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Kiev s’en prend au père Noël Russe en l’interdisant en tant que « soviétique », donc espion de Poutine

07 Jan

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Dans leur croisade contre les liens culturels potentiels entre l’Ukraine contemporaine et son passé soviétique, les autorités ukrainiennes semblent perdre tout bon sens. Faire de Ded Moroz et Snegourotchka un espion soviétique au service de Poutine est pour le moins étonnant vu que le personnage paraît comme bien des éléments liés au solstice d’hiver être inspiré par des cultes païens chamaniques. Mais le personnage, son histoire ont également des parentés avec la mythologie grecque et les mystères d’Eleusis. A ce titre, il a inspiré le dramaturge Ostrovski et  Rimsky-Korsakov sous le tsarisme, mais un film célèbre soviétique a popularisé la légende développée par la pièce de théâtre. Est-ce pour cela qu’il est interdit et supplanté par le très atlantique et consumériste père Noël occidental? La traque du communisme, on le voit remonte loin pour les bouffons de Kiev (note et traduction de Danielle Bleitrach)

Dans leur croisade contre les liens culturels potentiels entre l’Ukraine contemporaine et son passé soviétique, les autorités ukrainiennes semblent perdre tout bon sens.

Tout d’abord des films russes et des émissions de télévision, à la fois contemporaines et réalisées pendant la période soviétique se sont attirés l’ire des autorités ukrainiennes. Dès le début de 2016, le Conseil national de la télévision et de radiodiffusion de l’Ukraine a fièrement présenté une liste de quelques 544 films qui ne doivent plus être diffusés ou projetés dans le pays afin de protéger les Ukrainiens de « l’agression par l’information » .

Mais alors que, par exemple, la diffusion de la chaîne de télévision russe Nostalgia a été interdite parce qu’une partie de son logo ressemble à la faucille et au marteau de l’emblème de l’Etat soviétique, on ne peut que se demander ce qui a incité les autorités ukrainiennes à interdire des films basés sur les œuvres du dramaturge du 19ème siècle et romancier Nikolai Gogol – un homme né dans la partie de l’Empire russe, qui est devenue plus tard l’Ukraine et dont le travail a été fortement influencé par la culture populaire ukrainienne.

Cela, cependant, n’était que le début. En octobre 2016, le ministère ukrainien de l’Intérieur a interdit l’utilisation de la langue russe par le personnel des aéroports dans le pays. Maintenant, tous les conseils de départs, les signes et les annonces dans les aéroports ukrainiens doivent être faites en anglais et en ukrainien !

Cherchant à effacer toute référence culturelle qui peuvent ou ne peuvent pas avoir quelque chose à voir avec la Russie, les responsables ukrainiens toujours vigilants ont même tourné leur attention vers les deux personnages de contes de fées russes qui sont associés à la veille de Noël et du Nouvel An – Grand-père Gel et sa petite-fille Snegourochka (la jeune fille de neige).

En prétendant que les deux personnages ont été inventés en URSS, les autorités ont décidé que, à partir de cette année, les enfants en Ukraine recevront leurs cadeaux de Noël de Saint-Nicolas. Le Père Noël, il semble, n’était tout simplement pas assez patriotique.

En cette période, il reste à voir quels autres éléments communs de l’histoire et de la culture russe et ukrainienne seront interdits par Kiev et en passant jetés dans le «trou de la mémoire». …
Read more: https://sputniknews.com/art_living/201701051049293384-ukraine-cultural-crackdown/

La légende russe de Snégourotchka et de Ded Moroz (le père gel)

La fille-épouse du père hiver est Perséphone: Dans la mythologie grecque, Perséphone (en grec ancien Περσεφόνη / Persephónê, chez Homère Περσεφόνεια / Persephóneia) est une des principales divinités chthoniennes, fille de Zeus et de Déméter et aussi épouse d’Hadès. Elle est d’abord connue sous le simple nom de Coré (Κόρη / Kórê, « la jeune fille »), ou encore « la fille », par opposition à Déméter, « la mère » (ἡ Μήτηρ / hê Mếtêr). Déesse du monde souterrain (les Enfers), elle est également associée au retour de la végétation lors du printemps, car chaque année elle revient six mois sur terre puis six mois en enfers avec Hadès, notamment dans les mystères d’Éleusis. Comme dans la plupart des fêtes du solstice, le père Noël pour sa part a des traits jupitériens, solaires) mais aussi d’Hadès, le dieu des enfers. Donc non seulement ces personnages existaient sous l’empire tsariste mais ils témoignent à leur manière des influences qui ont présidé à la Constitution de la Russie, autant que la religion orthodoxe et l’alphabet

Ancien dieu dirigeant la neige et le gel, Moroz vit au cœur des lointaines forêts dans une maison de glace. Son bâton sert à déclencher le gel mais s’il en frappe votre maison, les poutres se fendront en deux… Il est revêtu d’une longue pelisse bleue, d’un chapeau bordé de fourrure, de grosses moufles et ses pieds sont chaussés de valenki (bottes de feutre). Donc, nous avons là typiquement un des anciens dieux païens recyclé  pour le solstice d’hiver et la pseudo nativité du Christ. De dieu du gel à qui on offrait des présents pour que les récoltes ne gèlent pas, il s’est reconverti en porteur de cadeaux pour les enfants

