RSS

90 millions de roubles pour les langues des peuples de Sibérie

24 Jan

« Nous comptons réaliser des expériences psycholinguistiques pour comprendre comment le bilinguisme influence la vision du monde. » Dans ce monde plein du bruit et de la fureur des armes, dans lequel « l’élite » parait de plus en plus occupée à mépriser l’humanité tout en se gorgeant de bons sentiments – et de mauvaise littérature- cela fait plaisir de voir de l’argent mis dans un véritable humanisme celui d’une attention scientifique à la diversité humaine. Quelque chose que je ne réaliserai probablement jamais et qui me hante, aller traverser l’immense Sibérie (note de Danielle Bleitrach).


publié le mardi 4 octobre 2016

favorite324
 Des spécialistes de l’université d’État de Tomsk (TGU) vont créer un atlas des langues des peuples autochtones du sud de la Sibérie. Leurs recherches, qui s’étendront sur trois ans, seront financées grâce à une bourse du ministère russe de l’éducation, d’un montant de 90 millions de roubles (environ 1 275 000 euros).
autochtone de Sibérie
Famille téléoute, peuple autochtone du sud de la Sibérie. Crédits : kraun-tour.rf

Les chercheurs de la TGU étudieront les langues des petits peuples de Sibérie, dont les Tchoulyms (qui, d’après le recensement de 2010, ne sont plus que 355 individus), les Téléoutes (2 600 individus), les Chors (14 000) et les Khakasses (63 000). Leur travail sera supervisé par la célèbre linguiste Anna Dybo, qui dirige le département des langues ouralo-altaïques de l’Institut de linguistique de l’Académie russe des sciences, dont elle est également membre correspondant. Les recherches seront menées au sein d’un laboratoire de linguistique anthropologique spécialement créé pour l’occasion.

« Nous comptons mener une étude interdisciplinaire intégrée de ces langues. Une partie d’entre elles ont peu de locuteurs, voire sont en voie de disparition, et leur existence doit être enregistrée ici et maintenant », souligne Zoïa Rezanova, professeur de la faculté de philologie de la TGU.

Mme Rezanova précise que les chercheurs travailleront à la création d’une base informatique et d’un atlas des langues des peuples du sud de la Sibérie. « Le rôle des scientifiques est d’enregistrer ces langues rares en tant que bien culturel précieux. Le fait même de les enregistrer est un exploit, car cela nécessite d’aller dans les endroits reculés où vivent les locuteurs, de fixer leur état actuel et de rendre ces données utilisables pour l’analyse scientifique, en transcrivant chaque mot et en en donnant les caractéristiques », souligne le professeur Rezanova.

La tâche la plus difficile consistera à étudier le phénomène du bilinguisme, observé chez de nombreux représentants des peuples du sud de la Sibérie qui, outre leur langue maternelle, maîtrisent aussi le russe. « Nous comptons réaliser des expériences psycholinguistiques pour comprendre comment le bilinguisme influence la vision du monde. Car la langue, c’est une façon de percevoir le monde », ajoute Mme Rezanova.

Au total, en 2016, 40 scientifiques russes et étrangers éminents, travaillant dans diverses universités russes, ont reçu une bourse de recherche de 90 millions de roubles chacun. Ce programme d’octroi de subsides gouvernementaux aux scientifiques existe depuis cinq ans.

Advertisements
 
Poster un commentaire

Publié par le janvier 24, 2017 dans Uncategorized

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :