux qui ont le droit de vote ne l’exercent pas. Une forte proportion d’électeurs s’abstiennent : 40 à 60 % aux Etats-Unis, 25 à 35 % au Japon, 20 a 30 % en Grande-Bretagne, 15 à 25 % en France, 15 à 20 % en Italie, 10 à 15 % en Allemagne. Quand il s’agit d’élections locales ou partielles, le taux de participation chute brutalement et les abstentions dépassent en général 50 %, atteignant fréquemment 60, voire 70 %. L’effeuillage du suffrage universel se termine avec la proportion non négligeable des votants qui ne s’expriment pas valablement – bien peu appartiennent aux catégories sociales privilégiées – et dont les votes, blancs ou nuls, ne sont pas pris en compte.

L’idéologie libérale s’accommode mal de ces abstentionnistes pour la plupart volontaires (2) Les études sur le sujet ne manquent pas, les explications non plus (3) Les motifs d’abstention ne plaident pas en faveur des démocraties. Défaut d’information et de conscience politique : 55 % des Américains interrogés en 1972 ignoraient que des élections législatives allaient avoir lieu. Sentiment qu’il n’y a pas d’alternative réelle, en particulier entre républicains et démocrates, conservateurs et travaillistes, mais aussi en France Pompidou-Poher c’est « bonnet blanc et blanc bonnet » 30 % d’abstention à l’élection du 15 juin 1969, contre 12 % seulement le 19 mai 1974 dans l’affrontement entre MM. Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand.

Circonscriptions trop « sûres » pratiquement sans compétition, voire à candidat unique en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Scepticisme et aliénation politique : en 1972, 79 % des Américains déclaraient n’avoir qu’une confiance faible ou moyenne dans le gouvernement (76,7 % en 1968, 59,9 % en 1964) en 1970, 50 % d’entre eux estimaient que le pays était dirigé pour le bénéfice de grands intérêts et non pour le bien de tous (contre 29 % en 1964), Depuis, les pourcentages se sont sensiblement accrus. En Europe, les proportions sont à peine moins élevées (4)

Tous comptes faits, en prenant pour référence le total des électeurs potentiels citoyens âgés de dix-huit ans et plus on constate qu’aucun gouvernement, dans aucun pays, n’est majoritaire dans le meilleur des cas, le pouvoir tire sa légitimité d’une minorité des deux cinquièmes dans le pire, d’une minorité d’un quart. En moyenne, il représente un tiers des électeurs. Partout à l’exception de l’italie et de l’Allemagne, ceux qui ne participent pas au jeu électoral forment le premier « parti ».

Ni universel, ni vraiment égal

Deux précautions valent mieux qu’une : qu’un tiers de la population ne participe jamais ou presque à la désignation des gouvernants, c’est un bon résultat pour l’élite au pouvoir, ce n’est pas une garantie suffisante.

Il n’est pas assez que dans la plupart des cas ce soient les plus jeunes et les plus vieux, les femmes seules, les minorités raciales, religieuses et ethniques, les habitants des ghettos urbains et des zones rurales isolées et presque toujours les plus déshérités, les moins instruits, bref tous ceux qui auraient de bonnes raisons de contester l’ordre établi, n’ayant aucun intérêt à sa conservation, qui se trouvent en droit ou en fait exclus de la démocratie politique. Il faut encore assurer la sur représentation des castes privilégiées et de leurs clientèles traditionnelles, des catégories sociales les plus intéressées au maintien du système, les moins aptes au changement, les plus conformistes, tout en préservant l’apparence du pluralisme et l’illusion de l’alternance.

On y parvient par trois moyens principaux :

1°) En faisant élire séparément au suffrage universel différents organes du pouvoir d’Etat, on diminue les risques d’un changement radical, un centre de décision légalement conquis par l’élection pouvant être légitimement annihilé par les autres ; on affaiblit ainsi la volonté populaire éventuellement mise en contradiction avec elle-même. Quand l’élection du président de la République permet, comme c’est le cas en France, de jouer une consultation contre une autre, on assiste à l’ineffable débat sur le point de savoir si le suffrage universel est plus souverain aux élections présidentielles qu’aux législatives.

2°) Combiné avec le précédent, le procédé du suffrage indirect garantit qu’au niveau de certains organes d’Etat la raison – c’est toujours celle du plus fort – l’emporte sur l’imagination. Il a surtout pour effet d’éloigner les gouvernés des gouvernants et de limiter l’action des premiers sur les seconds. Employé pour la désignation des chambres hautes, en France et en Allemagne, comme pour le président des Etats-Unis, iI l’est aussi, en fait, pour celle des gouvernements dans les régimes parlementaires : Italie, Grande-Bretagne, Allemagne, Japon.

