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Le bilan de l’année 2016 sur « Radio Parole »: les citoyens vivent avec le rêve de l’Union soviétique

02 Jan

UN bilan très sévère du parti communiste de la fédération de Russie de l’action du pouvoir durant l’année 2016, en particularité la contradiction entre la multipolarité et l’abandon de souveraineté de l’oligarchie dirigeante, le système ne tient plus que par « l’image » du président Poutine.  Le constat de la passivité des masses qui rêve d’une URSS rénovée et qui peut à chaque moment se transformer en un désir de Révolution. L’analyse est intéressante dans la mesure où elle montre effectivement ce que nous ne cessons d’analyser ici à savoir la contradiction entre la multipolarité et la domination capitaliste mondialisée, l’imposition de sa direction (note de Danielle Bleitrach et traduction de Marianne Dunlop pour Histoire et société)

Dressant le bilan de l’année 2016, nous mettons en évidence d’une part la situation géopolitique dans le monde et le rôle de la Russie, et d’autre part, la situation intérieure qui est inextricablement liée avec les possibilités externes de la Fédération de Russie et sa politique réelle.

https://kprf.ru/party-live/opinion/161306.html

01/01/2017

En politique étrangère, la Russie a continué à fonctionner activement dans le cadre de sa conception d’un «monde multipolaire», lequel est avantageux pour les détenteurs de capitaux et les propriétaires des moyens de production qui ne peuvent survivre et se développer que dans un monde où se maintiennent des économies nationales réelles. Dans un monde contrôlé par le capital financier mondial, tout est subordonné aux intérêts précisément de ce capital global, qui se livre à la destruction des économies nationales, et de toute subjectivité régionale. Pour la Russie, cette situation est particulièrement critique, car ses spécificités géopolitiques dans le cas d’une victoire du «gouvernement mondial» laisseraient dans ce qui est maintenant la Fédération de Russie environ vingt à trente millions d’ « Untermensch » pour l’entretien des pipelines. Ici, les intérêts des capitalistes et bureaucrates russes d’ «orientation nationale» coïncident en partie, quoique temporairement avec les intérêts des producteurs réels de la Chine et même des Etats-Unis.

En d’autres termes, une partie de la classe dirigeante exploiteuse russe actuelle en cas de victoire de la capitalocratie financière mondiale risquerait très probablement de tout perdre. Cette partie de l ‘ «élite» de la Fédération de Russie a besoin de l’existence des peuples russes et des autres peuples de la Russie, parce que leur capital se construit sur l’exploitation des masses laborieuses et la restauration de la souveraineté géopolitique du pays, au moins dans l’ «espace post-soviétique» sous la forme de l’intégration eurasienne en vue de la restauration d’un Etat unique (ce qui ne supprime pas une lutte de classe irréconciliable entre partenaires temporaires possibles – exploiteurs et exploités, comme ce fut le cas après la résistance à l’invasion napoléonienne de 1812). Au contraire, le capital financier mondial a besoin du génocide le plus rapide des peuples de la Russie (et en premier lieu du peuple russe en tant que base de la nation) aux fins de l’exploitation de nos ressources, et non de la population (les ressources seraient retirées des mains des propriétaires actuels, qui en avaient dépouillé le peuple soviétique).

D’où les événements de 2016 sur la scène mondiale. Et en particulier : la position active de la Russie en Syrie. Nous devons comprendre qu’avec la chute de Bachar al-Assad: a) des centaines de milliers de terroristes inonderont la Russie par l’Asie centrale; b) le budget russe recevra un coup critique en raison du fait que le Qatar sera en mesure de réaliser un pipeline direct vers l’Europe; c) la Fédération de Russie perdra un important instrument d’influence sur la politique mondiale du pétrole; g) sera détruit un « maillon » pour la formation d’une union politique « Moscou-Pékin-Téhéran. »

Par conséquent, la Russie en 2016, malgré toute l’incohérence de ses actions (et le revers important de la chute de Palmyre) a réussi à obtenir une victoire importante: la conservation du pouvoir politique du président Assad et une rupture dans les opérations militaires – Alep, le »Stalingrad » syrien a été pris -. En outre, la FR a consolidé ses bases navales et aériennes au Moyen-Orient, en son «cœur» même.

Nous notons également le succès diplomatique de la Russie dans les négociations avec la Turquie, l’Iran et Israël (qui a conservé, en dépit de son aversion pour Assad, une relative neutralité sur le terrain syrien), ainsi que le développement de la coopération avec la Chine.

Dans le même temps, le Kremlin a eu une position très indécise sur le terrain ukrainien, permettant à l’Etat nazi ukrainien de devenir plus fort pour devenir une espèce de « bélier » contre la Russie. En soi, l’ex-Ukraine s’est rapidement convertie en Somalie (d’où le manque de volonté de l’UE de fournir aux Ukrainiens le régime sans visa), mais la haine des « masses » est habilement dirigée contre la Russie. A cet égard, le seul succès de la Russie ici a été de sauver les Républiques populaires de la Nouvelle Russie (DNR et LNR) au moins dans leur forme actuelle. Cependant, dans tout le Sud-Est, où le sentiment pro-russe persiste (ce dont témoignent les « Flash mobs » de chansons soviétiques russes dans les villes ukrainiennes), l’apathie est croissante. Dans ces conditions, le monstre Ukrainien-Banderiste continuera de croître et, tôt ou tard, va attaquer.

Par conséquent, la décision du Tribunal moscovite de Dorogomilovsky qualifiant les dirigeants de la junte de Kiev de nazis et d’usurpateurs, et le « Maidan » – de coup d’Etat – nous fournit un argument juridique dans la lutte pour la restauration de l’ordre constitutionnel en Ukraine et sa dénazification indispensable.

Une petite consolation pour la Russie à cet égard a été la victoire dans les élections en Moldavie et en Ukraine de candidats pro-russes (dont l’un, Igor Dodon, a déjà retiré du bâtiment de l’administration le drapeau de l’Union européenne et limogé le ministre de la Défense pour « flirt avec l’OTAN »).

En outre, un certain succès russe a été la signature des dirigeants russes de l’Arménie, de la Biélorussie, du Kazakhstan et du Kirghizistan, du nouveau code des douanes de la Communauté économique eurasienne (cependant, la signature a été assombrie par l’absence à la cérémonie d’Alexandre Loukachenko attaqué par les libéraux russes et les tergiversations du président kirghize Atambaïev, qui s’est fait prier pour signer).

Et pour finir, la victoire obtenue non sans le « soutien moral » de la Russie aux élections américaines d’un partisan du « monde multipolaire » Donald Trump (et aussi l’évolution de la situation mondiale en faveur de la « multipolarité ») donne à la Russie un sursis important.

Toutefois, ce sursis ne peut être pleinement utilisé que dans le cas d’un changement radical dans la politique intérieure russe, ce dont, malheureusement, on ne voit aucun signe. Pire encore, la privatisation des biens nationaux se poursuit, et au bénéfice des étrangers (!).

Le gouvernement Medvedev-Koudrine poursuit une politique d’ «étranglement» du secteur réel de l’économie russe, qui survit seulement en raison de facteurs externes: les sanctions et la substitution des importations en guise de « contre-sanctions ». Cependant, même les entreprises de défense souffrent des politiques monétaristes à la Gaïdar, sans parler des petites et moyennes entreprises, qui sont au bord de l’effondrement. Ainsi, par exemple, dans la région de Leningrad meurt le magnifique complexe agronomique « Lenplodovosch », et en Carélie le même sort menace la ferme « Pryazhinsky ». Et ces exemples sont légion. Ce système luimême d’économie anti-nationale (pas même capitaliste mais coloniale) a pour but le génocide du peuple russe et l’étranglement des fabrications russes. Il est évident que le bloc économique et financier du gouvernement est constitué d’agents directs des sociétés transnationales qui travaillent contre les intérêts de notre pays.

