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Les origines des « Albums du Père Castor »

08 Jan

http://www.radio.cz/fr/rubrique/literature/les-origines-des-albums-du-pere-castor

14-04-2007 | Václav Richter

« Les Albums du Père Castor » sont sans doute un chapitre important de la littérature enfantine en France. C’est grâce à la récente visite à Prague de François Faucher, président de l’Association des Amis du Père Castor, que nous avons appris que les pédagogues et les artistes tchèques avaient joué un rôle important dans cette admirable initiative qui avait marqué plusieurs générations d’enfants. François Faucher revient assez souvent à Prague. Né d’une mère tchèque et à d’un père français, il n’a qu’un seul regret: c’est de ne pas avoir appris le tchèque, sa langue maternelle…

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François FaucherFrançois Faucher « Je suis né à Prague, et je viens pour rendre hommage à la pédagogie tchèque puisque mon parrain s’appelait Frantisek Bakule, et il avait créé un institut pour enfants handicapés et invalides. Il a édifié un institut dans le quartier de Smichov à Prague (devenu par la suite SANOPS), et dans cet institut se sont croisés tous les grands penseurs de l’éducation entre les deux guerres. Prague est devenu le carrefour de l’éducation nouvelle dans les années trente. Et, bien sûr, mon père est venu pour voir Frantisek Bakule et il a été séduit par les résultats que Bakule obtenait non seulement avec les enfants valides, mais surtout avec les enfants invalides. Mon père Paul Faucher était le président du bureau français de l’Education nouvelle et il s’est ingénié à faire connaître Bakule en France en le faisant venir en 1929. Le choeur Bakule, quarante enfants, a sillonné avec son maître de grandes villes de France et a donné deux cents concerts et beaucoup de conférences. Tous les éducateurs français de cette époque-là ont gardé un souvenir très vivant du passage de Frantisek Bakule. »

Votre père a été séduit non seulement par les activités de Frantisek Bakule, mais aussi probablement par les charmes de sa collaboratrice…

Frantisek BakuleFrantisek Bakule « Oui effectivement parce que Lida Durdikova, qui était assistante de Frantisek Bakule, est devenue Mme Faucher. Ils se sont installés à Paris où mon père a créée les albums pour enfants à l’enseigne du Père Castor. Les albums du père Castor sont nés en définitive de la rencontre de Paul Faucher, de Frantisek Bakule et de Lida Durdikova. »

Présentons un peu les Albums du Père Castor à nos auditeurs.

 « Il s’agissait surtout des albums offrant aux enfants les possibilités d’être actifs. Les enfants avaient à détacher certaines pages, rassembler les images dans l’ordre qui leur était le plus familier, à s’exprimer autour de ces images, à faire des découpages. Les élèves de Bakule ont été les premiers illustrateurs de ses albums. Je pense surtout à Sarkan qui a travaillé avec Jiri Trnka par la suite et qui a fait toute une série d’albums de jeux de l’auto, de masques à découper etc. C’est pour rendre hommage à ces souvenirs que je suis venu à Prague et surtout pour présenter la Maison du Père Castor qui vient d’être construite pour rendre hommage au travail de mes parents. La Maison du Père Castor rassemble les archives importantes sur tous les problèmes d’éducation qui se sont rencontrés à cette époque-là et qui sont toujours importants aujourd’hui. Il y a beaucoup de documents en langue tchèque parce que ma mère correspondait avec ses amis tchèques, bien sûr avec Frantisek Bakule, mais aussi avec Frantisek Havranek et ses amis Nezval, Toyen, Obrtel, Jurka, etc. »

Parmi les amis de votre mère, il y avait aussi le peintre et illustrateur Josef Lada…

