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La CIA a étudié les théoriciens français: Comment démanteler la gauche culturelle Par Gabriel Rockhill

03 Avr
 En traduisant ce texte j’étais frappée par la manière dont son propos coïncide avec celui que nous envisageons Marianne et moi de présenter à la commémoration de la Révolution d’octobre lors des conférences qui se tiendront à Moscou à cette occasion. Nous avons proposé un texte qui va dans le même sens, à la fois celui du constat d’une déstalinisation ratée en France qui a ouvert la voie à une contre offensive dans les médias, dans les universités aux idéologues du Capital. A ce titre, notre analyse est très proche de celle-ci, mais je dois dire également notre accord avec la proposition de rassemblement international des intellectuels que le texte appelle les anti-capitalistes et anti-impérialistes déterminés. Il y a bien sûr quelques points que l’article n’aborde pas et qui sont pourtant importants, celui de l’articulation entre luttes sociales et recréation d’une culture de gauche égalitariste, mais il prouve à quel point le diagnostic peut déjà nous rapprocher (note et traduction pour histoire et société de danielle Bleitrach)

El “aparato” en París: el agente de la CIA y presidente del Congreso para la Libertad Cultural Michael Josselson (centro) en un almuerzo de trabajo con John Clinton Hunt y Melvin Lasky (dcha.)

El “aparato” en París: el agente de la CIA y presidente del Congreso para la Libertad Cultural Michael Josselson (centro) en un almuerzo de trabajo con John Clinton Hunt y Melvin Lasky (dcha.)

Il est souvent pensé  que les intellectuels ont peu ou pas de pouvoir politique. Enfermé  dans le privilège de sa tour d’ivoire , déconnecté du monde réel, empêtré dans les débats universitaires querelles bizantiness, ou flottant dans les nuages abstraits de la théorie de haut – niveau, ainsi sont  souvent dépeint les intellectuels comme séparés  des réalités politiques  et incapables d’avoir un impact significatif sur elles. Mais l’Agence centrale de renseignement ( CIA ) pense autrement.

En fait,l’organisme responsable de la planification des coups d’Etat , maître d’oeuvre d’assassinat et de manipulations clandestinement  les gouvernements étrangers croit non seulement dans la puissance de la théorie, mais alloué des ressources importantes  à l’entretien  d’un groupe d’agents secrets consacré à étudier en profondeur ce que certains  considèrent la théorie la plus abstraite et complexe jamais produite. Un document de recherche écrit en 1985 et qui a été récemment déclassifié avec des modifications mineures, faisant usage de la liberté d’expression,  révèle que la CIA a créé des agents qui se consacraient  à l’ étude des théories complexes et influentes associées à l’auteur français Michel  Foucault, Jacques Lacan , et Roland Barthes.

L’image de certains espions américains se réunissant régulièrement dans les cafés parisiens pour étudier et comparer leurs notes sur les papes de l’intelligentsia française peut choquer ceux qui supposent que ce groupe d’intellectuels atteignaient  des sommités dont la sophistication surnaturelle ne pouvait pas tomber dans un tel piège vulgaire, ou que, au contraire, ils n’étaient que des charlatans  à la rhétorique incompréhensible avec peu ou aucun impact sur le monde réel. Cependant, cela ne ne surprendra pas ceux qui sont familiers avec l’ utilisation prolongée et continue des ressources de la CIA dans la guerre culturelle mondiale , y compris le soutien à ses formes les plus avancées, qui a été bien analysée par des chercheurs tels que Frances Stonor Saunders, Giles Hugh Scott-Smith et Wilford (j’ai apporté ma propre contribution au livre Radical History & art Politique os)

.Thomas W. Braden, ancien superviseur des activités culturelles de la CIA, a expliqué le pouvoir de la guerre culturelle de l’agence dans une histoire sincère et bien informée  publié en 1967: « Je me souviens de l’immense plaisir que je ressentais quand l’Orchestre symphonique de Boston [ qui avait le soutien de la CIA] a gagné plus d’ enthousiasme pour Etats – Unis . à Parisqu’ auraient pu gagner John Foster Dulles [i] ou Dwight D. Eisenhower avec une centaine de discours ». Ce ne fut pas, en aucune façon, une opération marginale ou sans importance. En fait, comme l’a justement soutenue Wilford, le Congrès pour la liberté culturelle basé à Paris, qui se plus tard deviendra une organisation oeuvranr pour la CIA dans la guerre froide,  a été l’ un des principaux sponsors de l’ histoire du monde et a appuyé  une gamme incroyable d’activités artistiques et intellectuelles. Il avait des bureaux dans 35 pays, il a créé des dizaines de revues prestigieuses,il a participé à l’industrie de l’ édition, organisé des conférences  et des expositions d’art de haut niveau, des spectacles coordonnés et des concerts et il  a fourni un financement généreux pour divers prix et bourses culturelles, ainsi que des organisations déguisées comme la  Farfield Fondation.

