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An-Oston : Un village kirghiz engagé dans la transition écologique

08 Jan

Un séchoir solaire dans le village de Chirac, à Issyk-Koul

Un séchoir solaire dans le village de Chirac, à Issyk-KoulWECF

https://www.novastan.org/fr/kirghizstan/an-oston-un-village-kirghiz-engage-dans-la-transition-ecologique/
Petit village de montagne kirghiz, An-Oston connaît de graves problèmes d’approvisionnement en eau depuis la chute de l’URSS et l’usure des infrastructures soviétiques. Pour résoudre ces problèmes, des femmes du village se sont associées à des ONG pour s’engager dans une transition écologique. Ce site qui nous fait connaître la réalité de l’Asie centrale n’a je le répète aucune sympathie pour l’Union soviétique et pour le communisme, pourtant il nous décrit toujours à sa manière ce qu’a représenté comme traumatisme la chute de l’Union soviétique, le bricolage auquel doivent se livrer les habitants, qui sont souvent des femmes parce que les hommes ont dû immigrer. Il reste la capacité soviétique à s’organiser, le souci de l’environnement. Le regard de ces ONG qui contribuent au bricolage est très précieux pour ici aussi nous faire percevoir le séisme qu’a représenté la fin de l’URSS, la désorganisation, les installations qui vieillissent. N’oublions jamais qu’à l’inverse de la théorie de madame Hélène Carrère d’Encausse, l’empire soviétique n’a pas éclaté comme un système de décolonisation mais bien en son centre, dans les pays les plus développés, les pays Baltes et surtout la fédération de Russie qui ont rejeté l’Asie centrale (note de Danielle Bleitrach)

An-Oston est un petit village situé sur la rive sud du lac Issyk-Koul dans la région de Jeti-Ogouz. Il est l’une de ces bourgades kirghizes où les villageois vivent majoritairement grâce aux activités agricoles et aux pensions encore versées aux personnes âgées.

Des infrastructures vieillissantes

Lorsque l’hiver arrive dans ce village situé à plus de 1800m d’altitude, les tâches quotidiennes pour se chauffer et cuisiner deviennent plus difficiles, et les sources de revenu plus rares. Mais An-Oston a une histoire toute particulière grâce à la mobilisation et la détermination d’un groupe de femmes du village.

Lire aussi sur Novastan: Au Kirghizstan et au Tadjikistan, des initiatives locales face à une crise énergétique qui perdure

Tout commence en 2012, lorsque ce groupe décide de faire appel aux autorités locales pour réhabiliter leur réseau d’eau. En effet, comme de nombreux villages au Kirghizstan, An-Oston est relié à un réseau d’approvisionnement construit sous l’Union soviétique. A l’époque, 16 villages étaient alors alimentés par une seule source de surface. Après la chute de l’URSS et la privatisation des kolkhozes, ces infrastructures se sont détériorées très vite par manque de moyens pour la maintenance. C’est ainsi que jusqu’en 2013, les 300 familles du village devaient s’alimenter en eau grâce aux 6 fontaines encore en fonctionnement.

Une mobilisation d’ONG pour l’accès à l’eau

La rencontre entre Gulai, directrice du CDWUU du village et d’Anara Choitonbaeva, directrice de KAWS (Kyrgyz Alliance for Water and sanitation), une ONG locale, permet à An-Oston de créer, en 2013, un Comité Communal des Usagers de l’eau (CDWUU) dans le village et ainsi de rejoindre le réseau national des CDWUUs.

En effet en 2002, face aux difficultés grandissantes de l’accès à l’eau en milieu rural,  la Banque mondiale et DFID (Department for international Development, UK) lance un projet pour améliorer la gestion de l’eau au Kirghizstan. A travers la création de comités des usagers et en mobilisant les municipalités, ce projet a pour objectif de rendre locale et durable la gestion et la maintenance des réseaux d’eau et de l’assainissement dans les villages.

ONG basée à Bishkek, KAWS a pour mission depuis 2007 de créer des capacités locales pour l’amélioration des conditions de vie en milieu rural grâce à l’accès à l’énergie, l’approvisionnement en eau et l’assainissement écologique durable. Elle cherche pour cela à responsabiliser les communautés, notamment les femmes et les jeunes, dans les processus décisionnels liés aux aspects sanitaires. La rencontre avec les habitants d’An-Oston et KAWS est le début d’une belle aventure.

KAWS s’est rapidement rapproché de WECF (Woman in Europe for a Common Future), une ONG française, pour inclure le village d’An-Oston dans leurs activités concernant le renforcement des capacités du Kirghizstan (projet EWA) et particulièrement les CDWUUs.

Grâce à l’ensemble de ces mécanismes de solidarité et de la forte implication de toute la communauté, 2 ans après, 225 foyers ont accès à l’eau potable et abordable avec un réseau réhabilité, maintenu et géré par le CDWUU.  « L’eau n’est plus notre première préoccupation à présent », partage un villageois. Le projet n’est pas fini et permettra dans moins de deux ans de connecter encore environ 70 foyers.

Visite des installations sanitaires dans l'école d'An-Oston

Les technologies écologiques pour améliorer les conditions de vie

Mais les villageois veulent aller plus loin et ont déjà un nouveau projet en tête. Pour éviter un exode rural et préserver leur mode de vie éloigné de la pollution et de la vitesse des  villes, ils sont à la recherche de nouvelles activités locales et sources de revenu pour faire face, en particulier, à la rudesse de l’hiver.

Leur idée : introduire des technologies écologiques et durables (Toilettes Ecosan / chauffeur solaire / séchoir solaire …) comme solution pour les futures générations. Pour cela, ils souhaitent construire un centre-ressource fonctionnant comme un mini-centre de démonstration et de sensibilisation.

Lire aussi sur Novastan: Nisour: le solaire au secours des villages du Pamir?

Comme l’explique Gulai, ce centre a pour objectif de sensibiliser et informer sur les ressources naturelles dont ils disposent et sur l’importance de les protéger, mais aussi de connecter les habitants, le CDWUU et des entrepreneurs locaux pour faciliter la mise en place de ces technologies pour les villageois qui le désirent.

Une campagne de crowdfunding pour amorcer la transition

Tous les villageois sont convaincus que l’amélioration de leur condition de vie va de pair avec la protection de l’environnement. Ce projet environnemental et social concerne aujourd’hui un village, mais les acteurs et bénéficiaires espèrent que le projet d’An-Oston n’est que le début d’un processus et d’une prise de conscience plus globale.

Si la municipalité a décidé de mettre à disposition généreusement un terrain avec une petite maison, le manque de fonds met malheureusement en péril le projet. C’est pourquoi Karine Peyrard, volontaire au Kirghizstan pour KAWS, et WECF ont décidé de lancer il y environ un mois une campagne de financement participatif sur la plateforme Ulule. Objectif ? Collecter grâce aux soutiens extérieurs les 6000€ nécessaires pour rendre ce projet réalisable.

« Nous sommes convaincus que ce projet, qui ne l’oublions pas est le leur, est une action saine, durable et solidaire, engagez-vous à leur côté pour un futur plus juste ! » appelle Karine Peyrard.

Rejoignez-nous et soutenez le projet !

Pour en découvrir plus sur le projet et participer à la campagne, suivez ce lien : https://fr.ulule.com/green-technologies-kyrgyzstan/

Karine Peyrard

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Publié par le janvier 8, 2017 dans Uncategorized

 

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