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Le décret qui instaura la Grande Terreur

10 Juin

Dictature de la bourgoisie que Marx évoque pour parler de la nécessité d’une dictature du prolétariat. Il pense même que c’est son apport principal, à lui Marx, par rapport à la conception des classes sociales. Notons qu’il s’agit d’un gouvernement parfaitement légal en période d’exception et de danger. Sa définition est empruntée à Rome. Quelle est son utilité et surtout ses méthodes pour imposer une nouvelle société aux possédants qui ne veulent pas lâcher leurs privilèges?…(note de Danielle Bleitrach)

Publié le 08/06/2017
La guillotine à Paris, estampe hollandaise ; 1795 ; source Gallica BnF

 

La loi de Prairial, instaurée par le Comité de salut public en juin 1794, prive les accusés du droit de défense et de recours. Elle marque le début de la Grande Terreur.

Depuis septembre 1793, la Terreur règne en France. Mais la Révolution reste l’objet de plusieurs menaces sérieuses de la part des opposants royalistes, des catholiques et des puissances étrangères… Robespierre, qui préside le Comité de Salut public, va convaincre les députés réticents de voter une nouvelle loi pour y faire face.

Rédigée par Georges Couthon, le décret du 22 prairial an II (10 juin 1794) va réformer le Tribunal révolutionnaire, réduisant les procès à une simple formalité : désormais, les accusés, déférés devant une cour de juges et de « patriotes » nommés, n’ont plus droit à aucune défense. Et les jurés n’ont plus le choix qu’entre l’acquittement… ou la mort.

Le 12 juin, un long texte de Couthon paraît dans le Mercure universel pour expliquer les objectifs politiques de la « loi de Prairial » :

« La faction immortelle des indulgents, qui se confond avec toutes les autres, qui en est la patronne et le soutien, n’a cessé de prendre sous sa sauvegarde les maximes protectrices des traîtres ; et l’activité de la justice, sans proportion avec celle des ennemis de la patrie et avec leur multitude innombrable, a toujours laissé flottantes les destinées de la République. […] Le régime du despotisme avait créé une vérité judiciaire qui n’était point la vérité morale et naturelle, qui lui était même opposée, et qui cependant décidait seule, avec les passions, du sort de l’innocence et du crime ; l’évidence n’avait pas le droit de convaincre sans témoins ni sans écrits ; et le mensonge, environné de ce cortège, avait celui de dicter les arrêts de la justice. »

Une phrase résume l’esprit du décret :

« Le délai pour punir les ennemis de la patrie ne doit être que le temps de les reconnaître : il s’agit moins de les punir que de les anéantir. »

Il n’y a plus de « suspects », mais des « ennemis de la patrie » à la définition vague : les critères sont désormais moraux et non plus politiques. La délation devient un devoir public. Couthon poursuit :

« Une révolution comme la nôtre n’est qu’une succession rapide de conspirations, parce qu’elle est la guerre de la tyrannie contre la liberté, du crime contre la vertu. Il n’est pas question de donner quelques exemples, mais d’exterminer les implacables satellites de la tyrannie, ou de périr avec la République. L’indulgence envers eux est atroce, la clémence est parricide. […] La République attaquée dans sa naissance par des ennemis aussi perfides que nombreux, doit les frapper avec la rapidité de la foudre, en prenant les précautions nécessaires pour sauver les patriotes calomniés. Ce n’est qu’en remettant l’exercice de la justice nationale à des mains pures et républicaines, qu’elle peut remplir ce double objet. »

Avec ce décret, c’est le début de la Grande Terreur. À Paris et en province, les représentants en missions répriment sauvagement les « ennemis du peuple ». Le nombre des condamnations explose. C’est une hécatombe : dans la capitale, pendant l’été 1794, 200 exécutions capitales ont lieu chaque semaine.

 

Fin juillet, les députés, qui se sentent menacés par le régime institué par Robespierre, se coalisent pour y mettre fin. Couthon et Robespierre sont guillotinés le 28 juillet, place de la Révolution (à présent place de la Concorde), à Paris.

 

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1 commentaire

Publié par le juin 10, 2017 dans HISTOIRE

 

Une réponse à “Le décret qui instaura la Grande Terreur

  1. Kirk

    juin 11, 2017 at 4:50

    Nous n’en sommes pas là mais quand on sait que Bolloré possède 34 milliards d’euros (23 mille millions) et qu’il y a en France 2 millions de pauvres cette crapule ne mériterait pas la guillotine mais de pourrir en prison histoire qu’il comprenne ce qu’est la vraie misère, dont il est en partie responsable. Bien sûr qu’il est honteux d’être riche quand un gamin meurt de faim toutes les 6 secondes. Mais maintenant on est entre les mains de crétins qui sont tout fiers de résister à une poignée de main… nia nia nia chuis plus fort que toi… On croit rêver….

     

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