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Un baromètre poétique de l’histoire: Marlen Khoutsiev, retrospective à la cinémathèque du 10 au 28 mai

21 Fév

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L’activité de Marlen Khoutsiev , né à Tiblissi (Géorgie) en 1925, commence en 1956, donc avec ce qu’on appelle la « déstalinisation » et dont j’ai commencé à dire le 11 février au séminaire de Jean Salem à quel point elle avait été totalement ratée, une faute politique. Et Marlen Khoutsiev, sa filmographie (dix films seulement en 50 ans) en est à sa manière l’illustration. Son prénom, acronyme de Marx et Lénine et sa biographie: douze ans quand son père disparait, un vieux bolchevique, victime des purges de 1937, seize ans quand éclate la guerre à laquelle à laquelle malade, il ne peut participer, son premier films réalisé l’année dite du « rapport Khroutchev » sur le culte de la personnalité. Ses deux premiers films tournés à Odessa une vision critique de la reconstruction du civisme après la victoire. C’est à Moscou qu’il réalise son film le plus célèbre en 1961-62: Le faubourg d’Ilytch, film phare sur les attentes de la jeunesse et les questions morales qu’elle se pose. Le tournage en extérieur, un rythme qui fait songer à la dolce vita témoigne d’une nouvelle période du cinéma soviétique où l’influence du cinéma italien est forte.

En 1963, Nikita Khrouchtchev, qui est beaucoup plus rustre et répressif que ce qu’on ne l’imagine et dont on ne dit pas à quel point il a largement participé à ce qu’il dénonce et comment il poursuit…  lance un oukaze contre la peinture abstraite et critique les intellectuels qui prétendent pourtant donner du corps à sa dénonciation, s’acharne publiquement sur Le faubourg d’Ilytch, en déclarant que les « jeunes qu’il montre sont « moralement infirmes, dépourvus d’idéaux », leurs pères n’ont pas de voies à leur montrer et affirme « Non, la société ne peut pas se fier à de tels personnages ». Khoutsiev est obligé de retourner le film et le remonter dans une version – qu’il assume- sous le titre « j’ai vingt ans », après la chute de Khrouchtchev, il ne sera restauré dans sa première version qu’en 1988.

En fait Khoutsiev et son héros croient bien au socialisme, ils s’opposent aux cyniques (joué par Andrei Tartkovski), aux égoïstes, aux délateurs. Il énumère les choses qu’il prend au sérieux: « La Révolution, l’internationale, l’année 1937 et ses purges, la guerre, les soldats, le fait que presque aucun d’entre nous n’a de père ». Le sien est tombé au combat, et un peu plus tard, le dialogue entre le fils de 23 ans  et le père mort à 21 ans, est un des grands moments polémiques et poétiques du Faubourg d’llytch.

C’est Bernard Eisenchitz qui nous présente ces films, il interrogera Marlen Khoutsiev et cela se passera à la cinémathèque de Paris du 10 au 28 mai.

Je ne raterai certainement pas cet événement. Ceci me permet également de vous dire deux mots sur la bonheur vécu lors de ce séjour parisien, d’abord le séminaire de Jean Salem à la Sorbonne autour de notre présentation à Marianne et moi. Je pense qu’il y aura une vidéo qui permettra aux lecteurs de ce blog de participer à cette rencontre. Déjà, ils étaient nombreux dans cet amphithéâtre. Le dimanche 20 février à Montreuil, il y a eu une séance d’échange que j’ai trouvé passionnante autour de la représentation du nazisme dans le film de Brecht et Lang, les Bourreaux meurent aussi et la présentation de mon livre. Pas une conférence, un échange avec des spectateurs attentifs et cinéphiles. Ce long séjour, toutes les rencontres, il y a eu une sorte de perfection dans ce séjour, peut-être parce que j’ai pu retrouver les plaisirs fondamentaux de ma vie: des journées entières passées à la cinémathèque, les films vus et revus dans des box individuels et après un travail sur la presse et les livres… Je n’ai pas écouté les actualités, je me suis totalement désintéressée de cette campagne, je n’ai aucune tentation d’alimenter ce blog. Pourtant jamais l’histoire et la politique dans sa « poétique »n’ont été plus présentes. Je sais ce qui me rend heureuse parce que cela me lave des miasmes du moment, de ces querelles et ragots sans intérêt pour mieux où comme dans un film de Khoutsiev retrouver grâce à la magie du cinéma la façon dont nous avons vécu, parlé les uns avec les autres, au hasard d’une rencontre avec un inconnu ou quelqu’un que nous imaginions connaître.

Je vais recommencer le plus souvent possible et je pense que ce blog va refléter ces nouvelles exigences et s’échapper des contingences d’un temps sans perspective.

DANIELLE BLEITRACH

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Publié par le février 21, 2017 dans Uncategorized

 

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