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Ma contribution au Congrès: retrouver l’élan communiste vers le progrès

26 Juin

Résultat de recherche d'images pour "art soviétique stalinien"

 

J’ai toujours refusé d’écrire mes mémoires, en revanche j’ai envisagé depuis pas mal d’années de donner à celle-ci une forme inusitée: il y a des événements, des périodes historiques qui ont joué un rôle déterminant et ont orienté ma vie, ses engagements. Il s’agissait donc d’en retrouver la clé et pour cela les étudier à travers l’imaginaire d’une époque tel que des objets nous la restituent. Ma mémoire s’est identifiée à des films, des scènes, des séquences, des paysages urbains. C’est cette méthode-là que j’ai utilisée à travers le livre / Brecht et Lang, le nazisme n’a jamais été éradiqué, (-lettmotiv. 2015). J’envisageais et j’envisage toujours de faire le même travail autour d’un film soviétique.

Quand après l’opération, j’aurai retrouvé mes yeux, je vais m’atteler à cette tâche. Notre récent voyage en Russie avec Marianne a opéré un bouleversement intellectuel, des choses que je savais et que pourtant je découvrais.

D’abord que le communisme est l’élan de toute une société vers le progrès, bien sûr il faut commencer par ne pas accepter la société telle qu’elle est mais le communisme, celui auquel j’ai adhéré il y a bien longtemps, est aux antipodes de cette vision apeurée et négative qui est trop souvent celle des opposants au capitalisme en France. Le communisme redonne vie à l’optimisme du progrès, ne pas refuser ce qui naît mais l’affronter et le transformer dans le sens de la justice et de l’émancipation. Je ne sais toujours pas, tant la réalité chinoise est difficile à connaître, si cet immense pays se dirige vers le capitalisme ou après avoir créé sa NEP, il nous inventera une nouvelle phase du communisme, mais ce que je sais c’est que la Chine aujourd’hui a cette vision, se jeter dans le fleuve et nager. Ce qui reste de l’URSS en Russie c’est le souvenir d’un élan qui a durablement transformé le pays, l’a fait accéder à la modernité et plus encore les êtres humains.

On redécouvre une part de cet élan, celui des années vingt. Effectivement c’est une extraordinaire explosion culturelle qui peut-être décrite comme la rencontre entre une culture de masse (alphabétisation, cinéma ambulant de propagande, etc…) et une avant-garde (futuristes, suprématistes) avec au centre de cette rencontre l’Utopie de la société future et de l’homme nouveau. En architecture cela donne le constructivisme. La Russie est un immense laboratoire, un vivier qui encore aujourd’hui peut être un lieu d’inspiration. On voit aujourd’hui se multiplier effectivement les références à cette période, mais c’est souvent pour mieux dénoncer ce qu’aurait été le stalinisme, l’arrêt imposé à cet élan.

Ce qui m’a été révélé y compris sur le plan culturel, cinématographique comme architectural c’est à quel point il n’y a pas de rupture entre cette période et celle dite stalinienne. La Russie va rester un immense laboratoire tant sur le plan social que culturel. Et l’art soviétique du temps de Staline continue à se nourrir de l’élan de la période précédente, plus canalisé. Ce sera Khrouchtchev qui en 1964 dénonce le coût exorbitant de cette architecture et va  dissoudre le regroupement des architectes pour orienter vers des constructions bon marché. Il faut visiter non seulement Moscou aujourd’hui et ses ponctuations hétéroclites architecturales pour mesurer cette réalité dont la mémoire du citoyen russe ordinaire porte également la trace. Il faut également visiter comme nous l’avons fait Marianne et moi la galerie Trétiakov pour comprendre comment on tente de nous fabriquer une pseudo avant-garde dissidente de petits maîtres qui viennent masquer cette réalité ne serait-ce qu’en effaçant les repères chronologiques.

Voilà, j’ai du mal à écrire, mais je tenais à vous présenter ce projet… Quel rapport avec le Congrès du parti communiste? Si vous ne le voyez pas, peut-être vaut-il mieux que je ne m’en mêle pas et que je continue mon travail.

Danielle Bleitrach

 

 

 

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5 réponses à “Ma contribution au Congrès: retrouver l’élan communiste vers le progrès

  1. Jakline Boyer

    juin 26, 2017 at 9:36

    Oui, la Russie reste un lieu d’expérimentation. Il faut voir comment les Russes sont revenus vite fait bien fait des charmes du libéralisme…. Comment en sortiront ils ? À suivre !

