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Quand j’analyserai le film le premier maître, il ne faudra pas oublier ce qu’a été la guerre civile dont il revient…

27 Fév

 

 

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Quand je vais analyse le premier maître, cette histoire d’un soldat revenu du Front qui va jusque dans les confins de l’URSS, en Khirghizie incarner le pouvoir soviétique, celui qui représente le parti, l’éducation, la lutte contre le riche propriétaire féodal et la libération des femmes. Il revient de la guerre civile… Mais voilà ce que j’ai lu hier devant la mer sur cette guerre civile, la première véritable expérience de combat de Joukov (1)
La guerre civile russe a été une expérience extrême dit l’auteur de Joukov, l’homme qui a vaincu Hitler. Elle aura marqué Joukov bien plus que la Première guerre mondiale. Sur les deux années 1915 et 1916 passées au 10 e des dragons, il ne s’est battu réellement que 5 semaines, trente cinq jours de patrouille et de découvertte. En revanche, entre le 1 er octobre et l’automne 1921, il reste dix-neuf mois à cheval au sein de la RKKA, six mois contre les blancs, treize mois contre les paysans, déduction faite de ses temps de formation et de convalescence. Son expérience militaire la plus forte est donc celle de la guerre civile et, à l’intérieur de celle-ci, pour la moitié du temps la lutte anti-insurrectionnelle, alors que ces futurs alliés anglo-saxons, auront essentiellement connu la guerre des tranchées. Il est nécessaire de s’arrêter sur sur les caractéristiques de ce conflit qui s’étend sur quarante neuf mois, durée supérieure à la présence de la Russie parmi les belligérants de la Première guerre mondiale. le nombre des victimes de la guerre civile est estimé à 10 millions- terreur, famines et épidémies inclues-, cinq à six fois plus que les 1,8 millions de tués civils et militaires des années 1914-1917.
La première caractéristique de la guerre civile russe est sa barbarie. (…) Que Joukov n’ai jamais été un tendre, ressemblant en cela à sa mère, ne fait aucun doute. Mais comment n’aurait-il pas été reconditionné en profondeur par la guerre civile, immense enchaînement de cruauté qui a terrifié et désespéré Gorki? « Les cosaques du Baïkal, relève-t-il, apprenaient au jeunes gens le maniement du sabre sur les prionniers. Dans la province de Tambov, on clouait sur des arbres les communistes par la main et le pied gauches et l’on observait les souffrances de ces hommes anormalement crucifiés. Du ventre ouvert d’u prisonnier on retorait l’intestin gfrèle que l’on clouait à un arbre ou à un poteau télépgraphique, on frappait l’homme pour l’obliger à courir autour de l’arbre et l’on regardait l’intestin se dérouler hors de la blessure. On déshabilliait entièrement un officier prionnier, on lui arrachaitt des épaules des morceaux de peau en forme d’épaulette, à la place des étoiles on enfonçait des clous et l’on trçait en arrachant la peau la ligne du baudrier et des passepoils et cela s’appelait ‘habiller l’uniforme’ (…° Quels sqont les plus cruels, les blancs ou les rouges? Ils le sont autant probablement, car les uns et les autres sont russes. Au reste à cette question de degré dans la cruauté, l’histoire répond très nettement: le plus actif est le plus cruel » (2)

Ce sont Trotski et Lénine qui décident de prendre toutes les mesures nécessaires pour que tous les fonctionnaires soviétiques soient au combat. « Les mobilisés sont responsables les uns pour les autres et leurs familles sont considérées comme des otages en cas de désertion ou de non exécution des tâches. Trotski adresse le 24 novembre 1918, l’ordre suivant:
1- Tout gredin qui incitera au recul, à la désertion, à la non exécution d’un ordre, sera fusillé.
2- Tout soldat abandonnant son poste sans autorisation sera fusillé.
3-Tourt soldat qui abandonne son fusil ou vend une partie des munitions sera fusillé.
4- Derrière chaque ligne de front, des unités de barrage intercepteront les déserteurs. Tout soldat qui tentera de leur résister sera fusillé sur place.

