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Ukraine: la « décommunisation » : Le maréchal Joukov remplacé par le Cosaque Babur

03 Jan

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Kiev officiel rapporte avec joie les réussites choquantes de la décommunisation

2016 touche à sa fin, mais les dirigeants du régime Kiev ont peu de succès à leur actif. L’économie est plutôt un sujet à éviter, les réformes sont au point mort, le régime sans visa a été retoqué par l’UE, et ils ne peuvent se vanter d’aucune victoire dans le Donbass ou la Crimée. Par conséquent, les fonctionnaires et les journalistes de Kiev sont heureux de discuter d’un domaine où les succès du nouvel État ukrainien semblent indéniables, – la «décommunisation». L’autre jour, le chef de l ‘ «Institut de la mémoire nationale » Vladimir Vyatrovich a rendu un rapport sur les progrès réalisés par les autorités ukrainiennes au cours de l’année écoulée, dans le domaine de la lutte contre l’héritage soviétique.

Nominalement, la « décommunisation » a été lancée en avril 2015, lorsque le Parlement ukrainien a adopté les lois correspondantes, mais le processus a atteint son apogée en 2016. Selon le journal « Korrespondent » en un an  les autorités ukrainiennes ont abattu 2389 monuments (dont 1320 à Lénine), rebaptisé 987 villes et villages, ainsi que plus de 50.000 rues, avenues, parcs et places. Les leaders en termes de « décommunisation » sont les régions de Vinnytsia, Kharkov et Kiev, où ont été rebaptisés, respectivement, 4882, 4116 et 3411 objets toponymiques.

Il est clair que l’idée de «décommunisation» en Ukraine, qui a quitté l’URSS depuis un quart de siècle, est absurde. Et le terme « occupation soviétique » n’a aucun sens. Parce que la république Socialiste Soviétique d’Ukraine était l’un des fondateurs de l’Union soviétique, et des ressortissants de l’Ukraine durant de nombreuses années ont été à la tête de toute l’URSS. Ceci est la première chose. Et d’autre part, à l’époque de l’ « occupation soviétique » la république n’était pas en train de mourir comme aujourd’hui, mais se renforçait à un rythme accéléré et développait son économie. Cependant les autorités de Kiev cette fois se sont surpassées.

Quand au printemps de 2015, dans les régions de l’Ukraine ont commencé des manifestations contre la «décommunisation aveugle» dirigée y compris contre des héros de la Grande Guerre patriotique, les dirigeants du régime ukrainien avaient solennellement assuré au peuple que la mémoire des événements de 1941-1945 n’entrait en aucune manière dans le cadre de la « décommunisation ». En outre, les représentants des autorités de Kiev ont déclaré que personne ne traiterait en héros les collaborateurs des nazis. Ces promesses ont même été officiellement enregistrées dans les lois, condamnant formellement le nazisme, en même temps que le communisme. Mais très vite, la promesse de ne pas toucher aux héros de la Seconde Guerre mondiale et de ne pas honorer les collaborateurs a été oubliée.

L’une des premières victimes dans la triste liste de «décommunisation» est le maréchal de l’Union soviétique, quatre fois Héros de l’Union soviétique Gueorgui Joukov. Les rues et avenues nommées en son honneur ont été débaptisées dans toute l’Ukraine. Mais la pire abjection est survenue à Odessa, où de 1946 à 1948 il dirigeait le district militaire. L’avenue qui portait son nom est devenue  « Avenue de la Centurie Céleste », et en août 2016 des «activistes» ont détruit la plaque commémorative apposée sur la maison où vivait le maréchal.

A Jitomir a été finalement démoli le monument à Gregory Shelushkov. La première fois, les habitants avaient pu arrêter la main des barbares, mais la seconde tout s’est passé très vite, et les héritiers idéologiques de Hitler et Himmler n’ont pas pu être arrêtés. La démolition du monument est en réalité un pas vers la réhabilitation et la glorification du nazisme. Le fait est que Shelushkov dirigeait le comité régional du Parti communiste clandestin à l’arrière des troupes allemandes. Il était à la tête du mouvement clandestin partisan à Jitomyr. Sous sa direction en 1942 travaillaient environ 75 organisations clandestines, avec plus de deux mille personnes. Les partisans de Shelushkov ont préparé pour les groupes de guérilla environ deux mille soldats et leur ont donné autant d’armes à feu et 16 quintaux d’explosifs, ils ont fait exploser 34 trains ennemis, détruit 19 véhicules. En 1943, Shelushkov a été dénoncé et capturé par les nazis puis exécuté après d’horribles tortures. En 1965, on lui a décerné à titre posthume le titre de Héros de l’Union soviétique. A qui les autorités ukrainiennes donnent-elles raison en détruisant le monument au héros? N’est-ce pas aux SS qui l’ont tué?

A Kiev, on est allé encore plus loin. Là, sur les ordres du maire Vitali Klitschko a été détruit un monument à l’une des plus grandes figures de l’histoire de l’Ukraine le deux fois Héros de l’Union soviétique Sidor Kovpak. Le commandant de la 1ère division partisane ukrainienne a fait une énorme contribution à la victoire sur le nazisme et la libération de l’Ukraine. Les seuls qui pourraient avoir une raison de haïr Kovpak sont les nazis et leurs admirateurs …

A travers toute l’Ukraine ont été supprimées les rues Youri Gagarine et Valentina Terechkova. Bien sûr, parce que l’exploration spatiale est une «idée folle des sovoks totalitaires». Un vrai patriote ukrainien épris d’Europe et de liberté doit penser à des choses plus pratiques, utiles et intéressantes.

A Odessa, il n’y a plus de rue Iaroslav Galan… Elle a été rebaptisée Roman Shukhevych. Cela ressemble à une espèce de trolling sadique. Galan était un promoteur actif de l’ukrainisation, même après que le programme ait été abandonné, c’est pourquoi il a été soumis à une critique sévère et a finalement perdu son emploi. Mais en même temps Galan était aussi un combattant actif contre le fascisme. Dans la Seconde Guerre mondiale, il a participé en tant que correspondant de guerre, puis comme journaliste il était présent au procès de Nuremberg. Après la guerre, il a dénoncé la collaboration, raison pour laquelle il a été assassiné par des militants de l’OUN-UPA… Shukhevych quant à lui était un officier hitlérien, il a servi d’abord dans l’Abwehr, puis la SS et a participé à des actions punitives contre la population pacifique de Biélorussie. Tout un symbole.

Toutefois, si à Kiev autour de Shukhevych on a tenté de créer toute une fausse mythologie héroïque de carton pâte, un autre personnage, immortalisé à Kiev, est particulièrement odieux. La rue du grand commandant russe Alexandre Souvorov dans la capitale ukrainienne a été rebaptisée en l’honneur de Michael Omelyanovich-Pavlenko. Ce dernier a été un collaborateur ukrainien de haut rang et un fervent admirateur d’Adolf Hitler. En 1942 – 1944, il a dirigé la création des bataillons SS et SD de police auxiliaire ukrainienne, sur sa conscience il a les crimes les plus sanglants dans les territoires occupés – comme le massacre de Khatyn en Biélorussie et Koryukovka en Ukraine. En 1944, il a supervisé la division SS «Galicie» et a essayé de créer une unité collaborationniste cosaque avec le tristement célèbre général Andrei Chkouro. Après la guerre Omelyanovich-Pavlenko a travaillé pour les agences de renseignement américains. Une digne biographie… D’ailleurs, à la suite de Kiev les autorités de plusieurs villes ukrainiennes souhaitent donner son nom à plusieurs rues.

Je n’insisterai pas sur le changement de nom de l’avenue de Moscou à Kiev en faveur de l’agent de l’Abwehr et du RSHA, l’inspirateur du massacre de Volynie Bandera. Ce sujet a été abondamment traité par ailleurs.

