RSS

Franck Marsal : Pour la réunification du mouvement syndical

27 Juin
BRésultat de recherche d'images pour "Pour la réunification du mouvement syndical"

Les discussions sur le congrès extraordinaire vont bon train. Y compris sur le nom, qui est, à mon avis un débat très dangereux pour le parti. Pourtant, le premier point dont il faut discuter, mes camarades, c’est la loi travail bis, ou plutôt, les lois travail 1 (Valls) et 2 (Macron). C’est une discussion très importante, car cette deuxième loi va entièrement redéterminer les conditions économiques et sociales du travail.

Pierre Laurent a exprimé le souhait que notre parti redevienne « le parti des classes populaires, au travail, à l’entreprise et dans les quartiers populaires ». Il doit donc se saisir par tous les moyens de cette question. Il faut pour cela faire le bilan de la bataille contre la loi travail 1. Malgré un soutien massif de l’opinion, cette bataille, menée de maniere pourtant combative par la CGT, FO, SUD, … le PCF et d’autres forces antilibérale, a été perdue. Pourquoi ?

A mon avis pour une raison principale : du fait de leur faible implantation, les syndicats et partis engagés dans la lutte n’ont pas suffisamment réussi à transformer le soutien moral de millions de salariés en un mouvement massif de grève et de manifestations.
Du fait également de cette faible implantation, il est relativement intéressant pour le patronat de faire voter ces lois travail transférant la négociation des branches vers les entreprises. Avec un mouvement syndical atomisé, affaibli, il sera en effet facile dans de nombreuses entreprises de passer des accords régressifs.
La faiblesse des syndicats a elle-meme diverses causes. Une des principales, sinon la principale, est la division, l’émiettement du mouvement syndical en une kyrielle d’organisations, concurrentes les unes des autres, alternant selon les circonstances différents regroupements, alliances ou au contraire querelles et oppositions. Dans certaines entreprises, on peut avoir jusqu’à 10 syndicats concurrents. Il est assurément plus facile de se battre contre un seul syndicat jaune, que contre les effets délétères d’un éparpillement aussi abscons.
Ces divisions découlent pour la plupart d’entre elles d’histoires anciennes, liées à des divergences politiques, qui n’intéressent pas les salariés. S’il aspire à redevenir « le parti des classes populaires, au travail, à l’entreprise et dans les quartiers populaires », le pcf ne peut se désintéresser d’une question aussi cruciale pour les travailleurs que celle de la reconstruction d’un mouvement syndical de masse et rassemblé.
Après avoir chamboulé le paysage politique, les salariés peuvent aussi et voudront recomposer le paysage syndical. C’est pourquoi nous devons aborder entre nous cette question et nous prononcer clairement pour une large réunification syndicale, pour une grande CGT, dans l’esprit de celle du Front Populaire. L’ensemble des militants PCF investis dans le mouvement syndical pourraient populariser cette idée et lancer le débat auprès des  syndiqués d’abord.
Un tel appel à l’unification du mouvement syndical, au dépassement de la division créerait chez les salariés un puissant enthousiasme, un démonstration de la capacité d’initiative et de renouvellement et verrait des centaines de milliers de travailleurs rejoindre immédiatement le mouvement syndical. Avant même d’avoir renversé la vapeur sur les lois travail 1 et 2, cela créerait des conditions beaucoup plus favorables de négociation au sein même des entreprises. De ce fait, et, là encore, avant même que le mouvement ne s’engage, cela enverrait un signal puissant au gouvernement et au patronat. Enfin, les règles de représentativités des syndicats, conçues pour affaiblir la CGT et permettre la signature d’accords dans de nombreuses entreprises, se retourneraient contre leurs concepteurs et joueraient alors en faveur des salariés, avec un syndicat de classe très majoritaire.

Certains objecteront la Charte d’Amiens et l’indépendance du mouvement syndical vis à vis du politique. C’est méconnaitre à la fois l’histoire du mouvement syndical français et la Charte d’Amiens en particulier. La Charte d’Amiens (qui n’est pas un totem ni un texte sacré, mais ceci est une autre histoire) vise précisément à rasssembler tous les travailleurs dans un seul syndicat. Ainsi, il est écrit : « « La CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat ». Il est bien écrit « tous les travailleurs conscients ». (…) « Le Congrès déclare que cette double besogne, quotidienne et d’avenir, découle de la situation des salariés qui pèse sur la classe ouvrière et qui fait, à tous les travailleurs, quelles que soient leurs opinions ou leurs tendances politiques ou philosophiques, un devoir d’appartenir au groupement essentiel qu’est le syndicat. »

C’est donc bien la situation actuelle, de division multiple (pour des raisons dont chacun sait qu’elles ne sont pas qu’un peu politiques) qi est contraire à la Charte d’Amiens.

