RSS

La Crimée devrait être transformée en un off-shore pour nouvelles technologies

20 Jan

Крым надо превратить в интеллектуальный офшор

Selon Mikhail Deliagin, c’est la voie vers un partenariat stratégique avec l’Occident

Photo: Donut Sorokin / TASS

http://svpressa.ru/politic/article/164565/

On peut se demander si l’équipe de Trump rappellera ses chiens courants européens « au pied » ou trouvera plus bénéfique pour les USA le maintien des sanctions par l’UE, qui sapent son économie (avec parallèlement la levée des sanctions américaines), mais la bacchanale qui se poursuit en Occident depuis bientôt trois ans, mêlant cuistrerie et russophobie délirante est causée, avant tout, par l’impuissance de la bureaucratie russe et son refus pour une grande part d’entre elle de protéger nos intérêts nationaux.

Si vous vous transformez en bassin à cracher – ne soyez pas surpris que l’on vous crache dessus. Si vous vous transformez en paillasson –ne vous offusquez pas que l’on s’essuie les pieds sur vous.

La bureaucratie russe n’a pas encore officiellement condamné, ni la nature du coup d’Etat nazi en Ukraine ni, par conséquent, l’Etat ukrainien actuel, ni le soutien occidental au nazisme (limité jusqu’à présent à l’Ukraine) qui viole complètement les décisions du Tribunal de Nuremberg. De plus, elle n’explique que très timidement le bien-fondé juridique incontestable de la Russie en Crimée (car, au moment du coup d’Etat nazi l’Etat ukrainien ayant disparu, le principe de la souveraineté de l’Etat n’a pas lieu d’être). Peut-être cela est dû à la honte pour la bureaucratie russe, d’avoir soutenu l’Etat nazi ukrainien : sans elle, celui-ci n’aurait pas acquis sa légitimité et n’aurait pas duré un an, mais le fait demeure.

Exactement de la même manière que nous n’entendons pas de position cohérente sur les îles Kouriles: notre bureaucratie ignore superbement le fait que, en 1956, nous étions prêts à envisager le transfert au Japon de deux îles à la seule condition d’une démilitarisation complète et éternelle du Japon, y compris le retrait de son territoire de toutes les bases américaines. Le refus des autorités japonaises sur ce point (sans parler de leur accord pour y établir des bases de l’OTAN) signifie leur renoncement aux îles.

On notera aussi la réticence de la bureaucratie russe à exiger une enquête sur l’apparition de l’encéphalite à tiques, infligeant des pertes énormes à notre pays: la maladie est apparue peu après l’installation à nos frontières d’un laboratoire japonais pour le développement et la production d’armes biologiques.

Pour forcer l’Occident à lever les sanctions contre nous, plutôt que d’en appeler à la raison et à la loi, nous devons faire en sorte qu’elles soient douloureuses pour l’Occident lui-même. Les contre-sanctions de Medvedev semblent avoir été spécifiquement conçues de manière à ce que ce soit comme une pierre qui nous retombe sur les pieds et discréditer dans l’esprit du public l’idée même de la possibilité de protéger nos intérêts.

Alors qu’une simple interdiction de l’importation d’alcool et d’automobiles en Russie (tout en conservant d’importation des kits  pour l’assemblage des voitures) peut vite remettre en place ce que certains Européens pensent sérieusement être leur cerveau. Il est nécessaire de suspendre la validité des accords de l’OMC pour les pays qui les violent par leurs sanctions, et enquêter sur les circonstances de l’adhésion hâtive de la Russie à l’OMC.

Il y a beaucoup d’autres options, mais la chose principale est de tirer parti des conditions que nous impose l’Occident. Il a sorti la Crimée du système de droit international : la bureaucratie russe se déleste sans états d’âme de tous les inconvénients afférents sur les Criméens, mais ne pense pas aux avantages et aux profits qu’elle pourrait tirer de la situation.

En effet, la législation internationale d’aujourd’hui est répressive à bien des égards. Prenez ne serait-ce qu’un des paramètres principaux du progrès: la technologie de l’information. Elle est bridée de manière drastique par la «propriété intellectuelle», qui depuis longtemps, à mon avis, a dégénéré de la protection des intérêts des créateurs et des outils pour stimuler la créativité en un instrument monstrueux d’abus éhonté des positions de monopole.

De nombreuses entreprises occidentales bloquent l’utilisation de leurs programmes et applications en Crimée. La bonne réponse, que de nombreux experts faisant autorité dans ce domaine formulent en privé, serait de déclarer la Crimée zone offshore pour les nouvelles technologies, où n’auraient pas cours les brevets délivrés dans les pays qui ont commencé la guerre des sanctions contre la Russie. Cela ferait de la Crimée une Mecque pour les chercheurs – en particulier, les programmeurs, sans parler des propriétaires de trackers torrent, qui organiseront le libre échange de la musique et des films. Les programmeurs pourront facilement explorer les réalisations de géants comme Apple et Microsoft, sans crainte d’être punis pour violation des droits de propriété intellectuelle.

Cette utilisation gratuite se propageant à toute la technologie occidentale, cela permettra d’explorer librement, d’utiliser et de développer leurs technologies actuelles. Aujourd’hui, le monopole de « la propriété intellectuelle » freine les progrès technologiques ; la Crimée libérée de ces entraves deviendra avec un minimum d’efforts supplémentaires un centre de créativité technologique non seulement en Russie mais à l’échelle mondiale, la transformera en une locomotive de la recherche scientifique et des idées technologiques permettant d’accélérer le développement de l’humanité tout entière!

Le rôle de l’Etat dans ce contexte, qu’il sera tout à fait capable d’assumer, sera de fournir un minimum d’infrastructure.

En effet, la confrontation militaire – c’est le jour d’avant-hier, et économique – le jour d’hier. Aujourd’hui, la concurrence est de nature numérique, communicative, et la libération de la Crimée des entraves imposées par la loi internationale de l’Occident pour protéger la domination des monopoles nous donne une formidable opportunité de devenir  leaders dans la course intellectuelle planétaire grâce à la libération de l’activité intellectuelle!

Si, par exemple, Microsoft a sérieusement envie de protéger ses droits de propriété intellectuelle en Crimée également, il n’aura qu’à se ré-enregistrer dans un pays qui reconnaît sa réunification avec la Russie. Parmi ceux-ci, aujourd’hui les plus commodes sont le Venezuela, le Nicaragua et l’Afghanistan. Je pense qu’après que la Crimée sera décrétée offshore, son appartenance à la Russie sera reconnue rapidement par le Bélarus, – afin justement de devenir un lieu de ré-enregistrement des sociétés occidentales qui voudront protéger leur propriété intellectuelle.

Un autre moyen pour Microsoft serait de parvenir à une levée des sanctions américaines contre la Russie et la reconnaissance officielle par les autorités des États-Unis de l’appartenance russe de la Crimée.

Cependant, l’un et l’autre nécessitent un certain laps de temps, durant lequel la Crimée, et le développement technologique du monde auront la possibilité de faire un grand pas en avant.

Sans parler du fait que l’effet secondaire du processus – la reconnaissance du statut de la Crimée et l’élimination de la confusion juridique actuelle – a aussi une certaine valeur en soi.

Les déclarations des observateurs occidentaux clamant que la transformation de la Crimée en off-shore serait une « déclaration de guerre » – montreraient une fois de plus l’extrême infantilisme dont souffre l’Occident. Il ne veut pas admettre qu’en nous déclarant une guerre froide impitoyable et, en particulier, en déclenchant une guerre économique contre nous avec les sanctions, il a depuis longtemps mérité une riposte juste et adéquate. Il a été habitué à considérer notre gentillesse, y compris envers ceux qui soutiennent les dirigeants nazis comme Obama, Merkel et Hollande, comme une manifestation de faiblesse et d’impuissance. Les laisser poursuivre dans cette immaturité serait un suicide, que d’ailleurs nous avons déjà renoncé à l’accomplir.

Il est temps pour l’Occident de grandir et d’apprendre de nouveau à construire un lien de causalité entre leurs actions et leurs conséquences. Si nous pouvons l’aider en cela, il nous en sera reconnaissant après le « break », naturel chez les adolescents, et cette reconnaissance sera une base plus solide pour l’avenir de notre Union que l’exploitation conjointe des ressources naturelles de la Russie ou de qui que ce soit d’autre.

Texte : Mikhail Deliagin

Traduction par Marianne Dunlop pour Histoire et Société

Advertisements
 

Une réponse à “La Crimée devrait être transformée en un off-shore pour nouvelles technologies

  1. josephhokayem

    janvier 20, 2017 at 6:50

    A reblogué ceci sur josephhokayem.

     

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :