C’est là qu’on voit que le fameux « social libéral », c’est un peu comme le « social démocrate » : c’est le contraire de ce qui est affiché, et il n’est donc que bien peu social, et bien peu libéral comme on le voit ici…

Et comme si les terroristes vont continuer à utiliser ces applications après une telle loi…

Source : Numerama, Julien Lausson, 10-04-2017

En présentant son programme anti-terroriste, Emmanuel Macron s’est attaqué aux acteurs de l’Internet qui ne font pas assez contre les terroristes, notamment en matière de chiffrement. Mais le candidat d’En Marche ! se trompe de cible.

À deux semaines du premier tour de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron durcit son discours. À l’occasion de la présentation de son programme consacré à la lutte contre le terrorisme, le candidat d’En Marche ! a tenu un propos résolument offensif contre les « acteurs de l’Internet », en clair les grandes entreprises de la Silicon Valley, qu’il accuse de ne pas agir suffisamment contre les terroristes.

« Jusqu’à présent, les grands groupes de l’Internet ont refusé de communiquer leurs clés de chiffrement ou leurs accès aux contenus au motif qu’ils ont garanti contractuellement à leurs clients que leurs communications étaient protégées. Cette situation n’est plus acceptable », a lancé Emmanuel Macron, flanqué du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian et de l’ancien patron du Raid, Jean-Michel Fauvergue.

Et l’ex-ministre de l’économie d’ajouter que « les acteurs de l’Internet, s’ils persistent dans leur position, devront assumer un jour d’avoir été complices d’attentats ».

Curieusement, Emmanuel Macron ne semble pas se souvenir de l’article 434-15-2 du code pénal qui prévoit déjà de sanctionner ceux et celles ne se pliant pas à l’obligation de coopération en vue d’obtenir le déchiffrement des messages. Cette disposition, qui concerne aussi bien le particulier que l’éditeur d’une solution de communication chiffrée, vise à empêcher une entrave à l’exercice de la justice.

Le refus de transmettre la version en clair des messages chiffrés et les conventions secrètes servant au déchiffrement est puni de 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende et la peine est portée à 5 ans et 75 000 euros « si le refus est opposé alors que la remise ou la mise en œuvre de la convention [secrète de déchiffrement] aurait permis d’éviter la commission d’un crime ou d’un délit ou d’en limiter les effets ».

Il y a aussi du chiffrement disponible sur Facebook Messenger.

En outre, dans le cas du chiffrement de bout en bout, ce ne sont pas les entreprises qui détiennent les clés de déchiffrement permettant de lire en clair les messages : ce sont les utilisateurs finaux. C’est pour cette raison, par exemple que WhatsApp n’a pu apporter qu’une aide limitée à la police britannique dans l’affaire du chauffard qui a utilisé sa voiture pour renverser des passants avant de les attaquer au couteau.

Le chiffrement de bout en bout consiste à faire en sorte que seuls les participants à une discussion puissent lire les messages qu’ils s’échangent. Quand cette sécurité est en place, même le fournisseur du service n’est pas en mesure de voir le contenu de la conversation. Il se retrouve alors dans l’incapacité de répondre favorablement aux requêtes judiciaires ou administratives de déchiffrement.

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