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Les sapins du Nouvel an au Kirghizstan et au Tadjikistan : entre discorde et nationalisme

02 Jan

 

Le président kirghiz, Almazbek Atambaïev (à gauche) lors d’un concert organisé pour le Nouvel an à Bichkek. A droite, le « Père Noël » de l’ex-URSS, Died Maroz et sa petite fille, Snegourotchka.president.kg
Il n’y a pas qu’à Ankara où les islamistes prétendent lutter contre Noël, le père noël et par extension contre le Nouvel an, y compris par un attentat revendiqué par l’Etat islamiste. En Asie centrale ces fêtes font partie de l’héritage soviétique mais aussi de la lutte contre l’islamisme, lutte toujours vivace en particulier au Tadjikistan mais aussi au Kirghistan. Ce site qui n’est pas très sympathisant de l’Union soviétique est néanmoins un des mieux informés et souvent il nous présente à travers la vie quotidienne la manière dont  le nationalisme ambiant se joue entre mythes et passé récent (note de Danielle Bleitrach),La fête du Nouvel an en Asie centrale, héritage de l’époque soviétique, continue d’être une des fêtes les plus populaires de l’année. Nationalisme et religion s’en mêlent parfois, comme l’illustrent les débats autour des sapins décorés érigés sur les places publiques des villes et villages au Tadjikistan et au Kirghizstan.

Comme le rapporte le service kirghiz de RFE/RL, Azzatyk, le sapin de la ville de Kadamjaï, située dans le sud du Kirghizstan, a été vandalisé, coupé et retrouvé dans un ruisseau le 27 décembre dernier. Dans la ville voisine d’Uzgen, sur la route d’Och, cela fait déjà trois ans que la municipalité n’installe pas de sapin sur la place centrale. La raison ? Le maire de la ville, Attokur Tajibaev, explique que « cette fête a été imposée » aux Kirghiz.Cependant, cette contestation reste très limitée au Kirghizstan, alors que la capitale Bichkek a fêté en grande pompe l’arrivée de la nouvelle année, avec concerts et feux d’artifice sur la place centrale. La ville s’en trouve dégradée, parsemée de bouteilles de champagne et de cadavres de feux d’artifice en tous genres, comme le rapporte le média kirghiz indépendant Kloop.

https://www.novastan.org/fr/ouzbekistan/comment-celebre-t-on-le-nouvel-an-en-asie-centrale/embed/#?secret=SheuSWt9Mz

Ce n’est pas un hasard si les villes et villages où le 1er janvier n’est pas fêté se trouvent dans le sud du pays et dans la vallée du Ferghana, plus conservatrice et traditionnaliste.

Le président tadjik pose avec le père Noël et des sapins aux couleurs nationales

Au Tadjikistan voisin, pour fêter 2017, il n’y a pas eu de controverse, contrairement aux années passées. En 2015, les autorités avaient interdit aux écoles et universités d’ériger des sapins et de distribuer des cadeaux. En 2013, l’équivalent du père Noël dans l’ex-URSS, « Died Maroz » était interdit de télévision, et le sapin de la capitale Douchanbé avait été érigé discrètement seulement pour quelques jours.

Le président tadjik, Emomalii Rahmon, entouré de Ded Maroz (à droite) et Snegourotchka, respectivement

Cette année, le président Emomalii Rahmon a posé avec « Died Maroz » peu avant le 31 décembre dans une station de ski non loin de la capitale. Ce retour à la normale montre une crainte moins importante de l’islamisme de la part des autorités, après la répression violente appliquée en 2016 à l’opposition islamiste modérée.

https://www.novastan.org/fr/tadjikistan/tadjikistan-un-pouvoir-violent-et-sans-partage/embed/#?secret=bDc9Vf1WN7

Plus largement, comme le rapporte le média tadjik Asia-Plus, de nombreux sapins ont couvert les villes et villages du Tadjikistan pour passer la nouvelle année. Plusieurs arboraient tout en haut une couronne tadjike, symbole qui apparait sur le drapeau du pays en lieu et place de l’habituelle étoile. Un compromis au relent de nationalisme, qui rend acceptable une fête qui reste fêtée en famille principalement dans la région. Un feu d’artifice à côté du sapin haut de 20 mètres de la capitale Douchanbé a par ailleurs accompagné la soirée du 31 décembre.

Le président kirghiz, Almazbek Atambaïev (à gauche) lors d'un concert organisé pour le Nouvel an à Bichkek. A droite, le

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1 commentaire

Publié par le janvier 2, 2017 dans Uncategorized

 

Une réponse à “Les sapins du Nouvel an au Kirghizstan et au Tadjikistan : entre discorde et nationalisme

  1. etoile rouge

    janvier 3, 2017 at 1:08

    la religion comme fondement de l’inégalité et masquant désintérêts étrangers sous la narrative de « racines ». Les religions ne sont pas une racine nationale. Nulle part. On ne peut ériger aucune république ni état égalitaire et fraternel sur la religion quelle quelle soit.

     

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