L'illustration par Josef LadaL’illustration par Josef Lada « Oui, bien sûr. Josef Lada a enchanté mon enfance. J’ai encore tous mes livres de Lada. Et le Père Castor a publié entre autres un ouvrage de Lada qui représente les animaux familiers aux enfants et ces animaux-là sont présentés avec tant d’affection que les enfants aiment ces images et reproduisent spontanément les bruits de ces animaux. J’ai créé en France l’Association des amis du Père Castor et cette association a lancé l’idée de cette Maison du Père Castor et surtout, elle publie les ouvrages épuisés du début des albums. Dans son programme de réédition, il y a ce fameux ouvrage de Josef Lada que j’aimerais beaucoup republier en avant-garde d’une exposition que je souhaite vraiment organiser en France et qui rassemblerait les oeuvres de Josef Lada. Je suis venu également pour négocier la possibilité de cette exposition en France parce qu’il me semble que Josef Lada est un dessinateur majeur pour enfants et qu’il est très peu connu en France. »

Le président T. G. Masaryk et Frantisek Bakule entourés des jeunes du Choeur BakuléLe président T. G. Masaryk et Frantisek Bakule entourés des jeunes du Choeur BakuléRevenons encore à Frantisek Bakule qui était un philanthrope et un pédagogue très original. Pourrait-on résumer sa méthode ?

« Je ne pense pas qu’il avait une méthode. Il était attentif au comportement de chaque individu. Et il essayé de répondre au besoin manifesté par chacun au moment où il le manifestait. Frantisek Bakule a fait de l’éducation non pas une technique, mais un art. C’est grâce à sa perspicacité et à son analyse du comportement des enfants qu’il a su répondre le plus justement possible à toute les questions les plus légitimes que se posaient les enfants. Je ne pense pas qu’il a une méthode Bakule, c’est plutôt une attitude de l’instant, une attitude du moment qu’il faut saisir parce que si l’on dépasse ce moment et l’on n’a pas répondu à la question du moment, il est parfois trop tard. C’est donc une attitude plutôt qu’une méthode dont il faudrait parler. Bakule a écrit un certain nombre d’observations que j’ai publié en France, dès 1971. J’étais venu à Prague à ce moment-là où j’ai eu la chance de rencontrer ses anciens élèves encore vivants à l’époque. Il faut dire que Bakule a fait un travail de collectage de chansons populaires tchèques et slovaques tout à fait remarquable. Il a travaillé avec Janacek et sa chorale a bouleversé les publics du monde entier. J’ai une série de photos de salles applaudissant frénétiquement ces enfants tchèques qui ont fait presque un tour du monde, puisqu’ils sont allés aux Etats-Unis en 1923, en France en 1929, au Danemark. Ils sont allés en Allemagne à un moment où les relations étaient déjà assez tendues, et ils y ont remporté un succès fantastique. Ils sont allés en Hongrie. Ils s’apprêtaient àaller au Japon, ils n’ont pas pu le faire, mais ont appris l’hymne japonais. Arrivé du Choeur Bakulé à Paris en 1929Arrivé du Choeur Bakulé à Paris en 1929J’ai les enregistrements de tous ces chants y compris de l’hymne japonais chanté par ces jeunes Tchèques. Il faut être fier de ces enfants Bakule qui ont été les ambassadeurs de la toute jeune République et c’est une épopée tout â fait fantastique. Je regrette qu’on n’ait pas eu le temps d’en faire un film parce que c’était à la fois extraordinaire et exemplaire. »

Vous êtes quand même venu à Prague pour préparer un film …

« Oui, c’est un film sur les origines des Albums du Père Castor dont l’inspiration est de Prague. Les Albums du Père Castor qui ont débuté en 1931, paraissent toujours chez le même éditeur, chez Flammarion. Ils ont conquis un public non seulement français, mais aussi international et sont traduits dans de nombreux pays. On peut dire que des millions d’enfants ont appris à aimer lire dans les livres dont l’inspiration vient de Prague. »

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Publié par le janvier 8, 2017 dans Uncategorized

 

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