RSS

1934 en Union soviétique, une mémoire trompeuse et à vif…

15 Juin

A propos de Leonid Outiossov qui dirigeait une formation de jazz, une petite séquence des Joyeux garçons d’Alexandrov première comédie musicale sortie en URSS et Prix de la meilleure réalisation et de la meilleure musique au Festival de Venise, 1934. Le film est marqué par la grande tradition du cirque russe et la plupart de ses acteurs sont passés par le cirque. Bien sûr comme un grand nombre de cinéastes russes, Léonid Outiossov est juif et ukrainien. Léonid Ossipovitch Outiossov (en russe : Леонид Осипович Утëсов), de son vrai nom Lazare Iossifovitch Weissbein, né le 21 mars (9 mars) 1895 à Odessa et mort le 9 mars 1982 à Moscou (U.R.S.S.), était un chanteur de jazz et un acteur soviétique de cinéma. Il fut le premier chanteur et acteur comique à devenir Artiste du peuple de l’URSS (1965). Il découvrit le jazz à Paris et l’exporta en URSS où son succès ne se démentit pas. La biographie de ce jazzman, homme de cirque est étonnement tranquille dans les temps qu’il a traversés. Les années trente sont celles de la collectivisation agricole. Ce film joyeux, burlesque ne semble refléter en rien une époque que l’on décrit comme terrible et celle où l’URSS se ferme. Il fait partie à sa manière de toutes ces énigmes qui se présentent à moi et qui rendent difficiles voir impossible de caractériser l’URSS, le stalinisme. Je suis de plus en plus convaincue que si je devais écrire un livre sur le sujet, je l’appelerais « impressions post-soviétiques » en référence à la manière dont un Raymond Roussel écrivit « impressions d’Afrique ». C’est un travail de mémoire, et d’abord de ma mémoire et pourtant tous ici me le disent: « les plaies sont encore trop vives, on ne peut pas en parler même si cette histoire nous est chère oh! Combien.

Cette bagarre pleine d’allégresse mais non dénuée d’une violence primaire pour une époque que je n’arrive pas à saisir est comme une illustration de mon impossibilité à écrire sur ce pays, sur cette mémoire à vif et ce sentiment qu’elle est aussi la mienne. Je tourne autour des notes, des photos, je crains d’accumuler un mensonge de plus sur leur vie et ma propre vie. Ils sont aussi vivants que ce que j’ai pu l’être et je le suis étonnement encore, brutaux et innocents.

Danielle Bleitrach

Publicités
 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :