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Pourquoi les millionnaires de la Silicon Valley se préparent à la fin du monde

28 Fév

 je ne sais pas si cet article correspond à une réalité quelconque ou si ces gens sont tellement gorgés et tarés qu’ils s’amusent simplement à se faire peur tandis que d’autres se débattent dans les pires difficultés, mais ce qui est sûr c’est que si c’est ça l’intelligence de la haute technologie, nous sommes bien dans la contradiction entre développement des forces productives et rapport de production. Ces derniers (l’accumulation du profit capitaliste) paraissent totalement incapables d’assumer ce développement autrement que d’une manière destructrice et disons-le fascisante… Ce que « la dialectique de la raison » dénonçait déjà à propos de la barbarie nazie: comment se fait-il que l’invention technologique qui devrait libérer les hommes de la maladie, de la famine, des travaux pénibles débouche sur la barbarie? (note de danielle Bleitrach)

Pourquoi les millionnaires de la Silicon Valley se préparent à la fin du monde
« The Walking Dead », saison 6 de la série TV (AMC-Frank Darabont et Robert Kirkman)

Le survivalisme se répand parmi les millionnaires de la technologie.

Puisque la catastrophe se profile à l’horizon, il faut d’ores et déjà s’organiser pour survivre…

Ceux qui s’y préparent s’appellent les survivalistes. Mais le survivalisme n’est plus seulement l’apanage de quelques illuminés qui vivent en treillis au fond des bois, il est devenu courant parmi les dirigeants de la Silicon Valley et les grands investisseurs du numérique. C’est ce que raconte avec force précision un grand papier du New Yorker, qui donne envie à la fois de rire et de pleurer.

Armes à feu ou flèches et arc

Steve Huffman, 33 ans, cofondateur de Reddit (une sorte de vaste forum estimé à 600 million de dollars), s’est fait opérer des yeux parce qu’en cas de désastre, il veut augmenter ses chances de survie sans lunettes ou lentilles de contact. Chez lui, il a des motos, des armes, des munitions, de la nourriture stockée. “De quoi voir venir un bon moment”, explique-t-il. Un ancien haut cadre de Facebook, lui, s’est acheté quelques hectares boisés sur une île du Pacifique Nord où il a installé générateurs, panneaux solaires, et un tas de munitions. Pas trop loin de zones habitées, parce qu’il a une théorie : on ne pourra pas survivre seul, il faudra former une milice locale.

Un dirigeant d’une entreprise numérique préfère ne pas avoir recours aux armes à feu, il prend des cours de tir à l’arc. Un autre, à la tête d’un fonds d’investissement, a un hélicoptère avec un réservoir plein, toujours prêt à décoller, et a fait construire un bunker, équipé d’un système de filtrage de l’air. Et il affirme que beaucoup de ses amis font de même. Certains se contentent de s’acheter des maisons dans diverses parties du monde, au cas où. Le lieu de repli très prisé : la Nouvelle-Zélande.

Un phénomène marginal ? Pas tant que ça, manifestement. L’un de ces néo-survivalistes estime que la moitié au moins des millionnaires de la Silicon Valley se prépare, chacun à sa manière. Mais c’est difficile à évaluer. La plupart préfère ne pas en parler, pour la simple raison que, le jour du dernier jour, ils ne veulent pas voir débarquer tous leurs voisins.

« On vit sur une très fine couche de glace »

La question, évidemment, est : pourquoi ce phénomène touche-t-il plus particulièrement ces très riches de la Silicon Valley ? J’ai plein de réponses à vous proposer, pour une fois.

L’un de ces survivalistes high tech livre une hypothèse : “Les gens les plus au courant des leviers qui activent la société comprennent qu’on vit en ce moment sur une très fine couche de glace.” Par exemple, eux plus que les autres savent à quel point nous sommes dépendants des technologies (l’acheminement des denrées par exemple) et combien les technologies sont faillibles (sensibles aux attaques). C’est moyen rassurant.

Mais il y a une hypothèse conjointe : certains craignent un effet backlash des torts que la Silicon Valley a causés à la société américaine dans son ensemble. En gros, ces gens se sont enrichis en automatisant le travail, en reléguant des pans de l’industrie dans l’Histoire, ils craignent une rébellion contre eux (où l’on s’aperçoit que dans leur esprit, la catastrophe n’est pas forcément naturelle, elle peut être aussi humaine…).

