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« Bonne année, katsap! » par Zaour Karaev

08 Jan

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Comment un journaliste de « Svobodnaia pressa » a passé le Jour de l’An en Ukraine occidentale

Un Russe se rend en Ukraine, dans la partie du pays la plus occidentalisée, celle qui jadis appartenait à la Pologne, la partie où seulement 40% de la population parle russe, celle où l’on célèbre Bandera avec le plus d’enthousiasme. Il nous décrit cette ville durant le Noël orthodoxe, la rencontre entre Russes et Ukrainiens au-delà des clichés. Comment ils finissent par porter un toast à Lénine et à l’Union soviétique. Voilà ce que nous aimons avec Marianne, vous faire connaitre un pays au-delà des clichés, comment les êtres humains se rencontrent et échangent, malgré ce que l’on veut faire d’eux (note de Danielle Bleitrach. Traduction de Marianne Dunlop pour Histoire et société)

http://svpressa.ru/society/article/163716/

Je suis arrivé dans la ville ukrainienne de Rovno depuis Lvov,  ville dans laquelle m’avait invité un collègue ukrainien, brûlant du désir de me montrer l’ « absence de russophobie » dans ces régions. Je connaissais déjà Lvov, si bien que je n’y ai pas fait de grandes découvertes pour moi-même, mais concernant Rovno c’est une autre affaire. Ici, l’ « ukrainité » déborde de partout, en tout cas il y en a encore plus qu’à Lvov. C’est ici que j’ai fêté l’arrivée de l’année 2017.

Comme chez nous

En entrant dans la ville tu ne réalises pas immédiatement que tu es parti loin de la Russie. Toutes les villes de l’Ukraine occidentale, d’après mon expérience, rappellent la province russe. Et Rovno a certainement quelques similitudes avec la région de Krasnodar. Par exemple, la petite ville de Tikhoretsk. En gros, c’est confortable, agréable – ça et là sont dispersés des bâtiments de différents styles architecturaux, du néoclassicisme au constructivisme. Dans certains districts, même les routes sont tout à fait décentes. Mais quand on s’éloigne du centre, l’image se détériore. A la place du néoclassicisme vient le  » fonctionnalisme khrouchtchevien. » Et dans les guirlandes dérisoires qui peinent à scintiller aux fenêtres khrouchtcheviennes, il y a quelque chose de triste, mais en même temps de familier, de connu, et donc touchant.

Pendant que je regarde de tous côtés, nous débouchons sur un tronçon de route très bosselé, auquel visiblement on vient de reboucher les trous. Cette réparation, cependant, n’a pas été particulièrement efficace : on cahote comme sur un chemin de terre. On ne voit personne dans les rues, bien qu’il ne fasse pas trop froid. Je demande à mon ami où sont passés les gens, mais absorbé comme il est par la conduite sur route défoncée, il répond par monosyllabes, ce qui est compréhensible. Ici, explique-t-il, il n’y a pas la tradition de faire un shopping frénétique le dernier jour de l’année. On essaie d’acheter à l’avance, et, apparemment, ça marche. Dans tous les cas, mieux que chez nos concitoyens. Mais mon ami, en dépit de son origine cent pour cent ukrainienne, ne suit pas la tradition des gens d’ici –à la maison on attend de lui qu’il rapporte encore quelques victuailles. Nous nous garons près d’une petite boutique avec un nom étrange. Etant curieux, je suis entré moi aussi à l’intérieur. Par exemple, à Lviv, les prix en deux ans ont grimpé de manière significative, et même les hausses en Russie à côté font pâle figure. On dit qu’autrefois la région de Rovno avait les prix les plus bas sur les produits alimentaires parmi les régions de l’Ouest. Et maintenant?

