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Un temps de réflexion nécessaire…

04 Fév
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J’en ai assez que nous soyons soumis à la social démocratie qui fait eau de toutes parts. Je n’ai pas selon l’expression de jadis la « haine sacrée de la social démocratie », mais je suis convaincue que l’on ne peut pas continuer à être soumis à ses analyses, à ses jeux politiciens face à la situation qui est celle de millions de gens dans notre pays. C’est vrai sur le plan politique mais ça l’est tout autant sur le plan intellectuel, sur la manière dont se constitue une doxa médiatique, dont s’organise l’étouffement de la recherche.

Il y a une telle distance entre ce que vit une majorité de la population et pas seulement les plus pauvres et le jeu politique que cela en devient indécent, cette campagne en est la preuve. La droite est ce qu’elle est et jamais ces messieurs du château ne sont apparus aussi autistes, méprisants, qu’à travers cette caricature.  Un Fillon poursuivant de  ses exigences le petit peuple, le pressurant selon la logique de sa classe et affichant son indulgence pour les siens et pour lui-même. Grâce à lui, les institutions apparaissent pour ce qu’elles sont et plus il affirme être dans la légalité plus celle-ci devient suspecte. Il n’est que l’illustration d’une expérience qui ne cesse de se répéter et qui sape la légitimité d’une classe dominante. C’est une bonne chose.

Qu’une partie de la social-démocratie relayée par toute la presse, les médias, « les élites » face à cela ne trouve rien d’autre à faire qu’à nous créer un clone libéral libertaire du premier en la personne d’un Macron est déjà en soi une démonstration. Mais que toujours cette social-démocratie se soit donné comme objectif de clouer au sol les communistes à travers les deux figures de sa propre impuissance, la radicalité d’un Mélenchon, l’homme du mouvement électoraliste, destructeur du parti révolutionnaire et l’autre,Hamon, la figure de la radicalité rocardienne, celle des gadgets autogestionnaires et d’une rupture du capitalisme avec lui-même dans la catégorie de l’invention sociologique.

Cette social-démocratie éclatée, telle un miroir brisé reste occupée à étouffer toute possibilité révolutionnaire et elle agit selon le seul modèle qu’elle connaisse, celui des tendances, du congrès comme fausse démocratie et vraie accoucheuse du capital par temps de crise. Je ne suis pas ennemie des alliances, d’un Front populaire, mais il y faut un parti révolutionnaire pour éviter cet effet de dispersion pour mieux sauver le capital sous couvert de jeux démocratiques stériles. Si le capital se sent menacé il lui restera toujours le loisir de l’extrême-droite jusqu’ici repoussoir mais de plus en plus éclaireur.

Qu’est-ce qui crée cette soumission des communistes à la social-démocratie ? Y compris quand comme aujourd’hui elle est là où elle en est ? Au point de ne plus être même capable de présenter un candidat et d’avoir une stratégie délirante actuellement en train de paraitre osciller entre Hamon et Mélenchon ? Pourquoi en sommes-nous là? Certes cette direction peut-être incriminée mais qu’il y ait une telle direction ne surgit pas d’une volonté masochiste ou imbécile des communistes. Il faut reprendre l’historique de la manière dont nous avons renoncé à la « dictature du prolétariat », choisi « l’humanisme », non pas pour soumettre la réalité à des valeurs d’égalité, de liberté d’émancipation mais pour nous faire accepter y compris de ceux dont nous sollicitions l’alliance.

parce que l’élection présidentielle confronte à la question du pouvoir même si on tente de la médiatiser par l’adhésion à un homme et donc s’y dérober revient à interroger la direction du PCFet les militants: avons-nous une perspective, une stratégie qui fasse des communistes autre chose qu’une force d’appoint, utile par exemple face au grand croquemitaine de l’extrême-droite? Créature inventée par le pS mitterrandien et qui commence à lui échapper tant monte l’exaspération populaire et l’impossibilité de toute solution, le croupissement.

L’idée que nous ne pouvons pas prendre le pouvoir, que l’on ne peut pas nous accepter est certes lié aux institutions telles que De Gaulle les a mises en place, mais ce n’est pas non plus un hasard si au milieu des guerres coloniales c’est un De Gaulle qui prend le pouvoir, ce pouvoir que nous qualifions à l’époque de celui des monopoles.

C’est pour cela que je veux que l’on éclaire l’événement traumatique à partir duquel s’est construite cette subordination : la déstalinisation. Et surtout la manière catastrophique dont elle s’est réalisée. Comme le dit Althusser, tout nous a été présenté comme la folie d’un homme et le culte de la personnalité qui a fait de lui le maître paranoïaque de la Russie mais aussi du mouvement communiste international. J’ai trop lu et apprécié Machiavel pour refuser totalement les interprétations psychologiques du pouvoir, mais cette description ne mène nulle part si ce n’est à la soumission du parti révolutionnaire alors que son action s’impose historiquement dans l’actualité.

C’est là-dessus que je réfléchis depuis des années, en me nourrissant de lectures mais aussi en allant sur le terrain en particulier à Cuba et aujourd’hui dans l’ex-Union soviétique, non pour restaurer le culte de Staline comme on a tendance à me l’attribuer, mais pour me demander comment peut-on reprendre cette analyse, la mener en communistes, c’est-à-dire sans jamais oublier notre but et notre démarche théorico-pratique.

C’est de cela que je voudrais qu’il soit question lors de notre séance de travail au séminaire de Jean Salem le 11 février. Je tenterai d’expliquer pourquoi selon moi, nous dirais-je puisque Marianne dont il faut préserver la démarche autonome en partage bien des points et surtout a une proximité et une expérience de l’univers russe que je suis loin de posséder, il est possible aujourd’hui d’éclairer des choses demeurées longtemps dans l’obscurité, depuis plus de vingt ans en tous les cas.

Mais ce travail met un peu en sommeil celui de la manière dont ce blog intervient au jour le jour, il reprendra dans la seconde partie de février.
Danielle Bleitrach

 PS. En tous les cas, si les communistes pensent qu’ils n’ont plus droit au pouvoir, le capital est en train de consacrer à la « célébration » de la révolution d’octobre presque autant de « UNE » qu’il consacre à Macron? Est-ce que parce que le danger demeure? Est-ce parce que le vent du boulet est passé si près? En tous les cas je pense que chacun voit bien le lien que je fais dans les deux questions adressées à la direction du PCF, le premier sur l’absence d’un candidat communiste à la présidentielle, la seonde portant sur la manière dsont le pCF pense devoir célébrer cette révolution d’octobre et la place qu’il lui accordera à la fête de l’Humanité?
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9 Commentaires

Publié par le février 4, 2017 dans Uncategorized

 

9 réponses à “Un temps de réflexion nécessaire…

  1. hf

    février 4, 2017 at 6:36

    C’est vrai qu’entre Macron, Hamon et Mélenchon on assiste à un congrès du PS tendance puzzle.

     
    • Pedrito

      février 4, 2017 at 9:25

      Je crains parfois d’être un peu seul! Nous sommes au moins trois à penser à ce puzzle mortifère

       
  2. histoireetsociete

    février 4, 2017 at 9:36

    mais non pedrito, ça ce sont les gens qui se signalent… Il y a déjà 50 personnes qui l’ont lu…

     
  3. Pedrito

    février 4, 2017 at 9:51

    Chère Danielle, je plaisantais, il m’arrive parfois d’avoir presque besoin de pleurer, tellement je trouve lamentable le comportement suicidaire de mes anciens camarades, alors je balance une galéjade, pour me détendre….. Et je ne m’étonne plus, lorsque je vois le peuple des moutons fillonistes persister à déclarer qu’ils voteront pour lui, malgré les preuves accablantes de sa malhonnêteté. Comme les communistes suivent aveuglément leurs fossoyeurs socialistes, comme les niçois persistaient à soutenir leur édile gangster Médecin, comme à Levallois Balkany……

     
  4. histoireetsociete

    février 4, 2017 at 9:53

    Paradoxalement, je n’ai aucune antipathie pour les socialistes, je suis prête à travailler avec eux, mais je ne comprends pas la logique qui veut que pour se débarrasser de leur hégémonie au profit du capital, je sais contrainte d’aller chercher un social démocrate en rupture de banc… je dis que ce positionnement pour des gens qui ont toujours eu un ancrage théorico-pratique et ont toujours voulu avoir une stratégie est pour le moins absurde ou révélatrice…

     
  5. jehaislescookies

    février 4, 2017 at 9:53

    Fillon, Macron, Hamon, trois tendances de la droite (Hamon aussi : c’est la droite des bobos post-68 genre Giscard de 1974).
    Il fut un temps où la social-démocratie pouvait apparaître conquérante, progressiste, un bon compromis, ou une étape intéressante; mais maintenant ce n’est plus qu’une bande de collabos en pleine décrépitude qui s’est montrée soluble dans le capitalisme revanchard, non seulement elle n’apporte plus aucun progrès mais elle préside à la constante régression de la condition du peuple et au lent progrès du grand capital, surtout celui tendance New World Order, le « Libéral-fascisme ».