3°) Le « principe » un homme, une voix (tous les électeurs sont juridiquement égaux) est dénaturé par deux moyens, éventuellement cumulés : l’inégalité des circonscriptons et le système électoral. Le premier produit les effets les plus iniques en France, aux Etats-Unis et au Japon, où le vote d’un électeur peut poser de deux à quatre fois plus lourd dans une circonscription que dans une autre. Le principal effet est de pénaliser les zones les plus actives où se concentre une population urbaine, ouvrière, jeune, au profit des régions les moins dynamiques et des centres villes où se maintient une population âgée, en partie inactive et bourgeoise. Les techniques de représentation nationale des collectivités locales, des régions autonomes et des Etats fédérés produisent des effets analogues, les inégalités étant alors camouflées derrière des arguments décentralisateurs et fédéralistes. Quant au scrutin de type majoritaire – où le vainqueur prend tout – ses résultats sont particulièrement iniques dans tous les pays – Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Japon – où il est pratiqué.

Les distorsions ainsi produites ne sont pas plus neutres que celles résultant des restrictions de droit ou de fait au suffrage universel. Leur effet sélectif s’exerce au profit de certaines catégories de de citoyens, dont elles garantissent la sur-représentation. Mais le maintien de ces pratiques électorales est toujours justifié par une philosophie de l’ordre politique qui n’a pas grand chose à voir avec la démocratie : garantir la stabilité, réduire les possibilités de choix, assurer une majorité de gouvernement.

La représentation du peuple par ceux qui ne le connaissent pas

C’est un fait dans toutes les démocraties libérales, avec une remarquable constance, le peuple choisit systématiquement ses représentants au sein de la minorité privilégiée. Alors que partout la grande masse des électeurs – lesquels sont à peu près également partagés entre hommes et femmes – est âgée de moins de quarante-cinq ans, constituée de salariés, essentiellement ouvriers et employés, aux revenus faibles ou moyens, d’origine sociale modeste, n’ayant eu accès ni à l’enseignement supérieur ni aux fonctions de responsabilités, le personnel politique est, à l’inverse, presque exclusivement composé d’hommes âgés de plus de cinquante ans, diplômés, issus d’un milieu social aisé, disposant de revenus élevés, hommes d’affaires, industriels, commerçants, membres des professions libérales, cadres supérieurs, hauts fonctionnaires, responsables des appareils syndicaux.

Ni les professionnels ni les analystes politiques ne s’étonnent outre mesure que, d’une consultation à l’autre, le peuple porte délibérément au pouvoir ceux-là mêmes dont les intérêts sont radicalement opposés aux siens et que tout sépare : le milieu social, le niveau de revenu, l’âge, l’éducation, le style de vie et jusqu’au langage.

Désignés par une « section du peuple », les gouvernants se distinguent en outre par leur absence de représentativité. Dans ce domaine, la France fournit une bonne illustration. A l’Assemblée nationale élue en 1968 – l’une des législatures les plus élitistes de toute l’histoire parlementaire contemporaine – près des neuf dixièmes des députés (86 %), représentant moins de 15 % de la population active, appartenaient aux catégories sociales les plus aisées : industriels, professions libérales, cadres supérieurs… Dans la même assemblée, les travailleurs (ouvriers, employés, techniciens, contremaîtres, cadres moyens), soit plus de 70 % de la population active, étaient représentés par seulement 8 % des parlementaires (5). Des ouvriers à l’Assemblée nationale ? Pour quoi faire ? Il n’y en a pas un seul, dans aucun groupe, sauf chez les communistes. Dans la majorité parlementaire, plus de la moitié de la population active n’a pratiquement aucun élu qui soit issu de ses rangs, parle son langage, connaisse ses problèmes, vive sa condition sociale.

La structure de la majorité élue en 1973 présente les mêmes caractéristiques de classe que la précédente. Encore convient-il de préciser qu’il s’agit ici des hommes politiques censés être les plus proches de la base, à l’écoute forcée de leurs électeurs. Au Sénat, filtré par un collège de notables, à plus forte raison au gouvernement, chasse gardée de la bourgeoisie, la représentativité est encore plus marginale et le gouvernement du peuple par le peuple une clause de style.