Utopies et dystopies

Parmi les autres hypothèses, il y a les imaginaires. D’une part, l’idée survivaliste est à l’œuvre depuis longtemps dans l’imaginaire américain. Il l’est encore plus dans la Silicon Valley, où le libertarisme à l’œuvre est aussi une célébration de l’auto-suffisance (on est content d’aider les autres quand on peut, mais on compte d’abord sur soi). Et puis il y a les films (“Deep Impact”, “Le Jour d’après”…), les séries (“The Walking Dead”…).

Tout ça activé par le fait que ces gens de la Silicon Valley passent leur temps à imaginer l’avenir – c’est ça le mantra et la réussite de la Silicon Valley, imaginer le monde de demain – et donc dans cette projection, il y a les utopies, mais aussi les dystopies. D’ailleurs, chacun semble osciller entre les unes et les autres. Alors pourquoi faire le choix de se préparer à l’avenir le plus noir ?

Et si tout ne tenait pas à l’argent ? D’abord parce que ces gens ont tellement d’argent que, même si la catastrophe est une hypothèse statistiquement faible, ça ne leur coûte rien de s’y préparer (avoir des maisons partout et un hélicoptère toujours prêt par exemple). En un sens, ils font donc un calcul rationnel. Mais il y a quelque chose de plus profond. Ces gens ont tellement d’argent que, eu égard au fonctionnement de la société américaine, ils ont tout, ils sont parés à tout. Il faut donc s’inventer une angoisse supérieure, un but ultime.

Au vu de tout ça, la seule question me semble-t-il : en cas de fin du monde, ne faut-il pas mieux crever que devoir survivre avec tous ces tarés ?

Retrouvez les podcasts de l’émission via iTunes ou en RSS.

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2 Commentaires

Publié par le février 28, 2017 dans Uncategorized

 

2 réponses à “Pourquoi les millionnaires de la Silicon Valley se préparent à la fin du monde

  1. jehaisles cookies

    février 28, 2017 at 10:43

    il y a aussi un fait psychologique général : plus on a, et plus on est en sécurité, plus on a peur de perdre !
    Les voyageurs ont tous remarqué que les peuples pauvres pratiquent l’hospitalité avec plus de générosité, que les riches. Remarquez que les gens de maintenant sont obsédés par la « sécurité », et sont persuadés que la « délinquance » augmente, alors que c’est le contraire, que l’on se souvienne du XIXème siècle, ou simplement du paris de 1900 dans les années 60 il n’y avait pas un bulletin d’information qui n’annonçait pas un hold-up quelque part, les enfants se battaient entre eux dans les rues, sans qu’une armée de psy, de flics, de journalistes ne s’abattent sur eux épouvantés. C’est le regard du public qui a changé. Pareil pour la sécurité routière, si on cherche les statistiques on s’aperçoit que depuis 1970, le nombre de morts par km/voiture parcourus a été dans notre pays divisé par …. 9 ! entend-t-on le gouvernement s’en féliciter ? ou féliciter les automobilistes ? non ! au contraire, il n’a jamais été aussi hystérique ! et maintenant on appelle le simple fait de conduire comme de la « violence » routière ! et les automobilistes comme autant de criminels en puissance !

     
    • Pedrito

      février 28, 2017 at 11:56

      Effectivement, à lire jehaisles cookies;, me reviennent en mémoire entre autres les propos de mes parents, nés en 1906, mariés dans les années 30, voyage de noces à Paris depuis leur Gascogne natale. Je suis né en 39, et dans mon enfance je les ai souvent entendus raconter les peurs qu’ils avaient connues dans certains quartiers de Paris, où bandes et pègres diverses faisaient régner la terreur.
      Pas grand chose de nouveau de ce côté là aujourd’hui.
      Pour ma part, au collège de Mirande -GERS- où j’étais interne, dans les années 50/57, quelques caïds dictaient leur loi et leur terreur, et les bagarres au couteau ne se passaient pas qu’au cinéma: jusqu’à la porte de l’appartement du Principal, même les pions n’étaient pas toujours les maîtres.
      Mais nous étions les seuls témoins! Pas de photo, pas de télé, pas de journalistes……En toute discrétion, la violence était reine.

       

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