     
    • Jakline Boyer

      juin 26, 2017 at 9:40

      Oui, la Russie reste un lieu d’expérimentation. Il faut voir comment les Russes sont revenus vite fait bien fait des charmes du libéralisme…. Comment en sortiront ils ? À suivre !
      Pour les lecteurs bordelais de ce blog, je signale que mercredi 5 juillet j’organise une rencontre mautour de mon dernier séjour en Russie. Le Boudoir, café culturel, Bordeaux.

       
  2. jantcolin

    juin 26, 2017 at 4:01

    Danièle,

    « Quand tu ne sais pas où tu vas, regardes d’où tu viens »…

    J’apprécie ce genre de formule, et je pourrais dire aussi : « Dans les (apparents) changements qu’est-ce qu’il pourrait perdurer d’un projet, réellement révolutionnaire ? ».

    Donc, qu’est-ce qui dans le désordre apparent que nous connaissons reste d’humain dans le travail productif (mercantile exclu) aliéné toujours plus, et décomposé tant dans les processus que dans l’espace (accompagné désormais par une quasi névrose « numérique » pour une très grande part non productrice de valeur*, forêt qui cache l’arbre productif) ? * (valeur entendue ici comme produit de = recherche + conception + fabrication & services nécessaire au fonctionnement de ce triptyque, le tout de + en + numérisés, certes…)

    De plus, la géographie de la production étant mondialisée, éclatée, comment aux échelles : – ville – agglomération – région – pays – continents – monde effectuer des analyses qui puissent nourrir et faire évoluer une conscience « œuvriére », celle de ceux qui produisent cette valeur** ? ** (idem note*)

    Comment prendre conscience, de quoi : – quelle est la forme et la fonction de cette nouvelle classe (nouvelle, d’où précaution d’appellation) « œuvriére », seule classe capable de faire la « révolution » ? – quels sont les intellos issus ce cette classe*** les mieux à même de faire cette analyse, et leur alliés intellos proprement dits ? Ainsi, sur cette base : – quid de cet « élan (de quels) communiste(s) vers le progrès » que tu évoques ? – nos « masses » déjà « alphabétisées », comment éveiller leurs consciences matraquées jour et nuit, politiquement et plus finement (?) par une culture marchandisée, perverse ? *** (j’ai fait l’Ecole Fédérale il y a un demi-siècle avec Féniche, beau produit de la classe ouvrière d’alors…!)

    A 3/4 de Siècle + 1 ans, j’ai besoin de rêver à ne pas mourrir con (j’avais d’abord commencé à ne prendre ma retraite d’enseignant qu’à 67ans, mais j’aurai 81 aux prochaines législatives…!)…

    Salut & fraternité,

    J-Antoine Colin

    (qui en reste là de son analyse -plus que- schématique…)

    >

     
  3. histoireetsociete

    juin 26, 2017 at 4:21

    Les médias, le petit monde politico-médiatique s’extasie sur ce quinquennat « Jupitérien », mais pour le moment c’est du post-moderne, tout dans le décor, l’ornementation, s chacun sait bien que le seul rendez-vous politique qui a un sens est celui avec les couches populaires. c’est le seul rendez-vous qui compte et « ils » le savent bien,.C’est pourquoi j’approuve l’orientation du débat du Congrès: comment le PCF peut-il redevenir le parti de ces couches, des ouvriers, des employés, des salariés? Et cette réflexion sur une mobilisation historique, celle de la révolution d’octobre, par les communistes des forces de la création n’est pas éloignée de ce rendez-vous politique auquel nul ne pourra se soustraire.

     
  4. etoile rouge

    juin 27, 2017 at 5:09

    Pour redevenir encore faut-il savoir en quoi nous ne le sommes plus, quelles décisions nous ont éloignées de cela et accessoirement quels dirigeants?
    Depuis 1973 c’est le monde des abandons:
    Abandon de la dictature du prolétariat
    abandon du marxisme léninisme
    abandon du centralisme démocratique, abandon de l’organisation essentielle en cellule, abandon des contacts avec les partis frêres communistes comme le KKE ou PCP pour des parties molles comme Syriza et accessoirement composée de traitres?
    Ces abandons nous ont renforcé ou détruits? Accessoirement acceptation et défense de l’eurocommunisme cette maladie dégénérative qui a produit LAURENT, le traître HUE, Eltsine et Gorbatchev sans oublier les dirigeants collabos du PCI.
    Mais ailleurs dans le monde, les partis communistes se sont- ils sabordés? En Syrie que devient le ou les communistes?

     

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