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Les bases d’une réflexion et des raisons de la création du blog Histoire et société

08 Jan

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La prise de Constantinople par Mehmed II (Tableau de Fausto Zonaro, peintre italien du XIXème)

Nous préparons Marianne et moi la présentation de notre démarche lors de la rencontre à la Sorbonne le 11 février, au séminaire de Jean Salem. Par ailleurs, nous avons décidé d’éviter la campagne électorale des présidentielles françaises et de poursuivre notre exploration des « traces » de la révolution d’octobre dans un monde en pleine mutation accélérée. Voici donc quelques pistes de réflexions. Et d’abord le fait essentiel à savoir que ce blog s’appelle Histoire et société, qu’il est donc axé sur la compréhension de l’Histoire pour favoriser la compréhension du présent et en particulier nous opposer à la guerre.

UN DETOUR  SUR L’EVENEMENT COMME SEUIL HISTORIQUE:

La chute de Constantinople est un siège historique qui aboutit à la prise de la ville en 1453  par les troupes ottomanes conduites par Mehmed II. Elle marque la disparition de l’Empire romain d’Orient, aussi qualifié d’Empire byzantin, et sa fin définitive en tant qu’entité politique et juridique.

Notons la proximité historique entre la chute de l’empire romain et la découverte de l’Amérique en 1492, donc la Renaissance et de fait la fin du féodalisme pour l’entrée dans le monde moderne, celui où déjà depuis le XIIe siècle un monde capitaliste est apparu dans les villes d’Occident, en particulier en Italie et dans le couloir du Rhin, les foires de Champagne, la Bourgogne…

La fiction de l’empire romain mais aussi de la chrétienté succédant à l’empire romain en occident se poursuit durant tout ce qu’on appelle la féodalité et qui n’est peut-être que la décomposition du mode de production esclavagiste antique dans une phase non marchande avec la fixation d’une population serve dans des grands latifundia cherchant plus ou moins l’autarcie.

Si la fin de l’empire byzantin est parfois décrit comme la chute devant la barbarie, cette vision doit être revue. Comme la horde de Gengis khan a permis le développement d’une civilisation ouverte aux échanges, cruelle au niveau du despote mais tolérante entre les peuples, leurs croyances et leurs moeurs, la prise de Constantinople va jouer un rôle indéniable dans l’apport des découvertes de l’orient dans un occident qui commence son propre bouleversement vers la modernité. A cette époque là, il n’existe dans le monde que deux villes ayant dépassé le million d’habitants et d’une tel niveau de civilisation, c’est Pékin et Mexico. Ce qui relativise on en conviendra l’idée de « découverte ».

Ces dates, qui marquent notre imaginaire historique et produisent une certaine déformation de notre perception, 1453 et 1492, se situent dans un bouleversement de longue durée et pourtant elles marquent un seuil historique dans la mondialisation qui a nom la Renaissance et qui va coïncider avec le début du mode de production capitaliste et la fin définitive d’une entité politique et juridique qui n’a cessé d’être le modèle inspirant la vie politique et juridique de la période dite médiévale avec l’empire byzantin et la chrétienté ou l’empire de Charlemagne, celui de Charles Quint…

Notons encore que la Russie se conçoit comme la troisième Rome dans sa relation complexe avec la horde, à la fois sentinelle de la chrétienté et assimilation. Le tsar est césar. Cet situation intermédiaire entre l’orient et l’occident est essentielle pour comprendre la Russie, encore aujourd’hui et même la Révolution bolchevique, voir la conception du pouvoir. Ce que nous définissons comme de la barbarie est aussi un creuset de civilisation par lequel sont passée toutes les découvertes.

Ce long prologue pour vous expliquer l’affirmation qui peut bouleverser des idées reçues en profondeur et qui pourtant comme toutes les analogies historiques doit être abandonnée dès qu’on l’a énoncée et qu’elle a produit son effet de rupture avec une vision habituelle. En fait il y a deux affirmations historiques qui par analogie nous aident à penser notre actualité :

– la première est la description de la période dans laquelle nous sommes. Il est nécessaire de penser cette étape de la mondialisation capitaliste et du partage du monde en partant de la première guerre mondiale. De ce que Lénine décrit comme le partage du monde entre états capitalistes au profit des monopoles dans Impérialisme, stade suprême du capitalisme. Les différentes révolutions, à commencer par la révolution bolchévique naissent dans ce déchirement et dans l’autre guerre mondiale, la seconde, mais toujours dans le contexte de la domination capitaliste. Donc il faut penser les Révolutions dans le long temps de l’impérialisme stade suprême du capitalisme avec bien sûr à la fin de la seconde guerre mondiale l’installation de l’hégémonie des Etats-Unis qui vassalisent les anciennes puissances coloniales.