Pour finir je parlerai de curiosités plutôt tragicomiques. Les autorités de Zaporozhye ont voulu se débarrasser elles aussi du nom de Joukov, mais en raison du manque de personnalités marquantes dans l’histoire ukrainienne, elles ont décidé de renommer sa rue en l’honneur d’un simple Cosaque, qui vivait dans la ville au XVIIIe siècle – Ivan Babur. Après tout pourquoi pas, mais selon des sources historiques, ce Babur, en novlangue ukrainienne moderne, était un « complice des envahisseurs. » Il était un partisan clair des autorités russes, et après la dissolution de la Sich alla servir dans l’armée Cosaque de la mer Noire … Alors que cache ce changement de nom? Un subtil trolling ou l’analphabétisme historique banal?

Blague à part, mais la substitution de l’histoire et des valeurs en Ukraine est beaucoup plus rapide que prévu par de nombreux experts. Les propagandistes du régime Kiev non seulement empoisonnent l’esprit des enfants et des adolescents, mais aussi remplacent par un total délire la réalité objective dans l’esprit de l’ancienne génération.

Traduit par Marianne Dunlop pour Histoire et Société

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4 Commentaires

Publié par le janvier 3, 2017 dans Uncategorized

 

4 réponses à “Ukraine: la « décommunisation » : Le maréchal Joukov remplacé par le Cosaque Babur

  1. etoile rouge

    janvier 3, 2017 at 12:48

    la réécriture historique est une donnée permanente de l’impérialisme américain et des systèmes de gestion technologiques actuels se résumant dans la pensée du point zéro. Dans toutes les entreprises privées sous prétexte de modifications d’organisations et d’action il faut un point zéro c’est à dire l’oubli de tout ce qui existait auparavant. Les travailleurs sont ainsi amenés au lessivage de cerveaux permanents. Il y a un lien entre ces gestions capitalistes et le retournement de conscience de ce qu’était une nation ou une République. Nous avons vécu cela à plusieurs reprises avec l’aide des circuits culturels aux mains des capitalistes, de l’industrie culturelle du livre, de l’Université française sous la coupe des hypocrites notamment avec la promotion dans les années 1970 du livre anti-histoire républicaine de Bernard Henri LEVY faisant un premier retournement en faisant de Robespierre et de la Révolution Française l’origine du totalitarisme, terme attrape- tout provenant d’une obscure intellectuelle américaine et fort intéressante pour cacher les crimes du capitalisme principal en pleine guerres de décolonisations.
    Aujourd’hui la Révolution Française et ses valeurs et décisions démocratiques sont contestées par le peuple de France retourné par ces méthodes peu étudiées de retournement d’opinions. L’adversaire manipule à grande échelle les consciences et se sert des connexions culture informations, méthodes management.

     
  2. josephhokayem

    janvier 3, 2017 at 4:46

    A reblogué ceci sur josephhokayem.

     
  3. DD

    janvier 3, 2017 at 6:22

    Finalement et bien qu’il ne soit pas seul, mais quand même Roi des Rois, le grand-maître es-réhabilitation du nazisme en Ukraine c’est bien Obama, prix Nobel de la paix et accessoirement bourreau sanguinaire du peuple syrien… par le ressort d’une autre forme de fascisme.

     
  4. Christian

    janvier 4, 2017 at 12:40

    Souhaitons que l’annee du centenaire 2017 soit aussi l’annee de la liberation de L’Ukraine de la vermine bandero-hitlerienne et du renversement du regime du Porc Oshenko.
    Que les combattants des Republiques Populaires du Donbass a l’est en conjonction avec un mouvement insurrectionnel partisan a l’ouest, avec l’appui de leurs freres russes puissent retourner les tables sur les fafs de Kiev par un Maidan a l’envers.
    Qu’ils s’inspirent de l’exemple immortel de leurs grand-parents heros de 1944 qui ont nettoye la terre ukrainienne de la souillure nazie !

     

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