Par ailleurs, chacun sait aussi, que l’unification syndicale a toujours été un levier puissant de stimulation de l’action, de croissance des syndicats, de renouvellement de ses méthodes et de créativité sociale. Ainsi, la CGT réunifiée en 1935 atteindra en deux ans le chiffre (faramineux aujourd’hui) de 4 millions d’adhérents. En 1932, avant l’unification la CGT et la CGTU comptaient respectivement 490 000 et 258 000 adhérents.

Dans la bataille qui vient, quelle que soit l’importance du congrès que nous devons préparer, le PCF ne peut se dispenser d’exprimer clairement ce qui fait l’intérêt général des classes populaires. La bataille contre la loi travail deux qui se jouerait uniquement dans la rue organisée de manière dispersée et au parlement où les forces de gauches sont affaiblies et également divisées peut etre renversée si la question de la réunification syndicale est correctement et rapidement posée.

Quel serait le périmètre d’une telle réunification ? Il ne s’agit pas bien sûr d’opérer un regroupement confus et sans principe. On peut imaginer aisément les points de repères autour duquel ce rassemblement peut s’opérer : refus des lois travail 1 et 2, réduction du temps de travail, défense des accords de branche, reprise du pouvoir d’achat … Mais, ce sera au mouvement syndical lui-même d’en tracer précisément les contours dans un congrès d’unification.

Frank Marsal
a correspondance avant publication de cet article

Bonjour Danielle,

Ci dessous, une proposition d’article, à discuter !!

 

En deux mots, pourquoi ce texte et cette proposition, plutot iconoclaste dans le contexte actuel ?
D’abord, je pense que c’est une question très importante sur le fond. Je renvoie aux arguments développés. Ensuite parce que poser cette question (taboue depuis la « déconnexion » entre le PCF et la CGT) est la seule manière à mon sens de sortir de l’électoralisme (sans perspective aujourd’hui puisque plus d’élection directe avant 2019, et encore, seulement des européennes) ou d’un mouvementisme béat considérant que la grève générale va se déclencher toute seule contre le projet de Macron et résoudre tous les problèmes.

La poser sous l’angle d’une campagne pour la réunification évite le problème d’une inféodation. Le PCF n’est pas en train d’imposer une ligne particulière à des syndicats qu’il « controlerait » mais propose de manière transparente,  à travers ses militants, dans diverses confédérations, d’ouvrir une nouvelle page du syndicalisme.

Par ailleurs, le PCF se repositionne ainsi dans les meilleures pages de son histoire, deux moments où il a contribué de manière décisive à la réunification de la CGT et à sa reconstruction, et où la CGT atteint une audience de masse, négocie des acquis sociaux sans précédents.

Il est clair qu’une telle position susciterait une certaine inquiétude chez FO particulièrement mais pas que. Pour ne pas dire une franche opposition de certains, et peut -etre de la majorité. Deux cas seraient possibles alors : soit un mouvement se dessine et certaines confédés franchissent le pas, ce qui ccroitrait la pression sur FO, soit on en reste au niveau des arguments, puisque l’unité ne peut etre imposée à quiconque.

Merci par avance de ton avis.

Franck

Ma réponse: mon cher franck

je suis mal à l’aise sur les questions syndicales et je crois que si nous arrivons à avoir un blog avec des rubriques, il y en aura une sur le sujet, comme il y en aura sur le débat entre les communistes. A ce titre il s’agit d’une collaboration précieuse que la tienne.

En outre,, je me souviens en effet de la plaidoirie passionnée de Georges Marchais sur la réunification syndicale, il disait il faut plusieurs partis politiques y  compris pour les travailleurs, mais il faut un seul syndicat. De surcroît, je crois que l’aspect positif de l’invitation au Congrès est non seulement l’ouverture de ce débat indispensable, mais aussi la mise au centre des débats de la question d’un parti qui renouerait avec les couches populaires. Alors oui si la déconnexion entre CGT et PCF en fait une question tabou, pourquoi l’ignorer?  Danielle Bleitrach

 

 

Publicités
 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :