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Les derniers jours à Moscou : comment se sont -il débrouillés pour vendre l’été?

24 Juin

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Les derniers jours à Moscou, furent de plus en plus froids. A l’aller vers l’aéroport, le chauffeur de taxi, un Tatare papa poule qui était devenu un ami et qui tenait absolument à ce que nous lui signalions si nous étions bien arrivées en France, nous a montré sur le tableau de bord (avec internet) une photo humoristique. Un chat sous un imperméable qui disait dubitatif: « Ils ont vendu notre gaz, ils ont vendu nos forêts, mais je me demande comment ils ont fait pour vendre notre été?  » En mettant les pieds à Roissy, nous avons compris, ce sont les Français qui l’ont acheté, comment faire pour renvoyer le surplus à ces malheureux Russes? Parce qu’il ne faut pas croire, Moscou en cette saison d’ordinaire c’est le printemps. Certains Russes, de plus en plus hostiles et convaincus que l’impérialisme américain leur veut du mal, ça ce ne sont pas certains mais tous les Russes, sont persuadés que ce dérèglement climatique est une des manifestations de la guerre que leur livrent les Etats-Unis.

Au titre des méfaits de la mondialisation et de la manière dont la Chine et sa population navigue à la godille entre communisme et capitalisme débridé, Marianne qui vivait en Chine à cette époque-là m’explique les raisons qui ont fait que les Chinois sont restés longtemps totalement incompréhensibles en anglais. À la fin de la révolution culturelle le gouvernement chinois a décidé qu’en six mois tous les professeurs de russe devraient se reconvertir en professeurs d’anglais. Comme me dit-elle, elle ne comprend pas l’anglais des Russes et que les professeurs de russe étaient Chinoi, on imagine le résultat. Du moins dans l’immédiat parce ils s’améliorent. L’enseignement russe du chinois post-soviétique a ses propres problèmes puisque le malheureux élève qui apprend le chinois est obligé d’étudier l’anglais de surcroît. Du temps de l’Union soviétique en matière de langues, on prenait les enfants au sortir du cours moyen et on en faisait des spécialistes non seulement d’une langue, mais de la littérature, la civilisation des pays concernés, ils en tombaient littéralement amoureux et elle ajoute en riant: » il y avait là une excellente base de recrutement pour les espions ». Même sans en  arriver à cette extrémité ils devenaient des cibles pour la propagande occidentale. Et elle me dit que les élèves chinois se plaignent beaucoup du coefficient excessif attribué à l’anglais dans leurs études Pour nous remonter le moral face à ces délires pédagogiques de la mondialisation, elle me raconte qu’il y a même des mauvais esprits chez les petits Chinois qui mettent de la mauvaise volonté à apprendre l’anglais en affirmant que c’est « par anti-impérialisme » ! Ouf…

Un résumé de ce que nous allons peut-être tenter de vous exposer sans fard dans quelques articles qui vont suivre:  nous allons accorder dans notre séjour moscovite une large place à nos rencontres avec les chauffeurs de taxis, il y en a pour tous les goûts. Moscou est littéralement bloquée et la moindre course prend 40 minutes. Ce qui nous laisse du temps pour interviewer le conducteur qui soit est au bord de l’exaspération, soit ne demande qu’à passer le temps agréablement. Le maire de Moscou, dont nous apprenons par notre ami tatar qu’il ne se met pas d’argent dans ses poches mais dans celles de sa femme. Elle a une entreprise de bordures de trottoirs et on refait tous les trottoirs en même temps. Effectivement la ville est en chantier, il pousse des horreurs, je vous recommande en particulier le long de la Moskova, une abominable et gigantesque statue, un mat devant lequel un Pierre le Grand qui tient plus d’un roi de carnaval que du terrible tsar. Ce qui provoque la fureur des Moscovites, vu que Pierre le Grand a justement fondé la ville concurrente de Saint Petersbourg et que ce machin, on n’ose parler de sculpture, de la hauteur d’un immeuble de trente étages. Mais, il n’y a pas que les bordures de trottoir et cette abominable statue, des quartiers nouveaux poussent dont un abominable machin post moderne encore inoccupé toujours sur les rives de la Moskova. Comment décrire cette chose avec ses colonnades romaines, tout en décor, en stuc et morceaux hétéroclites, la négation de l’architecture, en particulier de ce qui dans un tel désastre prend de plus en plus de relief: les grands immeubles staliniens qui sont superbes et ne déparent pas les joyaux antérieurs du type le Kremlin. Mais nous y reviendrons. Il y a aussi l’équivalent de notre Sacré-Coeur érigé contre les communards, une basilique aux toits dorés qui a été construite sur la magnifique piscine soviétique. Notre chauffeur tatare nous dit « le maire vient de Sibérie et il croit y être, il pense que Moscou n’existe pas, qu’il peut faire ce qui lui plaît ». C’est moche et les voitures bloquées sont prises dans un carroussel immobilisé.

