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National Interest : Pourquoi Donald Trump doit se préparer pour la guerre s’il veut la paix avec la Russie, par Dan Goure

13 Jan

http://nationalinterest.org/blog/the-buzz/why-donald-trump-must-prepare-war-if-he-wants-peace-russia-19001

9 janvier 2017

Ceux qui croyaient que Trump représentait la paix vont rapidement déchanter, quel que soit le président des Etats-Unis, il est élu et programmé pour qu’intervienne la guerre, comme l’unique logique d’un capitalisme sénile. La Russie et les États-Unis « ne seront probablement jamais amis », a déclaré Rex Tillerson lors de son audition de confirmation à son poste de chef de la diplomatie américaine devant la commission des Affaires étrangères du Sénat. L’ancien patron du géant pétrolier, qui est auditionné par la commission des Affaires étrangères du Sénat pour être éventuellement confirmé à son poste de chef de la diplomatie américaine, est un proche du président russe, Vladimir Poutine, avec lequel le président élu des États-Unis, Donald Trump, prône justement un rapprochement. Il a donné des gages aux Sénat, inquiet d’un tournant majeur de la diplomatie américaine. Le tout alors que Donald Trump fait face à des révélations sur un possible chantage de la Russie à son égard. De surcroît, vendredi 6 janvier, un énorme convoi de dissuasion comprenant « 87 chars de combats et 144 véhicules militaires » arrivait en Allemagne. Dans la presse américaine, on affirme que 3 500 troupes de la 4ème Division de l’Infanterie de Fort Cason dans le Colorado seront déployés sur les lieux. Dans les deux prochaines semaines, 87 chars de combats et 144 véhicules militaires de marque Bradley rejoindront aussi les centaines de chars de combat déjà sur place. La presse américaine va plus loin, en précisant que les nouvelles forces se réuniront d’abord en Pologne, avant d’être déployées dans 7 autres pays de la région, de l’Estonie à la Bulgarie. Une unité restera stationnée en Allemagne. Cette décision intervient à la suite d’une annonce faite l’année dernière par Ash Carter, Secrétaire américain à la Défense. Il est prévu également des contingents militaires. On comprend mieux le sens de la campagne de presse et le déballage sordide, il s’agit d’imposer une ligne à Trump, une ligne qui rapporte surtout aux marchands d’armes (1) (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoire et société)

Pourquoi Donald Trump doit se préparer pour la guerre s’il veut la paix avec la Russie, par Dan Goure

L’expression latine originale utilisée par l’expert militaire  et l’auteur romain, Vegetius, est « si vis pacem , para bellum » qui se traduit par «si tu veux la paix, prépare la guerre.» Un aphorisme romain. Il est aussi un peu désespérant que Vegetius écrivait au milieu du Ve siècle à une époque où l’Empire romain d’Occident était en train de s’écrouler sous les vagues successives d’incursions barbares venues de l’Est. Alaric et les Wisigoths mirent Rome à sac en 410 av. JC. L’incapacité à fournir une défense capable d’assurer la paix aux Romains a entraîné la disparition de l’Empire en Occident et inauguré l’âge des ténèbres.

Les Stratèges modernes, responsables de la défense et les politiciens ont souvent fait référence à l’observation de Vegetius. La popularité de cette phrase d’un ancien écrivain a à voir avec la distinction qu’il fait entre la poursuite de la paix et la nécessité de faire la guerre. Dans la plupart des démonstrations de l’histoire humaine l’hypothèse était que la force fait le droit. Ce concept a été mieux exprimée par Thucydide, un soldat athénien, historien, et devenue lecture obligatoire par plusieurs générations de gens intellectuellement formés. Dans son Histoire de la guerre du Péloponnèse, il décrit les négociations entre Athènes et l’île des non-alignés de Mélos qui était fortement invitée à rejoindre Athènes et payer tribut contre Sparte. Lorsque les dirigeants Meliens ont protesté que les demandes d’Athènes étaient une violation de ce qui est juste et droit, les négociateurs athéniens ont répondu simplement que «« la justice n’entre en ligne de compte dans le raisonnement des hommes que si les forces sont égales de part et d’autre ; dans le cas contraire, les forts exercent leur pouvoir et les faibles doivent leur céder » Les implications philosophiques, juridiques et stratégiques de ce qu’on appelle le dialogue Melien ont été débattues pendant des centaines d’années.
Pourquoi une seule ligne dans un ouvrage relativement obscur par un auteur romain largement inconnu devrait-elle trouver une telle résonance dans les temps modernes? Parce qu’il est le reflet de la montée de l’ordre libéral occidental et la propagation de la gouvernance démocratique à travers le monde. Un principe fondamental de la démocratie libérale est que la force ne fait pas le droit, que ce soit dans la politique intérieure ou les relations internationales. Les guerres agressives sont illégales et inadmissibles. Mais les nations ont un droit inhérent à la légitime défense. Par conséquent, il est permis de rechercher la paix en dissuadant l’agression. Mais pour ce faire, les nations doivent faire les frais de la guerre à la hauteur de l’agresseur. La seule manière que les nations démocratiques ont trouvé en quelques trois cents ans d’atteindre à la dissuasion a été d’être suffisamment fortes militairement pour faire la guerre sans l’avoir souhaité. Ce n’est pas un hasard si la devise de la Royal Navy est l’équivalent moderne de l’expression de Vegetius employée par le président Ronald Reagan « si vous voulez la paix, préparez la guerre. »: « Paix par la force »

Le Président élu Trump a été assailli par les critiques à gauche et à droite au sujet de son désir d’une bonne relation avec Vladimir Poutine. Le problème avec une telle idée, font valoir les critiques, est que non seulement le Kremlin est accusé d’avoir essayé d’influencer le cours des élections présidentielles de 2016 pour affaiblir une présidence Clinton attendue mais plus largement qu’il est, selon les mots du sénateur John McCain « un ancien agent du KGB qui a plongé son pays dans la tyrannie, assassiné ses adversaires politiques, envahi ses voisins, menacé les alliés de l’Amérique, et tenté de saper les élections de l’Amérique. « M. Trump a répondu à une série de tweets en affirmant que « Avoir de bonnes relations avec la Russie est une bonne chose, pas une mauvaise chose » et « Quand je serai président, la Russie nous respectera beaucoup plus qu’ils ne le font maintenant. »

Comment le nouveau président peut réaliser une bonne relation avec la Russie, celle dans laquelle son pays est respecté par le Kremlin beaucoup plus qu’il ne l’est à l’heure actuelle? La réponse peut être trouvée dans les mots de l’ancien romain. Monsieur le Président élu Trump, si vous voulez la paix avec la Russie, préparez la guerre.

En vérité, l’administration entrante, y compris le nouveau président, connaît très bien cette vérité. Durant la campagne, le candidat Trump a appelé à plusieurs reprises à la reconstruction de l’armée américaine, au point qu’elle sera si forte que personne n’osera nous défier. Il a appelé à un navire de la Marine 350, une armée plus grande et de la marine et plus de combattants tactique de l’Armée de l’Air. Depuis qu’il a remporté l’élection, le président élu a annoncé son intention de reconstruire l’arsenal nucléaire américain et a averti que toute nation qui pense qu’elle peut s’engager dans une course aux armements nucléaires devrait y réfléchir.

Mais le maintien de la paix avec la Russie et ayant une relation de coopération avec le président Poutine exige une étape supplémentaire: la dissuasion potentielle à l’agression russe en Europe. La paix de l’Europe, payée avec le sang des Américains dans deux guerres mondiales et maintenu pendant plus de 70 ans par l’armée américaine dans le cadre de l’Alliance de l’OTAN, a été violé par la Russie de Poutine avec l’annexion de la Crimée. Quoi que l’on pense des revendications russes sur la péninsule, ce fut le premier changement dans une frontière européenne par la force en trois quarts de siècle. La Russie a fomenté une guerre civile dans l’est de l’Ukraine, a cherché à saper la stabilité politique de plusieurs Etats européens, a déployé un large éventail d’armes offensives, y compris les armes nucléaires tactiques, à ses frontières occidentales et mené de nombreux et à grande échelle exercices militaires avec un caractère incontestablement offensif.

Aujourd’hui, les Etats-Unis et l’OTAN sont mal préparés et mal placés pour faire face à la dissuasion de l’agression politique et militaire russe en Europe. Autrement dit, il n’y a pas assez de forces militaires capables actuellement d’être déployées sur le terrain en Europe pour mener une défense efficace de la frontière orientale de l’OTAN. Les investissements de Moscou dans les capacités de refus anti-accès / région ont contourné la Baltique et la mer Noire dans les lacs russes et ils pourraient affronter les forces aériennes des États-Unis / OTAN du ciel à travers l’Europe de l’Est. La RAND Corporation a publié un rapport récemment qui a recommandé le déploiement d’une division lourde complète, plus le soutien des capacités dans les trois Etats baltes afin de créer une défense crédible de ces pays. L’armée américaine en Europe, dans les paroles de son commandant le lieutenant-général Ben Hodges, a du mal à faire avec 30.000 soldats contre 300.000. Comme cette question est en cours, l’armée américaine travaille à fournir une équipe de combat de brigade blindée sur le continent.

