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Arendt et Heidegger : extermination nazie et destruction de la pensée De Emmanuel Faye

17 Juin

J’ai toujours partagé les propos de Faye concernant Heidegger et ici, malgré ma sympathie pour la manière dont Arendt pose « la question juive », je ne puis qu’âtre d’accord avec ce qui revient à une mise en cause du faux concept de totalitarisme qui a eu l’usage politique et non philosophique que l’onsait en France. (note de Danielle Bleitrach)

N’y a-t-il pas une contradiction dans l’oeuvre d’Arendt ? On y trouve une description critique du totalitarisme national-socialiste, mais aussi l’apologie de Heidegger, érigé, malgré son éloge de la « vérité interne et grandeur » du mouvement nazi, en roi secret de la pensée.

L’étude des Origines du totalitarisme montre qu’Arendt développe une vision heideggérienne de la modernité. Dans Condition de l’homme moderne, la conception déshumanisée de l’humanité au travail et le discrédit jeté sur nos sociétés égalitaires procèdent également de Heidegger.

En outre, des lettres inédites montrent qu’Arendt a décidé de marcher sur les pas de Heidegger avant leurs retrouvailles de l’année 1950. Il s’agit d’une adhésion intellectuelle, irréductible à la seule passion amoureuse, et qui mérite d’être prise au sérieux.

Certes, Arendt ne partage pas l’antisémitisme exterminateur de Heidegger confirmé par ses Cahiers noirs. Que devient cependant la pensée, lorsqu’elle se voit instrumentalisée dans l’opposition – nouveau mythe moderne – entre Heidegger, le « penseur » retiré sur les hauteurs neigeuses de sa hutte de Todtnauberg, et Eichmann, l’exécutant sans pensée, le « clown » muré dans sa cage de verre ?

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6 Commentaires

Publié par le juin 17, 2017 dans extrême-droite, THEORIE

 

6 réponses à “Arendt et Heidegger : extermination nazie et destruction de la pensée De Emmanuel Faye

  1. Jeanne Labaigt

    juin 17, 2017 at 7:05

    Je suis très contente que tu parles de ce livre que j’ai fini il y a environ quinze jours. Pour moi c’est un très grand livre qui va tout à fait dans le sens de « Heidegger, l’introduction du nazisme dans la philosophie », c’est à dire que c’est un livre qui ne parle pas des comportements, ou des traits de personnalité des individus Heidegger ou Arendt, de leurs ambiguïtés éventuelles politiques par rapport au nazisme, mais qui s’attache au contenu même des oeuvres.
    Bien entendu la relation d’A. à Heidegger est une relation individuelle forte, à la fois intellectuelle et personnelle, amoureuse, mais aussi conflictuelle en un sens de par la place que chacun tient de fait: le recteur de 1933 membre du parti nazi et la philosophe allemande juive sa disciple et son amante contrainte à l’exil en France d’abord et aux USA avec tout son milieu ses maris , ses amis dans le même cas.
    La relation A./ H. est une relation par un certain côté « people » comme on dit maintenant.
    C’est aussi une relation qui pose problème après la guerre : il y a un texte d’Arendt que j’ai beaucoup pratiqué car j’avais fait un cours dessus « de l’amitié dans de sombres temps » et qui est un texte qui parle de cette pièce de Lessing Nathan le sage ce texte m’a vraiment interrogée par ce qu’il marque d’ambigüité.
    Arendt est-elle dans la droite ligne conceptuelle (nazie DANS la philosophie selon E.Faye) de Heigegger ? La « remise en selle » de H. qu’elle a opérée en toute connaissance de cause en reparlant et en adoubant d’une certaine façon dans les années 50/ 60 Heidegger et en le « dédiabolisant n’est elle pas la marque que DANS sa propre philosophie traînent des façons de voir, de dire, de conceptualiser même qui sont la marque de la pseudo-philosophie nazie (pseudo car finalement pure propagande)?
    C’est une interrogation grave, légitime quoiqu’en disent les détracteurs d’Emmanuel Faye.
    Cela porte à la fois sur la philosophie mais aussi sur LE « politique » dans notre façon contemporaine de penser, je te recopie le bas de la page 449 et début 450 qui dit bien la thèse de Faye (et qui en négatif au sens photographique du terme dit bien la tromperie coupable de la reprise par tout et chacun dans un vocabulaire devenu banal de ces pseudo-concepts) .

    « Quand à Hannah Arendt loin de prendre le contre-pied de Heidegger et de s’opposer à lui en bloc, elle a construit sa vison de l’espace politique en se fondant sur les existentiaux heideggériens de l’être en commun (Midsein) ,de l’être ensemble (Miteinendersein) de l’être ensemble (Mitwelt) . Elle lui a même repris en 1960, le questionnement identitire et discriminatoire du « qui somme nous? « Wer sind wir ? ») qui tend à détruire tout horizon d’universalité dans la constitution du politique. »[…] .Arend possède cet art qui a fait son succès,de faire passer pour démocratique-du moins pour une lecture rapide et superficielle- une vison sélective et aristocratique,si ce n’est même fascisante par son approbation de la « domination des maîtres » dans la sphère économique et sociale ».

    Tu comprendras à la lecture de ces lignes que j’ai été secouée par ce livre de Faye. Comme je ne suis pas germaniste que je n’ai lu Heidegger qu’en traduction (parfois plusieurs traductions) je ne suis pas capable de dire avec justesse et précision si Faye ne « tord » pas les textes que lui lit en allemand et a fait un travail de bénédictin de rapprochement de textes incroyable. La polémique contre lui surtout sur le premier bouquin a été vive en 2005, comme je finis juste ce livre (cela m’a pris du temps, heureusement que j’avais si mal au dos que je suis restée allongée assez de temps pour le lire avec précision) je n’ai pas vu ce qu’on en disait et si quelqu’un de sérieux et d’objectif , de germaniste aussi a réussi à en produire une critique philosophique fondée.

     
  2. Jeanne Labaigt

    juin 17, 2017 at 7:10

    Erreur de copie dans le texte de Faye, « Mitwelt » veut dire « monde commun », il faut lire « les existentiaux Heideggériens de l’être en commun, de l’être ensemble, du monde commun ».

     
  3. leca

    juin 17, 2017 at 5:40

    C’ est formidable, je ne comprends rien. Angoisse du béotien qui se refugie dans des idées simplette: ce type est nazi et antisémite ? Pendons-le.

     
  4. histoireetsociete

    juin 17, 2017 at 6:41

    très bienLeca, ça va pour Heidegger, mais qu’est-ce que tu fais de Arendt qui elle n’est ni antisémite, ni nazie mais non seulement promeut sa philosophie mais abpitit au faux concept de totalitarsme?

     
    • leca

      juin 18, 2017 at 1:59

      Sartre aussi me semble-t-il était allé à Berlin avant-guerre voir le Maître. Mais non je garde Ana par indulgence pour les femmes amoureuses. (on aurait jamais du pendre par les pieds la maitresse de Mussolini ) . Le concept de totalitarisme, que je ne comprends pas bien non plus étant un peu bas de plafond, est utilisé comme celui de populisme ou d’extrêmes pour couper les deux bouts de l omelette et ça marche, en marche.

       
  5. leca

    juin 18, 2017 at 3:44

    Le concept de totalitarisme,( que je ne comprends pas bien non plus étant moi un peu bas de plafond) ceci pour ôter tout malentendu,

     

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