Pourtant Moscou résiste et on tombe sous le charme…

Mais rassurez-vous nous n’avons pas connu seulement les joies des embouteillages. Nous avons rencontré à plusieurs reprises les camarades du KPRF. Ce devrait être fructueux mais nous vous en dirons plus si ce que nous avons mis en chantier avec eux se réalise.

A titre personnel, grâce à une initiative de Marianne, j’ai pu faire une rencontre qui est également pleine de promesses. Elle avait commandé de France, un film dans un centre de cinéma qui est en train de reconstituer avec des DVD sous-titrés toute la filmographie de l’Union soviétique.  Ce sont des passionnés. On commande et ils vous livrent l’objet dans n’importe quel point de Moscou en scooter, comme s’il s’agissait d’une pizza. Donc, de notre taxi (un abominable fasciste dont nous vous reparlerons) nous expliquions ou tentions d’expliquer au livreur de DVD où nous étions, vu que notre chauffeur ne savait pas où se trouvait la galerie Tretiakov. « ça ne fait rien disait le livreur, j’ai le temps! Quand vous êtes à Tretiakov vous me le dites et j’arrive. Une heure après nous nous sommes enfin rejoints dans le hall de la galerie. Ce n’était pas un jeune homme, mais un septuagénaire enthousiaste. Nous avons immédiatement trouvé un langage commun sur l’art soviétique. Je lui envoie mon livre sur Fritz Lang et Bertolt Brecht pour qu’il voie la méthode et lui me cherche un film et un auteur qui correspond à ce que je cherche sur la période de l’art stalinien qu’il faut réhabiliter selon moi, cinéma, architecture, sculpture, une épopée. Il ne s’agit pas de politique mais aussi et surtout  d’esthétique, ce qui pour moi concerne la politique mais avec son langage spécifique: un art des masses avec un lyrisme magnifique et pourtant rien d’inutile contrairement au postmoderne. Nous prenons même rendez-vous à Majorque où lui et son équipe vont prochainement tourner un film sur Chopin et Georges Sand. Il cherche avant tout des scénaristes. Il parle espagnol.

La visite du musée Tretiakov provoque en nous des sentiments divers, il y a des oeuvres superbes, mais en général noyées sans repères chronologiques, une manière de participer à la confusion généralisée…

Depuis que j’ai rencontré Ziouganov sur la Place Rouge (il ne m’a pas vue), je peux marcher sans canne et je n’ai plus mal. Comme quoi me dit Marianne nos camarades du KPRF auraient-ils à voir avec Lourdes, ses miraculés? le fait est mais je ne sais si je peux m’adresser au Vatican pour ce procès en béatification.

Danielle Bleitrach

 

 

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Une réponse à “Les derniers jours à Moscou : comment se sont -il débrouillés pour vendre l’été?

  1. Jeanne Labaigt

    juin 24, 2017 at 7:38

    Tu peux toujours envoyer ta canne à Lourdes, dans le temps (j’y suis allée avec ma grand-mère en voisines quand j’avais quatre ans) elles étaient avec diverses prothèses accrochées aux parois qui menaient à la grotte, tu pourras toujours coller dessus un auto-collant de Ziouganov je suis certaine qu’ils transmettront !!!
    Toujours passionnant, suscitant de nombreuses questions qu’on te posera au retour, continuez et ménagez vous tout de même.

     

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