     
  6. histoireetsociete

    février 4, 2017 at 10:04

    j’ai parfois le sentiment que parce que nous avons renoncé au pouvoir, nous nous comportons face au PS, quand nous nous croyons encore révolutionnaires comme les espagnols se comportaient face à l’église, tous la suivaient la moitié avec un cierge, l’autre moitié avec un bâton… Les refondateurs et d’autres ne font qu’aller au bout de la tendance, pour rompre avec le PS ils se jettent dans le giron de Melenchon qui pourtant suit pour une bonne part la stratégie de Mitterrand et pour une autre part n’a pas d’autre modèle que Tsipras ou Podemos… C’est pourquoi je pose la question avec cette simplicité biblique « Y a-t-il encore quelqu’un qui serait capable comme Lénine, le petit parti bolchvique, devant la catastrophe imminente de réclamer le pouvoir? Où chercherait-il une socialiste auquel se fier ou à détester?
    cela dit Marianne est encore plus rude que moi dans le constat, elle me dit à propos des nombreuses revues qui publient sur la révolution d’octobre que c’est aussi parce qu’il y a une demande parce que la presse cherche à vendre et visiblement ça attire. Et elle se demande qui ça peut attirer vu que les communistes ne veulent pas en entendre parler…
    J’ai acheté à mon petit fils, un peu dépressif et qui a du mal à lire « le jeune Staline » de Simon Sebag Montefiore. Il a poussé un hurlement de joie, ça il avait envie de le lire…
    Il faut voir l’édition de poche du Staline, la cour du tsar souge, elle est dans une boîte rouge avec une grosse faucille et un marteau or, c’est aux éditions tempus, Marianne a raison, ça fait vendre, mais à qui?

     
  7. etoile rouge

    février 4, 2017 at 12:23

    Personne ne peut empêcher que STALINE soit le vainqueur du nazisme et de ce fait ses actes d’avant guerre , de guerre, et d’après guerre doivent être débattus. Par les communistes d’aujourd’hui accablés par la « propaganda staffel » de la soi-disant égalité nazisme =communisme, par la pratique des 100 millions de morts dus au communisme. Où sont les charniers d’un tel désastre? Nous avons vu ceux des camps d’extermination nazis et ceux de STALINE? Pouvons nous oublier que notre époque immédiate à « inventer », pour les besoins de la contre révolution menée par les sociaux démocrates en concurrence avec les néos-nazis, les charniers de TIMISOARA en promouvant avec le système médiatique ce qui dans notre droit est un crime la mise en scène de cadavres préalablement déterrés, pour une mise en scène à caractère nazie. Nos dirigeants capitalistes ont démontré avoir beaucoup retenu des mises en scène pour les foules à manipuler du nazisme. Rappelons les mise en scène des dirigeants USA pour assassiner et bombarder en IRAK au nom des » droits de l’homme »! Les droits de l’homme de droite et d’extrême droite alliés à la social démocratie ?
    Comment penser librement en communiste si on ne s’appuie pas sur une théorie à caractère et volonté scientifique ayant fait preuve de la vitalité de son expérience? Oui le marxisme est nécessaire, oui la dialectique permet d’aller au cœur du réel. Oui les communistes doivent se réapproprier leurs outils tant conceptuels que symboliques!
    Non les pleureuses anticommunistes qui dirigent le parti doivent être envoyées dans leur camp réel: l’accompagnement du capitalisme avec le PS mais plus à la direction du PCF! Oui la classe ouvrière existe en FRANCE comme ailleurs, non le travail na va pas disparaître , ce qui disparaît c’est ce que le rapport de forces créés par les communistes du monde entier a permis après victoire Révolutionnaire ( 1917), idéologique ( montée du marxisme), militaire ( victoire contre le capitalo-nazisme) explosion des empires impérialistes français, anglais et même amerloque ( deuxième moitié du XXème siècle) lequel est l’évènement le plus important dont accouche à terme la Révolution socialiste dans l’empire colonial tsariste.
    Debout les damnés de la terre boutons les FILLON, MACRON son clône,TRUMP, MITTERAND, MELENCHON, LE PEN aux poubelles de l’histoire.

     
  8. histoireetsociete

    février 4, 2017 at 2:56

    je ne sais pas qui est Staline, mais premièrement je sais que le bilan du communisme ne se limite pas à Staline et ensuite que celui-ci mérite une estimation qui refuse l’équation que l’on tente de nous imposer entre nazieme et communisme. Ensuite que le stalinisme si l’on doit l’apprécier ne saurait se limiter à une idividu paranoïaque, ne serait-ce que parce qu’il était totalement désincarné et a été sans doute un mode d’identificaztion au parti bolchevique.
    La postérité de la Révolution d’octobre doit inclure le stalnisme, mais aussi toutes les expériences qu’elle a engendré et surtout se rendre compte que si il est urgent de repenser la « destalinisation », l’URSS a duré près de 40 ans après la mort de Staline. Aijourd’hui tout cela nécessite ube réflexion, une analyse qui n’a jamais été faite et qui aujourd’hui fait de nous au meilleur des cas une simple force d’appoint de la social démocratie.

     

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