Le refus des autorités d’instaurer un barème d’imposition progressive montre tant le caractère de classe de l’Etat que la puissance du « large front » des forces pro-américaines qui ne sont pas intéressées à affaiblir le pouvoir de l’oligarchie russe (ici tombent d’accord entre eux les «financiers» et de nombreux «multipolaristes»). Un signe inquiétant est l’annonce par Poutine d’une baisse significative des dépenses militaires russes. Notez que les investissements dans la «défense» réchauffent aussi les autres domaines de l’économie russe qui souffrent de la famine financière artificielle (les libéraux continuent de «nourrir le Kansas et Washington»).

Les «élections sans élections» de septembre 2016 ont montré que les spin docteurs russes ont formé une « Douma de poche », légalisant la politique anti-nationale du gouvernement actuel. Dans ce contexte, les requêtes les plus populaires des Russes en 2016 comme le révèle le moteur de recherche de données « Yandex» ( http://www.interfax.ru/russia/540295?utm_source=top ) présentent un intérêt particulier. Les chiffres donnent à réfléchir. Le fait est que parmi les événements qui ont causé le plus grand intérêt de la part des habitants de la Russie, au premier rang sont les élections en Russie et aux États-Unis. Et cela, en fait, est très curieux.

Si l’on compare cette information avec la très faible participation des électeurs dans les élections à la Fédération de Russie, il y a une «fourchette» très intéressant: il se trouve que les citoyens actifs de la Russie sont très intéressés par l’élection, mais n’ont pas jugé nécessaire d’y prendre une participation personnelle. Et cela, à son tour, signifie avec un haut degré de probabilité que pour la grande majorité le pouvoir russe est illégitime, à l’exception, peut-être du président Poutine, ou plutôt, de l’image du Président Poutine.

Il en résulte que le « soutien durable »du pouvoir peut à tout moment se transformer en opposition active au régime actuel de la part des masses qui « observent passivement ». Pas étonnant si la phrase de Medvedev «il n’y a pas d’argent, mais vous devez tenir bon» est devenue l’un des «mèmes» les plus populaires. C’est la raison pour laquelle, d’après nous, un certain nombre de sources ont fait état de la préparation par les structures de pouvoir d’une campagne Internet active pour la prochaine élection présidentielle, et « Russie ouverte » de Khodorkovsky lance dans les réseaux sociaux un certain nombre de « start-ups ».

Ainsi, l’analyse des préférences Internet des Russes en 2016 indique la présence d’un niveau élevé d‘activité politique cachée de la population, qui refuse de faire confiance aux autorités, qui se moque de son propre culte de la consommation et qui probablement est prête à recevoir de nouvelles informations (c’est pourquoi les communautés à sensibilité de gauche sont populaires dans les réseaux sociaux).

En général, l’analyse des données provenant de divers sondages d’opinion en 2016 nous permet d’affirmer avec confiance que le peuple russe éprouve un fort besoin de revenir à l’URSS, à la société de la justice sociale et à la spiritualité traditionnelle russe.

Par conséquent, le Parti communiste, qui a tenu bon face aux pratiques de manipulation et de fraude de la part des autorités, bien qu’ayant perdu un certain nombre de votes, est la seule vraie opposition de classe intransigeante au régime, tout en conservant son esprit de responsabilité et sa compréhension des véritables intérêts nationaux et étatiques de la Russie.

Les documents programmatiques du Parti communiste demeurent jusqu’à présent le seul projet qui permet dans la pratique de sauver et faire revivre la Russie et s’opposer aux différents projets libéraux (Hodorkovski, Koudrine, etc.)

Ainsi, le désir d’une URSS rénovée, y compris dans le projet proposé par le Parti communiste, est au centre de l’agenda socio-politique de 2017 et déterminera notre capacité à remonter du fossé démographique (en 2016 le peuple russe balance à nouveau sur le bord du précipice) et de restaurer la grande puissance soviétique russe.

Traduit par Marianne Dunlop pour Histoire et Société

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1 commentaire

Publié par le janvier 2, 2017 dans Uncategorized

 

Une réponse à “Le bilan de l’année 2016 sur « Radio Parole »: les citoyens vivent avec le rêve de l’Union soviétique

  1. josephhokayem

    janvier 2, 2017 at 2:07

    A reblogué ceci sur josephhokayem.

     

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