RSS

La voix du Nord: Alep libérée, la famille Ghannoum rêve de retourner en Syrie

31 Déc

 Prisonnière d’un conflit sans fin, la famille Ghannoum a dû quitter Alep au printemps 2013 pour trouver refuge dans l’Arrageois. Cette famille de Syriens a vécu avec soulagement la libération récente de leur ville. Les combats se sont tus. Ils veulent retourner dans leur pays pour le reconstruire. La Voix du Nord nous fait entendre un autre son de cloche que celui que la presse habituellement nous offre. A la désinformation sur ce qui se passe en Syrie, l’atlantisme ambiant et ses déformations, la presse française qui a décidé de pleurer sur les « malheurs » d’Alep, pour mieux nous vendre les djihadistes, oublie d’écouter les réfugiés syriens et ce qu’ils disent réellement (note de Danielle Bleitrach)

Ziad, Céline, Karine et Nayla sont arrivés en France au printemps 2013.

Ziad, Céline, Karine et Nayla sont arrivés en France au printemps 2013.

Il y a quelques jours, Alep a fait la une de l’actualité. La deuxième ville de Syrie était entièrement reprise par le régime. Les rebelles étaient chassés de la partie « est ». À Sainte-Catherine, chez les Ghannoum, on a suivi cela avec intérêt. La famille a dû fuir leur pays. Contrainte et forcée. «  Alep, c’était une ville magnifique, il n’y avait pas d’insécurité, c’était un rêve d’habiter là-bas  », se lamente Nayla, la maman. Mais le rêve s’est transformé en cauchemar.

« On a essayé de vivre normalement malgré ces bombes qui nous tombaient sur la tête »

La guerre a éclaté en mars 2011. Alep a été touchée en juillet 2012. La ville divisée entre les rebelles et le régime. Les bombardements se sont accentués de jour en jour. « On a essayé de vivre normalement malgré ces bombes qui nous tombaient sur la tête, raconte Ziad, le paternel, médecin à l’hôpital d’Alep. On ne voulait pas fuir notre pays, on voulait résister même si les conditions étaient difficiles. Il n’y avait plus d’eau, plus d’électricité. »

Mais en mars 2013, le danger est devenu trop grand. «  On ne pouvait plus rester, on se doutait que cette guerre allait durer dans le temps. » La famille part au Liban pour quelques semaines, histoire de s’éloigner des combats et de permettre à Céline, l’aînée, de préparer sereinement son brevet, un diplôme très important en Syrie. «  Sur le trajet d’Alep au Liban, j’ai dû voiler ma femme et mes filles pour passer les quartiers contrôlés par les rebelles, jamais je n’aurais pensé faire ça un jour  », raconte ce papa catholique.

Médecin au CHA

Le retour en Syrie devient illusoire. «  Les routes étaient coupées. Les médecins à Alep étaient kidnappés et si on ne payait pas la rançon, on leur coupait la tête. Un collègue a subi ce sort funeste. » Il faut fuir. C’est en France que la famille Ghannoum trouve refuge légalement. «  J’ai fait une partie de mes études dans votre pays et j’ai de la famille ici. » Sa sœur l’informe que le CHA cherche un gastro-entérologue. Ziad part en éclaireur. L’accueil se passe très bien. Le job lui plaît et il trouve au collège Saint-Joseph un cadre idéal pour permettre à sa fille de passer son brevet. «  Comme l’avenir de mes filles était assuré en France plus qu’en Syrie, on s’est décidé à partir. On a quitté le pays en catastrophe, on s’est dit que ce séjour en France n’allait durer que quelques semaines, qu’on allait finir par retourner en Syrie rapidement. »

« Le régime de Bachar el-Assad n’est pas idéal, mais nous ne sommes pas prêts pour être en démocratie »

Cela fait maintenant… trois ans et demi que la famille Ghannoum vit dans l’Arrageois. Elle vient même d’acheter une maison à Sainte-Catherine. «  On est en France pour au moins dix ans, jusqu’à la fin de la scolarité de mes deux filles. On rêve de revenir en Syrie pour aider notre pays à se reconstruire. Il fallait que les bombardements s’arrêtent. Certes, il y a eu des victimes innocentes dans ces récents combats pour libérer Alep, mais cela fait quatre ans que ça dure. Pour les Alépins, il faut que ces souffrances s’arrêtent. En une semaine, tout a été réglé. On a laissé pourrir la situation. »

Ziad en veut aux rebelles. «  Ce sont des djihadistes qui ne sont même pas Syriens et qui ont gangrené les quartiers pauvres de la ville. Le régime de Bachar el-Assad n’est pas idéal, mais nous ne sommes pas prêts pour être en démocratie. Cette guerre a tout détruit. »

Publicités
 
Poster un commentaire

Publié par le décembre 31, 2016 dans Uncategorized

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :