RSS

1917 et les leçons pour 2017 : ce que nous apprend Lénine.

07 Jan

2016: The year Washington lost its mind

Protestataires qui ont pris le masque de Trump et Clinton. Il est probable que la gauche occidentale infectée de libéralisme et obsédée par le politiquement correct marquera le centenaire de la Révolution d’Octobre célébré cette année par un sourire satisfait et dira : « Rien à voir avec nous, les potes » et continuera à écrire des lettres d’amour à Hillary Clinton. Cependant, il y a d’importantes leçons à tirer de la stratégie employée par Lénine en 1917 – et si gauche les rejette, c’est à ses risques et périls (traduction par Béatrice Courraud pour histoire et societe)

Publié le 4 janvier 2017.

Neil Clark est journaliste, écrivain, broadcaster et blogueur. Il écrit dans de nombreux journaux et magazines au Royaume-Uni et autres pays : The Guardian, Morning Star, Daily and Sunday Express, Mail on Sunday, Daily Mail, Daily Telegraph, New Statesman, The Spectator, The Week, and The American Conservative. Il intervient en tant qu’expert sur RT, BBC TV et les radios Sky News, Press TV et the Voice of Russia. Il est co-fondateur de the Campaign For Public Ownership @PublicOwnership. Adresse de son blog :  www.neilclark66.blogspot.com. Il tweete sur la politique et le monde des affaires : @NeilClark66.

Si, comme Op-Edger John Wight l’a décrit récemment, l’année 2016 fut un séisme, que pouvons-nous dire de l’année 1917 ? Ce fut l’année où il n’y a pas eu une, mais deux Révolutions russes.

C’est aussi l’année où les USA rompirent avec l’isolationnisme et entrèrent dans la Seconde Guerre mondiale. Il y eut la déclaration Balfour qui conduisit finalement à l’établissement de l’Etat d’Israël.

READ MORE: 2016: The year Washington lost its mind

Les événements dramatiques qui se sont passés il y a cent ans façonnent toujours le monde d’aujourd’hui. Il est donc important de les revivre et de les étudier de près car il y a beaucoup à en apprendre, en particulier sur le caractère exceptionnel de cette année-là.

Si Donald Trump est la Personne de l’Année 2016, il ne fait aucun doute que le personnage clé de 1917 fut Vladimir Ilyich Ulyanov, plus connu sous le nom de Lénine. Le marxiste à barbe de Simbirsk commence l’année en exil. Il vit avec sa femme dans un studio au numéro 14 Spiegelgasse à Zurich et finit comme leader du premier Etat communiste du monde.

Après la Révolution de Février qui amena l’abdication du tsar Nicholas II et un gouvernement provisoire à Petrograd, beaucoup qui avait souhaité le changement pensaient que c’était « mission accomplie ». Pas Lénine. Le retour dans son pays natal en avril signe un changement historique. « Il demande une paix immédiate, l’appropriation immédiate des terres par la paysannerie, et le transfert immédiat du pouvoir aux Soviets », rappelle l’historien Christopher Hill dans son livre « Lénine et la Révolution Russe ».

Le gouvernement provisoire bourgeois, dominé au début par les conservateurs et les libéraux, a élargi sa base pour inclure des membres de gauche, mais il était de toute façon condamné à participer à la guerre capitaliste.

Les bolcheviks furent proscrits en juillet et Lénine dût fuir de nouveau. Mais quand le général Kornilov fit une tentative de contre-révolution en août, le premier ministre Kerensky, partisan de la guerre, fut forcé de faire appel au soutien du puissant parti bolchévique pour garder le pouvoir. Les jours du gouvernement provisoire était comptés. Le 25 octobre (7 novembre dans le calendrier grégorien) Lénine et ses camarades commencèrent à agir.

Plus tard, Lénine s’expliqua sur ce qui avait été accompli. « Pendant des centaines d’années les Etats ont été bâtis sur le modèle bourgeois, et maintenant, pour la première fois, un Etat non bourgeois est en train de naître. »

Il est probable que la gauche occidentale infectée de libéralisme et obsédée par le politiquement correct marquera le centenaire de la Révolution d’Octobre célébré cette année par un sourire satisfait et dira : « Rien à voir avec nous, les potes » et continuera à écrire des lettres d’amour à Hillary Clinton. Cependant, il y a d’importantes leçons à tirer de la stratégie employée par Lénine en 1917 – et si gauche les rejette, c’est à ses risques et périls.

Comme c’était le cas il y a cent ans, un establishment arrogant, hideux, intouchable se tient au bord du gouffre. Comme c’était le cas il y a cent ans, le fossé séparant les riches et les pauvres est vertigineux. En janvier dernier Oxfam a révélé que la moitié de la richesse mondiale était détenue par seulement 62 personnes.

Mais contrairement à cette époque, c’est la droite populiste et non la gauche qui trace le chemin. Au lieu de se saisir du populisme de la classe ouvrière et se positionner contre l’anti-establishment comme Lénine et les Bolcheviks l’ont fait en 1917, la gauche libérale occidentale  d’aujourd’hui semble craindre la révolte du prolétariat et ne cesse de se tenir aux côtés de l’establishment militariste néo-libéral.

Nous le constatons dans l’attachement de la gauche libérale au parlementarisme et son échec à promouvoir davantage de démocratie dans la société, son usage fréquent du référendum, l’introduction de conseils ouvriers et assemblées populaires (étrangement, l’attachement au parlementarisme ne semble pas s’appliquer à l’Ukraine de 2014 lorsqu’une grande partie de la gauche occidentale a soutenu le renversement violent du gouvernement démocratiquement élu).

Nous pouvons aussi voir que la réalité quotidienne qui affecte la vie de tous les jours des gens précarisés est largement ignorée, l’attention étant portée sur le combat culturel, la promotion des guerres d’intervention de type libéral au Moyen Orient, guerres qui profitent uniquement aux intérêts des élites.

Le fait est que la gauche libérale est aussi détachée des problèmes de la classe ouvrière que l’était la gauche réformiste opposée aux Bolcheviks en 1917 – elle ne pouvait que dire : “S’il vous plaît, attendez les élections de l’Assemblée Constituante », alors que des millions de Russes mouraient de faim. Lénine n’avait aucune illusion sur la démocratie libérale. « Démocratie pour une minorité insignifiante, démocratie pour les riches – c’est la démocratie de la société capitaliste », écrit-il en 1917.

Il savait que l’engagement de la Russie dans la guerre devait se terminer. La terre devait être rendue aux paysans sans délai et l’économie de la Russie radicalement restructurée. Son slogan « La Paix ! Le Pain ! La Terre !» résonnait à travers tout le pays.

Vous n’avez pas besoin d’être un Bolchévik, ou même un socialiste pour admirer la clarté  des idées et des buts de Lénine.

« En 1917, c’est la maîtrise des faits de la part des Bolcheviks qui a été décisive », nous dit Christopher Hill. « Le parti savait exactement ce qu’il voulait, quelles concessions faire aux différents groupes sociaux à tous les échelons, comment convaincre les masses du bien fondé de l’action,  de l’action du parti et de leur propre action. »

Le centenaire de la Révolution d’Octobre et “Les dix jours qui ébranlèrent le monde” devrait pousser la gauche sincère à l’action. Si les coucous restent dans le nid du libéralisme, alors la droite sera de nouveau en tête en 2017, avec le soutien de la classe ouvrière.

Follow Neil Clark @NeilClark66

Publicités
 
1 commentaire

Publié par le janvier 7, 2017 dans Uncategorized

 

Une réponse à “1917 et les leçons pour 2017 : ce que nous apprend Lénine.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :