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A Athènes, mourir dans le dénuement

22 Mai

Vendredi 19 mai 2017 – Benjamin Keller
Hier j’ai entendu sur BMTV l’interview de François Baroin interviewé par une de ces petites nullités dont la télé semble avoir le secret, comme il disait ne pas être d’accord avec la mesure visant à imposer plus les retraités, elle lui a dit « quelle importance ce ne sont pas les forces vives? » ce à quoi il lui a répondu qu’ils consommaient beaucoup. Le tout suivi d’une impertinence dans laquelle elle lui faisait remarquer qu’il n’était plus jeune et qu’il devait céder la place… A quand l’euthanasie… En tous les cas le programme Macron c’est ça, l’Europe tu l’aimes ou tu la quittes… Quand il ne nous reste plus que le choix entre ces gens-là et les groupies de Tsipras, d’abord anticommuniste comme les mélenchoniens, on meure ce qu’on peut attendre… (note de Danielle Bleitrach)
Les allocations de retraite ont déjà été réduites de 40% en moyenne depuis le début de la crise.
MAËLLE GROSS
Près de la moitié des retraités grecs vivent déjà sous le seuil de pauvreté. Les nouvelles mesures d’austérité les ciblent pourtant une nouvelle fois. Reportage.

Un vieillard en survêtement s’approche d’un pas mal assuré d’une benne à ordures. D’un bras, il soulève avec peine le couvercle bleu. De l’autre, il sonde les détritus autant qu’il peut. Son butin: une boîte à chaussures et un cintre en plastique. Il referme le conteneur, se retourne et traverse lentement la route, en direction de la poubelle d’en face. La scène se passe à Athènes, dans un quartier résidentiel. Elle est presque devenue banale dans la capitale grecque.

Les 2,7 millions de retraités que compte la Grèce – sur 11 millions d’habitants – sont en première ligne des mesures d’austérité mises en œuvre dans le pays depuis 2010 pour tenter de réduire le déficit budgétaire. Les nouvelles coupes dans les pensions imposées au parlement hellénique par les créanciers internationaux s’ajoutent à treize autres réformes en sept ans. Ces dernières, appliquées de manière graduelle, ont notamment rehaussé l’âge de la retraite, relevé les cotisations et supprimé certaines aides.

Sous le seuil de pauvreté
Les allocations, qui avec la nouvelle loi devraient diminuer de 9% à l’horizon 2019 pour économiser 1,8 milliard d’euros, ont déjà été réduites de 40% en moyenne. A l’heure actuelle, la retraite standard est d’un peu plus de 800 euros par mois, selon les autorités, et 43% des pensionnaires reçoivent moins de 660 euros, un montant inférieur au seuil de pauvreté. Or la plupart ne perçoivent aucun autre argent et les pensions constituent le revenu principal d’un ménage sur deux. Elles se substituent en outre à d’autres prestations sociales, faibles en Grèce. Enfin, les retraités doivent faire face comme tout le monde à la hausse des taxes en tous genres.

«Que vont-ils enlever à ceux qui n’ont déjà plus rien?» s’inquiète Teresa, une rousse de 67 ans active dans le réseau de solidarité Mirmigi («la fourmi»), situé à Kypseli, un quartier central d’Athènes qui s’est paupérisé ces dernières années. L’association fondée en 2012 fournit des vivres et des produits de base à environ 400 familles nécessiteuses, grecques et étrangères, deux fois par mois. Un bénéficiaire sur dix est retraité, indique Kostas, 26 ans, l’un des piliers de Mirmigi. «Ils sont toujours plus nombreux, observe-t-il. Certains touchent 500, 300 euros, voire rien du tout si ce n’est l’assistance sociale. Comment voulez-vous qu’ils vivent?»

Retraite divisée par deux
Au sein même de Mirmigi, environ la moitié de la trentaine de bénévoles actifs sont des retraités. Il y a par exemple Margarita, 69 ans, une ex-fonctionnaire qui percevait 900 euros ainsi qu’une aide de 100 euros en 2010 et qui n’en reçoit plus que 700 aujourd’hui. Il y a aussi Ioannis, 71 ans, qui travaillait dans les télécommunications et qui a vu sa pension être coupée en deux. De 2600 euros versés quatorze fois par an, elle est passée à 1500 fois douze, les 13e et 14e «salaires» ayant été supprimés.

Les tailles n’ont épargné aucune catégorie de retraités mais les pensions les plus hautes ont été les plus fortement élaguées.

Anthi Nikiforakis, une architecte, s’est retirée de la vie active en 2012. Elle aurait dû obtenir 2000 euros. Elle doit finalement se contenter de 1300. «J’ai travaillé dur et je touche 40% de moins que prévu», se plaint-elle. Une fois à la retraite, elle prévoyait de construire une maison et d’aider son fils. Désormais, elle parvient tout juste à régler ses factures: «Une fois, je suis allée au tribunal parce que je ne pouvais pas payer. On m’a répondu que je n’avais pas le choix!»

Indispensable ou impasse?
Les retraités sont descendus dans la rue pour protester contre cet énième tour de vis et une cour étatique l’a déclaré anticonstitutionnel. Rien n’y a fait. «Ces coupes étaient inévitables, juge Yannis Koutsomitis, un économiste indépendant. Il y a un vrai problème au niveau du système de pension grec, qui n’est pas du tout soutenable.» La Grèce est le pays d’Europe qui consacre la plus grande part de son budget aux retraites, indique le spécialiste de la zone euro, qui enchaîne: «Le salaire moyen est plus bas que la pension moyenne.