La situation est très comparable dans tous les autres pays : Etats-Unis, Allemagne, Italie, Japon, Grande-Bretagne. Partout, le pouvoir politique est principalement exercé par les représentants des classe dirigeantes et consacre la sous-représentation des classes populaires majoritaires. Partout, l’écart sociologique entre le peuple et ses élus, loin de se réduire, a tendance à s’accentuer et l’élitisme est d’autant plus prononcé que l’on se rapproche des véritables centres du pouvoir.

L’indécrottable sexisme de la démocratie libérale fournit une autre vérification de ces propositions. Alors que les femmes représentent en moyenne la moitié ou plus du corps électoral, le pouvoir politique reste réservé aux hommes, qui monopolisent les sièges parlementaires : 98,5 % en France, 98 % aux Etats-Unis, 96,8 % en Italie, 95,9 % en Grande-Bretagne, 94,2 % en Allemagne occidentale (6). Certes, on trouve quelques brillantes exceptions, comme Mme Thatcher, dirigeant du parti conservateur britannique, ou Mme Simone Veil, ministre de la santé en France. Elles ne sauraient masquer la réalité : l’exclusion des femmes des responsabilités politiques. Quand elles y accèdent, rarement, c’est presque toujours pour y occuper la place qui leur est naturellement réservée dans nos sociétés : la seconde.

Ce qui est vrai pour la masse des travailleurs, pour les femmes, l’est également pour les minorités raciales et ethniques, comme pour les jeunes. Dans tous les pays, l’âge minimum est plus élevé pour être éligible que pour être électeur. En pratique, un député de moins de trente ans, un sénateur de moins de cinquante ans, un ministre de moins de quarante ans sont des curiosités : benjamins de la politique dont on nous invite à suivre les premiers pas à l’âge où, en majorité, les travailleurs ont déjà effectué la moitié de leur vie professionnelle. Passe encore quand la promotion des élus à l’intérieur du système politique n’est pas contrôlée par une gérontocratie tyrannique, comme c’est le cas au Sénat et à la Chambre des représentants aux Etats-Unis, au gouvernement et au Parlement japonais.

Un zeste d’ouvriers, deux pincées de jeunes, un soupçon de femmes, quelques gouttes de minorités raciales et ethniques telle est la recette aromatisée de la bonne représentation démocratique faite à base de bourgeois de bonne souche, aisés, instruits, âgés.

Verrouillage et parrainage

Sous prétexte d’éliminer les « fantaisistes », les démocraties libérales ont multiplié les dispositions restrictives (listes de signatures, dépôts et cautions, accès à l’information) qui empêchent en droit ou en fait les nouveaux venus de se faire connaître, de mener une campagne et de participer à la compétition électorale. Celle-ci tend à être réservée à ceux qui présentent le bon profil dessiné par les professionnels. Dans la plupart des cas, les meilleures chances de succès vont aux candidats au moins issus de la classe moyenne, parlant le langage et ayant les bonnes manières de la bourgeoisie, exprimant les opinions et prenant les positions qui attireront l’attention et le soutien des responsables politiques et des intérêts établis, disposant de moyens financiers ou dépendant de ceux qui en ont pour financer leur lancement local.

Au sein des grands partis et des machines électorales, c’est la plupart du temps à l’échelon le plus élevé, dans le secret des cabinets feutrés d’états-majors, que sont distribuées les investitures, arbitrées les candidatures, arrêté l’ordre des listes. La cooptation du personnel politique est hiérarchisée. Caciques et leaders des grands partis qui arbitrent la sélection occupent les têtes de Iistes et les circonscriptions les plus sûres. Lorsqu’ils sont membres de l’appareil gouvernemental ou placés à des postes clés dans les commissions parlementaires, cela revient à une assurance tous risques (7).

Avec une remarquable logique, la stabilité de l’emploi grandit avec les moyens que confère la fonction politique. « Je crois à la division du travail », expliquait aux investisseurs privés un sénateur républicain de Pennsylvanie, Boles Penrose, au début du siècle : « Vous nous menez jusqu’au Congrès. Nous votons des lois qui vous permettent de gagner de l’argent. Grâce à vos profits, vous pouvez nous apporter, pour nos campagnes électorales, une aide financière qui nous permettra de retourner voter des lois grâce auxquelles vous serez à même de gagner encore plus d’argent » (8). Moins naïfs, beaucoup d’hommes politiques bien en place aujourd’hui ont conservé la méthode qui a fait ses preuves.

Christian de Brie

Maître assistant à l’U.E.R. de droit et de sciences économiques de l’université de Reims, auteur de l’Inégalité par l’impôt (Le Seuil, 1973) et de Dossier F comme fraude fiscale (Alain Moreau, 1975), en collaboration avec Pierre Charpentier.