La future administration Trump doit faire deux choses. Premièrement, elle doit annoncer un programme à court terme pour moderniser l’armée américaine. Un programme de cinq ans visant à accélérer les programmes d’acquisition actuels qui pourraient avoir un impact dramatique sur la puissance de combat de l’armée pendant le premier mandat de l’administration. Deuxièmement, plus de forces américaines doivent être envoyées en Europe. Le nouveau président devrait proposer un programme d’un-pour-un correspondant. Pour chaque nouvelle formation de combat déployées en Europe de l’Est par nos alliés de l’OTAN, les Etats-Unis vont devoir ajouter à ses forces déployées à l’avant sur le continent.
L’ambition du président élu Trump pour une relation positive avec Vladimir Poutine est admirable et peut même être un objectif réalisable. Mais le nouveau président doit reconnaître que s’il veut la paix avec la Russie, il doit se préparer à la guerre, en particulier en Europe.

Dr. Dan Goure est vice-président de l’Institut Lexington. Il a servi au Pentagone pendant la George HW Administration et a enseigné à l’Université Johns Hopkins et Georgetown Universités et le National War College. Vous pouvez le suivre sur twitter @dgoure et vous pouvez suivre l’Institut Lexington @LexNextDC

Image: US Navy
(1) le même Rex Tillerson  devant le sénat a déclaré que les Etats-Unis enverront un « signal clair » à Pékin pour lui interdire « l’accès » aux îles disputées de mer de Chine du sud où le géant asiatique multiplie les constructions, a affirmé mercredi le secrétaire d’Etat américain nommé par Donald Trump, Rex Tillerson –une menace encore jamais agitée par Washington. Lu Kang, porte-parole de la diplomatie chinoise, s’est contenté de répliquer jeudi que la Chine « avait parfaitement le droit » de mener des activités dans la région concernée.

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2 Commentaires

Publié par le janvier 13, 2017 dans Uncategorized

 

2 réponses à “National Interest : Pourquoi Donald Trump doit se préparer pour la guerre s’il veut la paix avec la Russie, par Dan Goure

  1. Géron

    janvier 13, 2017 at 9:04

    Le « Maïdan » a amené au pouvoir des groupes néo-nazis (Svoboda, Pravii Sector). C’est une contre révolution. Vous savez peut-être qu’à l’époque de Eltsine la Crimée avait proclamé son indépendance; à la suite de pressions, elle y a renoncée, mais n’a transféré au pouvoir central que les fonctions régaliennes. Peuplée à 90% de Russes, elle a organisé un référendum, avec des observateurs internationaux, qui a donné une écrasante majorité aux partisans de l’indépendance. Le Parlement de Crimée a voté le rattachement à La Fédération de Russie. Il est faux de dire que c’est la Russie qui a organisé le rattachement de la Crimée. Sans doute que ça arrangeait bien les Russes à cause de la base de Sébastopol

     
  2. histoireetsociete

    janvier 13, 2017 at 11:28

    vous êtes bien aimable de nous faire la leçon, mais
    1) sachez qu’il est toujours vexant d’avoir un individu qui intervient sur notre blog à Marianne et moi en n’ayant pas la moindre idée des articles écrits dans ce blog ou pire encore de notre oeuvre immortelle : URSS, vingt ans après, retour de l’Ukraine en guerre,DELGA° qui est le récit de deux voyages, le premier se situant en mai juin 2014 en Crimée et développant longuement ce que vous dites là et avec lequel nous ne pouvons qu’être d’accord.
    2 The National interest est un site bourré de renseignements utiles mais qui est aux antipodes de nos opinions… et nos lecteurs le savent, nous avons ainsi l’habitude des les confronter aux opinions de l’adversaire…
    Donc essayer par pitié de vous renseigner sur les gens chez qui vous intervenez et éviter le côté un tantinet sentencieux pour nous expliquer ce que nous savons déjà… Cela dit Marianne ne doit pas être d’accord elle qui pense qu’il faut répéter et répéter sans cesse vu que nos chers français qui se croient bien renseignés subissent à flot continu la répétition de mensonges.
    Donc amicalement

     

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