RSS

La militarisation de la péninsule coréenne et du Japon sape la stabilité en Asie de l’Est

21 Mar

Résultat de recherche d'images pour "Corée du Nord et japon"

Le principal protagoniste de cette politique est aux États-Unis. Par ses provocations, Washington tente de déclencher un conflit et d’y impliquer non seulement la Corée du Nord, mais aussi la Chine.

A travers les pages du journal « Pravda », Sergei Kozhemyakin.

https://kprf.ru/international/capitalist/163145.html

10/03/2017

 

Les têtes de pont de Washington

 

Le fait que la région Asie-Pacifique, et en particulier l’Asie orientale, est l’une des principales orientations de la politique étrangère de la nouvelle administration américaine, était connu bien avant l’inauguration officielle de Donald Trump. Tout d’abord, l’équipe du futur président des États-Unis a envoyé un signal négatif à Beijing, en établissant des contacts avec les autorités de Taiwan. Ensuite Washington a fait clairement savoir qu’il n’allait pas abandonner l’alliance avec le Japon et la Corée du Sud. Les États-Unis ont commencé une militarisation à marche forcée de ces pays afin de consolider leur statut de « porte-avions insubmersibles » de Washington.

Le calendrier des réunions et visites de haut responsables américains est significatif. Le premier des leaders mondiaux qui ont rencontré Trump après son élection en tant que président, a été le Premier ministre du Japon Shinzo Abe. Cela s’est produit dès la mi-novembre. Le chef du gouvernement japonais n’a pas tardé à rendre une visite officielle, visitant les États-Unis en février. Lors de sa visite un certain nombre de déclarations importantes ont été faites. Selon Trump, Washington est « à 100 % dévolu à l’alliance avec le Japon», et n’a pas l’intention de réviser l’accord de coopération mutuelle et de garanties de sécurité conclu en 1960. Cet accord sur la défense collective, entre autres choses, autorise le séjour dans le pays d’un contingent de 54.000 soldats américains. En outre, comme l’a souligné Trump, l’accord est applicable aux îles Senkaku (Diaoyu). Et cela est un défi direct à la Chine, qui considère l’archipel comme une partie de son territoire.

En outre, Trump et Abe ont mis en garde Pékin contre une augmentation de son activité dans la mer de Chine méridionale, masquant à leur habitude cette ingérence par des larmes de crocodile sur la « violation de la liberté de navigation et de vol ». Quelques jours après ces déclarations, les porte-avions de l’US Navy a fait son entrée dans la zone. Son commandant, le contre-amiral James Kilby a déclaré de manière éhontée que le but de l’action était une « démonstration de force ».

Il est évident que sans la crise politique en Corée du Sud (le 9 décembre la Présidente Park Geun-hye a été déclarée destituée suite à des accusations de corruption), la direction du pays se serait également empressée de rendre hommage au patron transatlantique. Ainsi, Tokyo et Séoul, dans le système du  » monde à l’américaine » continuent d’occuper une place particulière, et la menace de Trump de réduire leur coût d’entretien était de la pure démagogie préélectorale.

 

C’est ce qu’on démontré les visites en Corée du Sud et au Japon du nouveau secrétaire à la Défense James Mattis, qui ont été ses premiers voyages à l’étranger. Le chef du Pentagone a réitéré les déclarations de Trump sur l’intangibilité de la coopération militaire et politique avec ces pays. Des mesures concrètes n’ont pas tardé à venir. Début février, dans la région d’Hawaii ont eu lieu des essais communs US-japonais de missiles intercepteurs SM-3. Simultanément les États-Unis ont disposé 10 nouveaux chasseurs F-35B sur la base d’Iwakuni, situé sur l’île de Honshu. Avant la fin de l’année y seront transférés les appareils du porte-avion nucléaire « Ronald Reagan » – une soixantaine d’avions.

Japon développe sa propre production militaire. Selon le programme adopté, chaque année il construira deux destroyers avec un déplacement de 3000 tonnes chacun. Le pays ne cache pas le fait que les nouveaux navires doivent patrouiller dans la mer de Chine orientale, autrement dit pour le « confinement » de la Chine

L’agresseur n’est pas celui qu’on pense

 

La militarisation en Corée du Sud est plus grande encore. Pour ce faire, ils ont trouvé une excuse commode : les missiles et le programme nucléaire de la RPDC. Les efforts occidentaux pour diaboliser Pyongyang ne furent pas vains: presque tout le monde répète les paroles sur le «régime nord-coréen agressif», qui soi-disant ne fait qu’attendre le bon moment pour lancer ses missiles nucléaires. A titre d’exemple, on cite le test de l’année dernière, ainsi que les tirs de missiles balistiques. Le dernier a eu lieu le 12 février, quand une fusée « Pukkykson-2 » (« Etoile polaire-2 ») a été lancée. La colère des États-Unis et de leurs alliés a été causée non seulement par le fait que le test a eu lieu au moment de la visite de Shinzo Abe à Washington, mais aussi des nouvelles capacités de la RPDC. Le missile a été lancé à partir d’une unité mobile et équipé d’un moteur à combustible solide, ce qui complique son interception par l’ennemi.

En réponse, contre le pays ont été imposées des sanctions sévères, y compris l’interdiction de l’importation de minéraux provenant de la Corée du Nord, l’embargo sur la fourniture de carburant d’aviation et même l’inspection de tous les biens entrant dans le pays. Malheureusement, la Russie s’y est ralliée, alors qu’elle souffre elle-même de restrictions injustes. Fin février, le ministère russe des Affaires étrangères a préparé un projet de décret présidentiel sur un nouveau durcissement des sanctions. Le document prévoit la fin de la coopération scientifique et technique avec Pyongyang, l’interdiction de la fourniture de cuivre, de nickel et d’autres métaux, et ainsi de suite.

En d’autres termes, Moscou a accepté les règles imposées. Seulement sont-elles justes? La politique envers la Corée du Nord est un exemple frappant de la stigmatisation, de l’anathème. La RPDC est stigmatisée à l’unanimité pour des péchés qu’elle n’a pas commis, et ceux qui crient le plus fort sont loin d’être des juges innocents de tous crimes. Depuis dix ans, ce pays n’a commis aucun acte d’agression, et tous les tests sont effectués sur son propre territoire. A la différence des États-Unis, qui ont transformé la Libye, l’Irak, l’Afghanistan, la Syrie et de nombreux autres Etats en polygones sanglants pour les armes américaines.

Pyongyang dit ouvertement que le programme de missiles et nucléaire sert à garantir la souveraineté du pays. Contrairement à une croyance populaire, la Corée du Nord ne brandit pas la « matraque nucléaire », et envisage la possibilité d’utiliser l’arsenal existant seulement en cas d’agression. Dans le même temps, la direction nord-coréenne n’exclut pas un gel complet de ces tests qui indisposent tellement l’Occident. Au VIIe Congrès du Parti des travailleurs de Corée, qui a eu lieu l’année dernière, l’éventualité d’un moratoire a été évoquée. En échange, Pyongyang ne demande qu’une chose : que cessent les exercices à grande échelle dans le voisinage de la ligne de démarcation.

 

Les manœuvres militaires régulières de Séoul et Washington sont un fait souvent négligé. C’est une grave erreur, parce qu’il ne s’agit pas en réalité de simples manœuvres. Il s’agit plutôt d’une mobilisation complète et une concentration de forces dans le voisinage immédiat du territoire de la RPDC. Par exemple, dans les manœuvres de l’année dernière  » Key Resolve » ont été impliqués 300.000 soldats coréens et 15.000 américains. D’autres exercices – « UlchiFreedom Guardian  » – ont dû rappeler à Pyongyang les jours terribles de la guerre de Corée: les militaires sont venus sur la péninsule de 9 pays – participants de la coalition pro-américaine de 1950-1953.

Pour comprendre la nature agressive de ces jeux de guerre il suffit d’énumérer les objectifs de l’entraînement : application d’une frappe nucléaire préventive sur la Corée du Nord, atterrissage et prise de Pyongyang, destruction de la direction nord-coréenne et, enfin, occupation complète du pays. En fait, plusieurs fois par an en Corée du Sud se tient une répétition générale pour une invasion du Nord. À cet égard, la position de la RPDC, dénonçant ces manœuvres comme une des principales raisons de l’escalade sur la péninsule, est tout à fait justifiée.

Ceux qui parlent de l’ « agressivité de Pyongyang » inversent délibérément les liens de cause à effet. En 2014-2015, la direction nord-coréenne a demandé à plusieurs reprises à Séoul de reprendre le dialogue de paix et de relancer le processus de création d’une Confédération coréenne unifiée, idée mise en avant déjà par Kim Il Sung. Cependant, le gouvernement droitier de Park Geun-hye a rejeté ces initiatives, admettant seulement une variante de réunification : l’absorption du Nord par le Sud suivant l’exemple de la RFA et de la RDA. Le contingent américain en Corée du Sud a été renforcé, les manœuvres conjointes ont pris encore plus d’ampleur. Ce n’est qu’après que Pyongyang a repris ses essais nucléaires et de missiles.

 

Provocations petites et grandes

 

La série actuelle de lancement de missiles a également été une réponse aux étapes ouvertement hostiles de Séoul et Washington. Le Ministère de la Défense de la Corée du Sud a annoncé un plan de « punition massive et de vengeance », selon lequel Pyongyang « sera transformé en cendres et disparaîtra de la carte » dès « le moindre signe d’utilisation d’armes nucléaires. » Les critères du «moindre signe » ne sont pas spécifiés dans le document. Cependant, Séoul a annoncé la création d’une unité spéciale pour la destruction physique de la direction politique et militaire de la Corée du Nord, y compris Kim Jong-un. Comme il est souligné, en cas d’ouverture des hostilités, cette tâche sera accomplie en premier lieu, quels que soit les «dommages collatéraux» parmi la population civile de la RPDC.