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(1) Le droit social française reconnaît le droit de vote à partir de seize ans pour l’élection des délégués du personnel dans les entreprises.

(2) On estime à 5 ou 8 % les abstentionnistes involontaires et les erreurs.

(3) Voir en particulier Alain Lancelot, l’Abstentionnisme électoral en France, Armand Colin, Paris, 1968 ; A. Campbell, The Passive Citizen ; S.M. Lipset, l’homme et la politique, Le Seuil, Paris, 1963.

(4) Voir W.R. Schonfeld et M.F. Toinet, Les absentionnistes ont-ils toujours tort ?, Revue française de science-politique, Paris, août 1975.

(5) Voir : le Député français, R. Cayrol, J.-L. Parodi, C. Ysmal, Fondation nationale des sciences politiques, Armand Colin, 1975.

(6) Voir : les Femmes françaises face au pouvoir politique, Albert Brimo, Editions Montchrestien, Paris, 1975.

(7) Aux élections législatives française de 1973, les trente membres du gouvernement avaient posé leur candidature. Treize furent élus au premier tour, quinze au second, deux furent battus.

(8) Main basse sur le pouvoir, Ralph Nader, J.-C. Lattès, « Edition spéciale », Paris, 1973.

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2 Commentaires

Publié par le juin 27, 2017 dans Amérique, SOCIETE

 

2 réponses à “La représentation d’une minorité par une élite, par Christian de Brie  

  1. jehaislescookies

    juin 27, 2017 at 2:54

    « Il suffit en moyenne de recueillir les suffrages d’un Américain sur cinq, d’un électeur sur trois ou quatre, pour exercer « démocratiquement » un pouvoir presque sans partage. »
    Oui et le record a été cette fois-ci en France avec le candidat des européistes et des banques, bref de l’Establishment ,qui a reçu une majorité de 60 % de béni-oui-oui, qui vont lui dire « amen gouvernez par ordonnances », bref un sénat napolénien ! élus par 14% du corps électr=oral, alors que 56% record ! se sont abstenu, et 10 % autre record dont on nous parle moins, tiens pourquoi ? qui ont voté blanc. 62% de français ne se reconnaisaient pas dans le choix qui leur était offert. Comme l’a fait remarquer F Asselineau si la France était une démocratie il faudrait que 62% des députés représentent ces 62 %, non ?
    C’est là qu’on se retrouve face aux arguments d’Etienne Chouard (et quelques autres ! l’idée fait son chemin an Belgique, au Canada et en France) sur le tirage au sort. Si l’assemblée au lieu d’être « élue » (quelle est la valeur démocratique de cette pantalonnade ? on dirait la cérémonie du sacre des rois de France à reims à un moment de la cérémonie on demande aux présents si ils veulent de untel comme roi et tous clament oui !) si au lieu de cette « chambre introuvable » surréalistes on l’avait tirée au sort (ce qui soit dit en passant nous aurait donné automatiquement 20% de députés ouvriers, alors que depuis la démission de Gremetz, c’est 0% !) vous ne croyez pas qu’elle aurait été vachement plus représentative ?
    Et il n’y aurait sans doute pas eu plus d’incapables, quand on voit certains des novices à Macron, c’est le pompon ! Mais pour ce que va être leur rôle, des chèvres ou des pions en bois suffiraient largement !

     
  2. etoile rouge

    juin 27, 2017 at 4:55

    Tout pouvoir est la dictature d’une classe sur toutes les autres. De ce point de vue la classe capitaliste, ses alliés, on remporté une victoire et sont cohérents avec eux mêmes: ils ont toujours considéré que le peuple et les classes subalternes, en plus d’être dangereuse, sont peu utiles à la démocratie éclairée qui donne du cens.
    Ce sont les militants du socialisme révolutionnaire qui doivent se poser des questions: les élections sont-elles, seules, l’alpha et l’oméga de la vie politique? La révolution peut-elle advenir exclusivement par le vote?
    Revoir LENINE mais aussi analyser la nouvelle situation , voir quelle mobilisation aurait un caractère révolutionnaire dans le sens de dissoudre, déstabiliser ce pouvoir dictatorial mais non représentatif . Mais représenter une classe sociale ( ouvrière) n’est pas seulement le fait d’élire un ouvrier comme en aucune façon l’égalité femme homme au travail et dans la vie ne progresse que par l’élection d’une femme:Si c’était vrai élire la reine de France ou Mme THATCHER fait-il avancer la cause des femmes ? Non car il y a une dimension sociale et des solutions sociales à ce problème et non des solutions biologiques.

     

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