– La seconde affirmation est encore plus surprenante puisque l’analogie qui s’impose est qu’Alep est l’équivalent de la prise de Constantinople c’est-à-dire la remise en cause d’une entité politique et juridique qui jusqu’ici a accompagné la nouvelle vague de mondialisation capitaliste, à savoir l’empire et pas seulement l’impérialisme américain.

« NOUS SOMMES EN GUERRE »

Pendant longtemps, le terme employé pour interdire toute tentative de réflexion sur le bilan du XXe siècle et des ses révolutions a été « stalinien ». Dans une période de mutation, celles du langage doivent être observées attentivement. Aujourd’hui surgit l’accusation de « collaboration », une sorte de Maccarthysme qui se donne tous les droits, comme notre président a celui d’avouer qu’il a pratiqué l’assassinat hors jugement, au nom de la lutte contre le terrorisme. Celui qui ose remettre en cause d’une manière argumentée la vision que l’on peut avoir de la Russie est traité de collaborateur et on peut y compris le désigner à la vindicte publique d’une manière totalement mensongère dans des livres comme « les réseaux de Poutine ». Donc, nous sommes en guerre, mais la référence demeure plus ou moins le XXe siècle, ce « court siècle » puisqu’il commencerait en 1917 et se clôturerait en 1991. A partir de cette date, pendant plus d’une vingtaine d’années ça a été « la fin de l’Histoire » et aujourd’hui où elle réapparait avec la « nécessité » de la guerre celui qui ne veut pas accepter l’idée du nouveau grand Satan contre lequel l’occident prépare une expédition peut être traité de « collaborateur ».

Qu’est-ce que cela veut dire être « stalinien » dans cette période commencée en 1991, avec la chute du mur de Berlin, celle de l’expérience socialiste et qui semble proche de se clore aujourd’hui? L’adoption de ce terme, assorti de la notion de « totalitarisme » a prétendu éviter une réflexion indispensable sur la période nouvelle dans laquelle nous sommes désormais et dont il est difficile de ne pas mesurer le caractère inédit, ne serait-ce que le rôle joué par de nouveaux rapports sud-sud et la montée en puissance d’ex-pays sous développés. Ce terme en effet évite à la fois l’analyse des erreurs, des échecs comme des acquis positifs de la première expérience socialiste, celle du XXe siècle, d’un point de vue communiste, une autocritique de fond. Il autorise le même type de bilan que celui que l’on faisait de la Révolution française, voire de l’épopée napoléonienne, au retour des Rois en 1815 et de la sainte alliance ; il s’agissait de limiter le bouleversement révolutionnaire à la guillotine et aux assignats. C’est un faux concepts qui ne mord ni sur le passé ni surtout sur l’avenir tel qu’il se dessine dans le présent.

Pourtant il y a des questions élémentaires qu’on pourrait se poser utilement. J’entendais dernièrement Fanny Ardant et Gérard Depardieu dénoncer l’idée même de totalitarisme à propos de Staline et du communisme. Gérard Depardieu disait Hitler ne m’intéresse pas, alors que Staline oui parce qu’il y a la grande utopie communiste. Et les deux poursuivaient cette idée en expliquant que cette utopie généreuse avait néanmoins à cause des erreurs de Staline engendré une famine avec cannibalisme. Quelqu’un d’aussi compétent qu’Annie Lacroix Riz donne une autre explication, la famine était un mal endémique et c’est au contraire la terrible accélération imposée par Staline qui avait permis de la vaincre et ce malgré les armées blanches, celles de l’occident, puis la deuxième guerre mondiale. Voilà qui devrait être fouillé et nous éviterait peut-être de nous polariser autour d’un homme.

L’histoire de l’Union soviétique, comme celle des vaincus ou des Révolutions temporairement submergées par les contre révolutions, a été tronquée. D’abord par Khrouchtchev, alors même qu’il n’était pas question d’en finir avec l’URSS. Ce dernier non seulement avait indéniablement participé « aux crimes » de Staline, mais a établi une espèce de pare feu autour des dirigeants dont il faisait partie pour tout mettre sur le dos du « culte de la personnalité ». Cette pseudo « déstalinisation » a donc été faite de la pire des façons qui soit, elle n’a rien changé à ce qui aurait dû peut-être être changé, elle a entretenu un dogmatisme mortifère et créé les conditions de la multiplication des divisions et de perte de confiance des masses. Il suffit pour mesurer les conséquences de cette « déstalinisation » sur le seul culte de la personnalité, de voir à quel point elle a joué un rôle essentiel dans la division du mouvement communiste. Nixon et Reagan ont su utiliser la querelle sino-soviétique pour en finir avec l’Union soviétique, fin qui n’a jamais été voulue par les peuples de l’URSS et de la Russie en particulier et qu’ils continuent dans leur majorité à regretter sans avoir la moindre idée de comment la reconstruire et craignant même le chemin – qu’ils connaissent – de la création d’un Etat socialiste. Ils sentent bien et le disent que déjà la voie de la rupture révolutionnaire a été d’un coût humain terrible mais que ce sera encore plus difficile parce que le capitalisme a senti le vent du boulet passer et il ne laissera plus faire. Et surtout, au plan national comme au plan international, le divorce s’est approfondi entre une gauche « libérale » qui a peur des masses et celles-ci.

Ce fait pourtant massif d’une nostalgie de l’Union soviétique et du socialisme chez les peuples qui ont vécu cette expérience est nié, on fait silence dessus ou alors on en fait le fruit de la propagande du régime russe actuel, ce qui est complètement faux, voire pire encore on le présente comme le résultat de peuples incapables d’accéder à la démocratie et n’aspirant qu’à la dictature, une sorte d’extension de la notion contestable déjà de totalitarisme. A la seule différence près que les Allemands (sauf les Allemands de l’est bien sûr) auraient été capables de rompre avec leur passé nazi alors que les « barbares » russes en sont incapables. Ce refus de comprendre et d’analyser l’expérience soviétique, de mesurer à quel point elle est regrettée par ceux qui l’ont vécue, participe donc de la rupture entre une gauche élitiste, proche de l’atlantisme et de fait des solutions du capital et qui ne croit plus que dans les mœurs et dans une démocratie réservée à une élite et la grande masse des exploités, des déshérités. Le terme même de « nostalgie » est-il adapté, ne sommes-nous pas devant une « conscience historique, comparable à celle que Marx voit dans la France après la révolution Française tout au long du XIXe siècle?

Donc c’est à partir du constat de cette situation qui accepte d’être fondée sur tous les négationnismes historiques au point de pousser l’identité entre « les totalitarismes » jusqu’à refuser le rôle de libérateurs à l’armée rouge que l’ont peut mesurer les divisions actuelles, celles qui font la part belle aux démagogies de l’extrême-droite. Cette falsification permanente devrait rendre indispensable une critique de la « déstalinisation » Khroutchévienne et ultérieurement de l’absence d’analyse des communistes eux-mêmes des raisons de la chute de l’URSS. La plupart des pseudos évidences sur cette question sont inspirées par la social démocratie, par des idéologues libéraux-libertaires. Cette analyse donne la nausée parce qu’elle est moralisatrice à sens unique mais surtout parce qu’elle n’explique rien. La position triomphante de la droite et du capital était souvent infiniment plus intéressante parce que, comme l’article du National Interest publié sur ce blog, il s’agissait d’un point de vue cynique des vainqueurs, un point de vue de classe et on n’avait pas à supporter en prime leur fidèles vassaux qui se prenaient pour les défenseurs de la démocratie et des droits de l’homme tout en appuyant tous les massacres perpétrés par les « vainqueurs » de l’URSS.

UN MONDE MULTIPOLAIRE ET LA FIN D’UN MONDE  « VERTUEUX »

Nous sommes incontestablement à la fin de ce mode « vertueux » ou présenté comme tel du pillage impérialiste et les illusions qu’il avait engendrées sur la « fin de l’histoire » et l’horizon indépassable du capitalisme. Il existe une crise politique dans les pays occidentaux où les mécanismes de recrutement des élites politiques mais aussi culturelles  sont de plus en plus contestés. Enfin, le développement scientifique et technique qui une fois de plus remet en cause la relation capital-travail se fait dans le carcan de l’exploitation capitaliste qui approfondit comme jamais les inégalités de classe et entre individus alors même que le monde multipolaire tente de recréer l’égalité entre les nations. C’est de ce fait un nouveau contexte, celui du développement d’un mode multipolaire avec la montée du géant asiatique, qui sur le plan économique au moins dispute sa place de leader aux Etats-Unis, mais l’Inde a également repoussé le Japon de la troisième à la quatrième place. Troisièmement, l’Indonésie a chassé l’Angleterre de la cinquième à la sixième place. Sans parler du retour de la Russie au-devant de la scène internationale, c’est un mouvement général qui bouscule les perspectives mais nous incite à relire le passé, en particulier depuis la première guerre mondiale et le surgissement de la Révolution bolchevique.

C’est peu dire qu’il n’y a pas eu grand chose de réalisé dans ce domaine. En France en particulier.

Les dirigeants du PCF, occupés – je ne le leur reproche pas- à préserver les directions et les élus du PCF, un semblant d’unité auquel s’attachaient les militants, ont emboîté le pas à cette condamnation et ont refusé en fait tout autre analyse dans laquelle la critique serait partie des buts et moyens recherchés par les communistes eux-mêmes.

Cuba où je me suis réfugiée n’avait pas le temps de procéder à une véritable analyse tant le pays seul, proche de l’asphyxie économique cherchait la survie. Pourtant son existence même était déjà une critique de quelques événements et manières d’être de l’internationale communiste. Trois choses m’ont frappée:

– Les Cubains avec Fidel mais aussi Raoul s’intéressaient énormément à la théorie marxiste, au léninisme, mais d’une manière vivante à partir des problèmes auxquels leur résistance les confrontait. Ils étaient les héritiers de ce point de vue des « Lumières » telles qu’elles se sont diffusées à Cuba, comment faire passer par le prisme cubain tous les apports de la modernité, puis de la révolution de 1917. Ce prisme n’était pas seulement national, la nation s’était construite à la fois dans le refus de l’esclavage, dans l’union nécessaire des descendants d’esclaves et des espagnols contre la colonisation espagnole, puis l’impérialisme des Etats-Unis.

– La recherche de l’unité était privilégiée sur tout mais dans un axe stratégique anti-impérialiste, un positionnement sud-sud privilégié avec toujours l’alliance au sein des non alignés, les mouvements de Libération nationale tout en renforçant les liens avec les pays socialistes, l’URSS, mais aussi la Chine. Ceci avait de nombreuses conséquences, la première était l’approche de classe. Il était beaucoup moins question de la classe ouvrière, de son rôle dirigeant que dans le PCF, alors même que la dimension de classe était première dans la lutte anti-impérialiste. La seconde était le refus des divisions doctrinaires face à l’ennemi impérialiste. Ainsi, Fidel a attribué dans bien des interventions la chute de l’URSS aux divisions du mouvement communiste international, en particulier la querelle sino-soviétique. Je dois dire que quand je lis l’article de National Interest sur la manière dont Nixon et Reagan ont utilisé cette querelle, et les moqueries de l’auteur de l’article sur ces factions dogmatiques qui se sont répandues sur la planète et dans tous les mouvements de libération, les partis communistes pour y porter les divisions théologiques sur la question de savoir qui était le meilleur représentant du marxisme léninisme, je suis prise d’une crise de colère devant tant d’imbécilité surtout qu’il en reste des individus de ce type et ils ont l’art encore aujourd’hui d’écoeurer tout le monde en jouant les trolls insultants sous le nom par exemple de Jo Stalin (je n’invente rien); le dogmatisme impuissant et insultant cherchant à cliver les camps n’a pas totalement épargné Cuba dans ce qu’on a appelé la période grise, mais les effets en ont été plus limités.

