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Équateur. Lenin Moreno, le « thérapeute » du partage et de la solidarité par Cathy Dos Santos est élu

03 Avr

http://www.humanite.fr/equateur-lenin-moreno-le-therapeute-du-partage-et-de-la-solidarite-634144

Lenín Moreno Garcés est le nouveau président de l’ Equateur ,a annoncé le Conseil national électoral (CNE) de ce pays. Avec près de 95% des bulletins de vote comptabilisés, l eprésident et vice président de PAIS, Moreno-Glas, dépasse de 2,14% le  CREO, Lasso-Paez. Le résultat est officiel, la Révolution citoyenne a triomphé du  néo -libéralisme.

Dans la nuit du dimanche, le président de la CNE, Juan Pablo Pozo, Moreno a annoncé que le vainqueur, avec une avance de 211 000 859 votes jusqu’à présent. La partie victorieuse, Alianza PAIS, a célébré la victoire, tandis que Moreno a écrit sur son compte Twitter : « Merci aux millions d’Equatoriens qui nous ont soutenus. Aujourd’hui , la démocratie a gagné,  l’ Equateur a gagné  aujourd’hui. Je suis très excité, une explosion d’émotions dans mon cœur ».

Moreno a pour vice-président Jorge Glas, qui a tenu ce rôle sous le président Rafael Correa.

A travers une vidéo partagée a il y a quelques minutes Périscope , Juan Pablo Pozo a expliqué: « Nous présentons les résultats officiels pour le président et vice – président de la République de l’ Equateur. Nous avons un total de 38 mille 653 bulletin dépouillés sur   41 000 042, ce qui correspond à 94,18% « avec les résultats suivants: Le binomiale Lenín Moreno – Jorge Glas a 51,07%, soit quatre millions 833000 513 voix s et la binomiale Guillermo Lasso – Andrés Páez a 48,93%, soit quatre millions 621 mille 654 voix « .

lire la présentation du nouveau président dans cet article de l’humanité. (note de danielle Bleitrach)

CATHY DOS SANTOS
VENDREDI, 31 MARS, 2017
L’HUMANITÉ

Lenin Moreno plaide pour des structures économiques moins dépendantes de la rente pétrolière, face à un adversaire de droite arc-bouté contre l’État et les dépenses publiques. Rodrogo Buendia/AFP

Lenin Moreno plaide pour des structures économiques moins dépendantes de la rente pétrolière, face à un adversaire de droite arc-bouté contre l’État et les dépenses publiques. Rodrogo Buendia/AFP

Le candidat de la gauche affronte, dimanche, lors du second tour de la présidentielle, la droite néolibérale de l’ex-banquier Guillermo Lasso. Il entend inscrire son action dans le sillage de la « révolution citoyenne » de Rafael Correa. Portrait.

Lenin Moreno se raconte. Aujourd’hui âgé de 68 ans, il aime à rappeler qu’il a appris la solidarité auprès des siens, de ses parents plus exactement, lorsque, instituteurs au cœur de l’Amazonie équatorienne, ces derniers accueillaient dans leur foyer leurs élèves de condition si humble. À la fin des années 1960, il se frotte aux mouvements estudiantins. Il découvre le partage au sein des communautés indigènes, où il participe à un programme d’alphabétisation. Il rencontre le prêtre Leonidas Eduardo Proaño Villalba, l’une des figures de la théologie de la libération du pays andin. Puis, il rejoint le Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR) et rêve de transformer la société équatorienne, profondément meurtrie par le racisme et l’exclusion sociale. Enfin, en 1998, une agression à main armée va profondément bouleverser sa vie. Gravement blessé au dos, il devient tétraplégique. Cloué dans un fauteuil roulant, il remonte la pente grâce à « la bonne humeur, l’optimisme, la solidarité ». « À chaque fois que je les pratique, ils ont un effet analgésique », assure-t-il, allant même jusqu’à ériger l’humour en thérapie.

« Savoir où l’on va, c’est savoir d’où l’on vient »

Le 2 avril, Lenin Moreno se frotte à un autre défi. Le candidat de la coalition Alliance Pays (AP) entend succéder au président Rafael Correa. Il affronte dans les urnes l’ex-banquier Guillermo Lasso, après l’avoir largement devancé le 19 février dernier, avec 39,36 % des suffrages, frôlant de peu l’élection dès le premier tour. Lenin Moreno ne cesse d’interpeller les Équatoriens sur les deux visions du pays qui s’affrontent. « Une patrie de citoyens ou un pays où nous ne somme vus que comme des clients » ou encore « une société humaine et solidaire ou un pays gouverné par une élite économique qui ne comprend la santé que privatisée et la sécurité sociale » ravalée au rang de « zone franche » du marché, prévient-il.

« Savoir où l’on va, c’est savoir d’où l’on vient », insiste Lenin Moreno. Un scrutin sonne toujours l’heure des bilans. À l’occasion de ce treizième scrutin depuis la première victoire de la « révolution citoyenne », en 2006, l’aspirant aux plus hautes fonctions de l’État insiste sur le combat contre les inégalités sociales qui a sorti de la pauvreté 2 millions d’Équatoriens sur une population totale de 16 millions. Durant son mandat de vice-président (2007-2013), il a promu deux programmes sociaux – Manuela Espejo et Joaquín Gallegos Lara –, en direction des personnes souffrant de déficiences physiques et mentales, la reconnaissance sociale de ces personnes, des aides au logement et un statut pour les proches qui les soignent à la clé. Une loi contraint depuis les entreprises à embaucher des personnes handicapées. Un travail de reconnaissance et d’inclusion sociale qui a valu à Lenin Moreno de figurer parmi la liste des nominés au prix Nobel de la paix en 2012. La mission Manuela Espejo a depuis fait des émules en Haïti, au Honduras, au Chili…

Des détracteurs n’ont pas hésité, au contraire, à distiller l’idée selon laquelle le handicap physique de Lenin Moreno ne serait pas compatible avec la fonction de président, la journaliste Janeth Hinostroza le taxant même « d’invalide » au cours d’un programme télévisé. « Invalide ne veut pas dire incapable », se plaît à rétorquer le candidat d’Alliance Pays qui fut d’ailleurs l’envoyé spécial pour le handicap et l’accessibilité du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, en 2013.

Lenin Moreno plaide aujourd’hui pour un « plan de la vie » qui comprend, entre autres, un « programme agressif » de construction de plus de 300 000 logements sociaux. Il défend des structures économiques moins dépendantes de la rente pétrolière face à un adversaire de droite arc-bouté contre l’État, les impôts et les dépenses publiques. « Lenin Moreno est une grande chance (…)Regardez la télévision et voyez les grèves en Argentine et au Brésil (…) Ils veulent planter le drapeau yankee » en Amérique latine, a déclaré Diego Maradona, le célèbre footballeur argentin qui a apporté son soutien à la gauche équatorienne après les basculements de plusieurs nations progressistes dans l’escarcelle de la réaction conservatrice.

La gauche favorite

Quatre instituts de sondage s’accordent sur la victoire de la gauche. D’après Perfiles de Opinion, Lenin Moreno obtiendrait 57,6 % des suffrages, contre 42,4 % pour son adversaire, Guillermo Lasso. Pour Market, Alliance Pays totaliserait 52,1 % et Creo 47,9 %. CMS octroie à Moreno 52,3 % des voix, contre 47,7 % pour Lasso. Enfin, Cedatos prévoit un succès de l’ex-vice-président avec 52,4 % sur l’ex-banquier, crédité de 47,6 %.

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Publié par le avril 3, 2017 dans Uncategorized

 

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