Pas moins cher qu’en Russie

La petite boutique, comme il se doit dans les jours du Nouvel An, est remplie de toutes sortes de produits. Sur le comptoir, de l’alcool, des fruits, de la viande, des légumes et des bonbons. Alors que mon compagnon fait ses courses, je considère les étiquettes de prix. La vodka est chère ici. Même les bouteilles de qualité douteuse sont à  90-110 hryvnias (3 à 4 €). Celles qui sont de meilleure qualité valent quelques dizaines de hryvnias de plus. Certes, les prix sont plus bas dans les supermarchés, mais, selon les habitants du lieu, pas de beaucoup, et les gens vont beaucoup dans les petites boutiques et les kiosques – là vous pouvez prendre « sous le comptoir », et cela revient moins cher. Mon ami, si je comprends bien, est venu ici à cet effet – les salaires des journalistes ukrainiens au cours des dernières années se sont abaissés au salaire moyen (dans la région de Rovno il est inférieur à 150 $). Il est très drôle de voir que la contrefaçon acquise par mon ami est couverte d’autocollants avec des inscriptions russes. Probablement, ce sont des petits malins de chez nous qui la font venir du Caucase.

Voici les prix de certains produits que j’ai relevés:

œufs – 60 roubles la douzaine (0.95€)

lait – 40-50 roubles le litre (0.60-0.80€)

poulet – 150 roubles le kilo (2.40€)

tomates – 80 roubles le kilo (1.30€)

boeuf – 200-230 roubles le kg (3.20-3.70€)

pain – 20-30 roubles (0.30-0.50€)

porc 180-200 roubles le kg (2.90-3.20€)

En général, comme vous pouvez le voir, les prix ne sont pas très différents de ceux en Russie, et même en dessous d’eux sur la plupart des articles. Mais en Ukraine, quoi qu’en dise Piotr Porochenko, le niveau de vie est bien plus bas  – les salaires sont plus bas, les retraites plus basses, mais l’inflation est plus élevée. Il n’y a que les cigarettes qui à Rovno sont moins chères – pour cinquante roubles, vous pouvez avoir un paquet tout à fait décent. Voulant faire l’emplette de tabac local, j’ai attendu que mon ami paie ses courses, puis me suis adressé en russe à la vendeuse – une femme âgée. Curieusement, dans ses yeux il n’y avait rien de russophobe, mais elle a demandé pourquoi je ne parlais pas ukrainien. Je lui ai répondu que je venais de Russie, elle a souri, et a même ajouté en russe: « Bonne année, katsap », puis, avec mon collègue, ils ont ri.

Un assortiment classique

Nous avons quitté le magasin et sommes allés à la maison de mon ami. Avant que j’arrive à Rovno, il m’avait déjà dit que le dernier jour de 2016, en plus de ses parents il avait invité des amis –des représentants de l’intelligentsia locale. Parmi eux – un professeur de l’une des universités, un couple de journalistes et un ancien avocat, qui était populaire à l’époque de Victor Ianoukovitch. Toutes ces personnes, selon les dires de mon ami, devaient représenter une compagnie intéressante pour moi – des gens intelligents, et à qui parler russe ne pose pas de problème. Cela en dépit du fait que, selon les statistiques, seulement 4% des habitants de Rovno utilisent le russe comme leur principal moyen de communication.

Nous arrivâmes bientôt à l’appartement, où nous fûmes accueillis par la femme de mon ami. Les présentations furent faites en russe. Dans une grande pièce était dressée une table autour de laquelle dix personnes étaient assises. Mon collègue m’a présenté, puis je me suis présenté personnellement à chacun. L’atmosphère m’était très familière. Presque dans chaque famille russe moyenne le Nouvel An est fêté d’une manière similaire. La table était garnie d’un assortiment classique de plats. C’était la traditionnelle salade Olivier** – une énorme assiette en était disposée juste à côté de moi. Un peu plus loin se tenait un plat d’œufs farcis. Une montagne de mandarines garnissait un saladier profond, maladroitement peint dans le style de Khokhloma. Des pommes de terre étaient dans les assiettes de chacun. Sur la table en divers endroits étaient posés des plats de kholodets [viande en gelée]. Et, bien sûr,  l’alcool. Celui sur lequel étaient les inscriptions en russe. Toutefois, le vin et le champagne étaient d’origine ukrainienne.

Quand va-t-elle s’effondrer?

Après quelques toasts élevés en l’honneur de la nouvelle année et de l’Ukraine, ma personne a commencé à attirer de plus en plus l’attention. D’abord, je fus approché par l’avocat, qui avait clairement de la sympathie pour la Russie ou peut-être pour Ianoukovitch, à l’époque duquel ses affaires marchaient bien. Il se demandait comment on vivait maintenant en Russie, mais a abordé la question de loin:

– Dites-moi, vous allez rester encore longtemps en Syrie? Chez nous on dit que la Russie restera là-bas aussi longtemps que Poutine sera au pouvoir.

J’ai dit que je n’étais pas spécialement informé des plans du président ni du ministère de la Défense. Sur quoi mon interlocuteur a glissé: «Et l’argent», en effet, pour la guerre il faut beaucoup de moyens financiers et où les prendre, lorsque le pays est sous sanctions. A la télévision ukrainienne, ont discute depuis longtemps de l’effondrement probable de la Russie en raison de l’appauvrissement drastique de la population à cause des aventures coûteuses engagées par le Kremlin. Il était évident que l’avocat lui-même ne croyait pas à ce scénario stupide, parce que dans son discours se sentait une moquerie des médias locaux. Je répondis que je n’avais pas entendu parler d’émeutes massives, et donc il était peu probable qu’une crise grave menace d’effondrement notre pays. Et puis l’enseignant a pris la parole. Il parlait tantôt en russe, tantôt en ukrainien, mais cela ne tournait pas au surzhik***, c’était plutôt un mélange de langues littéraires tout à fait appropriées–une phrase pouvait commencer en bon russe, et se terminer en « mova ». Cela ne m’a pas empêché de le comprendre.

– On vous dit ça, mais en fait la Russie est pauvre. Elle se bat ici, elle se bat en Syrie. Vous avez des baisses de salaires, les prix ont augmenté. Mon neveu vit à Moscou, et il dit que c’était beaucoup mieux avant la Crimée.

Il a ensuite continué à raconter combien son neveu était malheureux à Moscou. Alors je lui ai demandé pourquoi son neveu ne rentrait pas à la maison, dans sa chère Ukraine natale? D’autant plus, comme j’ai compris, qu’il était originaire d’ici et était parti travailler dans la capitale russe dès 2012. Probablement, c’est quelqu’un qui ne cherche pas la facilité. L’enseignant a commencé à dire quelque chose sur Porochenko, mais l’avocat l’a interrompu pour dire une blague:

– Il veut juste  voir de ses propres yeux comment la Russie va s’effondrer.

Beaucoup ont ri, ce à quoi je dois avouer que je ne m’attendais pas, pensant qu’en Ukraine occidentale les gens croyaient vraiment en l’effondrement imminent de la Russie. A ce moment, le maître de maison a proposé un toast à l’amour, et tout le monde a oublié notre effondrement …

Moscou a mis en place Porochenko

Mais bientôt la conversation est repartie sur le sujet de la Russie. Il se trouve que notre tablée s’est divisée en deux groupes – ceux qui soutenaient l’enseignant dans son attitude négative envers la Fédération de Russie et ceux qui étaient plus loyaux envers leurs voisins. Je ne dirais pas que l’enseignant était particulièrement vindicatif, plutôt, il était mécontent de la politique russe et, malheureusement, ses opinions avaient été formées principalement par les médias ukrainiens. Et cela signifie qu’il croyait vraiment à l’existence d’un grand nombre de soldats russes dans le Donbass, estimait que les campagnes russes étaient affamées, il était persuadé que « les Russes ne sont pas autorisés à voyager à l’étranger. » Mais d’autre part, l’enseignant ne soutenait pas non plus les actions des autorités ukrainiennes. Selon lui, Porochenko était clairement l’agent de quelqu’un, pillant et humiliant l’Ukraine à dessein : il ne s’intéresse pas aux principales couches de la population, et à travers ses actions, il essaie de gagner la faveur de seulement une petite partie de la population, peu versée dans la politique, mais capable au premier ordre « de se lever et de détruire. » L’enseignant les a appelés « jeunes rogul’ » [culs-terreux]. Cependant, la chose drôle est qu’il tenait Moscou responsable de la venue de Porochenko au pouvoir. Moscou, disait-il, a opprimé Kiev pendant toute une période et finalement dictait presque directement ses ordres à Ianoukovitch. Cela a irrité beaucoup aussi bien les vrais patriotes que les « rogul’ », c’est pourquoi tout le monde s’est précipité au Maidan. La révolution, dit mon interlocuteur, était nécessaire, mais son potentiel ne s’est pas réalisé. Au pouvoir ce sont les mêmes voleurs, qui se cachent juste derrière les idéaux du soulèvement populaire.

L’avocat était pour l’essentiel d’accord avec l’enseignant, mais quand on en est venu à Ianoukovitch, son visage a pris une expression moqueuse. Quand a eu l’occasion de parler, il a dit:

– Vous m’amusez, avec votre politique! Et vous voulez vivre comment? Avec nos « réalisations »? Ils disent que nous avons cessé d’acheter le gaz russe, que nous avons commencé à le faire venir d’Europe. L’indépendance énergétique… Oui, mais les tarifs actuels maintenant très peu de gens peuvent les payer. Où gagner de l’argent pour tout cela? Depuis 2014 rien n’a été ouvert, et si on a ouvert quelque chose, il n’y a plus d’embauche. Peut-être que Ianoukovitch était un voyou, mais il y avait du travail, les salaires augmentaient, les prix étaient deux fois inférieurs à ce qu’ils sont maintenant. Que tout cela revienne, et ça m’est bien égal de savoir qui commande notre président – Moscou, Berlin, ou pourquoi pas Israël.

Les Russes sont peu nombreux, mais on ne leur fait pas de mal

Nous avons parlé de politique un bon bout de temps. Je me suis renseigné sur les prix, les salaires, ils m’ont demandé mon opinion personnelle sur le président russe, et ce qu’en Russie les gens disaient à propos des Ukrainiens. Cette question préoccupait fort mes interlocuteurs. Je répondais calmement, participant périodiquement à des discussions engagées spontanément, puis ce fut mon tour de poser des questions. Je demandai, quelle est la situation avec la langue russe. Un des journalistes a déclaré qu’on ne parlait pas du tout russe ici. Aucune école de langue russe, mais il y a un cours de polonais. Ceci malgré le fait que les Polonais ici se comptent sur les doigts de la main. Mais il existe des sites en langue russe –aussi bien de nouvelles que de divertissement. Il y a des Russes à Rovno, parfois ils ont une situation sociale élevée – par exemple, l’ancien chef du Conseil régional de Rovno Mikhail Kirillov. Son père, soit dit en passant, au milieu des années 2000 avait ouvert un Centre culturel russe. Mais après le changement de pouvoir, Kirillov père (il est mort début 2015 – Ed.) est devenu persona non grata, malgré le fait que son fils était entièrement acquis au maïdan. Alors maintenant, on ne sait rien sur les activités du centre. Plus personne ne s’occupe de la culture russe.

L’attitude envers les Russes ici est assez calme. Dans tous les cas, la langue russe ici ne choque pas, si par hasard vous vous adressez dans cette langue aux passants. La réponse, bien sûr, sera en ukrainien, mais est-ce un problème? La crise dans les relations russo-ukrainiennes n’intéresse pas les  résidents locaux, sauf en ce qui concerne le recrutement pour l’ « ATO » [opération anti terroriste, terme utilisé pour désigner la guerre au Donbass, NDT], ou l’interdiction des produits russes. Par exemple, l’année dernière, il y a eu plusieurs actions contre la mobilisation, et l’interdiction des produits russes, même le maire s’est exprimé contre.

Bandera – un personnage douteux

Et aussi, comment ne pas aborder la question de Bandera, qui en Ukraine est traditionnellement célébré au début de Janvier. J’ai demandé comment il est perçu par les habitants. Comme je m’y attendais, il n’est pas tellement considéré comme un héros dans la région de Rovno. Bien que les nationalistes locaux essayent régulièrement de faire sa promotion – en apposant des plaques sur des bâtiments ou en dressant des monuments. Cependant, les plaques sont régulièrement profanées, et en 2016 l’une d’elles a été carrément brisée, tout comme une stèle dédiée à Bandera. Mais mes interlocuteurs n’apprécient pas de tels actes de vandalisme. Pour eux, comme pour l’ensemble de l’intelligentsia ukrainienne, Bandera est toujours important, ils le considèrent vraiment comme une figure majeure dans le développement de l’Etat ukrainien. Beaucoup de ses idées et actions, bien sûr, sont ambigus, mais ils le justifient sur tous les points. Et il est peu probable que dans un avenir proche soient prises au sérieux dans l’ouest de l’Ukraine les protestations contre Bandera des Russes et des Polonais. Cependant, l’avocat, en voyant mon indignation à ce sujet, me dit, quand personne ne pouvait entendre: « Je ne l’aime pas non plus. » Et je ne sais pas pourquoi, cela m’a fait plaisir.

Et puis on a commencé à beaucoup s’amuser, mais les conversations sérieuses ont disparu – l’alcool faisait son effet. Maintenant, nous parlions de tout indifféremment. Nous pouvions parler avec fierté de l’Ukraine indépendante, et cinq minutes plus tard regretter l’effondrement de l’URSS. Certains ont même porté un toast à Lénine.

Et puis, quand le chauffeur de taxi me reconduisait à la chambre que j’avais louée, j’ai pensé à une chose. On a tant parlé du nationalisme ukrainien que, parfois, la tête éclate. En Russie, on en parle presque comme d’un fascisme, ce qui est vrai en principe, si on approfondit la jungle idéologique des premiers Banderistes. En Ukraine, cependant, ce nationalisme bandériste est utilisé on ne sait pourquoi afin d’essayer d’affirmer son caractère unique, son identité et l’aliénation culturelle de la Russie. Mais la réalité est beaucoup plus prosaïque. L’Ukraine occidentale c’est toujours l’Ukraine, celle qui était jusqu’à récemment une partie de l’Union soviétique, et encore avant de l’Empire russe. Sa culture, en dépit de l’influence de la Pologne et d’autres pays, est d’abord liée à la culture traditionnelle russe, et ensuite au réalisme socialiste dans toute sa diversité. Ces choses évidentes ont jeté les bases de ce qu’on appelle «l’homme post-soviétique». Et ce modèle vit dans pratiquement tous les Ukrainiens, en dépit de nombreux efforts pour se débarrasser de cet héritage. S’ils veulent extirper d’eux-mêmes cet homme « post-soviétique », ils devront dire adieu aussi à leur « ukrainité ». Cette dernière, dans sa forme moderne, est justement ce mélange unique de cultures et d’idéologies imposées à l’identité slave orientale autrefois pure. Voilà le secret de la façon dont la tête d’un ukrainien peut voir coexister une pensée de type«soviétique» avec l’amour pour Bandera.

Notice historique :

Auparavant, Rovno était une ville juive. Avant la Seconde Guerre mondiale les Juifs représentaient plus de la moitié de la population. Mais la tourmente de 1941 a éclaté. Rovno a été l’une des premières villes soviétiques sous occupation allemande. On sait ce que cela a signifié pour les habitants. En à peine quelques jours, les nazis ont tué près de vingt mille personnes. Après la libération de la ville il restait un peu plus d’un millier de Juifs. Depuis lors, la ville est devenue « ukraino-russe » – un quart de la population était russe, 60-70% étaient ukrainienne. Avec l’effondrement de l’Union soviétique, la situation a radicalement changé. A cette époque, l’Ukraine occidentale commençait seulement à devenir ce qu’elle est devenue aujourd’hui dans l’imagination du Russe ordinaire – un bastion du nationalisme ukrainien, ce qui implique, même si certains le mettent en doute, une idéologie anti-russe prononcée. Naturellement, ce processus ne pouvait qu’influer sur la situation démographique dans la région. Les Russes ont commencé à partir. Certains sont partis pour différentes régions de l’Ukraine, d’autres ont choisi la Russie …

Traduit par Marianne Dunlop pour Histoire et Société

* katsap : nom familier qui peut être méprisant, moqueur ou amical que les Ukrainiens emploient pour désigner les Russes

**que nous appelons « salade russe »

***mélange dialectal de russe et d’ukrainien, pidgin

Rivne : avenue Soborna

Rovno à l’ouest de l’Ukraine fait songer aux villes polonaises.

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1 commentaire

Publié par le janvier 8, 2017 dans Uncategorized

 

Une réponse à “« Bonne année, katsap! » par Zaour Karaev

  1. COTTY Jean-Louis

    janvier 8, 2017 at 9:27

    Merci Marianne pour la traduction formidable échange je vous envie….

     

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