La nouvelle administration américaine s’exprime sur le même ton. Appelant la Corée du Nord « , une menace majeure pour la sécurité régionale et mondiale, » le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson a déclaré préparer une nouvelle stratégie dans ses relations avec Pyongyang. Selon lui, il faut considérer toutes les options, sans exclure l’utilisation de la force militaire contre la Corée du Nord. Il a été soutenu par le commandant des forces américaines en Corée du Sud Vincent Brooks, qui a appelé à renforcer les capacités de frappe sur l’Etat voisin. «La défense conventionnelle ici est insuffisante. Si nous ne pouvons pas tuer les archers, alors nous ne serons pas en mesure d’intercepter toutes les flèches « – a-t-il dit de manière imagée.

Dans ce contexte, la fourniture d’armes en Corée du Sud s’est fortement intensifiée. 24 hélicoptères d’attaque « Apache » ont été affectés à la base américaine à Suwon. Et 36 supplémentaires sont venus compléter la force aérienne du pays. Selon Séoul, les hélicoptères sont prévus pour être transférés aux îles de Yeonpyeong et Baengnyeongdo situées à 12 kilomètres de la côte nord-coréenne. On ne fait pas mieux comme provocation : après la fin de la guerre de Corée, la frontière maritime entre les deux pays n’a pas fait l’objet d’un accord, et Pyongyang conteste la propriété des îles.

En outre, au cours de la visite de Mattis a été confirmée la volonté des parties avant la fin de l’année d’installer le système anti missiles THAAD. Leur gestion sera effectuée exclusivement par les militaires américains, Séoul n’a même pas accès aux données du radar. Ainsi, la Corée et bientôt aussi le Japon seront connectés au système global de défense antimissile, créé par les États-Unis pour isoler la Chine, la Russie et l’Iran.

Mais cela ne représente qu’une partie du déroulement de la militarisation. Pour participer au lancement en mars aux exercices  » Key Resolve  » et « FoalEagle » sont amenées en Corée du Sud des armes stratégiques – sous-marins nucléaires, avions de combat F-22, bombardiers stratégiques, ainsi que toute une escadre menée par le porte-avions nucléaire « Carl Vinson ». Comme déjà indiqué à Washington et Séoul, les manœuvres actuelles sont d’une ampleur sans précédent. En outre, elles peuvent être une occasion pour installer les armes stratégiques en Corée du Sud sur une base permanente. Le chef des Joint Chiefs of Staff, Lee Sung-jin a déjà fait une demande en ce sens aux États-Unis.

En provoquant la réaction de la RPDC, Washington cherche à renforcer sa position dans la région. Dans ce contexte, la mort très mystérieuse de Kim Jong-nam mérite une attention particulière. Le demi-frère de l’actuel leader de la Corée du Nord, cependant, a vécu pendant de nombreuses années à l’extérieur du pays, menant une vie plutôt dissolue et gagnant sa vie par des «révélations» sur le régime nord-coréen. Et 16 ans après son départ de RPDC, Kim Jong-nam est tué dans une attaque à l’aéroport de Kuala Lumpur (Malaisie).

La question se pose: à qui cela profite? Certainement pas à la direction nord-coréenne, qui subit déjà une pression extrême depuis de nombreuses années. Mais les forces qui sont intéressées par  déstabilisation de l’Asie de l’Est, ont avec l’assassinat de Kim Jong-nam une occasion en or pour de nouvelles attaques contre Pyongyang. Est-il étonnant que, immédiatement après les premiers rapports sur l’attentat, Séoul par la bouche du Président par intérim Hwan Ahnkyo ait désigné la RPDC comme coupable et exhorté à punir sévèrement un «Etat terroriste»? Ce qui ressemble à une provocation délibérée est la version officielle, selon laquelle Kim Jong-nam a été tué par le poison violent le VX, condamné par la Convention sur l’interdiction des armes chimiques. Maintenant, la Corée du Nord va certainement être accusée non seulement d’assassiner, mais aussi d’utiliser des armes chimiques. Il est clair que ces événements font partie d’un scénario plus grand sur la déstabilisation de la situation dans la région. Et la Corée du Nord n’est pas la seule cible.

 

Traduit par Marianne Dunlop pour Histoire et Société

Advertisements
 
2 Commentaires

Publié par le mars 21, 2017 dans Uncategorized

 

2 réponses à “La militarisation de la péninsule coréenne et du Japon sape la stabilité en Asie de l’Est

  1. etoile rouge

    mars 22, 2017 at 1:15

    GOEBBELS AMERICA ; plus le mensonge est gros plus il a de chances d’être cru.

     
  2. etoile rouge

    mars 22, 2017 at 1:31

    Le gouvernement capitaliste de POUTINE s’il souffre des menées des capitalistes US est capable de s’unir comme tout bon réactionnaire contre un gouvernement ,avec ses ennemis d’hier ou d’aujourd’hui,celui de Corée du Nord qui n’est pas capitaliste. Les rois se combattent mais s’allient contre leurs paysans si ceux-ci les contestent

     

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :