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Pour les Marseillais, ne ratez pas de vrais féministes qui nous viennent d’Asie hier et aujourd’hui…

23 Fév

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Ce Dimanche 26 février 2017, j’ai, comme les autres marseillais, la chance de pouvoir voir The Woman in the Rumour de Kenji Mizoguchi – 1954. Une seule séance au César, place Castellane à 17 h 50. Je n’ai jamais vu ce film et il s’agit d’une version restaurée, mais j’aime passionnément ce cinéaste. Et le cinéma pour moi on l’aura compris c’est comme et plus encore que d’autre formes d’art une clé pour le passé, le présent et l’avenir.

Lors d’un débat récent à Montreuil autour de mon livre Bertolt Brecht et Fritz Lang, le nazisme n’a jamais été éradiqué j’ai tenté d’expliquer que le cinéma était la subjectivité d’une époque qui par son caractère artistique reflète l’air d’une époque et la transcende, nous fait aussi accéder à un noyau de vérité(1).

Dans ce livre, il y a une post-face dans lequel j’explique la relation entre le cinéma, ce subjectivisme historique et ma propre autobiographie. Au point que souvent des images de film dans les instants traumatiques se substituent à ma propre mémoire qui n’ose pas s’affronter à la réalité d’un vécu qui se dérobe. Dans cette postface, je suis ainsi la petite fille victime du sadique dans M le Maudit et je suis aussi aujourd’hui la femme qui se suicide en plongeant dans les eaux calmes d’un lac, un abandon de ce que j’ai été pour accomplir un travail d’anamnèse, l’histoire de la plainte du patient qui permet d’établir un diagnostic. Le choix de cette héroïne de Mizoguchi n’est certainement pas de l’ordre du hasard. Il y a une extraordinaire pudeur dans la beauté et le raffinement avec lesquels ce grand cinéaste communiste et féministe affronte les souffrances humaines. Un apaisement malgré la violence de ce qu’il décrit.

Il y a un autre film que je vous conseille de ne pas rater et qui joue dans le même cinéma c’est Madame B, histoire d’une Nord Coréenne. J’ai eu la chance de voir ce film avec ma fille Djaouida qui elle aussi a connu le périple de l’émigration depuis l’Algérie, elle aussi s’inquiète pour ses fils et elle m’a dit « Là-bas c’est encore pire que chez nous en Algérie. Enfin je dis ça parce que je ne suis pas habituée à leur vie, mais peut-être qu’ils trouveraient celle de notre Algérie pire encore que la leur… Quel chemin ils doivent faire pour retourner au point de départ, simplement parce qu’il y a une frontière au milieu… Pourquoi c’est comme ça? Mais de toute façon nous les femmes on exige plus de nous que de n’importe qui et c’est nous par amour de nos enfants qui subissons tous les malheurs… » Djaouida ne connaît rien au cinéma, l’idée même d’être cinéphile ne l’a jamais effleurée et pourtant je ne connais pas de meilleurs résumé que celui qu’elle m’a fait. Elle a ajouté à quel point elle avait été heureuse de voir ce film avec moi, c’était comme si elle avait voyagé à mes côtés en oubliant tout en y pensant encore d’une autre manière.

Danielle Bleitrach

(1) Danielle Bleitrach et Richard Gehrke, avec la collaboration de Nicole Amphoux, Bertolt Brecht et Fritz Lang, le nazisme n’a jamais été éradiqué, éditions Lettmotif. 2015

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Publié par le février 23, 2017 dans Uncategorized

 

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