Trop de gens ont aussi pu recevoir des retraites confortables sans avoir payé l’entier de leurs contributions.» Des salaires de plus en plus bas, un chômage élevé (50% chez les jeunes) et une population vieillissante complètent le tableau. Pour l’économiste, «il faut entièrement repenser le filet social, pour pouvoir venir en aide à ceux qui ont été durement affectés par la crise».

Plus confiance en Tsipras

Le premier ministre Alexis Tsipras, du parti de gauche Syriza, a promis aux Grecs que cet effort serait le dernier avant un redémarrage de l’économie. Mais beaucoup ont perdu foi en sa parole. Kostas, de Mirmigi, en fait partie. Lui a arrêté de voter pour ce qu’il considère comme un «parti libéral» après le référendum de 2015 sur la poursuite des programmes de rigueur dictés par la troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international), auquel il avait dit «non» comme 61,3% des Grecs.

«Tsipras et les autres ont tourné ce ‘non’ en ‘oui’ et maintenant nous vivons la même chose qu’auparavant, dénonce-t-il. Il faut une nouvelle gouvernance car ce chemin est toxique. La dépression dure depuis sept ans et les gens continuent de souffrir. Nous sommes dans une impasse.»

>>> Lire notre édito «Perseverare diabolicum» sur l’emprise de l’idéologie libérale sur l’Europe

L’austérité votée
Le Parlement grec a adopté jeudi soir de nouvelles mesures d’austérité, réclamées par les créanciers, UE et FMI. Elles sont censées permettre le versement d’une nouvelle tranche des prêts internationaux au pays, qui espère aussi un allégement de sa dette.

Les principaux articles de la loi comprennent de nouvelles coupes dans les retraites et des hausses des impôts. Ils ont été approuvés par la faible majorité de la coalition gouvernementale, soit 153 députés de la gauche Syriza d’Alexis Tsipras et du petit parti souverainiste Anel, tandis que 128 députés ont voté contre, selon un vice-président du Parlement.

Le gouvernement grec dominé par Syriza espère que l’adoption de ces mesures, quatre jours avant une réunion des ministres des finances de la zone euro à Bruxelles, convaincra les créanciers qu’Athènes peut obtenir une tranche de 7,5 milliards d’euros d’aide et un nouvel allégement de sa dette.

En début de soirée, des milliers de manifestants s’étaient rassemblés aux abords du Parlement avec des banderoles frappées des mots « Non aux plans d’aide! Non à l’austérité! ». Selon la police, plus de 10 000 personnes ont manifesté pour protester contre un projet de loi comprenant de nouvelles coupes dans les retraites et des hausses des impôts.

Des échauffourées se sont produites entre les policiers et de petits groupes d’individus cagoulés qui lançaient des cocktails Molotov. La police a tiré des gaz lacrymogènes pour les disperser. ATS

Pas tous égaux devant l’austérité
Tous les Grecs doivent faire des efforts pour réparer les erreurs du passé. L’antienne est connue: elle ne correspond pourtant aucunement à la réalité. Une étude de l’institut Hans Böckler a démontré que les hausses d’impôts subies par les Grecs entre 2008 et 2013 touchaient très diversement les citoyens. Ainsi, les catégories les plus modestes ont vu leurs prélèvements augmenter de 337% tandis que les riches ne paient que 9% de plus qu’auparavant.

Du côté des revenus, le constat est similaire. Selon les chercheurs, les 10% des Grecs les plus pauvres auraient perdu durant ce laps de temps 86% de leur revenu! Les 30% les plus riches, eux, n’auraient subi qu’une chute de 17% à 20% de leurs entrées. Des chiffres que les derniers plans d’austérité n’ont certainement fait qu’aggraver. BPZ

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4 Commentaires

Publié par le mai 22, 2017 dans Uncategorized

 

4 réponses à “A Athènes, mourir dans le dénuement

  1. LAURENT

    mai 22, 2017 at 10:23

    En juin 2016 je me suis trouvé à la terrasse d’un bistro à Copenhague et j’ai constaté qu’au pays de la flexisécurité on retrouvait les même qu’en Grèce fouillant dans les poubelles de la rue,ce ne semblait pas être des migrants Syriens ou autre mais bien des Danois.

     
  2. josephhokayem

    mai 22, 2017 at 6:04

    A reblogué ceci sur josephhokayem.

     
  3. etoile rouge

    mai 23, 2017 at 1:38

    Le capitalisme actuel ou pas ne mène qu’à la paupérisation des retraités salariés et des travailleurs. Les retraites en France comme en grêce n’ont jamais fait partie des dettes de l’état. De plus la pension d’aujourd’hui provient des cotisations d’hier et des revenus salariaux prélevés. MACRON en voulant augmenter la CSG sur les seuls retraités salariés réduit la part salariale brute que le patron et non l’état verse. Il enrichit les salopards patronaux qui sont ceux majoritairement qui coutent 80 milliards de fraudes fiscales à la NATION et par la CSG transforment des cotisations patronales en dettes de l’Etat ce qui permettra de les vendre aux banques, dont ROTILD, et ceux ci de réclamer le moment venu le paiement et donc la mise en œuvre d’un mécanisme imparable de éduction de pension ée des dettes à régler par ‘endettement permanent du peuple au profit des classes supérieures. eul moyen détruire ces classes . Une nouvelle fois LENINE et le socialisme démontre qu’il n’y a pas de porte de sortie par les seules électioons dans ce mécanisme capitaliste

     

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