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le temps (Ch) La dérangeante ambiguïté d’Emmanuel Macron

01 Mai

cet article du Temps (suisse) pose un problème que l’on retrouve à tous les niveaux ne notre manière de décrire la crise et qui est celui de la relation entre collectif et individu comme développement du capitalisme. Une sorte de développement comparable à celui que l’on suppose être celui de l’univers en expansion dans lequel l’individu loin de s’accomplir régresse à force d’isolement, et il est vrai que dans ma répulsion pour Macron, il y a ce vide de l’âme de l’individu jeté dans abyssal d’Odyssée 2001, aussi proche d’Orange mécanique, décidemment Kubrick… ce vide social du capitalisme, c’est l’hypothèse posée par Einstein dans son choix du socialisme. En tous les cas ici c’est finement observé et macron en est l’illustration.Il faudrait ajouter que face à cette dérive Marine Le pen serait la représentante de l’illusoire fusion du même et donc de la haine de l’autre faute d’accepter les relations sociales dans leurs contradictions et tenter d’éliminer la violence des rapports de classe dans un tel contexte. Oui mais le modèle de l’individu y compris capricieux suivi par ses fans risque de se substituer y compris à ce que nous avions su bâtir de solidarité collective. (note de danielle Bleitrach)

La campagne électorale française est marquée par un remplacement du discours politique par une dialectique de communication publicitaire que déplore notre chroniqueuse Marie-Hélène Miauton

https://www.letemps.ch/opinions/2017/04/27/derangeante-ambiguite-demmanuel-macron
Pourquoi les deux grands partis traditionnels qui ont mené la France depuis un demi-siècle ont-ils été éjectés du deuxième tour sinon parce qu’ils sont tiraillés en interne entre des tendances centrifuges?

Avant même les affaires, François Fillon ne pouvait plus compter sur un grand nombre de juppéistes, partis renforcer le camp macroniste, ce qui divisait ses voix par deux. Quant à Benoît Hamon, sorti malencontreusement victorieux d’une primaire où ne se sont pourtant présentés ni Macron ni Mélenchon, pourtant ex-ministres de gouvernements socialistes, il les a retrouvés sur le chemin du premier tour qui lui fut fatal.

Le jusqu’au-boutisme de Mélenchon
Ainsi, au-delà des affaires pour Les Républicains et d’une erreur de casting pour les socialistes, l’explication de la catastrophe tient essentiellement à la déliquescence interne des partis. Les dissensions internes ne sont pas nouvelles et elles sont même naturelles dès lors qu’il faut atteindre une taille critique pour remporter les élections. Mais le temps est passé où l’on admettait qu’un appareil vigoureux puisse décider du candidat capable de gagner, pour imposer ensuite une stricte discipline de parole et de vote. Notre époque au contraire cultive l’individualisme et les ego l’emportent sur le bien commun, ce que la lutte jusqu’au-boutiste de Mélenchon et Hamon a démontré sans équivoque puisque, s’ils s’étaient réunis, la gauche l’emportait.

Regard d’une étrange vacuité
Hors la structure des partis historiques remplacés par des formations nouvelles attachées à un seul candidat, que peut devenir la démocratie sinon un exercice de pure communication, développant une dialectique publicitaire? C’est exactement le spectacle qu’a offert Emmanuel Macron durant la campagne. Tout d’abord, il a usé de ce qu’on appelle «le teasing» en publicité, c’est-à-dire l’art de faire durer le suspense en dévoilant le plus tard possible la nature de l’offre. Les Français ont ainsi attendu de longues semaines le programme d’En marche! comme s’il s’agissait là d’un vulgaire produit et non du destin de la France! Dans ses meetings, le candidat a laissé voir des scènes ahurissantes durant lesquelles, comme un bonimenteur de foire, il s’égosillait en finale pour convaincre la foule.

L’art bien commercial de ne fâcher personne
Le personnage offre un physique lisse au point d’être insipide, parfait mais sans charme ni expressivité. Son regard, même lorsqu’il s’enflamme, est d’une étrange vacuité, au point que le spectateur ressent un malaise indéfinissable. Il y a aussi chez lui cet art bien commercial de ne fâcher personne afin d’élargir son bassin de chalandise. Du coup, comme l’ont remarqué les commentateurs, il est d’accord avec tout le monde au risque de se contredire sans états d’âme. En toutes choses, il énonce des principes consensuels, mais jamais les moyens de leur réalisation. Sous prétexte qu’il est jeune, il prétend que ses idées sont originales alors qu’il n’en est rien.

En matière d’écologie, son programme est un copier-coller de celui de François Hollande. Sur la sécurité et le terrorisme, il s’en remet à l’Union européenne, sans voir combien elle a péché jusqu’ici en la matière. Sur l’armée, il veut «mutualiser les instruments et encourager les agences à travailler en commun», discours fumeux s’il en est. Et quand il ose des coups d’éclat, comme son affirmation que la culture française n’existe pas ou que la colonisation française en Algérie fut un crime contre l’humanité, il se reprend très vite face à la polémique et se contorsionne pour dire qu’il l’a dit sans le dire.

Les intérêts ont remplacé les convictions
Chez lui, tout est conciliant, flou, ambivalent, contradictoire, fluctuant, en phase avec une époque où les intérêts ont remplacé les convictions et où les corpus politiques semblent trop contraignants pour qu’on y adhère, se laissant le choix opportuniste d’être à gauche et à droite. La France votera donc pour la «nouveauté», mot magique sur les gondoles de supermarché et, désormais, dans les urnes. Ce n’est qu’en l’essayant qu’elle saura si la marchandise est bonne mais, malheureusement, aucun remboursement n’est prévu en cas d’insatisfaction.

Retrouvez notre dossier consacré à l’élection présidentielle française.

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Publié par le mai 1, 2017 dans Uncategorized

 

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