A l’instar de Saint-Nicolas ou du Père-Noël dans les pays européens… Comme lui, il se déplace en flottant dans les airs ou dans une troïka tirée par trois chevaux.
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Rappelons que la fête de la Nativité est célébrée le 7 janvier par l’Eglise orthodoxe et que Ded Moroz vient délivrer ses colis … au nouvel an !
Ded Moroz est papa d’une grande fille qui l’aide à distribuer les cadeaux : Snégourotchka (« Petite neige » que l’on désigne sous le nom de « Fille de neige »), également fille de la déesse du printemps Vesna (« Belle source » que l’on retrouve aussi traduite comme « Primevère »). En fait c’est elle qui paraît une interprétation de Perséphone (Proserpine chez les latins) enlevée à sa mère Demeter (Ceres) déesse des moissons par le dieu des enfers, mais elle est aussi la fille de Jupiter et présidait au mystère d’Eleusis. Snégourotchka est vêtue d’une robe bleue et porte dans les cheveux un kokochnik (coiffe traditionnelle) orné de pierres précieuses, de perles et de diamants. Jusqu’à ses 16 ans, elle grandit dans le royaume glacial de son père pour éviter que le regard de Yarilo, le dieu-soleil, ne se pose sur elle et la fasse fondre.

Ce conte a inspiré de nombreux artistes dont :
Alexandre N. Ostrovski écrit une pièce qui deviendra célèbre ; Nicolaï Rimsky-Korsakov écrit un opéra en un prologue et quatre actes, d’après le livret d’Alexandre N. Ostrovsky, joué au Théâtre Impérial Marinskii à Saint-Petersbourg, pour la première fois le 10 février 1882. C’est la célébration de l’amour un peu comme dans le mythe d’Orphée et d’Eurydice mais en jouant toujours sur les saisons et le solstice d’hiver. Jusqu’à l’âge de 16 ans cette jeune fille vit avec son père. A la fin de l’hiver,ses parents se rencontrent et se disputent à propos de son avenir. Sa mère veut qu’elle soit libre, mais son père a peur du soleil. Finalement, ils décident de la confier à un couple âgé. Ainsi un matin, un vieillard et sa femme marchent dans la forêt enneigée proche du village de Tobolsk et l’homme a envie de faire une « jeune fille » de neige (en russe on ne dit pas « bonhomme » de neige). A sa grande surprise, les lèvres de la jeune fille rougissent, ses yeux s’ouvrent et elle sort de la neige : c’est une vraie jeune fille. Elle grandit, non pas de jour en jour, mais d’heure en heure. Bientôt le soleil printanier réchauffe la terre et les touffes d’herbe verte commencent a apparaître. Snégourotchka se cache du soleil, cherche la fraicheur de l’ombre et offre ses bras à la pluie. Un jour, l’été venant, des jeunes filles du village l’invitent à jouer avec elles. Elle se joint à elles avec réticence pour cueillir des fleurs, chanter et danser avec les garçons du village. Elle se tient en retrait jusqu’à ce que Lel, un berger, lui joue de la flûte puis la prenne par la main et l’entraine dans la danse. A partir de ce jour la, il vient régulièrement la voir. Mais, bien qu’il l’aime tendrement, il ne sent pas de réciprocité dans son cœur froid. Il la quitte alors pour une villageoise. De chagrin, Snégourotchka s’élance vers un lac au milieu de la forêt et supplie sa mère de lui donner un cœur d’humain. Aimer, même pour un court instant, est plus précieux que la vie éternelle avec un cœur de glace.
La prenant en pitié, sa mère lui place une couronne de lys sur la tète et lui conseille de protéger son amour du regard ardent de Yarilo. Courant à travers les arbres, Snégourotchka va trouver Lel et déclare son amour. Pendant qu’elle parle, le soleil monte dans un ciel sans nuage, dispersant les brumes de l’aube et faisant fondre les dernières neiges. Un rayon de soleil tombe sur elle et, dans un cri de douleur, elle prie Lel de jouer un dernier air de flûte. il s’exécute tandis que le corps de la jeune fille s’enfonce dans le sol, ne laissant qu’une couronne de lys. Une vie passe, une autre arrive. Le soleil éveille la terre glacée d’un baiser et donne naissance aux fleurs et aux plantes. Mais Lel attend que les neiges hivernales lui ramènent sa bien-aimée.

En 1968, un film soviétique  toujours basé sur l’histoire de A.N. Ostrowsky, Snégourotchka est filmé par Pavel Kadotchnikov dans de superbes paysages aux magnifiques couleurs . Toute la magie des costumes et des chansons populaires dans un conte russe rythmé par de nombreux rebondissements. Et c’est sans doute la popularité de ce film qui a fait que les censeurs de Kiev ont transformé cette légende en hymne soviétique à bannir.

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1 commentaire

Publié par le janvier 7, 2017 dans Uncategorized

 

Une réponse à “Kiev s’en prend au père Noël Russe en l’interdisant en tant que « soviétique », donc espion de Poutine

  1. etoilerouge

    janvier 9, 2017 at 5:49

    marx explique que le capitalisme dans son développement met encause l’ensemble des coutumes, cultures, techniques précédentes. C’est le plus grand équarisseur commun. Aussi ne doit-on pas prendre à la légère les initiatives du pouvoir pro impérial de KIEV car ce type d’attitude s’est exercé en France notamment contre la Révolution française et sa place historique transformée par les traitres au service des USA de révolution de la liberté en genèse des totalitarismes. Il fallait le faire…il l’ont fait et ça marche. Alors essayons de comprendre ce que celà veut dire du capitalime impérial euroaméricain, de satendance à la destruction totale de ce qui lui résiste, et donc à sa tendance exterminatrice des histoires, des idées et des hommes.

     

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