L’administration du président élu Donald Trump devra faire face à un risque croissant de conflits internationaux et un recul des valeurs démocratiques sans précédent depuis la Guerre froide, a prévenu le renseignement américain dans un rapport aux accents apocalyptiques publié lundi.

Ce dernier est rendu public trois jours après un autre rapport de la communauté du renseignement, qui accuse le président russe Vladimir Poutine d’avoir «  ordonné une campagne d’influence  » pour influencer le résultat de la présidentielle américaine.

Une vision presque apocalyptique

Le National Intelligence Council, groupe de recherche placé sous l’autorité du Bureau du directeur du renseignement national (DNI) qui coordonne 17 agences de renseignement, émet ce type de rapport tous les quatre ans, soit la durée du mandat présidentiel américain.

Le rapport, intitulé «  Tendances globales  : paradoxe du progrès  », offre cette année une vision presque apocalyptique des défis auxquels la prochaine administration devra faire face : extrêmes disparités des revenus, mouvements démographiques, impact du réchauffement climatique, intensification des conflits.

«  Cela sera bien plus difficile de mener une coopération internationale et de gouverner comme le public l’attend  », craignent les auteurs.

La fin d’une domination américaine

Les évolutions économiques et politiques, le changement technologique, ainsi qu’une relative perte de leadership américain «  laisse présager un avenir sombre et difficile », explique le rapport, publié lundi par le National Intelligence Council.

«  Les cinq prochaines années verront émerger des tensions dans et entre les pays », poursuit le rapport.

«  Pour le meilleur ou pour le pire, le paysage mondial qui émerge pousse à sa fin une ère de domination américaine, après la Guerre froide  ».

Menace du populisme

Quant au modèle de libéralisme qui prévaut dans le monde occidental, estime le rapport, il se trouve sous la menace du populisme à travers le monde, qu’il soit de droite ou de gauche.

«  Les peuples réclameront aux gouvernements de leur assurer sécurité et prospérité, mais des revenus stagnants, la défiance, la polarisation et une liste de défis naissants freineront leur performance  », résume encore le rapport.

Le président élu, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, héritera de quelques dossiers brûlants, notamment le conflit en Syrie et la lutte contre les groupes extrémistes.

«  Cela sera tentant d’imposer l’ordre dans ce chaos apparent  », mettent en garde les auteurs du rapport. «  Mais cela serait trop coûteux sur le court terme, et (cette stratégie) échouerait sur le long terme  ».