L’agence de renseignement a estimé que la culture et la création théorique   étaient des armes  cruciales de l’arsenal mondial visant à perpétuer les intérêts américains dans le monde entier. Le document de recherche de 1985 qui a été  récemment publié, intitulé « France: la défection des intellectuels de gauche », examine-  sans doute pour la manipuler- l’intelligentsia française et le rôle fondamental dans l’ élaboration des tendances qui génèrent sa ligne politique. Le rapport, tout en suggérant que dans l’histoire de l’intelligentsia française il existe  un équilibre idéologique relatif entre la gauche et la droite, établit le monopole de la gauche au lendemain de la Seconde  Guerre mondiale – auquel comme  nous le savons , s’opposait furieusement  la CIA  à cause du rôle fondamental joué par les communistes dans la résistance au fascisme et ,qui finalement , avait permis de gagner la guerre. Bien que la droite ait été grandement discréditée en raison de sa contribution directe à  des camps de la mort nazis et leurs programmes xénophobes anti-égalitaires et fascistes (selon les termes de la CIA), les agents secrets anonymes qui ont écrit le brouillon du rapport résument avec une palpable   jubilation le retour de la droite à partir du début des années soixante – dix.

Plus précisément, les guerriers culturels clandestine applaudissent ce qu’ils voient comme un double mouvement qui a contribué a ce que les intellectuels détournent le centre de leurs critiquew des  États-Unis  et la dirigent vers  l’Union soviétique. A  gauche il y avait une désaffection progressive envers le stalinisme et le marxisme, un retrait progressif de l’intelligentsia radicale du débat public et un changement théorique loin du socialisme et du parti socialiste. Plus à droite, les opportunistes idéologiques que l’on appelle les nouveaux philosophes et intellectuels de la nouvelle droite ont lancé une campagne de dénigrement médiatique éhontée contre le marxisme.

Alors que d’ autres tentacules de l’organisation de l’espionnage se  consacraient dans le monde entier à renverser des gouvernements démocratiquement élus, de fournir des services de renseignement et de financement à des dictateurs fascistes et l’appui d’ escadrons de la mort d’extrême droite, l’équipe parisienne de la CIA  recueillait des informations sur le virage à droite  qui avait lieu dans le monde et qui bénéficiaient directement à  la politique étrangère des États – Unis .Les  intellectuels sympathisants de la gauche de la période d’ après – guerre avaient été ouvertement critique de l’ impérialisme américain. L’influence sur les médias qu’exerçait  la critique marxiste sans ambages de Jean Paul Sartre et son rôle notable , -en tant que fondateur de Liberation- lors de la divulgation de l’identité des responsables la CIA à Paris et des dizaines d’agents d’ infiltration a été suivie de près par l’Agence et considéré comme un problème grave.

En revanche, l’environnement anti-soviétique et anti-marxiste dans l’émergence du néo-libéralisme de l’époque  ont servi à détourner l’attention du public et ont fourni un excellent prétexte pour les guerres sales de la CIA,  « la difficulté de constituer une opposition radicale  significative des élites intellectuelles  aux politiques des États-Unis Amérique centrale, par exemple « . Greg Grandin, l’un des plus grands historiens de l’Amérique latine, a parfaitement résumé cette situation dans son livre The Last Massacre Colonial (Le dernier massacre colonial):

« En plus de réaliser des interventions notoirement  désastreuses et  meurtrières au Guatemala en 1954, en République dominicaine en 1965, au Chili en 1973 et El Salvador et au Nicaragua dans les années quatre-vingt, les Etats-Unis a fourni des ressources financières, matérielles et morales secrètes et continues  à des  forces terroristes et contre révolutionnaires […] Mais l’énormité des crimes de Staline a convaincu que ces histoires sordides,pour  convaincantes, rigoureuses et condamnables qu’elles soient, n’interféraient pas sur les fondements d’une vision du monde dans laquelle  le rôle exemplaire des États-Unis dans la défense de ce que  nous savons maintenant être la démocratie « ..