– la position de classe anti-impérialiste me paraît, mais c’est de l’ordre encore de l’intuition, plus claire dans les pays dits du Tiers monde y compris émergents que dans les anciens pays colonisateurs comme la France où elle prend souvent des aspects moraux, des côtés dame patronnesse en train de faire le bonheur missionnaire des petits africains et ces « missionnaires » appuient la tendance social-démocrate, libérale libertaire d’une pseudo gauche toujours prête à cautionner une expédition impérialiste sous prétexte d’apporter aux malheureux peuples le viatique de la démocratie et des bonnes moeurs. Cette attitude, en politique internationale produit la multiplication de groupuscules intéressés aux bonnes oeuvres en faveur de tel ou tel peuple, elle correspond au plan national à une manière de considérer les gens issus de l’immigration en tant que communauté victime mais surtout pas en tant que prolétaires. La fin du PS, un des thèmes à la mode, marque l’usure d’une vertu morale qui n’a que trop méprisé les conditions de l’exploitation et de la misère vécue par la majorité, mais elle ne signifie pas au contraire que l’on doit abandonner cette revendication égalitaire, ce souhait d’être des citoyens à part entière et l’acceptation des dévoiements de l’extrême-droite dans un contexte marqué par le retour des nations et des souverainetés à l’échelle internationale. .

L’affaiblissement du PCF, son unique polarisation sur la survie d’élections en élections, joue un rôle négatif parce que seul un parti communiste pourrait recréer à la fois la lutte pour la paix, pour la souveraineté des nations et pour l’unité des classes exploitées tant au niveau international que national. Mais peut-être s’agit-il là encore d’un vœux pieux. Ce qui ne l’est pas c’est la nécessité de la paix parce que se joue, comme n’a cessé de le souligner Fidel Castro, la survie de l’humanité.

Danielle Bleitrach

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6 Commentaires

Publié par le janvier 8, 2017 dans Uncategorized

 

6 réponses à “Les bases d’une réflexion et des raisons de la création du blog Histoire et société

  1. Frank

    janvier 8, 2017 at 10:11

    Bonjour,Merci pour ces analyses,lucides,claires et sérieuses.amicalement Frank

     
  2. Frank

    janvier 8, 2017 at 10:21

    Attention;Quand tu écris pour la France:’au retour des Rois en 1810 et de la sainte alliance’;
    C’est en 1814 et 1815,que Napoléon premier a été vaincu .
    Louis XVIII devint roi de France et de Navarre de 1814 à 1815 et de 1815 à sa mort, le 16 septembre 1824, à Paris.

     
  3. histoireetsociete

    janvier 8, 2017 at 11:04

    meri Franck, j’ai corrigé, j’ai tendance à massacrer les noms et à tronquer « légérement » les dates quand je ne vérifie pas..

     
  4. etoilerouge

    janvier 9, 2017 at 2:20

    Certes la division CHINE URSS a affaibli d’abord géopolitiquement et militairement le pays socialiste principal d’alors l’URSS. Mais il faut bien voir que cela répondait à une politique volontaire de la RPC en recherche de développement et de capitaux pour ce développement à une échelle que ne permettait pas la réponse politique URSS. Voyons qu’ au même moment mais pour des volumes bien inférieurs de nombreux pays socialistes ( yougoslavie, pologne, tchécoslovaquie ) ont réclamé des fonds à des banques internationales capitalistes ce qui a permis un développement économique accru de ces pays et un développement au pays capitalistes les plus puissants. Ensuite ceux ci ont étrangle ceux là d’autant plus que cet appui sur des capitaux capitalistes veut dire aussi appui sur des valeurs capitalistes. Les camarades d’alors ont rêvé à l’eurocommunisme une sorte de religion syncrétique mélangeant le meilleur( du point de vue des euro com) du capitalisme et du socialisme d’alors. Celà avait un grand retentissement en URSS où nombre de citoyens organisés ou non virent une opportunité ( comme on dit si bien aujourd’hui chez les capitalistes) entre la politique soviétique et ce réformisme moraliste et plein d’illusion qu’est l’eurocommunisme. Ce qui apparaît aujourd’hui c’est la justesse des points de vue LENINISTE et même de STALINE en bien des points décisifs. Demander à ceux qui ont muté au point d’être des clones du PS et de la droite, de l’extrême droite y compris sur la question socialo communiste va être difficile mais pas impossible par effet retour de la réalité !

     
  5. Krystyna Hawrot

    janvier 10, 2017 at 3:14

    Merci beaucoup Danielle pour cette analyse, c’est si important de commencer l’année par une réflexion claire, qui manque tant à la gauche, noyée qu’elle est par la propagande et une actualité toujours plus folle et accélérée! A ton analyse sur les divisions plus ou moins artificielles dans le mouvement communiste entre 1945 et 1989, bien entendu habillement exploitées par le capital, il faut ajouter le nationalisme structurel et consubstantiel des partis communistes est européens. Le nationalisme en Europe de l’Est est historiquement une chance et un désastre. Le mouvement socialiste du 19 siècle permet d’importante avancée à l’indépendance des nations de l’Est en 1918 (démocratie parlementaire de Masaryk en Tchécoslovaquie, réforme agraire du génial bulgare Aleksander Stambolijski en 1925, droit de vote des femmes, retraites, la semaine de 40h du gouvernement Daszynski en Pologne en 1918…)
    Mais le nationalisme, y compris de gauche est un piège qui divise. En Pologne, on a fêté sans fêter en 2016 le 60 anniversaire de la Révolution de 1956. Autant il y a 20 ans, quand j’ai fait mon doctorat inachevée sur les années 60, j’étais attachée à ce qu’on considérait largement comme un mouvement révolutionnaire – luttes ouvrières pour l’autogestion, droit à l’expression avec le journal Po Prostu, droit à l’IVG et à la contraception, émancipation des jeunes… Mais aujourd’hui, quelle ne fut pas ma surprise de lire dans les textes de la gauche féministe polonaise, gauche pourtant libérale, des critiques acerbes de Gomulka et de sa politique post 1956! Il s’avère que l’indépendance de Gomulka face à l’URSS a isolé la Pologne du soutien russe et l’a mené à payer la dette odieuse que la Pologne devait aux impérialistes depuis 1918. Gomulka a accepté de payer la dette aux Occidentaux, puis Gierek s’est engagée dans la vassalité de l’endettement dans les années 70, alors que Soros et les fondations allemandes commençaient à recruter les enfants des élites dès la fin des années 70!
    Il apparait aussi que 1956 a mis un coup d’arrêt à la politique de l’émancipation des femmes, notamment de la volonté de leur permettre d’embrasser des métiers techniques dans les secteurs masculins et la direction des entreprises. Et aussi c’est le régime stalinien honni qui a légalisé l’IVG puisque la loi date de mai 1956, donc avant l’arrivée au pouvoir de Gomulka.
    Le nationalisme communiste a donc amorcé un coup d’arrêt à l’émancipation sociale en Europe de l’est, figeant l’évolution des sociétés et permettant l’exploitation de la stagnation par les impérialistes. Et je ne parle pas du désastre du pogrom anti-juif de mars 1968 orchestré par le gouvernement de ce même Gomulka…
    Il n’y a qu’à voir le désastre de la politique roumaine – Ceaucescu le réformateur des années 60 s’est retrouvé complètement isolé quand il a fallu payer la dette aux Occidentaux en 1980, parce qu’il avait stupidement rompu avec l’URSS. un peu comme un Saddam Hussein que les Occidentaux ont encouragé avant de l’abattre comme un chien quand il n’est plus utile…
    Et que dire du nationalisme yougoslave? La Yougoslavie se croyaient plus forte que les autres pays de l’est, à cause de sa liberté, et c’est bien elle qui a été la première victime des impérialistes.
    L’analyse des effets pernicieux de ce nationalisme, que pourtant on a célébré longtemps comme une « indépendance d’esprit » des dirigeants communistes polonais, roumains, yougoslaves, doit aussi être faite pour comprendre la m… dans laquelle on est aujourd »‘hui et reconstruire.

     
    • histoireetsociete

      janvier 10, 2017 at 3:30

      je te remercie, ton analyse est en effet éclairante sur bien des points… enfin, il faut ajouter au titre des divisions le rôle de la soccial démocratie…

       

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