Les unités de barrage, qui dès cette époque avaient ordre de mitrailler ceux qui reculaient, dont l’invention a été attribuée à Staline ont en fait été créées par Trotski durant la guerre civile. Ceci pour correspondra à ce que j’ai toujours pensé à savoir que Staline et Lénine dans les mêmes circonstances agissaient de la même manière

Ce n’est pas par goût de l’horreur que j’ai résumé ici ce que dit l’auteur et la citation terrible de Gorki, mais pour que l’on mesure bien que sont devenus les individus qui sont sortis de ce combat et de ceux aussi atroces de la seonde guerre mondiale ? Des hommes mais aussi des femmes…

Comment pouvons-nous nous ériger en juges de ce qu’ils ont accompli ? Nous chantons « A l’appel du grand lénine », nous voyons des drapeaux qui flottent, mais ce peuple qui avait subi le quasi servage, les famines, les épidémies séculaires, les coups… portait un idéal de connaissances, le culte du savoir, d’un monde égalitaire… Et il faut aussi savoir que cette armée fut également une école où le soldat russe à 61 % analphabète a appris à lire et à écrire et les rudiments du marxisme…Il faut aussi mesurer que toute l’économie est mise au service de cette guerre et de l’armée, quitte à ce que sous l’influence des SR, cela engendre de terribles révolutes paysannes.

Quand je commenterai le premier maître, il faudra que je me souvienne de qui était cet instituteur qui revanait du front et dans lequel les critiques français ont vu un rustre, un imbécile…Mais jamais je n’oublierai qu’ils m’ont sauvé à Stalingrad et que leur lutte inhumaine a permis la révolte d’autres peuples et même que le capital de crainte de la contagion nous accorde ce qu’il prétend nous enlever aujourd’hui…

danielle Bleitrach

(1) Jean Lopez et Lasha Otkhmézuri, Joukov, l’homme qui a vaincu Hitler, Perrin, 2016;

() gorki lénine et le paysanrusse, paris gallimard

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2 Commentaires

Publié par le février 27, 2017 dans Uncategorized

 

2 réponses à “Quand j’analyserai le film le premier maître, il ne faudra pas oublier ce qu’a été la guerre civile dont il revient…

  1. hf

    février 28, 2017 at 6:37

    Tu as raison d’insister sur la période de la guerre civile et du « communisme de guerre » mis en place par le nouveau pouvoir soviétique. Si ma mémoire est bonne Moshé Lewin y voit une matrice vers laquelle Staline se tournera au sortir de la NEP.

     
  2. histoireetsociete

    février 28, 2017 at 7:44

    oui c’est en tous les cas la matrice de la Résistance dans la deuxième guerre mondiale… je veux que l’on mesure ce qu’ont dî accomplir de surhumain, de monstrueux parfois ce peuple pour sortir du servage… Il faut aussi mesurer deux choses, la première la conception que Nicolas II avait de son peuple, une cécité incroyable, un mépris…Mais aussi comment des individus se sont glissés dans les quelques réformes pour acquérir savoir et compétences… La seconde a été la manière dont les armées étrangères alliés à peine sorties de la première guerre mondiale sont venus donner un coup de main pour abattre le nouveau pouvoir bolchevique qui a du tout rassembler autour de la défense de son territoire immense, sa conquête quitte à mécontenter la paysannerie à qui l’on confisquait de quoi nourrie l’armée… les SR, socialistes révolutionnaires alliés des tsaristes les harcelant (c’est une SR fanny kaplan qui tuera lénine).
    Il faut mesurer à quel point tous les progrès du XXe siècxle, tous les acquis sociaux se sont adossés à cette double tragédie, celle de la guerre civile et celle de la deuxième guerre mondaile…Paradoxalement c’est ce qui me fait comprendre des gens à qui tout m’oppose comme le cinéaste Sokourov quand il se moque des Français qui ont inventé une ridicule Marianne, ont infligé Napoléon qui a pillé tous les pays pour créer le Louvre… Il décrit l’horreur du siège de leningrad, le cannibalisme y compris…
    Dans le fond c’est ça que j’ai en commun avec l’URSS, pas seulement la lutte contre le nazisme, mais ce qu’elle impose à savoir le cannibalisme des camps comme celui de ce terribler siège… je trouve minable, ridicule cette manière de juger et de prétendre en finir avec le capitalisme à la mode des crétins qui jouent aux présiddentielles aujourd’hui… ils ignorent tout de l’ennemi, leur seul combat a été sur des plateaux de télévision et ils s’érigent en donneur de leçon…
    Je crois que dans le philosémitisme,de Poutine, comme d’ailleurs dans l’antisémitisme d’autres russes, il y a cette horreur commune de savoir ce qu’est l’humanité quand elle en arrive à toucher aux intérêts de classe et c’est pour cela que le slogan « l’humain d’abord » m’est toujours apparu de la foutaise pour combattre la bête immonde qui surgit du ventre toujours fécond. Je ne rêve que d’un chose, que cette horreur soit éliminée en douceur, que l’on empêche la guerre, mais je me dis aussi que ce qui aurait permis pour des tas de peuple le passage plus ou moins pacifique au socialisme a été détruit avec la chute de l’uRSS.

     

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