Tel est le contexte dans lequel  des mandarins camouflés encensaient et soutenaient  la critique incessante qu’une nouvelle génération d’anti – penseurs marxistes comme Bernard-Henri Lévy, André Glucksmann et Jean-François Revel déchaînait contre « la dernière cabale de savants communistes » (composé selon les  agents anonymes,par Sartre, Barthes, Lacan et Louis Althuser). Compte tenu du penchant   gauchiste  de ces anti-marxistes dans leurs jeunesse, ils constituérent le modèle idéal pour construire les récits fallacieux dans lesquels se mélangent  une évolution politique personnelle présumée avec le progrès continu du temps, comme si la vie individuelle et l’ histoire étaient tout simplement une question  « d’ évolution » et de reconnaîssance  que la transformation sociale égalitaire appartenait au passé, personnel et historique. Ce défaitisme condescendant et omniscient permet non seulement de discréditer les nouveaux mouvements, en particulier ceux dirigés par les jeunes, mais aussi de caractériser de manière incorrecte les succès relatifs de la répression contre – révolutionnaire comme une progression naturelle de l’ histoire.

Même les théoriciens qui n’étaient pas aussi  opposés au marxisme que pouvaient l’être ces intellectuels réactionnaires ont contribué de manière significative à l’ atmosphère de désenchantement de la révolution  égalitariste, à l’éloignement de la mobilisation sociale et à une  « question critique » dépourvue de vues radicales. Ceci est crucial pour comprendre la stratégie globale de la CIA dans ses amples , et puissantes initiatives pour démanteler la gauche culturelle en Europe et ailleurs. Reconnaissant la difficulté d’abolir complètement, l’organisation d’espionnage la plus puissante du monde a tenté de détourner  détourner la culture gauchiste des politiques anti- capitaliste résolues et de révolution et de les réorienter  vers le centre-gauche et les positions réformistes, moins ouvertement critiques contre  la politique intérieure et la politique étrangères  des États-Unis . En effet, comme  l’ a bien démontré Saunders, l’Agence a poursuivi les politiques du Congrès menées par McCarthy après la guerre afin de soutenir et de promouvoir des projets qui fasse dévier les producteurs et les consommateurs d’une ligne  résolument égalitaire. Amputant et discréditant cette dernière, il a également été oeuvré  à fragmenter la gauche en général, laissant ce qui restait  du centre-gauche avec un minimum d’ énergie et de soutien du public (et potentiellement discrédité en raison de leur complicité avec la politique du pouvoir, les droits de l’homme, une question qui continue à se propager comme la peste par les partis établis de la gauche)..

C’ est dans ce contexte que nous devons placer le fanatisme de l’Agence de renseignement pour les récits de conversion et sa profonde gratitude pour les « marxistes réformées », un leitmotiv qui traverse le rapport    de recherche sur les théoriciens français. « Au moment où le marxisme s’autodétruit , écrivent les agents infiltrés- ce sont les intellectuels convaincus prêts à encore plus d’efficacité  pour appliquer la théorie marxiste dans les sciences sociales, mais qui à la fin rejettent toute la tradition marxiste. » Ils citent en particulier l’énorme contribution apportée par l’école de l’historiographie des Annales et surtout le structuralisme de Claude Lévi-Strauss et Foucault à la « démolition critique de l’influence marxiste dans les sciences sociales ». Foucault, qu’ils appellent « le penseur français le plus profond et influent » est particulièrement applaudi pour ses louanges des intellectuels de la Nouvelle Droite, quand ils rappellent aux philosophes  « la théorie sociale rationaliste des Lumières et de l’époque révolutionnaire dix-huitième siècle a eu des conséquences sanglantes ». Bien qu’il serait erroné de jeter par dessus bord les politiques ou les effets politiques de l’ensemble  à partir d’une   position ou d’un résultat, le gauchisme anti-révolutionnaire de Foucault et sa perpétuation de chantage au Goulag- c’est-à-dire  l’affirmation selon laquelle les mouvements d’expansion radicaux qui cherchent une transformation sociale et culturelle profonde ressuscitent  les plus périlleuses des Traditions- sont parfaitement conformes aux stratégies globales de l’agence d’espionnage de la guerre psychologique.

L’interprétation par la CIA du travail théorique français devait servir à reconsidérer le look chic qui a accompagné une grande partie de sa réception par le monde anglophone. Selon une conception étatiste de l’ histoire progressive (qui reste généralement aveugle à sa téléologie implicite), le travail des figures comme Foucault, Derrida et d’ autres théoriciens français de l’ avant-garde souvent intuitivement associée à une critique profonde et sophistiquée qui va sans doute au – delà de toute relation avec le socialisme, le marxisme et les traditions anarchistes. Il ne fait aucun doute et cela devrait être souligné que la façon dont le monde anglophone a salué le travail des théoriciens français, comme l’a justement souligné John McCumber, avait des implications politiques importantes comme  centre de résistance à la fausse neutralité politique, les aspects techniques de la logique prudente et la langue, ou pur conformisme idéologique actif dans les traditions de la philosophie anglo-américaine soutenue par [sénateur] McCarthy. Cependant, les pratiques théoriques de ces chiffres qui ont tourné le dos à ce que Cornelius Castoriadis appelle la tradition de la critique radicale -le contre – capitaliste et anti – résistance impérialiste ont certainement contribué à l’ abandon idéologique de la politique de transformation. Selon la propre agence d’espionnage, les théoriciens post-marxistes  français ont contribué directement à la programmation culturelle de la CIA visant à convaincre la gauche de s’incliner vers la droite, tout en discréditant  l’ anti impérialisme et l’anti – capitalisme , ce qui crée un environnement intellectuel dans lequel leurs projets impérialistes pourraient se développer sans être gêné par un examen sérieux critique de l’intelligentsia.

Comme nous le savons grâce aux  recherches sur les programmes de guerre psychologique de la CIA, l’organisation n’a pas seulement observé et essayé de contraindre des personnes, mais a toujours essayé de comprendre et transformer les institutions de production et de distribution culturelle. En fait, son étude sur les théoriciens français a souligné le rôle structurel des universités, des éditeurs et des médias dans la formation et la consolidation d’une éthique politique collective. Dans les descriptions, qui comme le reste du document, devraient nous  inviter à une réflexion critique sur la situation scolaire actuelle du monde anglophone et ailleurs, les auteurs du rapport mettent en évidence la façon dont la précarisation du travail académique contribue à la destruction du gauchisme radical. Si les gauchistes croient que nous ne pouvons pas assurer les moyens matériels pour développer notre travail ou si nous sommes tenus plus ou moins subtilement à être conformistes pour l’ emploi, pour  publier nos écrits ou qu’ils aient  un public, des conditions structurelles qui permettent l’existence d’une communauté gauchiste déterminée sont affaiblis. Un autre outil utilisé à cette fin est la professionnalisation de l’ enseignement supérieur, qui vise à transformer les gens en technocientifiques intégrés  dans le système capitaliste, plutôt qu’en des citoyens autonomes avec des outils solvants pour la critique sociale. Les mandarines théoriciens de la CIA, par conséquent,appuyaient  les initiatives du gouvernement français de « mettre la pression sur les étudiants pour qu’ils s’orientent  vers  des études techniques et commerciales. » Ils notent également les contributions des grandes maisons d’édition telles que Grasset, les médias de communication de masse et la mode de la culture américaine pour obtenir une plateforme  – socialiste et anti-égalitariste .

Quelles leçons pouvons – nous tirer de ce rapport, en particulier dans le contexte politique dans lequel nous vivons aujourd’hui , avec son attaque continuelle contre  l’intelligentsia critique ?

Tout d’ abord, le rapport devrait nous servir à nous  rappeler  d’une façon convaincante que si quelqu’un suppose que les intellectuels n’ont pas de pouvoir et que nos orientations politiques sont sans importance, l’organisation qui  est devenue l’ un des agents les plus puissants dans le monde contemporain ne le voit pas ainsi. L’Agence centrale de renseignement, comme son nom l’ indique ironiquement, croit en la puissance de l’ intelligence et de la théorie, ce que nous devrions prendre très au sérieux. Assurer à tort que le travail intellectuel n’agit que  peu ou rien dans le « monde réel » , non seulement c’est mal interpréter les implications pratiques de travaux théoriques, mais nous courons le risque de fermer  les yeux sur des projets politiques qui peuvent facilement nous transformer enambassadeurs culturels involontaires. Bien qu’il soit vrai que l’État-nation et l’appareil culturel français ont fourni aux intellectuels une plate – forme publique beaucoup plus importante que beaucoup d’ autres pays, l’obsession de la CIA pour cartographier et manipuler  la production théorique et culturelle ailleurs devraient nous alerter tous comme la sonnerie d’un réveil.

Deuxièmement , les agents du pouvoir d’aujourd’hui sont particulièrement intéressés à entretenir  un intellectuel dont la vision critique est atténuée ou détruite par les institutions que parrainent les fondations  d’affaires et de la techno – i scientifiques, qui considèrent les différences gauche-droite politique comme du « non scientifique «  ,en  liant la science à  une neutralité politique  faussement alléguée-mais qui favorisent les médias saturent les ondes avec des talks conformistes , isolent les gauchistes convaincus des établissements universitaires et les projecteurs des médias et discréditent tout appel égalitarisme radical et l’écologie. Idéalement, essyaient  de cultiver une culture intellectuelle qui, si elle est à gauche,  est neutralisé, immobilisée, apathique et se montre satisfaite   avec une poignée de main ou une critique défaitiste ou passive de la gauche radicale mobilisés. C’est une raison pour laquelle on peut considérer l’ opposition intellectuelle gauchisme radicale, qui prédomine dans le monde universitaire américain comme  une position politique dangereuse:Si elle n’est   pas un complice direct de l’ordre du jour impérialiste de la CIA dans le monde entier?

En troisième lieu , pour contrer cette attaque institutionnelle sur la culture d’une gauche déterminée, il est impératif de résister à la précarisation et à la professionnalisation de l’ éducation. Tout aussi important est la création de sphères publiques qui permettent un véritable débat critique et offrent une large plate – forme pour ceux qui reconnaissent qu’un autre monde est non seulement possible, mais nécessaire. Nous devons aussi nous réunir pour contribuer à la création ou le développement des médias alternatifs, des différents modèles d’éducation, des institutions alternatives et des groupes radicaux. Il est essentiel de promouvoir précisément ce que les combattants culturels secrets  cherchent à détruire: Une culture du gauchisme radical dans un cadre  institutionnel,   un large soutien public, une influence médiatique plus ample et une grande puissance de mobilisation.

Enfin , les intellectuels du monde devraient s’unir pour reconnaître et assumer   notre pouvoir afin de faire tout notre possible pour développer une critique systémique et radicale qui sera aussi  égalitaire  et écologiques qu’anti – capitaliste et anti – impérialiste.

Les positions que certains défendent dans les amphis ou sont accessibles à un public important pour définir les termes du débat et marquent le champ des possibilités politiques. E n opposition directe à la stratégie culturelle de la fragmentation et de la polarisation de l’agence d’espionnage, à travers lequel elle a prétendu amputer et  isoler les anti – impérialiste et les anti – gauche capitalistes, nous devrions, alors que nous nous opposons aux positions réformistes, fédérer et mobiliser , en reconnaissant l’importance de travailler ensemble – toute la gauche comme recemment- Keeanga-Yamahtta nous a appelé à cultiver une intelligentsia vraiment critique.

Au lieu de colporter ou de regretter l’impuissance des intellectuels, nous devrions utiliser la capacité de dire la vérité pour pouvoir, travailler ensemble et mobiliser notre capacité à créer collectivement les conditions des institutions de gauchisme culturelles du monde. Parce que dans ce monde aussi, et dans  les chambres de résonance de  l’intelligence critique, il est possible que les vérités exprimées soient vraiment entendues et  que se produisent une évolution des structures de pouvoir .Traducido para Rebelión por Paco Muñoz de Bustillo

Nota:

[1] Secretario de Estado con el presidente Eisenhower entre 1953 y 1959.

(Tomado del Blog Cultura y Resistencia

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3 Commentaires

Publié par le avril 3, 2017 dans Uncategorized

 

3 réponses à “La CIA a étudié les théoriciens français: Comment démanteler la gauche culturelle Par Gabriel Rockhill

  1. idreks

    avril 3, 2017 at 7:53

    Nietzsche, qui n’était pas un penseur de l’égalitarisme, avait bien compris le rôle décisif de l’idéologie sur l’esprit des hommes lorsqu’il dit dans son livre, La généalogie des valeurs, que l’on ne peut préserver l’ascendant sur quelqu’un on exerçant sur lui la force, laquelle est par essence temporelle et improductive, mais on ayant prise sur sa volonté.

     
  2. Durand

    avril 3, 2017 at 9:24

    Quand la CIA infiltrait la culture…

     
  3. josephhokayem

    avril 3, 2017 at 6:00

    A reblogué ceci sur josephhokayem.

     

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